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 La rencontre d'une nuit entre deux amoureuses d'une musique ancienne. [PV]

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MessageSujet: La rencontre d'une nuit entre deux amoureuses d'une musique ancienne. [PV]   Sam 18 Fév - 14:43

Un tel sommeil. Un tel sommier. Cela faisait combien de temps qu'elle n'avait pas autant dormi ? Deux ans, peut-être trois. Mais là, sur ce lit d'hôtel, pendant près de douze heures, elle était restée allongée sur ce lit douillet, les yeux fermés. Sans couverture, encore habillée, mais cela n'importait pas vraiment. Le chauffage était assez fort pour pouvoir se passer de couverture. Du moins, pour cette fois-là. Puis vint le soir. Dix-neuf heures. Vingt heures. Vingt et une heure. Et elle consentit enfin à ouvrir les yeux. La belle au bois dormant des temps modernes avait encore cet air endormi quand elle ouvrit ses deux valises à la recherche d'habits pas trop plissés. Une robe blanche, avec des fleurs stylisées dont les tiges passaient sur le corps de la jeune demoiselle, arrivant juste au dessus de ses genoux, c'est ce qu'elle trouva en premier. Peu réveillée, elle la choisit sans plus s'y attarder, en rajoutant des bas couleur "peau", ainsi que des gants. Opaques, et pourtant assez fin, ils la protégeaient du froid sans gêner. Sans que les gestes deviennent patauds et lourds. Ils étaient parfait. Ses chaussures à talons étaient assez simple, leur couleur blanchâtre ne faisait pas tâche au tableau qui était en train de se dessiner. Après un bref passage dans sa salle d'eau, un léger maquillage mis en place, avec précision, ses cheveux remis en ordre, elle appela tout d'abord le service d'étage pour se faire porter à manger. Maintenant qu'elle y pensait, son ventre ne cessait de grogner. Enfin. Quelques croissants et un café plus tard, elle finit par sortir de sa chambre. Prendre son petit déjeuner à vingt et une heure... Décidément, les vacances, c'était superbe.

Quand elle prit l’ascenseur pour descendre du quatrième étage où sa petite suite était placée, elle pesta intérieurement contre l'horrible musique qui y était diffusé. Du classique, certes, mais l’interprète devait être bourré ou elle ne savait quoi, mais rien n'était respecté. Aucun message ne passait, et les nuances étaient inexistantes. Néanmoins, tandis que ses pensées étaient occupées à râler contre un inconnu, ses doigts, eux, bougeaient, suivant les notes de cette musique qu'elle reconnaissait. Il ne lui en fallait pas plus. Saluant les divers personnes qui, elles, rentraient, elle mit les talons dehors, pour s'arrêter sur la place. La pause fut longue. Un instant passa alors qu'elle regardait, ses yeux plein d'étoiles, la place illuminée par les lampadaires. Les nuages étaient partis au loin pendant qu'elle dormait d'un sommeil réparateur, et le ciel bleuté était sûrement couvert d'étoiles. D'où elle était, elle ne pouvait pas les voir, à causes de la lumière vive qui éclairait la place, mais elle ne doutait pas de cela.

D'autres minutes passèrent encore, jusqu'à ce qu'elle se rende compte de son état de fascination. Regarder les choses directement, elle n'était pas vraiment habituée... Et même en vacances, lui avait-on dit, surtout dans une ville où elle avait déjà joué, et eut un succès non négligeable, il ne fallait pas casser le mythe de la distance que son jeu imposait. Les gens devaient penser qu'elle était ainsi naturellement. Foutus musiciens. Foutues habitudes. Mais bon, elle ne voulait décevoir personne, elle était comme cela. Sa bouche qui était restée entre-ouverte se ferma avec lenteur, et toute expression disparu de son visage aux traits fins. Ses yeux noirs étaient redevenu de simples billes de verre, même si derrière ce masque figé, elle regardait tout avec attention, se délectant de chaque détail. L'horloge astronomique, éclairée par un projecteur, laissait apparaître ses multiples cadrans et aiguilles, posée en haut du beffroi de l’hôtel de ville, elle était impressionnante. Baissant peu à peu sa tête, elle finit par regarder les passants, tout en se demandant où aller. Elle frappa de son talon droit le béton, en pensant qu'elle aurait dû prendre une carte, ou demander ce qu'il y avait d'intéressant à voir ici et là. Pas trop loin, vu l'heure, quoi qu'elle ne craignait pas grand chose, surtout dans ces quartiers-là.

Elle décida de laisser le sort choisir pour elle, et laissa ses pas la porter plus loin, passant à coté de la tour observée plus tôt. Juste visiter. Regarder les maisons, vieilles comme neuves, les gens passer, pressés pour la plupart. Rares étaient ceux qui prenaient le temps de regarder véritablement autour d'eux. Ils étaient peut-être habitués à cela, mais d'un point de vu extérieur, l'agitation de la ville qui commençait à s'endormir sous le voile de la nuit était superbe. C'était le mot. Elle s'arrêta même pour flâner devant quelques boutiques fermées, dont les vitrines n'étaient pas couvertes, laissant aux passants le soin de voir ce que le magasin proposait, pour y revenir le lendemain, sûrement. Et son manège continua comme ça assez longtemps. Entre regarder les passants passer, les boutiques et ce qu'elles proposaient, ainsi que l'architecture de la ville, quand on est pas habitué à cela, le temps passe très vite. Et... les rues aussi. Jusqu'à se perdre, en fait. Oh, elle pourrait bien demander son chemin... Mais parlaient-ils anglais ? Devait-elle bafouiller quelques mots en Tchèques, langue qu'elle ne connaissait absolument pas si ce n'est pour présenter le morceau suivant qu'elle allait jouer lors des concerts... Mei resta finalement sur place, les talons plantés dans le béton, un air embêté sur le visage.
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MessageSujet: Re: La rencontre d'une nuit entre deux amoureuses d'une musique ancienne. [PV]   Dim 19 Fév - 20:42

Nuit superbe et clair, ciel dégagé et peu de vent. Surement une belle nuit hivernale pour errer à Prague, pour un touriste s’entend. C’est d’ailleurs dans le centre historique que je suis venue me perdre cette nuit. Entendre toutes ces langues différentes qui me transportent doucement dans mon très long passé. J’ai voyagé dans le monde entier ou presque. Il est vrai que je n’ai jamais été en Amérique. Je n’en éprouve pas l’envie. Autant durant le 17ème siècle, j’ai eu le désir de me plonger dans les cultures orientale, de visiter les terres encore sauvages d’Afrique… Mais le nouveau continent ne m’a jamais interpellé. J’ai parfois trainé plusieurs années dans la même région, captivée par la population, la culture… mais il fallait toujours partir à un moment précis. Mon immortalité m’imposant d’être discrète ou de beaucoup voyager. Ne pouvant briller qu’en société, j’ai préféré l’errance. Et puis à l’époque j’avais soif de liberté et l’envie de voir ce vaste monde qui m’était inconnu. Je connais l’Europe presque par cœur, encore qu’elle ait bien changé ces 200 dernières années. J’ai aimé cette vie d’errance, mais tout finit par lasser. Comme n’être qu’un beau corps et collectionné les amants m’a lassé. Je suis une femme mariée maintenant et une sédentaire. On pourrait se demander pourquoi Prague ? Après tout je me rattache par mes origines plus à la France ou l’Italie, et si je voulais complaire à Ludovic ce serait du côté de l’Allemagne qu’on vivrait… Mais tant que nous sommes ensemble, peu importe le lieu au fond. Après tout si je vis ici, c’est parce qu’une partie de ma lignée y réside. Ou plutôt parce qu’Hadrian me l’a demandé. Et puis cette ville présente plein d’avantages. C’est un lieu hautement historique et culturel, qui attire pas mal de touristes européens. Prague s’inscrit dans l’histoire et le surnaturel. Ici autrefois furent scellés des pactes importants…

Mais ce n’est pas pour cela que j’aime flâner dans le centre historique de Prague. Certes, j’en aime l’architecture et l’emprunte historique, mais j’aime aussi entendre toutes ces langues venues des quatre coins de l’Europe. Certaines me sont familières et j’arrive à les comprendre. D’autres sont chantantes à mon oreilles et me rappellent de vagues souvenirs. Mais je ne dirais pas comprendre toutes les langues parlées. Ce serait un gros mensonge. J’en connais un certains nombre évidemment, vu que j’ai beaucoup voyagé. Mais de là à toute les parler…. Disons que j’ai privilégié certaines, plus utiles ou plus porteuses de souvenirs pour moi. Je bifurque au hasard des ruelles pavées et sinueuse, sans vraiment prêté attention à l’endroit où mes pas me mènent. Peu importante en 60 ans je connais cette ville presque par cœur, surtout quand on parle des quartiers où je traine souvent. Je continue ma promenade solitaire et nocturne lentement. Je ne me presse pas, je flâne comme disent les Mortels. Je remarque certains regards sur ma personne. Les gens sont assez emmitouflés, alors que je ne porte qu’une robe en soie rouge, de style chinois et une fine veste noire. Mes cheveux dorés sont remontés en chignon, et je suis légèrement maquillée. Mes talons martèlent le sol en rythme parfait ou presque. Je n’ai pas froid. C’est une sensation qui nous ai inconnue et que j’ai oublié depuis de nombreux siècles. Alors que j’avance sans but, quelque chose ou plutôt quelqu’un attire mon regard perçant. Une jolie poupée de porcelaine, vêtue d’une robe blanche. Elle est arrêtée au milieu de la rue et semble perdue. La jolie poupée aux traits asiatiques parfaits ne m’est pas inconnue. J’ai déjà eu l’occasion de la voir. En réalité, je sais même qui elle est : Mei Liu, grande musicienne classique qui el temps d’un concert m’a replongée dans la perfection qu’on pouvait ressentir chez les grand compositeurs d’autrefois… J’aime sa manière froide mais parfaite d’interpréter chaque morceau. De toute évidence, la musicienne est perdue. Lentement, sans dissimuler le bruit de mes talons, je ne compte pas l’effrayer ni la surprendre, j’approche d’elle.


« Bonsoir. » J’introduis en anglais avec mon accent francophone chantant. « Vous seriez-vous perdue Miss Liu ? »La jeune femme tourne la tête vers moi, curieuse et j’ajoute avec un sourire poli: « Vous êtes bien la célèbre Mei Liu ? »


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MessageSujet: Re: La rencontre d'une nuit entre deux amoureuses d'une musique ancienne. [PV]   Lun 20 Fév - 0:15

Errer dans Prague. C'était les bons mots. D'ailleurs, l'errance de la jeune asiatique n'avait eu qu'une finalité, la perdition. Sur ce sujet, pourtant, elle en connaissait un rayon. A chaque fois qu'elle s'asseyait face à un piano en fait, elle se perdait. Généralement, c'était dans son monde, construit selon les règles de la musique classique, auxquelles elle ajoutait les siennes. Tenter de faire une sonate de façon contemporaine, pour s'amuser, elle l'avait fait, alors qu'elle jouait simplement dans un bar, en France. Et de là, elle était partie pendant trois heures, passant de la sonate à la valse, de la valse à un jazz un peu particulier, pour revenir sur la célèbre mathématique de Bach et de ses fugues contrapuntiques. Jusqu'à ce qu'un compagnon de route, plus qu'un ami, lui tapote l'épaule, et lui relève les mains. Sans quoi, elle ne se serait arrêtée que quand son corps n'en aurait plus pu. Là, dans cette ville magnifique, là, où elle sentait monter des élans d'inspiration, dans son regard, il y avait la même perdition que devant ses pianos. Devant ses enfants. Elle avait encore le temps, avant de rentrer, vu le somme qu'elle avait fait. Mais ceci, c'était seulement si elle savait comment rentrer... ce qui n'était pas le cas.

Souvent, on dit que d'une chose mauvaise peut arriver un bon dénouement. Jusque là, Mei n'y croyait pas trop. Elle avait certes fait une fois l'expérience de remplacer une pianiste pour un concerto lors d'un concert, et cela c'était bien passé. C'était la seule fois où une telle chose était arrivée. Mais son esprit revint sur terre alors qu'elle entendit derrière elle des talons claquer sur le sol. Elle resta un bref instant devant la vitre ne se souciant pas d'un bruit aussi commun, en premier temps. Mais lors que la voix agréable à entendre parvint aux oreilles de la pianiste, elle se figea. D'après l'accent, française ? Mais son anglais était parfait. Enfin, certes, elle ne pouvait pas vraiment le deviner avec simplement cela, mais elle s'en doutait. Avait-elle vraiment prononcé son nom ? Possible. Qu'avait-elle entendu d'autre ? L'espacement entre les bruits des talons. C'était le même. Exactement. Appréciable. Cela pouvait dénoter sûrement un caractère sûr de soi. Son masque remis en place, Mei se tourna avec légèreté, laissant le bas de sa robe voleter.

Quand je me suis retournée, j'ai vu une statue. Plus belle que la plupart des êtres. Je ne suis pas quelqu'un qui juge, habituellement, mais cette apparition était quelque chose de remarquable. Je ne puis l'oublier.

Elle resta figée, son sourire de concert plaqué sur son visage. Ses yeux laissèrent cependant, par rapport à d'habitude, une plus grande émotion. Ce ne fut que passager, et rapidement, le voile froid se rabattit sur ce visage sculpté avec finesse. Écartant les autres doutes de la jeune femme d'une phrase, l'apparition blonde continua en parlant d'elle. Mei Liu. Avait-elle fait si grande impression lors de son passage ici ? Flattée de savoir que Sa musique avait été appréciée à juste valeur, elle s'autorisa un sourire franc, avant d'effectuer une brève salutation. Inclinant légèrement la tête, et accompagnant ceci par un geste d'épaules, elle se remit rapidement droite avant de répondre de sa voix plutôt grave, voir un peu rauque.

« Bonsoir.  Je suis bien Lei Miu, en effet. Je dois cependant vous corriger sur le point où je ne suis pas aussi célèbre que vous prétendez que je le suis. Néanmoins, j'accepte ce mot comme un compliment et vous remercie de celui-ci. » Elle laissa son regard passer de bas en haut, regardant avec attention la femme qui l'avait abordée. Elle s'arrêta dans les yeux de cette dernière, tout en frissonnant. Dans sa hâte, elle n'avait emporté que peu de vêtements chauds, sous-estimant la froideur de la nuit. « Je vous aurais bien proposé de prendre un thé quelque part... Mais en effet, comme vous l'avez deviné, je suis perdue. Je vi... »

Elle se tut. Ne pas se montrer trop hâtive. Se calmer. C'était la première personne avec laquelle elle parlait vraiment depuis plusieurs jours, et cette joie, alliée avec la découverte de la ville, l'avait rendu un peu trop joyeuse. Poussant un bref soupir, et fermant un instant les yeux, elle put reprendre.

« Je suis Lei Miu. Pianiste qui a déjà joué dans la « Municipal House ». Si c'est là que vous m'avez déjà vu, sachez que l'accueil des Tchèques a été superbe lui aussi. Leur salle de concert et surtout leur piano et son touché sont parfaits. Je m'excuse d'avance pour l'impolitesse que je pourrais commettre. Mais, n'avez vous pas froid ? »
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MessageSujet: Re: La rencontre d'une nuit entre deux amoureuses d'une musique ancienne. [PV]   Mer 22 Fév - 9:55

La musique doit surement exister depuis l’apparition de l’Humanité sur terre. Du moins aussi loin que je m’en souvienne, elle a toujours eu un rôle immense dans la vie des Mortels, et dans la mienne par ricochet. Qu’elle soit sacrée et chantée dans un lieu de culte par les fidèles, qui tentent d’atteindre la perfection en l’honneur d’une divinité, ou simplement source de joie et d’amusement dans une fête, elle relève toujours d’un esprit collectif. Au cours des siècles, j’ai vu les instruments changer de formes, les styles de musique évoluer même si très longtemps ce qu’on appelle le Classique fut la norme. L’Homme a toujours séparé : la musique divine pour ses cultes, la musique à écouter avec dévotion face à sa perfection et beauté et la musique à danser ou chanter dans un bal ou tout autre lieu de fête. Encore aujourd’hui, avec toutes les sortes de musique qu’il existe toute ne sont pas au même niveau. La Grande musique, souvent associée au Classique, s’écoute et se vit, ne se comprend que par certains parait-il… Pour ma part, c’est celle qui m’a le plus longtemps bercée et plu. Après tout, je suis une aristocrate. Enfin je l’étais quand on écoutait Beethoven ou Mozart jouait dans les salons privés ou le palais du Roi. J’aimais la perfection et le rythme de leur partition, les sensations et sentiments qu’éveillaient en la foule silencieuse et admirative leur geste précis… Rares sont les artistes qui rendent avec autant de brio les concertos de Mozart que lui-même. Mais Mei Liu apparient à ces musiciens qui possèdent une âme de musique. Elle voit au-delà des notes et rend avec légèreté et précision chaque son. J’ai souvent écouté du classique et était à des concerts donnés, mais rarement atteint cet état admiratif comme à l’époque des grands compositeurs classiques….

Voir la charmante pianiste si douée mais si froide dans les rues de Prague est un plaisir en soi. Cela signifie que je peux l’aborder et échanger des idées sur la musique avec elle. J’ai le contact facile et sociable. Ou plutôt, je n’ai guère peur de froisser et de paraitre impolie, je sais manier une conversation correctement. Quoiqu’il en soit je suis sortie pour flâner et me distraire, aussi l’aborder ne pourra que rendre cette promenade intéressante. Si je l’ai surprise, elle ne l’a point montré. En tout cas, elle ne réagit pas de suite observant toujours la vitrine devant laquelle elle se teint. Je lui laisse le temps nécessaire pour remarquer ma présence et peut-être comprendre mes propos. Après tout l’anglais n’est pas sa première langue. Pour ma part, c’est un langage que j’ai vu évoluer et que j’ai souvent employé lors de mes voyages. Au départ c’était la Latin, devenu Français pour moi. Mais étrangement, malgré mes 21 siècles et l’habitude de changer de pays et de parler d’autres langues, je garde cet accent francophone chantant. Il est ma marque d’appartenance autant que mon nom. J’avoue le trouver charmant et agréable. La jolie poupée aux traits chinois, tourne sur elle-même, sa roche souvent une courbe d’un mouvement fluide pour me faire face. Elle semble se mettre en arrêt et m’observer avec attention. J’accentue mon sourire amical et polie, essayant de la mettre à l’aise. Je ne lui veux aucun mal. Mais je doute qu’elle puisse imaginer le danger réel que je peux représenter. Cela signifierait qu’à me voir elle devine que sous mes traits fins et presque parfaits se cache une Vampiresse très vieille. Le commun des Mortels ne le voient pas. Il reste juste subjugué par la soit disant perfection de mon visage, la proportion parfaite de mon corps et par l’aura involontaire que je dégage. Rien d‘écrasant, je sais l’éteindre au maximum, mais il y a quelque chose de presque divin qui s’échappe de mon être…. Souvent on me compare aux statues parfaites, qui ornaient les temples anciens. Enfin à condition que je ne bouge point. Ce qui m’arrive mais pas dans un lieu comme une place, ce serait trop étrange. Me comporter en Humaine, parfaitement vivante et lente comme eux, m’est aussi aisé que de me statufier. Aussi je garde cette lueur de vie dans le regard, masquant ma trop longue existence et ce sourire chaud et chaleureux que je lui offre.

Et la charmante poupée s’anime de vie quand je lui parle de sa musique. Elle affiche alors un sourire plus franc et spontané. Après un bref salut elle me répond, d’une voix assez agréable à écouter. Son anglais est parsemé par son accent chinois… la Chine…. J’y suis passée autrefois. Je ne dirais pas avoir appris le chinois, ni même le japonais hormis quelques mots. Mais j’ai visité ces pays, il y a bien 300 ou 400 ans maintenant. C’était avant mon mariage. Je penche la tête sur le côté et l’écoute avec attention. Elle parle d’abord de sa musique avant de s’élancer vers autre chose et de s’interrompre. Je profite de son léger silence pour lui répondre.


« Si vous ne l’êtes pas, c’est qu’on ne vous rend guère justice ! J’ai rarement eu l’occasion d’entendre autant de perfection chez une pianiste. Et pourtant, j’en ai vu des concerts classiques. Je ne vous flâtes pas. J’aime votre manière aérienne et divine de jouer et de faire ressentir les émotions de la musique. » Je réplique, sincère. Elle m’avait vraiment subjuguée lors de son concert.

Elle m’observe toujours avec curiosité et je la vois frissonner. Je ressens le froid qui la paralyse maintenant qu’elle ne bouge plus. Les Humains y sont sujets, c’est vrai. L’idée du thé est tentante, mais comme je ne bois pas en dehors du sang bien sur, c’est toujours compliqué à accepter. Finalement, parler en marchant est encore ce qui me convient le mieux. La charmante enfant se reprend et redevient un peu plus distante et froide dans ses propos, se représentant. Surement juge-t-elle cette manière de faire plus polie et logique. Je souris toujours, amicale et avenante, douce aussi comme je peux l’être quand quelqu’un me plait.


« Oui c’est là que j’ai eu l’occasion de vous écouter et d’être subjuguée par votre manière d’interpréter une partition. » J’affirme doucement. Sa question sur la froideur me fait rire intérieurement. « Oh non, je n’ai pas froid, je suis habituée à des températures bien plus bases… Tout est questions d’habitude. Mais si nous faisions quelques pas ? Je pourrais vous servir de guide, cela fait des années que je vis à Prague. Et nous aurions l’occasion de parler de votre musique. Qu’ne dites-vous ? »


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MessageSujet: Re: La rencontre d'une nuit entre deux amoureuses d'une musique ancienne. [PV]   Jeu 23 Fév - 18:30

Elle se devait d'étudier apparemment. Si elle s'était rapidement adaptée aux coutumes des continents les plus éloignés, celles d'Europe de l'est restaient les plus compliquées selon elles. C'étaient des lieux chargés d'histoire. Et cette Histoire avait fondée ses propres règles pour les habitudes à prendre. Finalement, elle eu un instant l'air fatigué, de tout ce qui l'attendait pour de simples vacances. Elle était comme ça, Mei. Pour le piano, quand elle avait une pièce à jouer, elle lisait d'abord la biographie compète du compositeur, puis elle observait l'histoire, pour comprendre dans quel contexte cette pièce avait été joué, dans le simple but d'attraper le message lancé par le compositeur. Ensuite, venait l'étude de la pièce. Cela représentait beaucoup de travail, généralement, mais cela ne l'avait jamais dérangée. Et elle était prête à faire la même chose, simplement pour ses vacances. Etudier. Travailler. Travailler. Travailler, encore et encore. C'était sa philosophie. Si dans le talent, il y a une part d'inné qui compte, celle-ci ne représente que dix pour cents de ce premier. Le reste est occupé par le travail. Même une oreille absolue est inutile, si elle n'est pas régulièrement entraînée. Alors, pouvait-on vraiment s'intégrer le temps d'une pause, dans un pays, juste comme ça ? Elle en doutait. Mais la jeune femme qui l'avait apostrophée serait l'élément principale de cette expérience.

Après avoir écouté avec attention les propos de celle qui semblait française, au moins d'origine, elle acquiesça de la tête, acceptant les compliments. Un instant, bref une fois de plus, elle sourit. Dans sa tête, elle se revoyait en train de marteler les pauvres touches du piano, avec ses doigts meurtris par le travail. Elle jouait jusqu'à épuisement, au delà du raisonnable. C'était assez amusant de voir comment elle était capté par cette... D'ailleurs, quel était son nom ? La Française qui semblait si bien connaître son jeu, sa Passion, son nom. Elle ne s'était pas encore présenté. Comment devait-elle considérer cela... Dans certains pays dans lesquelles elle avait pu faire escale, c'était considéré comme impoli, dans d'autres, normal... Mais dans celui-là ? Et puis, merde. Elle n'était pas là pour s'ennuyer avec un tas de moral inutile ! De colère, d'ailleurs, elle frappa de son talon sur le sol dallé, mettant fin à sa conversation silencieuse. Rougissant de s'être emporté, elle camoufla rapidement cette rougeur par un mouchoir qu'elle porta à son nez, pour se moucher discrètement. Inutile de paraître rustre.

Et elle reprit son écoute, habituée à des températures plus basses que celles-ci ? Ce n'était pas bon pour les doigts de sortir ainsi vêtue. C'est d'ailleurs avec un regard chargé de réprobation qu'elle fixa les doigts de cette jeune connaissance, avant de le laisser redevenir neutre pour se diriger vers le regard de celle-ci. Pour toute réponse à sa question, elle hocha la tête, avant de lui emboiter le pas. Mei ne se souciait pas de leur destination, elle lui faisait confiance pour ça. La femme aussi belle qu'une statue des temps anciens s'était proposé comme guide, après tout, non ? Mais il était temps de parler. Son ton commença, involontairement, sur une légère critique.

« Dame... Je m'excuse une fois de plus pour mes propos qui pourraient paraître déplacés, mais même si vous êtes habituée au froid, il n'est guère sensé de sortir par ce temps, les mains ainsi découvertes. Vous ne risquez certes pas grand chose, mais il n'est jamais agréable de sentir la brûlure du froid sur les mains. Surtout les mains, en fait. Enfin... Passons. » Elle rougit à nouveau, de son audace, et tourna doucement sa tête vers le coté opposé à la française, dissimulant sa gêne. Puis, le sang redescendu de ses joues, elle put continuer. « Cependant, pour reprendre sur un ton plus léger, vous qui semblez si bien me connaître, pourrais-je savoir votre nom ? D'ailleurs, je semble entendre des tons français dans votre voix, mais votre anglais est parfait. Même si généralement, on pense que les français ne pensent guère aux autres langues, votre maîtrise est assez impressionnante. »

Elle espérait surtout que son mélange de curiosité, de réprimandes, d'évocation de préjugés et de compliments allait bien passer, elle ne voulait pas vexer son guide qui était tant aimable. Cependant, elle ne voyait pas quoi dire à propos de sa musique. Laissant un peu le temps passer, regardant derrière son masque de neutralité avec avidité les divers magasins, détails des rues, sculptures des maisons, organisation de la ville... C'était passionnant, elle aurait bien voulu se remettre à rêver, mais elle se devait de répondre à son interlocutrice. C'est pourquoi elle continua sur un ton un peu plus enjoué, quoi qu'hésitant.

« Vous savez, il n'y a pas grand chose à dire sur la musique. Il y a un gros tas de travail derrière, et je n'ai que peu de mérite. Je ne fais que certains choix. Le reste, c'est comme si le compositeur m'imposait lui-même ses lois concernant ses pièces. Et une fois sur scène, plus rien ne compte. Plus rien n'est important. Je m'explique rapidement, et je m'excuse encore une fois si je n'arrive pas à être clair. Dites vous que la seule chose que je n'ai jamais faite dans ma vie, et réussie, c'est le piano, et la composition. Pour moi, c'est un univers séparé du monde, j'évolue dedans avec grâce, car je peux suivre mes propres règles. Parfois, j'ouvre quelques portes pour laisser passer Mozart, Chopin, Rachmaninov, ou que sais-je, encore, et il rajoute d'autres règles aux miennes. De là, sort ma musique. Tout a été fait pour le public, mais sur le moment, celui-ci n'existe plus. Mais sur le moment, devrais-je plutôt dire, plus rien n'existe. Seulement moi, le piano, et ce morceau. Concernant la musique dite classique, même si pour la plupart des esprits, elle englobe la période du baroque jusqu'au romantique, voir même au contemporains pour certains esprits, je confirme qu'il y a des choses qu'on ne peut pas faire. Imaginez un peu ! Une fois, je suis passée dans un conservatoire, ayant été invitée. Dans un cours de danse, classique, bien sûr, on me demande de jouer du Chopin de façon carrée. Comme si ce compositeur pouvait être joué ainsi. Si les danseuses ne sont pas assez douées pour se laisser porter par le rubato de ce dernier, il est hors de question qu'elles dansent dessus, non ? Ce serait une insulte. D'ailleurs, je leur ai fait comprendre, même si à l'époque, ma maîtrise de la langue était assez imparfaite. Et … »

Et elle s'interrompit. Parler, sur la musique, ça elle savait faire. Oh que oui. Mais seulement, il était difficile de s'arrêter lorsqu'elle était lancé. Le sang revint rapidement à ses joues en même temps que sa gêne. Elle ne prit pas la peine de le cacher, de toutes façons, il faisait froid, avec un peu de chance, sa guide personnelle ne le remarquerait pas. Elle se demandait quelle allait être sa réaction, d'ailleurs...
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MessageSujet: Re: La rencontre d'une nuit entre deux amoureuses d'une musique ancienne. [PV]   Dim 4 Mar - 13:50

Je ne me froisse plus aussi facilement qu’autrefois. Fut une époque, la colère montait très vite en moi et finissait par dicter mes gestes et réactions. Mais après 2074 ans de vie ou non vie, je suis devenue la sagesse incarnée et la calme olympien à toutes épreuves… Ou plutôt mon âge est une sureté face à beaucoup de Créature et chasseurs. Il est plutôt déconseiller de m’attaquer de front, et puis le temps passant la soif de sang frais a diminué. J’en bois moins et je suis moins portée à céder à la tentation. Une maitrise que seuls les siècles peuvent apporter. Pour les miens, je suis un mythe vivant, presque une divinité. J’accuse un âge que très peu de Vampires atteignent. Je suis une des très rare Canaïtes à avoir survécu à l’Inquisition. Dire qu’on plie déjà face au Vampires ayant 600 ans et surnommé les Anciens. Alors une doublement millénaire…. Mais qu’en est-il pour les Mortels qui croisent ma route ? Ils ne peuvent deviner qui je suis réellement, ni ma nature ou mon âge réel. Je sais les imiter à la perfection… . Des siècles et des siècles d’apprentissage et d’observation pour arriver à me fondre dans n’importe quelle société. Dés le départ, à la suite de mon père, ce fut la haute société qui fut notre terrain de jeu. Paraitre dans les soirées des Nobles romains, y évoluer dans leur orgie et autre soirée, être vu comme appartenant à leur monde fermé… Dur pour l’ancienne fille de joie et la Celte que j’étais. Mon Père m’a lentement formée, m’apprenant à chanter, lire, parler, me mouvoir comme une Patricienne romaine. J’ai beaucoup voyagé, changeant régulièrement de ville, de région, de pays, sautant d’une culture à l’autre. Je me présentais souvent comme une aristocrate venue d’un autre pays. Mon accent chantant aidait bien pour cela. J’ai vu l’Humanité changer, évoluer et je me suis à chaque fois adaptée. J’ai surtout évolué dans les hautes sociétés, mais parfois par nostalgie je revenais dans les quartiers populaires ou les maisons closes étaient installées. C’est là que j’ai croisé mon époux et que je l’ai charmé. C’était mon monde humain. Et quoiqu’on en dise, même quand on se fond parfaitement dans le décor et la richesse, même quand on est immortel, on reste attaché à ses racines humaines. Je ne fais pas exception, puisqu’encore aujourd’hui, 21 siècles plus tard, j’erre parfois dans les rues de débauches de Prague.

Quant à a demoiselle me faisant face, ma curiosité est piquée à vif. J’ai plus qu’apprécié sa manière de jouer les plus grands compositeurs. Pour moi aux sens si développés et parfaits, entendre quelqu’un rendre aussi bien que Mozart ou Beethoven une de leur composition est un charme sans nom. Je me replonge alors, les yeux fermés, dans mon passé ; dans ces prestation de salon où on écoutait les yeux brillants le géni d’un compositeur… J’apprécie réellement la manière de jouer de la jeune femme, sa perfection quand ses doigts frôlent les touches du piano. On sent l’investissement et à quel point elle comprend ce qu’elle joue, les sensations et émotions ressortant avec force. J’ai vraiment apprécié ce concert et j’aurais aimé pouvoir approché la jolie poupée de porcelaine si douée cette nuit-là. Mais je n’ai pu. Qu’importe puisque cette nuit je peux lui parler et tenter de mieux comprendre sa manière d’aborder son art, même si je ne suis pas forcément une callée en musique. J’aime juste l’écouter et me laisser porter par ce qu’elle enferme.

L’adorable poupée à la peau claire et aux yeux expressifs sourit doucement aux compliments. Comme beaucoup d’asiatiques, elle dissimule ses sentiments. Il n’est guère courant en Asie de montrer ouvertement ce que l’on ressent sur son visage comme on le fait en Europe. J’avais déjà constaté cette singularité lors de mon long voyage dans ces contrées autrefois. Il n’y a qu’à regarder leur cinéma et théâtre pour comprendre qu’on s’exprime autrement que par le physique. Mais la jolie Mei semble encore plus fermée et neutre que ses semblables. J’observe doucement et discrètement la jeune Mortelle. Je ressens aussi ce qui la traverse comme émotion. Chaque battement de cœur, chaque inspiration ou expiration m’est perceptible. Je suis capable de deviner au vue de ses réactions physiques chaque émotion qui la traverse. L’avantage d’une très longue vie au milieu des Humains surement. La frustration légère monte en elle, et son talon claque fermement sur le sol pavé. Je reteins un sourire, faisant mine de ne pas avoir remarqué alors qu’elle s’empourpre doucement, gênée. Elle porte un tissu blanc à son nez, masquant ainsi son embarras sous un geste gracieux qui me rappelle les mains des nobles françaises, qui se dissimulaient derrière leur éventail ou mouchoir pour masquer certaines émotions. Je continue, fausse innocente, mes compliments sur son art que j’admire sincèrement. Elle écoute de manière polie et satisfaite mes propos, sans m’interrompre. Flatter est une des choses que je fais le mieux quand je veux me montrer agréable. Un coup d’œil à mes doigts et je devine qu’ne bonne pianiste elle désapprouve la manière légère dont je suis vêtue. Mais que lui dire d’autre à part que le froid m’est familier ? Je ne peux avouer que je ne ressens ni la froid ni la chaleur comme elle. Ou du moins si je les sens, mais je ne réagis pas comme une Humaine à ces sensations. Cela ne change rien à mon état et mes aptitudes en réalité. Cadeau de ma nature vampirique. Elle me suit dans sa découverte du centre historique de Prague, qui m’est bien connu. Je joue au guide pour profiter d’une conversation simple et agréable avec la pianiste. Et d’un autre côté, en ma présence, cette nuit, elle ne risque rien. Mon aura imperceptible pour elle fait en général fuir Vampires, Chasseurs et Lycanthropes. On murmure qu’à Prague le taux de disparition étranges et de morts inexpliquées est un des plus hauts d’Europe. Cette ville ancestrale attire bien des Créatures des Ténèbres, il faut l’avouer. Sa voix suave continue de me parler, chargée de reproches qui m’amusent. Je l’écoute avec une patience innée et totale. Je ne prends pas foncièrement mal la manière dont elle m’aborde. Je la trouve touchante cette jolie poupée aux traits asiatiques. Sa question sur mon identité me fait grimacer. Me voilà devenue bien impolie cette nuit, moi qui d’habitude respecte à la lettre les règles de la bienséance.


« Je vous remercie de votre attention pour mes doigts. Mais je n’ai pas froid, je vous l’assure. » Je réponds en bougeant les doigts pour lui démontrer mes dires. « Me voilà devenue bien impolie. Veuillez m’excuser, j’étais trop euphorique de pouvoir échanger quelques mots avec vous que j’en ai oublié les basses même de la bienséance. Je me nomme Suzanne, Suzanne de Vaujours pour être précise. Et je suis bel et bien d’origine française, comme vous l’avez deviné. De part mon métier, je voyage beaucoup aussi je pense parler correctement certaines langues, dont l’anglais qui est usuel. »

Inutile de préciser que ma maitrise des langues vient de ma longue vie et de mes errances au cours des siècles. Bien que j’ai conscience de parfois utiliser des termes désuets à notre époque. Elle observe pendant de longues minutes les devantures de magasins en silence et je la laisse à sa découverte. Je suppose que ces vieilles bâtisses datant pour les plus anciennes du moyen-âge avec leurs objets typiquement européens lui sont étrangers. Je n’ai pas sa curiosité, après plus de 60 ans je connais cette ville par cœur au point de pouvoir m’y retrouver les yeux fermés. C’est elle qui brise le silence en parlant musique et je l’écoute avec dévotion et admiration. Elle m’impressionne cette petite Mortelle innocente qui ne vit que par et pour sa musique. Elle s’interrompt, et je laisse quelques minutes passées avant de lui répondre doucement.

« Vous savez, toute personne appartenant au monde de la création ou des arts est un jour confronté à l’incompréhension des autres… Je veux dire par là que nous avons notre monde et notre façon de le voir, les autres ne font qu’effleurer ce qu’on leur offre et essaye parfois de comprendre oud e rationaliser ce qui ne peut l’être. Combien d’auteur de livre n’ont-ils eu la désagréable de surprise de découvrir qu’on donnait un sens à leur œuvre sans qu’ils en aient pensé ainsi ? Je pense qu’il en est de même des plus belles pièces de musique, d’opéra ou de théâtre, où à chaque fois les spectateurs cherchent un sens qui leur convient sans vraiment entrer dans le monde du créateur et dans ce qu’il offre au publique. Mais vous m’avez surprise… en vous écoutant on retrouve avec une aisance impressionnante l’esprit même du compositeur et ce qu’il veut faire passer. C’est assez rare. Je ne suis pas vraiment musicienne, même si je sais jouer un peu de musique, je n’ai guère votre niveau. Mais je sais reconnaitre quand on interprète de manière académique et carrée, comme vous dites, un morceau ou quand on y met une vraie vie. Vous y mettez de la vie, les yeux fermés on ressent fortement chaque émotion…. C’est en cela que j’admire votre travail. » Je réplique avec douceur alors que ma compagne cherche a cacher ses rougeur. J’ajoute doucement : « Dites-moi que désirez-vous découvrir de Prague ? Cette ville est vieille et on y trouve aussi bien des quartiers historiques que modernes. On peut presque dire qu’il y en a pour tous les goûts. »


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MessageSujet: Re: La rencontre d'une nuit entre deux amoureuses d'une musique ancienne. [PV]   Lun 12 Mar - 16:20

Une telle créature était impressionnante. Si Mei était une poupée, alors sa guide était une statue crée il y a bien longtemps par un mélange d’Égyptiens et de Grecs. Ses yeux fascinaient, et il était facile de s'y perdre, de les contempler, lâcher les poutres apparentes des maisons anciennes de Prague, pour ne plus y revenir. Mei, qui, au départ, n'était venue que dans l'unique but de prendre des vacances, et découvrir les villes où certains de ses chers compositeurs avaient vécu, elle se retrouvait à ignorer cet héritage pour observer à la dérobée une femme. Mais quelle femme. Parfaite à tous points de vue... Ou presque, vu qu'elle ne s'était pas présentée directement, mais cela ne changeait pas grand chose au tableau. Elle qui n'avait jamais été attirée par les humains, restait scotchée. Ordinairement, sa fascination commençait par une musique. Un son résonnait à ses oreilles, et directement, la tête de la pianiste se tournait vers l'origine de ce son, et le corps de Mei ne voulait plus avancer, complètement focaliser sur l'univers qui s'était créé. Ses doigts se mettaient alors à bouger, reprenant mélodie et accompagnement, arrangeant directement le morceau pour piano, que ce soit au départ pour orchestre, musique de chambre, ou un instrument simple. Il s'arrangeait rapidement. Et là, en regardant quelque chose qui n'avait rien à voir avec son monde, elle pouvait sentir l'inspiration monter aussi. Les humains valaient-ils la peine qu'on leur prête un peu d'attention ? Certes, quand Mei jouait sur scène, elle jouait pour son public, elle leur montrait une partie de son univers. Mais c'était tout.

Pour expliquer cela, il faut revenir quelques années en arrière. Quand la pianiste était encore enfant, une jeune enfant. Ainée de la famille, et unique enfant, en fait, elle n'a jamais manqué de rien. Du berceau jusqu'à ses quatre ans, elle avait vécu comme toute autre enfant, au détail près où elle était constamment entourée de musique, chez elle. Mais elle sortait, pour jouer avec des camarades de son âge. Mais... rapidement, elle a été inscrite au conservatoire par ses parents. Au début, oui, c'était une obligation, son père était violoniste, alors il était normal qu'elle étudie un peu la musique, pour que le père puisse transmettre sa passion pour son métier, mais ce n'est pas rester une simple obligation. Quand elle grandit, à l'école, elle n'eut jamais d'excellentes notes. Oh, elle n'était pas mauvaise pour autant, mais elle était juste... normale. Et à coté, elle qui travaillait son oreille -qui s'était révélée être une oreille absolue- excellait dans la musique. Elle avait choisi le piano, puisque celui-ci embrassait tous les autres instruments et lui donnait donc le plus de liberté, et elle s'y était consacrée. Son regard avait délaissé ses camarades pour se tourner uniquement vers les partitions et les sons, et ses journées avaient été partitionnées en deux. École, puis Musique. Sorties et autres activités de groupes étaient devenues inexistantes, car pour Mei, ils n'éveillaient rien de spécial. Alors, ils n'avaient aucun intérêt. Mais maintenant, c'était différent. Une de ces personnes, un de ces humains -elle ne se considérait pas elle-même comme humaine, mais plutôt comme pianiste, les deux choses étant différentes selon la jeune femme- avait pu éveiller une musique en elle. Et quelle musique.

Mei ramena son esprit sur terre quand parvint à ses oreilles la voix chantante de sa guide. Elle n'avait pas froid ? Alors que Mei elle-même, tentait plus ou moins désespérément de se détendre pour ne pas laisser le froid l'envahir ? Étrange... Qu'elle s'excuse d'être impolie était normal, même si cela avait gêné la chinoise, les bases même de la bienséance, qu'elle avait dit. Laissant une pointe amusée se voir dans son regard, elle n'y resta qu'un instant, alors que l'autre lui avouait « l'euphorie » de pouvoir parler avec elle. La compositrice ne comprenait pas trop comment elle pouvait exercer cette fascination alors qu'elle était parfaitement banale, et qu'elles venaient de se rencontrer. Et son guide se présenta enfin. Suzanne de Vaujours. Elle ne connaissait pas grand chose aux français mais elle sentait que ce nom était ancien. Assez pour avoir traversé les âges tout en gardant sa noblesse. Sa phrase sur son Anglais n'était certainement pas de la prétention. Même la chinoise qui avait vécu quelques temps aux États-Unis n'arrivait pas à un tel niveau. Et son propre accent était toujours influencé par ses origines. Et ce fut un autre objet de fascination... Magnifique. La jeune femme qui l'accompagnait était donc une œuvre d'art à elle seule !

Lorsque Mei eut fini de divaguer à sa grande honte, un silence quelque peu pesant s'établit, et Suzanne mit quelques minutes avant de le briser. L'avait-elle gênée, dérangée ? Décidément, la pianiste n'était pas vraiment la plus douée avec ses pairs. Les doutes commençaient à l'assaillir alors que son regard préférait ne plus fixer la française, quand cette dernière consenti enfin à parler à nouveau. Et elle l'écouta avec attention. Il y avait de la raison, dans ce qui était dit, et du faux aussi. Mais pour rien au monde, Mei ne l'aurait interrompu, elle organisait déjà dans sa tête les phrases qui sortiraient pour la contredire... Avec autant de tact que possible. Et après seulement, elle répondrait aux questions de la blonde.


« Vous savez, Madame de Vaujours, dit-elle en prenant directement ses habitudes de politesse, je ne compte jamais faire comprendre au public, que Chopin doit être joué ainsi, car c'était sa volonté. Je ne veux pas leur faire comprendre le pourquoi, ni le comment. Je leur transmets simplement les volontés des Maîtres qu'ils ont transformés eux-même en musique. Le public sera toujours magnifique, quelle que soit sa réaction, et l'ignorant, encore plus. Il n'essaie pas de comparer avec ses connaissances, il n'est pas arrêté par ses préjugés. Le public ne doit pas changer. Je parlais justement de ceux qui touchent directement aux univers que Mozart et ses compères nous ont transmis. Pour reprendre l'exemple du pianiste qui jouait du Chopin de façon carré, pour des danseurs, il a déformé cet univers, de manière tellement forte, qu'il l'a brisé. Par cette action, il ne pouvait rien transmettre de plus. C'était impossible. Voilà pourquoi il aurait dû refuser, selon moi... Bien sûr. »

Voilà, c'était dit. Il n'y avait eu aucune rougeur aux joues, cette fois, aucune hésitation dans sa voix. Son point de vue était assez dur pour les débutants, certes, mais entendre une telle horreur durant un concert avait été pour Mei un simple massacre, tel qu'elle était partie dés l'entracte, et qu'elle avait été suivie par d'autres. Maintenant il s'agissait de se remémorer la question de la fin. Que voulait-elle découvrir à Prague ? Dans sa tête si elle croisait le regard de son guide, il n'y aurait que « Vous ». Mais il était hors de question de donner cette réponse dépourvue de sens. Alors le tourner autrement. Surtout qu'elle avait, elle aussi, quelques questions qui lui trottaient en tête. Elle prit un long soupire avant de commencer, se dévoilant sûrement un peu plus qu'elle ne l'aurait bien voulu en temps normal.

« Madame de Vaujours...,
commença-t-elle en se mordant un peu les lèvres alors que ses doigts se mettaient à nouveau à pianoter dans le vide, vous êtes fascinante. Pas dans le sens que la plupart des êtres l'entendent, sûrement, mais je me suis éloignée des humains, car ils ne m'évoquaient aucune musique. Aucune inspiration, rien. Mais disons que votre soudaine approche a éveillé malgré tout quelques inspirations qui pourraient mener à l'écriture d'un morceau ou deux. Mais ceci n'est pas intéressant. Avant de vous répondre pour mes désirs, j'aurais une question. Pourriez vous me décrire, à moi qui aie délaissé toute observation de l'humanité, cette dernière ? Je sais que ma question peut paraître folle, car elle l'est. Mais je ne peux pas vraiment m'empêcher de penser que de nombreuses mélodies pourraient ressortir de tout ça. »

Et oui, tout commençait et finissait par la musique, pour Mei. Et elle ne changerait sûrement pas tout de suite (Du moins, elle le pensait.). Maintenant plus que ses désirs. C'était bientôt fini... Un dernier effort. Éternuant une fois, elle renifla brièvement avant de continuer, son visage s'étant à nouveau recouvert d'un masque de neutralité, même si sa voix portait encore ses sentiments.

« Je vous aurais bien demandé de me montrer les quartiers historiques... Mais si vous pouviez déjà me montrer un café, ou un endroit pour que je puisse me réchauffer un peu, je vous en serais reconnaissante. J'avais oublié qu'il faisait si froid, la nuit. En espérant que cela ne vous dérange pas. »

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MessageSujet: Re: La rencontre d'une nuit entre deux amoureuses d'une musique ancienne. [PV]   Sam 24 Mar - 16:32

La fascination est quelque chose que j’éveille chez les Mortels et autres créatures par ma simple présence, si je me donne la peine d’être visible. Les siècles m’ont permis d’apprendre à me tapir dans l’ombre et à éloigner l’attention de moi. Certes, j’aime être le centre d’attention et adorée par mon entourage. C’est même par là que j’attire à moi mes proies. Mais la discrétion permet la survie et la tranquillité, aussi ai-je appris à me montrer discrète et parfois invisible. Ce qui en contre partie me permet à loisir d’observer les autres et de deviner forces et faiblesses. Avec la jeune pianiste, je n’ai pas cherché spécialement à être admirée ou remarquée, ni à l’observer de loin avec attention comme je le fais souvent quand un Mortel ou une Créature me plait. Non, j’ai juste profité de l’occasion pour l’aborder et partager un moment agréable de conversation anodine sur la musique classique. Elle m’a subjugué lors de son concert. J’en profite pour le lui signaler et parler gentiment avec elle. Je n’ai guère besoin de l’observer du coin de l’œil pour sentir son admiration envers ma personne. C’est à la base un attribut de la nature à ma race, et une arme de chasse efficace. D’un autre côté, je suis vieille, très vielle… Assez pour prétendre avoir connu la guerre des Gaule et vu la Rome impériale à son apogée ! Assez pour prétendre avoir connu la domination du Christianisme, et la chute de Rome sous les intrusions barbares. Assez encore pour dire que j’ai vu Notre Dame de Paris se construire et les chevaliers partir en Croisades…. Et même assez pour avoir pu écouter les compositeurs que la jolie poupée de porcelaine à mes côtés joue à merveilles. Alors je pense pourvoir vraiment comparé l’auteur et la pianiste sans trop me tromper. Quelle tête ferait-elle si elle savait que j’ai vu les Noces de Figaro ? Ou encore entendu la 7ème symphonie de Beethoven joué par lui-même ? J’ose à peine imaginer sa surprise et l’air qu’elle afficherait. Surement par besoin de rationaliser me prendrait-elle pour une folle échappée d’un asile…. Cependant, même si je sais jouer l’Humaine à la perfection, je ne peux gommer mon âge. Mes yeux, expressions de langage et réflexions bien souvent trahissent une expérience et un âge plus avancé que ce que mes fins traits laissent paraitre. En général, je me surveille assez bien, évitant de trop en dire que sèmerait confusion et doute.

Je ne connais pas l’histoire de Mei, mais je la sais douée avec un piano. Et sincèrement, cela me suffit amplement. Ne comptant nullement écrire sa biographie, je savoure juste la conversation et l’échange humain et chaleureux. Il est assez rare que je puisse ainsi parler musique avec un Mortel. Ceux que je côtoie sont généralement mes Marqués ou mon personnel au Victorian’s Creation. Pour les autres des proies et parfois des protégés pour qui j’ai une faiblesse et que j’apprécie plus que de raison. Je suis assez passionnée comme être, cédant aux émotions qu’éveillent en moi les autres créatures. J’ai très vite mis de côté l’appartenance à une race. Le monde se divise à mes yeux en trois catégories : ceux que j’aime, ceux que je déteste et les autres qui m’intéressent ou me laissent indifférente mais pour qui je ne me positionne pas instinctivement. Un léger sourire orne mes lèvres délicatement maquillées. Cette rencontre a égaillé ma nuit qui risquait d’être morne et terne. J’ai trop vécu, 21 siècles, c’est long. Je n’ai guère changé durant tout ce temps, si ce n’est de langage et de manière de vivre, mon caractère aussi s’est affermi et est devenu plus posé… Mais j’aurais presque souhaité la mort définitive, il y a de cela 2 siècles. J’étais tellement las de ma longue vie et de l’Humanité…. Seulement le destin a choisi cette nuit-là de me mettre face à un Humain, qui allait me subjuguer et éveiller en moi tellement de choses que le laisser m’échapper était impossible. Je dois reconnaitre qu’il a rendu sens, mon cher époux, à cette non vie bien longue. Et quelque part, j’ai pu savourer de nouvelles choses, tel le concert de la jeune chinoise.

Étant née il y a longtemps, je me suis familiarisée avec les us et coutumes, qui ont évolués et qui changent de pays en pays, à chaque siècles. Tout comme les règles de politesse et bienséance, que j’ai assimilée tout au long de ma vie pour paraitre la digne fille de la noblesse, dont je jouais le rôle à la perfection. Néanmoins, il arrive parfois que j’agisse comme une gamine qui reçoit un cadeau tant désiré, et que je nie les lois même de la politesse pour admirer ce qui me fascine. Sans une remarque de la jolie poupée de porcelaine, peut-être n’aurais-je pas tiqué que j’ai oublié de me présenter. Avec des excuses tournées sur un léger ton d’humour, je m’exécute donc et j’en profite pour parler de mon anglais. Il est bon et pour cause j’ai eu plus que le temps d’apprendre la langue de Shakespeare. Néanmoins j’ai toujours gardé un léger accent adorable, dirait Ludo’, et chantant de ma patrie d’origine : la Gaule. Aujourd’hui on dit que j’ai un accent francophone, et comme mon nom l’est, je me présente comme Française d’origine. On en peut, même avec l’immortalité, gommer ses origines et les Canaïtes y restent très attachés en général. Je laisse un léger silence s’installer, méditatif à souhait, avant de poursuivre et de livrer mes opinions sur la musique et les arts. Je la sens se tendre et devine qu’elle ne partage pas mon avis entièrement sur tout. Mon sourire s’accentue. Un débat en vue de toute évidence, et j’aime l’échange constructif. Une des choses que je peux reprocher au Conseil d’Hadrian, c’est d’être incapable de me tenir tête poliment avec des arguments. Sous prétexte de mon âge et statut, ils plient tous… Ils ne sont bons qu’à me poursuivre quand ils veulent que j’impose quelque chose, alors que la Carmilla m’est totalement indifférente. Avec respect je l’écoute, mémorisant chaque mot ce qui me permettra de répondre correctement à tout. Je lui lance un regard. Elle a de la suite dans les idées et connait son sujet, cela va sans dire.


« Mais nul ne peut contraindre l’esprit humain ni l’empêcher de faire des liens avec ce qu’il connait, et ce quelque soit le domaine… » Je rétorque avec un tact philosophique et une voix douce. Et j’ai la prétention d’en savoir beaucoup sur l’Humanité pour l’avoir longuement observée, bien que ne pouvant point toujours la comprendre. «Mais je comprends votre point de vue parfaitement Miss Liu. Cependant je pense que vous n’avez jamais vraiment parlé avec votre public, me tromperais-je ? Il est toujours intéressant d’écouter leur impression et leurs idées, et parfois on se rend compte qu’ils ne nous comprennent point… Mais peut-être que oui, parfois, certains ont assez d’innocence pour juste savourer ce qu’on leur offre. »

Nouveau silence pendant lequel elle semble réfléchir à ma réponse. Je ne suis pas pressée. Oserais-je faire de l’humour et dire que j’ai tout mon temps et l’éternité pour obtenir une réponse ? Ce ne serait guère mentir. Je continue d’avancer à son rythme, mes yeux se posent sur un décor que je pourrais dessiner à main levé sans regarder la feuille, tant il m’est familier. La mémoire des Vampires a quelque chose de magnifique et magique en même temps : rien n’est oublié, tout est stocké. Et dans mon cas, cela fait une immense somme de connaissance historique, culturelles, langagières et souvenirs plus personnels. Ma chère Humaine reprend la parole et je reporte mon regard et attention sur elle, curieuse de sa réponse. Elle commence par des compliments, peu courant même si je suis rodée à être flattée qui me font sourire. Par contre sa question sur l’humanité me prend un peu de cours. Certes je pourrais lui en dire, mais il faut que j’évite de donner l’impression d’être autre chose qu’humaine. Hors ma conception de l’humanité n’a plus rien de ce que j’avais quand j’étais esclave et fille de joie à Rome. Hors elle n’attend surement pas l’extase d’une créature ayant observé l’évolution à travers les siècles. Après un long moment, je me décide à répondre au mieux.

« Je vous remercie pour les compliments, et suis flattée de vous inspirer des mélodies. » Je remercie d’abord poliment. Bien qu’elle ne soit pas la première à me faire ce genre de compliment, il y a longtemps qu’on ne m’avait plus qualifiée d’inspiration artistique. Et cela fait toujours plaisir. Pour le reste, je trouve l’exercice plus ardu. « Vous décrire l’Humanité me semble compliqué voire impossible, puisqu’elle est plurielle et revête bien des différence d’une contrée à l’autre en fonction de son histoire et de sa culture. J’ai beaucoup voyagé, une chance parait-il, et j’ai pu voir diverses coutumes et manières de vivre différentes et pourtant toutes aussi riches et intéressante les unes que les autres. Je pense qu’il faut s’arrêter et la regarder avec les yeux d’un enfant pour s’émerveiller devant elle et en voir toute la beauté, en occultant ce qu’il y a de plus sombre dans ses agissements. Parce qu’elle porte en elle cette dualité du Bien et du Mal, de la lumière et des ténèbres. Avec recul, je me dis souvent que les Hommes sont capables des pires horreurs et massacres, et en même temps ils sont aussi capable des plus beaux gestes et des merveilles inimaginable, et pas uniquement en art… Leur dévouement à une cause, leur entêtement à sauver des animaux, des lieux ou d’autres personnes revêtent à mes yeux une certaine beauté inégalable… Mais la décrire brièvement me semble tellement absurde et compliqué. L’Humanité est complexe et fascinante, si on peut s’arrêter devant elle, ses us et coutumes, son histoire, ses cultures et mêmes ses créations et inventions… Enfin je crois, parce qu’elle peut aussi dégoûter quand on pense à certains faits historiques guère glorieux… J’ignore si j’ai répondu à votre question, ceci étant. »

J’estime m’en être plutôt bien tirée, car même pour une simple humaine sa question était assez ardue. L’Humanité est fascinante et dégoutante. En tout on retrouve cette dualité, qu’eux seuls ou presque porte en eux. J’ai aussi essayé de faire court, ne voulant pas trop en dire de peur de me vendre légèrement. J’aime les Mortels, pas parce qu’ils sont source de vie pour moi, mais réellement par admiration et curiosité. Mais j’ai aussi constaté le peu de mémoire qu’ils avaient et leur capacité à commettre les mêmes erreurs, ainsi que leur intolérance parfois flagrante. Une race dite fragile, mais qui domine et régit le monde dans lequel nous vivons, avec l’aveuglement de ce que cache réellement les Ténèbres. Bien qu’ils aient peur du noir instinctivement, savent-ils encore pourquoi ?

«Non bien au contraire, je connais un café assez chaleureux sur la grand place de Prague, venez nous allons nous y réchauffer. » Je réponds en lui indiquant de la main de prendre à droite. Même si la rue est peu fréquentée et étroite, elle ne risque pas grand-chose en ma compagnie. Je lui indique comment revenir sur la place assez rapidement, sans toutefois marcher trop vite.


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MessageSujet: Re: La rencontre d'une nuit entre deux amoureuses d'une musique ancienne. [PV]   Sam 28 Avr - 20:54

Il était temps. Les paroles, nombreuses, étaient toutes sorties. Lors de la première vague de paroles, les hésitations n’étaient plus de mises. Elles avaient toutes deux pu réfléchir à leur réponse, pendant quelques minutes, pour enfin donner un avis construit, ou du moins réfléchi. Alors, cela suffisait. Les pas des deux jeunes femmes les menaient selon ceux de Suzanne, Mei tentant seulement d’anticiper les virages pour ne pas se faire distancer. Pour le reste, la jeune humaine se contentait de diriger son regard à droite à gauche, « analysant » tout ce qui passait près d’elle. Les vitrines fermées pour la plupart montraient parfois des mannequins habillés de vêtements assez étranges, jusqu’à se demander si l’on pouvait vraiment porter ce genre de tenues, et si oui, à quelles occasions ; d’autres montraient encore des mannequins tout blanc, encore non préparés. C’était assez étrange, d’ailleurs. D’autres fois, son regard montait au-dessus de ces vitrines plongées dans l’obscurité pour se poser sur les poutres apparentes, les suivant jusqu’aux toits. Cela l’amusait, oui. Il lui en fallait peu. Mais le reste du temps, elle dévorait du regard les passants. Leurs façons de marcher, de parler, de s’exprimer avec leur corps. Cela différait tellement de ce qu’elle avait toujours pu voir, en chine, quand elle daignait encore sortir pour flâner.

Sortir… Pour ne rien faire. Cela faisait de nombreuses années qu’elle n’avait pu se l’autoriser. Elle avait manqué nombre de choses. Comme les autres jeunes personnes de son âge, à l’époque, elle n’avait pas vraiment eu le plaisir de jouer aux jeux plus ou moins brutaux, ou cérébraux avec les enfants de son âge. Pour elle, très rapidement il n’y avait eu que le piano. Maintenant qu’elle s’était prise des vacances, elle comptait bien en profiter au maximum. Voir ce qu’elle avait manqué. Pour ensuite pouvoir insuffler cette connaissance dans ses morceaux. Eh oui, souvent, dans ce qu’on appelle le classique, il y a des dialogues, entre deux personnes. Entre deux humains. Quelquefois, elles se disputent, quelques fois, elles s’aiment, d’autres fois, elles débattent, et ainsi de suite, pour un panel d’émotion que Mei ne connaissait pas assez. Elle avait en quelques sortes imité ces réactions humaines, à la perfection, certes, mais il manquait, selon elle dans certaines de ses interprétations, le petit quelque chose qui rendrait le tout vraiment parfait.

Bon sang… Pourquoi pensait-elle toujours au piano ?! N’y avait-il vraiment que cela… Il fallait qu’elle profite. Il fallait qu’elle oublie, l’espace d’un instant, sa vie. Impossible, pour le moment. Mais sa réponse quant à la musique et au dialogue vint rapidement. Parlé à son public ? En effet, elle avait lu les critiques dans des journaux spécialisés à bonne réputation –réputation d’être franc et juste-, mais c’était tout. Après ses concerts, elle était tellement fatiguée qu’à peine arrivée dans sa loge, elle s’affalait sans grâce sur un canapé pour y rester allongée. Une minute, voir une heure. Ainsi, voir le public était toujours compliqué. Avant, il ne fallait pas gêner sa concentration, après, il ne pouvait plus, et pendant, bien sûr, hors de question. Mais maintenant elle le pouvait. Enfin, ce n’était qu’une personne d’un public assez vaste, mais c’était toujours cela ! Suzanne représentait pour le moment son public. Pouvait-elle se laisser à l’interroger… Après tout, sa guide s’était en quelques sortes proposée, et elle avait répondu à toutes ses interrogations.


« Vraiment ? Personne ne peut écouter une musique simplement pour le plaisir des oreilles ? Si je suis assez intransigeante avec ceux qui se placent du coté du piano, du violon, et de l’instrument en général –cela comprend le chef d’orchestre-, sur leurs façons de jouer, d’interpréter ; je reste la plupart du temps agréable dans mes pensées pour le public. Il est vrai que je n’ai guère pu parler avec lui, et je dois même dire que pour moi, vous le représentez. » Elle a un sourire amusé à cette pensée, qu’elle dissimula rapidement derrière une de ses mains. « Jusqu’alors, je n’ai pu que me satisfaire des réactions directes du public. Mais je joue dans une salle de concert, habituellement. Ainsi, une personne qui a payé sa place ne partira pas, même s’il n’aime pas ce qu’il entend, car le prix qu’il a dépensé pour assister au concert était considérable. Il faudrait en effet que je laisse mes doigts s’amuser sur un piano, mais dans … une salle non conventionnelle. Un parc. Un café. Au moins, dans ces endroits publics, le public peut s’autoriser à n’avoir aucune pitié. S’il n’apprécie pas, alors, il partirait simplement. » Un bref silence s’installe alors que Mei fronce les sourcils, sérieuse. « Je pense que c’est ce que je ferais, une fois. Ou deux. Même si l’acoustique de ces endroits doit être assez horrible, cela pourrait être une expérience amusante. Mais je vous contredirais sur un point, encore une fois, veuillez m’en excuser, Madame de Vaujours. En dehors des concerts, où plusieurs centaines de personnes se trouvent, il m’arrive aussi de faire des récitals pour des cercles fermés. Une sorte d’invitation, comme ceux d’autre fois, du temps de mes Maîtres. Ils en faisaient parfois. Jouer pour une trentaine de personnes. Et après ce récital, il y a toujours une courte soirée, où ceux qui ont joué –je dis « ceux », car cela peut être aussi bien, un seul instrumentiste qu’un groupe pour une musique de chambre- sont obligés de se trouver. Dans ces soirées, il y a beaucoup de critiques. Les spectateurs sont comme chez eux, ils se connaissent tous, et ainsi, ils n’hésitent pas à dire ce qu’ils pensent. Et surtout, selon votre prestation, ils vous réinvitent, ou non. Enfin, je doute que vous parliez de ce genre de discussions.»

Toujours pas de rougissement, et son sourire fait place à sa mine habituelle, neutre, bien qu’un peu tremblotante, à cause du froid. Son avis sur les humains ne se fait pas attendre. Complet. Il l’est « carrément ». Jamais elle n’aurait pu faire quelque chose comme ça. Enfin, elle arrive à la fin, qu’elle oublie déjà les mots qui étaient au début de la tirade. Mais elle tente de passer ce léger problème. Dualité ? On peut la voir facilement dans Mozart, oui, qui décrit tout ce qui est mort et tristesse avec toujours une trace d’espoir. Mais ce qu’évoque sa chère guide, a l’air plus poussé. Elle n’avait pas vraiment eu conscience de tout cela. Mei la croyait sur parole. Elle avait posé une question, et elle avait eu cette formidable réponse. L’analyser, puisqu’il ne s’agissait pas de musique, était impossible pour la pauvre pianiste qui ne faisait donc qu’ingurgiter ces paroles. Pour faire simple, en fait, l’humanité pouvait aussi magnifique que laide, mais il fallait savoir occulter le mauvais pour pouvoir percevoir le bon… Les exemples étaient assez parlant, même pour la férue de musique, et confirmaient sa pensée. Répondu à la question ?Elle confirma rapidement.

« Rassurez-vous, Madame de Vaujours, vous avez parfaitement répondu à la question. Même si certains points me semblent assez flous, mais rassurez-vous, il s’agit de moi. Quand il ne s’agit pas de musique, je suppose qu’il est difficile pour moi de penser intelligemment, et de mettre tout en place pour la compréhension sur un tel sujet. Je comprends globalement. »

Le masque était pour le moment brisé. Les coins de ses lèvres s’étaient vivement écartés pour laisser apparaître ses dents blanches. Un véritable grand sourire. Elle pouffait de rire aussi. La raison ? Elle-même. Se savoir capable de parler de musique indéfiniment, mais même pas capable de simplement suivre une conversation sur un sujet qu’elle avait elle-même abordé, c’était risible. Sa crise de rire passée, elle revint à un ton plus sérieux, quoique son sourire resta en place. En tous cas, il était amusant que ces êtres ci puissent être aussi beaux que laids. Surtout quand on voyait, à coté des deux femmes qui continuaient à marcher paisiblement, un couple qui se disputait dans cette nuit. Apparemment il était question de restaurant. Humpf. Pas vraiment intéressant, en somme, pour Mei. Et elles continuèrent leur route. Tournant à droite. La route, au départ, est plus sombre qu’elle n’aurait dû l’être. Un des lampadaires devait avoir son ampoule morte. Mais cela n’inquiétait pas outre mesure la pianiste. Insouciante des dangers potentiels qui l’entouraient. Elle avait toujours été comme cela, de toute façon. Que ce soit en musique ou dans ses actes plus habituels, elle faisait l’action avant de penser. Sauf dans certains cas, bien sûr, mais il n’en était pas question ici.

Puis vint la grand place, illuminée par de multiples lampadaires qui l’entouraient, suivant les trottoirs. Les deux femmes se dirigèrent vers le café-restaurant du grand Hôtel Praha. A cette heure-ci, il n’y avait que peu de personnes présentes, dans ce café qui restait ouvert tard dans la nuit. Au rez-de-chaussée –les étages supérieurs étant réservés au Grand Hôtel- le bâtiment était divisé en deux salles séparées. Un serveur les accueilli et leur indiqua une des deux salles, Mei laissa s’occuper sa guide pour la langue, car elle ne parlait pas un mot de cette langue complexe qu’était le tchèque. La porte passée, Mei s’arrêta, son sourire s’élargissant d’un cran. Suzanne n’aurait pu faire mieux. L’ambiance, bien qu’assez chargée, restait assez légère. Les murs étaient peints, ou du moins, il y avait des fresques, les tables, rondes possédaient aussi quelques arrangements intéressants, avec seulement quatre sièges à disposition par table. Seulement, ce qui avait attiré l’attention de l’Asiatique n’était pas ce parfait agencement de meubles divers, mais le piano qui trônait, dans un coin de la pièce. Fébrile, ses doigts commençaient de nouveau à pianoter contre ses cuisses, avides de musique. Mais il ne fallait pas. Si elle commençait dés maintenant… Au pire, la dame de Vaujours pouvait toujours l’arrêter, non ? C’était décidé, elle se tourna vers sa compagne du moment.


« Madame de Vaujours… » Dans sa hâte, elle cafouillait un peu, dans ses paroles. « Je … Vous… Je vous prie d’accepter en remerciement pour la visite que vous m’avez déjà faite faire, un récital improvisé. »

Et sans attendre, elle inclinait son buste vers Suzanne pour se redresser et se diriger vers un serveur. C’est de son anglais parfait qu’elle lui demanda l’autorisation d’emprunter le piano. Le serveur, connaissant apparemment Mei, en tant que pianiste, fit passer l’information à ses supérieurs, et ceux-ci acceptèrent avec grand plaisir. Il n’en fallut pas plus pour que l’Asiatique se place sur le banc rembourré, face à cet instrument magnifique. Une brève gamme lui permit de tester le toucher et la mécanique du piano ainsi que l’acoustique de la salle. Les quelques personnes ne firent pas vraiment attention à elle, continuant leurs conversations respectives, dans un premier temps, du moins. Car dés que la jeune femme commença à jouer, sans thème précis ni compositeur, leur tête se tournèrent vers elle, comme attirées. Elle improvisait, oui. Elle l’avait dit, après tout, alors, c’est ce qu’elle allait faire. Les doigts volaient au-dessus du piano, on y retrouvait des airs connus, dans ses improvisations.

Ce récital continua une demi-heure, environ, avant qu’elle ne reprenne conscience du monde qui l’entourait. Dans la salle, en plus des quelques clients déjà présents s’étaient joins ceux de l’autre salle ainsi que nombre d’employés du Café. A peine eut-elle levé les mains du clavier, les dernières notes encore présentes dans l’air, que les applaudissements explosèrent. Mei se leva lentement, lissant sa robe de nouveau au passage pour saluer l’assemblée, avant de rejoindre la Française qui l’avait guidée jusque dans ce magnifique endroit. Une fois assise aux cotés de sa compagne, un serveur vint leur demander ce qu’elles voulaient, annonçant en plus que c’était offert par « la maison ». La pianiste, simple dans ses choix prit simplement un chocolat chaud. Elle n’aimait pas vraiment l’amer, et voulait du chaud. Choix parfait, non ? Cependant sa mine prit un air inquiet alors qu’elle tourna son regard vers Suzanne, espérant que celle-ci ne lui en voulait pas d’avoir cédé à cette pulsion qu’elle ne pouvait que rarement contrôler.

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MessageSujet: Re: La rencontre d'une nuit entre deux amoureuses d'une musique ancienne. [PV]   Lun 14 Mai - 7:58

Ma compagne semble tout observer et tut admirer. Pour moi qui vit depuis plus de 60 ans dans cette ville historique, que j’avais par ailleurs connu à une autre époque, le décor est simple habituel. Je n’admire plus rien ici, j’erre presque les yeux fermés dans les rues. Pourtant, j’aime Prague et son ambiance ténébreuse, ses bâtiments moyenâgeux et de la renaissance, son carnaval et ses petites rues. Parfois, je me perds dans les ruelles et me sens plongée dans une autre époque, à un autre moment historique dont les souvenirs reviennent vivaces et précis à ma mémoire atemporelle. Pour autant, ce n’est pas ma région d’origine. Je suis Française comme on dit aujourd’hui. À mon époque on était Celte gauloise. Parfois je retourne là-bas tout comme je me rends avec Ludo’ à Zurich, ville d’origine de mon époux. Vivre à Prague ne signifie pas que j’ai abandonné mes voyages à travers l’Europe. J’aime revoir els lieux où j’ai vécu. Mon regard se pose brièvement et régulièrement sur la poupée de porcelaine qui marche à mes côtés, suivant mes directions. Je me suis adaptée à son rythme de marche, lui laissant l’opportunité d’admirer chaque bâtiment ou passant à son aise. J’ai mon temps, du moins jusqu’à ce que l’aube pointe son nez. Mais je le sentirais quand le soleil ne sera plus très loin de se lever et que je devrais regagner mon manoir et la sureté de ma chambre dépourvue de lumière, dans les bras de mon époux. Mais l’aurore est encore lointaine, et je peux profiter de la présence exotique et agréable.

Mei Liu m’intrigue. Il y a longtemps que je n’ai plus rencontré une Créature humaine comme elle, ne vivant que par une passion artistique qui lui prend tout et résume son monde. Oh, elle n’est pas la première Mortelle à agir ainsi. Tous les grands prodiges sont ainsi : obnubilés par leur art et ne voyant que lui, incapable souvent de vrais contacts sociales. Parce qu’ils ont une vision de perfection qui n’admet en général pas les imperfections des autres ou leur compréhension limitée de leur réalisation. Pourtant, ils sont enrichissants ces artistes d’une certaine manière. Puisqu’ils voient le monde autrement, ils nous ouvrent de nouvelles perspectives, une nouvelle manière de voir notre univers. Aussi pour moi, la conversation avec la jeune chinoise est une aubaine. Autrefois, les artistes erraient dans les Cours, donc je croisais souvent leur route. Subjuguée par la beauté, je me débrouillais pour les avoir dans mon sillage. J’ai parfois inspiré des poèmes, des peintures ou musiques à l’époque où tout le monde me courtisais. Mais cela fait bien longtemps que je n’ai plus eu l’occasion d’avoir ce genre d’échange. Aussi, je compte profiter au maximum de ma jeune compagne et du temps qu’elle semble disposée à m’accorder. Aborder le sujet musique est donc naturellement venu. Et la jolie pourprée de porcelaine semble plus bavarde, plus posée avec cet art qu’elle maitrise qu’avec les banalités. Sa vision des choses est d’ailleurs intéressante. Elle ne voit pas comme moi, qui ne suis que spectatrice, et ne se rend pas bien compte des interprétations naturelles de certains Humains peuvent faire en l’écoutant. Combien de romans, d’œuvres d’art ont été ainsi décrites alors que l’artiste n’avait peut-être pas cette prétention ? Je crois qu’il est humain de vouloir comprendre et lié l’art à l’Histoire vécue, même si parfois l’auteur lui n’a rien voulu lié. Je l’écoute dans un silence religieux, remarquant le petit sourire qu’elle dissimule. Rien ne m’échappe en général. Quand elle aborde les concerts en cercle fermé, je renvoie ces musiques de chambre, qui n’était destinée qu’à un cercle restreint et permettait aux musiciens d’être écouté et adulé par les nobles. Pratique de l’aristocratie française entre autre, mais que j’ai retrouvé dans d’autres pays. J’ai souvent été conviée à ce genre de réunion où on écoutait un peu en avant première la dernière composition d’un artiste célèbre et adulés de la Cour. C’était aussi pour eux une manière de se faire financer. C’est loin mais en même temps toujours d’actualité. Peut-être que seul l’attention vraiment protée aux musiciens a changé finalement…


«Si bien sur, certains sont toujours là par amour de la musique et se contente de savourer l’instant. Mais pas tout le monde. Mais le public est pluriel, tous ne sont pas là pour la même raison. Certains par amour de la musique, d’autres pour être bien vu ou parce que c’est une marque de richesse, la curiosité aussi ou l’habitude… Vous trouverez même des gens qui ont gagné leur place, sont venus mais n’y connaissent rien et vont soit apprécier ou non la soirée. » J’explique. L’avantage de mon âge et de ma nature étant que les murmures de la foule me parviennent bien souvent avec aisance et que je peux ire en chaque personne. C’est un petit jeu, qui trompe parfois l’ennuie à l’entracte. Pour moi la musique classique est un rappel vivant des siècles passés que j’ai vécu. «Oui, ce serait un bon exercice, mais vous jouez magnifiquement. Je suis sure qu’ils apprécieraient. Ensuite, la perception du beau varie d’un être à l’autre. Je crois que chacun réagit différemment et selon sa sensibilité propre ou son vécu. »

Sa question sur l’Humanité est un peu ardue. Je ne vois pas les choses comme les Mortels. Il faut dire que mon humanité est presque morte il y a 21 siècles. Si les Vampires gardent une part de leur humanité, nous nous détachons d’elle au fil des siècles. J’ai vu trop de choses pour prétendre avoir la même naïveté qu’eux. Ma conception même si je les admire de leur nature est liée à mes observations et au contact que j’ai avec eux depuis ma transformation. Cependant, j’essaye de résumer sans trop en dire et de manière conceptuelle pour une Mortelle. Inutile de faire dans le trop philosophique ni détaillé. J’ignore ce qu’elle désirait réellement comme information, mais j’espère y avoir répondu correctement.

«le sujet est vaste et complexe, je le reconnais. Décrire simplement l’Humanité est bien compliqué. » Je murmure en réponse.

La jolie poupée sourit et rit même, et le son cristallin est agréable. Elle garde son air réjouit alors que l’on continue notre promenade dans le centre historique de Prague. Son regard continue d’observer avec attention, notamment ce couple qui discute avec animation au sujet d’un restaurant. Je n’ai pas besoin de leur prêter attention, je sens leur odeur et perçoit l’énervement dans la voix de la femme et la lassitude dans la voix de l’homme. Un charmant couple. La jeune femme me suit sans broncher dans la ruelle plus sombre, admirant avec le même intérêt le décor de la rue pavée. Finalement, nous débouchons sur la Grand Place de Prague, illuminée comme toujours. J’ai cru comprendre que c’était son point de départ. Je l’attire vers un bar restaurant situé au rez-de-chaussée du grand hôtel. Je sais qu’il y a un piano, que l’endroit est calme et luxueux. Et j’y suis déjà venue. Mei Liu me suit sans un mot et ne dit rien, m’écoutant parler avec le personnel. Je parle parfaitement tchèque et j’échange quelques mots sympathiques et plaisanterie avec le jeune homme avant qu’il ne nous indique une salle, celle avec le piano. Et l’effet ne manque pas, la jolie poupée de porcelaine affiche un merveilleux sourire. N’était-ce pas elle qui désirait jouer face à un public improvisé ? Elle en a donc l’occasion. Je remarque qu’elle pianote dans le vide et mon sourire s’accentue. Il est parfois si simple de faire plaisir aux autres quand on les cerne bien. Elle se tourne vers moi et je la regarde souriante. Sa proposition tombe à pic et j’acquiesce de la tête.


« Avec plaisir, ma chère. Jouer, je commanderais le thé. » Je réponds en la laissant filer vers l’objet de ses désirs.

Je la laisse se diriger vers un serveur pour le questionner sur le piano. Ayant eu la délicatesse de présenter ma compagne, je doute qu’elle reçoive un « non » vu sa popularité. Et de fait, après quelques minutes je la vois se diriger vers le piano. Pour ma part, je me trouve une table en retrait et m’y installe confortablement. Mes yeux font le tour de la pièce et des clients. Il y a un beau panel de diverses nationalités ce soir. Après avoir testé le piano, elle commence réellement à jouer et le silence s’impose de lui-même dans la pièce. Mes lèvres ourlent un nouveau sourire. Je ne reconnais pas l’air qu’elle joue, aussi suis-je sure qu’il s’agit d’une véritable improvisation. Elle joue comme toujours admirablement bien, avec justesse et précision. C’est agréable de l’écouter. J’appuie mon menton sur une de mes paumes et continue de l’observer. Elle poursuit enfermée dans son monde alors que d’autres clients attirés par la mélodie se sont ajoutés aux premiers. Je continue de l’écouter les yeux légèrement fermés. J’aime la musique classique véhicule de tant d’émotions muettes. Les applaudissements fusent quand le récital improvisé prend fin et j’ouvre les yeux pour observer ma petite protégée se pencher et saluer le public qui est sous le charme. Elle est vraiment douée. Mei revient vers moi et s’installe avec un air comblé face à moi. Le serveur ne tarde pas à venir nous offrir maison des consommations. La Chinoise se décide pour un chocolat chaud et moi je décline poliment. Je ne prendrais rien, je me contente d’accompagner. Je la sens nerveuse, légèrement.


« C’était magnifique en tout cas, merci pour ce petit récital. Et je pense que vous avez conquis tout le monde. » Je déclare alors que le serveur vient déposer le chocolat chaud devant elle. L’odeur du breuvage est agréable même si j’ignore le goût que peut avoir le chocolat.


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