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 "Ira furor brevis est", Horace

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MessageSujet: "Ira furor brevis est", Horace   Ven 18 Mai - 8:02



Encore une nuit où le sommeil ne voulait pas venir jusqu’à moi. Le marchand de sable semblait me fuir comme mes frères et sœurs wiccans. Avait-il peur lui aussi que je le tue ? Pourtant cela faisait plusieurs dizaines d’années que je n’avais pris la vie d’aucun être humain ou autres créatures, mais la magie de la terre fait toujours peur. La magie qui parle au mort est une énigme pour ceux qui sentent à cent pour cent la vie et rien d’autre. Je me retournais alors dans mes draps de cotons jusqu’au moment où je décidais que je ne pourrais pas dormir cette nuit encore. Je sentais que mon élément était toujours autant déséquilibré et cela n’allait pas aller en s’arrangeant. Je sautais alors du lit et me dirigeais vers la salle de bain afin de passer de l’eau sur mon visage blafard à cause du manque de sommeil. Je trainais un moment dans les pièces de ma maison. Ce soir je la trouvais extrêmement grande pour une personne aussi petite que moi. Il me manquait quelque chose. Etain, mon familier voleta alors autour de moi pour me montrer que je n’étais pas seule. Mon familier était très discret. Elle se manifestait quand il le fallait. Je vis alors mon mentor, tué il y a maintenant une dizaine d’année, se matérialiser devant moi alors que je décidais de me faire une tasse de thé afin de me réconforter. La magie de la terre me faisait plus vivre avec les morts que les vivants. La preuve, je prenais le thé avec un fantôme. Nous parlions un moment. Je n’avais pas besoin de lui raconter mes problèmes, elle les voyait au quotidien. Sinéad me mit en garde contre certaine personne que j’avais rencontré récemment. Elle me rappela mon rôle sans omettre le fait qu’elle serait là pour guider mes pas. L'isolement du monde des vivant était une chose courante pour les sorcières et sorciers de la terre, mais nous avions l’avantage de nous sentir partout entourait, même si cela était morts. Au bout d’un moment voyant que le marchand de sable ne viendrait pas me visiter ce soir malgré tous mes efforts, je décidais d’aller faire un tour dans la forêt pour communier avec mon élément. Je voulais communier avec elle seule, personne d’autre, rien d’autre. Oublier les personnes qui m'entourait. Je connaissais l’endroit parfait, là où même les mauvaises ondes environnement n’avaient pas transformer la terre. Selon Sinéad, je pourrais faire une rencontre dans ce lieu, mais se serait à moi de décider si elle serait plaisante où déplaisante. Je n’aimais pas quand elle parlait comme cela par énigme. Elle me faisait la même chose lors de mon initiation. Je me demandais si finalement je n’avais pas finis par faire ce genre de chose également. Comme avec Misha il y a deux mois par exemple. Je me repliais de plus en plus souvent dans les méandres de mon âme, je laissais les autres s’y perdre eux aussi et je les laissais se faire maltraiter par le sphinx capricieux de mon esprit. Je me dirigeais vers la penderie à l’étage de ma maison et m’habillais chaudement. J’enfilais un bon jean épais de couleur noir afin de me fondre dans la nuit. Avant que j’enfile mon t-shirt à manche longue Etain vint se placer au bas de mon dos. Elle prit sa place habituelle, là où elle se sentait le mieux. Elle ne se sentait jamais écraser par le poids de mes vêtements même si selon elle c’était plus facile de venir m’aider si j’avais des vêtements amples. Je rajoutais une couche avec un sweat-shirt de couleur noir également. J’enfilais une paire de bottes, attrapais un sac à dos où je mettais de quoi pouvoir m’asseoir sur le sol froid et humide et un moyen de protection contre certaines créatures de la nuit. Je n’étais pas hostile aux autres races, je n’attaquais jamais personne, mais je savais que peu d'entre eux était comme moi. Non, pas dans un monde où on ouvre des portails pour laisser les plus grands monstres de l’histoire fouler la terre pour renverser une autorité politique.

Je fermais finalement la porte de mon chez moi, et jetais un nouveau sort de protection pour renforcer ceux qui était déjà en place depuis des années. J’étais devenue maniaque avec tous ces événements. Je rencontrais de plus en plus de démons, je sentais que de plus en plus de mages noires les invoqués et qu’ils tuaient sans vergogne. Je sentais toutes les gouttes de sang qui entraient en contact avec la terre et cela me perturbait grandement. Je commençais à marcher tranquillement coupant à travers tous les bois que je trouvais pour arriver le plus vite possible à mon objectif. Ce n’était pas très proche de chez moi et j’avais bien une bonne heure de marche avant d’y arriver. Ma petite aventure se passa très bien. Il ne faisait pas très froid sous la canopée des arbres. En tout cas, grâce à l’humidité j’en avais l’impression. Mon trajet fut plus long que prévu, car je m’arrêtais parfois en voyant un arbre qui avait mal passé l’hiver afin de le revigorer. Je touchais tous ceux que je pouvais. Je me sentais de plus en plus proche de la forêt, je la sentais respirer doucement. Je l’entendais également soupirer et ronfler parfois. Cela ne m’était pas arrivé depuis longtemps : j'étais un membre de cette forêt, elle m'acceptait comme étant l'une des leurs et cela me fit du bien. En réalité j’évitais d’aller dans la forêt, car il y avait un certain loup que je ne voulais pas croiser… Je dus aussi faire attention à la où je m’étais les pieds. Je fus parfois contrainte d’utiliser la magie pour éclairer mon chemin quand un nuage obstruer la lumière de la demi lune de ce soir. J’arrivais presque à la fin de mon périple quand les arbres me soufflèrent que je n’étais plus seul. Que quelqu’un dans les alentours, à moins d’un kilomètre se dirigeait vers moi avec une arme à feu. Comment les arbres pouvaient-ils s’avoir tous ça ? Tous simplement par ce que le souffre de l’arme, l’odeur qu’elle dégageait altéré leur air. Je ne paniquais pas, mais j’avais peur d’être tombé sur quelqu’un de mal attentionné. Généralement ceux qui trainent avec des armes dans une forêt se sont les chasseurs. Le gibier venait de sortir de leur hibernation, mais ils n’étaient pas encore bien gras pour la chasse… Donc, c’était autre chose que cette personne poursuivait. Je décidais de continuer ma route jusqu’au ruine. Autant être dans un endroit que je connaissais très bien si c’était une personne dangereuse. Je n’avais pas peur de la mort, mais j’espérais quand même que rien de mal se passerait ce soir. Je me souvins alors de ce que Sinéad m’avait dit un peu plus tôt et je réussis à reprendre totalement contenance.

J’arrivais aux ruines et les arbres me soufflaient toujours que la personne se rapprochait de plus en plus de moi, comme si elle me traquait. Certains d'entre eux me disait « Il te suit, fait attention. Il te chasse, prépare toi. » Je décidais alors d’attendre que cette personne vienne vers moi. Je n'avais pas l'intention de fuir pour le moment. Mais s'il cet individu était mauvais et voulait me heurter, c'était une possibilité qu'il fallait que je prenne en conte. Les ruines étaient toujours plus lumineuses que le reste de la forêt. Il y avait toujours une sorte d’aura blanche qui permettait de distinguer les traits des personnes. Ce n’était pas comme être en plein jour, mais comme si on était sous une faible lumière artificielle. Les arbres me soufflaient de plus en plus frénétiquement « Il arrive. Il arrive ». J’avais l’impression que j’allais me retrouver face au diable et pourtant j’attendais cela avec impatience, excité par un événement nouveau. C'était une petit touche de piment dans mon existence tranquille. Je me retrouvait toujours loin des actions du monde. Je les voyais grâce à la terre, mais jamais j'en était actrice. Mon rythme cardiaque s’accéléra quand les arbres finirent par dire : « Il es là ». Ils avaient raisons il était là et je reconnu qui était cette fameuse personne. C’était effectivement un chasseur et pas un de ceux qui cherche la belle biche. Il était plutôt du genre à vouloir tuer les loups qui mangeaient les biches. Je me souvenais de son regard de haine face au loup-garou que j’avais sauvé. Je me souvenais du visage de la personne à qui j’ai faillis ôter la vie. Je ne savais cependant pas sur quel pied danser. Je l’avais presque tué, j’avais sentis chaque goutte de sa vie glisser entre mes doigts. Je l’avais fait pour sauver une personne innocente, mais en avait-il juste conscience ? On se sent proche d’une personne quand on a tenue sa vie entre ses mains et pourtant je me sentais à milles lieux de lui. J’avais pu attraper son prénom dans les brides de sa vie qui avait fuit rapidement, mais je n’en étais pas sûr. Je m’attendais à ce qu’il cherche à se venger. Aussi mes deux pieds bien plantés dans la terre humide je m’attendais à tout moment à la faire réagir si je voyais qu’il commençait à vouloir me tuer. Etain était dans mon dos et ne disait rien, elle apportait son soutient comme d’habitude. Au bout d’un moment je tentais quand même de briser le silence. Etonnant de voire que le silence pouvait être parfois bénit et à d’autre moment haït. Je ne voulais pas le dissuader de m’attaquer, car de toute façon, s’il en avait réellement envie, tous ce que je pouvais bien dire ne lui ferait pas changer d’avis. J’avais pourtant un espoir en moi, quelque chose qui me revenait depuis notre première rencontre où j’avais faillis en finir avec lui : il n’est pas mauvais, juste déboussolé, haineux, comme beaucoup de chasseurs d’ombres. J’avais crus comprendre qu’il pensait avoir ses raisons pour en vouloir à l’Enclave. Il y avait tant de colère en lui que j’avais l’impression qu’il serait un jour consumer par elle. Je l’avais vu être sage. Mais l’est-on réellement quand on est autant aveuglé par la fureur ? Je cherchais quelque chose à dire, quelque chose qui fasse mouche sans pour autant le mettre en colère. Quelque chose qui le touchait assez, pour qu’il me parle et non me frappe. Je décidais de lui montrer que je savais des petites choses sur lui sans pour autant être agressive. Il ne savait pas que je connaissais son prénom par exemple, que je l’avais entendue dans certaine voix, phrases qui avaient marqués son existence :


« Il n’y pas de loup ici Ludvík. Est ce donc moi que tu chasses ? »
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MessageSujet: Re: "Ira furor brevis est", Horace   Ven 18 Mai - 21:59

Après des minutes et des minutes ainsi passées, à remuer longuement dans les draps chauds, poisseux de sueur qui lui apparaissait comme du sang, Ludvík repoussa les couvertures et s'assit sur son lit, la tête entre les mains. Il sentait les gouttes de transpiration qui parcouraient les moindres parcelles de son corps chaud et souffrant. Peut-être avait-il de la fièvre ; il se sentait rouge et un peu nauséeux. Il redressa la tête et jeta un coup au dehors, par la fenêtre. La lune n'était pas pleine, mais sa clarté l'aveuglait déjà, et il se rappela sa haine du genre lycan. Deviendrait-il comme eux : soumis aux cycles irréguliers de quelque chose qu'il ne pouvait contrôler, pour eux la lune, pour lui la haine et sa mission ? Il se mordit la lèvre, pensif, ses yeux toujours fixés sur l'astre nocturne. Le ressentiment qui le faisait vivre était si grand, si profond... pas étonnant qu'il en perdît le sommeil. Il cligna des yeux, ébloui par tant de clarté cachée. Il était terrible que même le plus noir pût provoquer une lumière aussi éclatante. Il avait encore moins envie de dormir qu'auparavant, et il se sentait mal. Très mal. Depuis quelques jours, il souffrait. Parfois, c'était au cœur, qui battait si fort sans qu'il ne sût pourquoi, s'emballant peut-être de le voir foncer droit dans le mur. Parfois, c'était la tête, qu'il sentait serrée comme dans un étau, ses pensées qui le tourmentaient au point qu'il songeait parfois que se fracasser le crâne représentait une alternative moins douloureuse, et que ces tourments en seraient apaisés. Ludvík ne se comprenait plus entièrement lui-même. Il se leva brusquement ; les derniers lambeaux de draps qui reposaient autour de son corps s'envolèrent et reposèrent sur le matelas en un nuage blanchâtre. Il fallait qu'il sorte, il le sentait au plus profond de son corps. Mais Prague ne suffisait pas ; il avait besoin d'aller loin - beaucoup plus loin. Renouer avec ses racines dans la mesure du possible. Ludvík n'était pas d'ici, il venait du Nord, et la vie était tout de même différente. Il n'avait pas besoin d'aller dans un endroit qui ressemblait à chez lui, juste d'un lieu en dehors de la ville. En dehors de cette existence de solitaire, de chasseur de la Confrérie, d'ennemi de l'Enclave - non, juste en dehors de cela, pour quelques instants. Et il savait où aller. C'était un des rares lieux extérieurs qu'il connaissait bien. Víla - le nom promettait mille merveilles à son visiteur, semblait-il à un Ludvík fiévreux, en proie à des doutes plus forts que ses pires cauchemars. Il fallait juste qu'il se montre prudent - les protections habituelles : runes, couteau ; et y ajouter son TT 33. Il s'avança vers son armoire, enfila une tenue passe-partout, mais noire - jean teinté, T-shirt sans fioriture, blouson de cuir un peu vieilli par le temps, et abîmé par le sang qui avait coulé dessus. Il se prépara ; appliquer ses runes lui fit un bien fou, car cela renvoyait à un rituel qu'il comprenait et appréciait, parce qu'il n'y avait pas de surprises là-dedans. Il s'en savait complètement dépendant, mais pour lui, ce n'était pas plus mal de se rappeler que son seul talent n'avait rien de naturel. Un memento mori, en somme, sauf qu'il lui rappelait plutôt qu'il n'avait aucune valeur. Cela lui convenait. Il fallait bien qu'une créature de l'ombre comme lui fût imparfaite, et dépendît de pouvoirs qui le corrompaient. Sur cette pensée, il referma son blouson, cachant son arme dans les plis de ses vêtements. Il était toujours délicat de se faire surprendre avec une arme à la main, vu par des humains ; alors qu'ils étaient les seuls que Ludvík osait encore respecter. Par pure fanatisme ; au fond de lui, il savait qu'eux aussi avaient des côtés mauvais, mais les deux factions ne pouvaient cohabiter. Entre l'équilibre et la corruption généralisée, il lui était facile de choisir...
Une heure plus tard, il traînait dans la forêt, aux aguets - il savait que des créatures dangereuses pouvaient y rôder. S'il était le prédateur le plus fort, il s'en sortirait. Sinon, il n'avait plus qu'à mourir, et à attendre la miséricorde de celui qui le surpasserait. Ludvík se sentait dans de meilleurs conditions, ainsi. Il était seul, lui semblait-il, seul avec lui-même, dans ce monde sans hommes ni créatures de l'ombre. Juste lui, esprit pur, éthéré, en proie à la magnificence de la nature - volontairement vulnérable, mais capable de se protéger face à ce qui n'était pas elle. Pour lui, il ne pouvait y avoir moment plus magique. Il marchait sous la lune, sous les arbres qui bordaient son chemin. Serein. Mais pour combien de temps ?
Il perçut une présence... mais impossible de savoir de quoi il s'agissait. Méfiant, sachant que des créatures pouvaient rôder, il sortit son arme et enleva la sécurité. Il ne la brandit pas, mais la garda dans les mains, estimant plus prudent d'être prêt à tirer sur nécessaire, le doigt contre la détente. Il avança avec prudence pendant plusieurs minutes. Il aperçut alors une silhouette de femme ; son cœur fit un bond, espérant que ce n'était pas une ennemie. Ses mains se crispèrent un peu plus ; il se prépara à la défense, commença à la viser. Avançant prudemment, il n'avait pas l'intention de la tuer, simplement de se protéger contre une créature qui aurait envie de lui sauter à la gorge. Ludvík était simplement prudent. Tuer ou être tué - cela faisait partie de sa vie. Il fallait donc toujours parer à toutes les éventualités. Il approcha donc. Il lui sembla donc la reconnaître au fur-et-à-mesure. Mais son cœur se serra en constatant qu'il s'agissait de la sorcière. Est-ce qu'il s'agissait de peur ou d'estime ? Estime, peut-être, pour ce qu'elle savait de lui, pas pour ce qu'elle représentait. Peur, très certainement. Mais alors, quelle peur ? S'effrayait-il d'avoir pu lui tirer dessus ? Pas vraiment ; s'il l'avait fait, il l'aurait fait, il n'aurait pas à tergiverser. Cela lui aurait fait mal, parce qu'il se sentait une dette envers elle - comme si, en lui redonnant sa vie, elle se réservait involontairement le droit de la reprendre, parce qu'elle avait été plus fort que lui, et c'était ce qu'il avait toujours attendu, un prédateur plus fort pour couper court à sa misérable existence. Mais en même temps, il n'aurait rien pu y faire, et il considérerait cela comme un signe du destin - il devait accomplir sa mission, voilà ce qu'on lui rappelait. Il était curieux, d'ailleurs, de penser que le destin n'avait pas voulu qu'il s'emportât à tirer. Il baissa son arme. Il était peut-être heureux de la voir, après tout. C'est rare que quelqu'un en sache autant sur vous, et ne vous juge pas comme un simple meurtrier sanguinaire. Cela lui faisait du bien. Le jeune homme s'avança encore un peu, sans oser trop approcher.
Elle lui fit remarquer qu'il n'y avait pas de loups. Ludvík le savait bien - il l'espérait bien, même. Il n'aurait plus manqué que cela, devoir affronter un lycanthrope. Ou pire : devoir rester immobile face à un loup menaçant, sans oser bouger. Ou quelque chose dans le genre. Il était fatigué, même s'il n'arrivait pas à dormir, il se sentait encore un peu fiévreux. Mais cela, il préférait l'ignorer.
    « Bonsoir, déjà. » : répliqua-t-il d'un ton sec.
Il avait remarqué qu'elle utilisait son prénom. Évidemment, cela lui avait fait l'effet d'un poignard glacé enfoncé dans le ventre. Il ne se demandait pas comment elle avait pu l'avoir - vu comme elle avait failli le tuer, ce n'était pas tellement plus impressionnant. Mais était-il réellement plus en sécurité avec elle ? Elle ne le tuerait sans doute pas, vu qu'il n'avait pas l'intention de lui faire du mal - d'ailleurs, si elle avait envie de l'abattre à l'instant, il n'essaierait même pas de se défendre, puisqu'il la reconnaissait comme plus puissante.
    « Est-ce que je cherchais des loups, à ton avis ? »
Ludvík était calme, comme à son habitude, mais une petite pointe de colère jaillissait dans sa voix. Il n'appréciait pas réellement qu'on le prenne pour un obsédé dans la chasse, à laquelle il se soumettait parce que telle était sa destinée. Il détestait encore plus cette remarque venant d'elle. Finalement, elle n'était peut-être pas différente. Elle ne paraissait pas accepter que Ludvík se promène en pleine nuit en forêt armé - certes, lui aussi aurait eu du mal à l'envisager, il n'empêchait que cela le vexait profondément quand même, sachant que tel n'était pas le cas.
    « Oh, mais oui, bien sûr. » Le ton, clair et appuyé, faisait preuve d'une neutralité apparente, mais les yeux de Ludvík disaient une toute autre chose. « C'est bien connu, j'aime abattre des loup-garous, j'aime voir leur sang gicler, j'aime me sentir tout puissant. J'étais bien sûr là pour tuer ton protégé, alors qu'est-ce que tu attends pour m'abattre ? Ma vie t'appartient. »
Il ouvrit les bras, la main portant toujours l'arme pointée vers le sol, incapable de l'utiliser. Ses yeux restèrent fixés sur le visage de la femme, très serein et légèrement provocant. Hé bien, si elle le prenait comme ça, elle n'avait qu'à en finir, cela ferait un chasseur de moins. Tuer une créature d'ombre - Ludvík était le premier à l'approuver, et tant pis si ça tombait sur lui ; de toute façon, il n'était pas immortel. Le pire dans tout cela, c'était qu'il n'était pas loin de ressembler à la caricature de lui qu'il avait faite. Il n'aimait pas abattre des lycans, mais il préférait cela à bien d'autre chose dans la vie, il fallait le reconnaître. Mais on ne pouvait pas dire que cela l'emplissait d'une bonne humeur à toute épreuve ; en règle générale, il n'aimait pas se battre, mais appuyer sur la détente était presque trop simple. C'était à sa portée ; c'était pour cela qu'elles étaient là, les armes à feu, pour que même des faibles comme lui puissent accomplir le foutu rôle auquel on les avait assigné à la naissance. Mais mince, il n'y avait rien de drôle à ôter une vie aussi facilement. Même en supposant qu'il aimait cela, on ne pouvait pas croire qu'il avait assez peu de respect de la mort et de la souffrance pour trouver du plaisir à tout finir aussi simplement, sans être contact avec la réalité de son acte. Non, et de toute façon, tuer ne lui plaisait pas plus que cela. Il se considérait comme un professionnel : on fait les choses proprement, mais ça ne sert à rien de tourmenter la victime. Donc on ne pouvait même pas envisager un éventuel amour du meurtre. S'il tuait à l'arme à feu, en chasse, c'était parce qu'il fallait bien agir d'une façon ou d'une autre. S'il avait des couteaux, c'était pour pallier aux moments où il ne pouvait pas se défendre autrement. Il ne fallait pas aller chercher plus loin. Le sang qui gicle, il n'aimait pas vraiment. Il en était immunisé, à force, c'était cela que de chasser, mais cela ne pouvait aller plus loin. Se sentir puissant ? cela aurait été le comble. Bon, okay, il envisageait toute la vie dans un rapport de domination assez strict, mais il n'éprouvait pas de joie à éprouver sa puissance. Pour s'en enorgueillir, alors qu'il ne se sentait que jouet entre les mains d'une volonté qui s'imposait à lui ? Quant au protégé de la femme, il ne le connaissait pas du tout, s'en fichait comme d'une guigne. Il était en chasse, il le tuait. Il n'était pas en chasse, il ne le tuait pas ou l'ignorait.
Mais il ne bougeait pas pour autant. Il était prêt à mourir pour l'exposé caricatural qu'il venait de faire de lui. Elle déciderait de ce qu'elle voudrait faire. Achever ce qui avait été fait, croyant ce qu'il disait. Ou le laisser encore une fois enchaîné au fardeau de la vie, encore plus redevable d'une dette qui n'existait pas réellement.
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MessageSujet: Re: "Ira furor brevis est", Horace   Sam 19 Mai - 21:46

La forêt ne se trompée que rarement et rapidement je remarquais l’arme à feu que les arbres avaient perçut grâce à leurs feuilles. Je m’attendais cependant à ce qu’il me mette en joue avec cette arme. Sinéad m’avait prévenue que je rencontrerais quelqu’un. Je n’avais pas pensée un instant à cet individu. Elle me parla alors doucement pour me rassurer. S’il voulait me faire du mal Sinéad le verrait et le sentirait avant moi. Son esprit était fort. Elle faisait partie de ces fantômes qui se matérialisaient quand bon leur semblaient, quand ils le voulaient sous l’apparence qu’ils désiraient. Elle avait des pouvoirs de télékinésie très puissant. Je ne dirais pas qu’elle pouvait lever un éléphant, mais elle pouvait bien faire voler l’arme qu’il avait dans la main. Sinéad se nourrissait parfois de mon propre pouvoir pour lui donner sa puissance. Elle n’avait pas besoin de me faire tomber amoureuse d’elle, je lui offrais volontiers de temps à autre, car avoir toujours mon mentor à mes côtés me semblait être un grand privilège, une présence importante qui me faisait me sentir moins seule dans ma fonction. Elle ne se matérialisait qu’à moi. Elle était un des seuls esprits de ma connaissance à pouvoir faire tous ça. Sa mort avait été brutale, car elle avait été exécutée par le Haut-Conseille. Malgré tout cela, la colère ne l’habitait pas, au contraire, sa seule envie été d’aider l’élève qu’elle avait abandonné trop tôt sans l’aider dans son rôle de Gardienne de la Terre. Peut-être voulait-elle que je voie absolument ce jeune chasseur ? Elle semblait sûr d’elle, comme si je pouvais lui apporter autant qu’il pouvait m’apporter. Je n’étais pas plus rassurée pourtant. Je l’aurais été s'il y avait quelques minutes encore il ne l’a pointé pas dans ma direction. Même si maintenant le canon ne me regardait plus dans le blanc des yeux je restais tendue. Mon rythme cardiaque n’avait pourtant pas accéléré. Peut-être était-il lui aussi autant rigide que mes muscles à cet instant. Je tentais de me souvenir de sa vie et de ce que j’avais pensée en voyant certains passages de son existence, mais l’arme me mettait mal alaise et j’étais obnubilée par ça. Je vis qu’il gardait ses distances ce qui me rassura. De plus, voir le canon de son arme mirer le sol me détendit quelque peu. Je remarquais alors en regardant plus attentivement qu’il avait l’air fatigué, que comme moi il souffrait ce soir d’insomnie. Il ne répondit pas immédiatement à ma réplique, mais me salua avec un ton sévère. C’est vrai je n’avais pas été très poli et j’étais entrée dans le vif du sujet, mais elle n’avait pas l’habitude de saluer les personnes qui l’avait suivit avec une arme à feu. J’avais du mal à saluer poliment les personnes que j’avais faillit tuer même si elle sentait qu’elle avait une certaine proximité avec le personnage. Je n’avais même pas pensée une minute à le saluer. Cependant, il semblait qu’il n’y avait pas que mon impolitesse qui l’avait irrité. Peut-être le fait de voir la personne qui avait tenté de prendre sa vie ? Je ne savais toujours pas sur quel pied danser. Je n’avais aucune idée de comment il avait pris mon attaque. Je ne n’’avais aucune idée de ce que pouvait être ses attentions et même si mon mentor et quelque chose au fond de moi me disait qu’elle n’était pas mauvaise pour le moment, je me méfiais. Je me surpris cependant à penser que ce que je voulais dépeindre ici ce soir n'existait pas dans mes souvenirs. Je diabolisais ici et maintenant le personnage alors que je n’avais porté aucun jugement auparavant. J’avais eu envie d’aider cette âme torturée par les tempêtes de son esprit, de ses souvenirs, de sa fonction …Aussi je ne répondais pas à sa salutation, je restais là a le fixer. Mes deux pieds étaient toujours bien enfoncés dans le sol. Je ne gravais aucune expression sur mon visage, il était aussi inexpressif que celui d’une statue de marbre. Mes muscles étaient d’ailleurs toujours aussi durs que cette matière noble.

Comme je ne répondais pas il sembla poursuivre. Son ton changea de nouveau. Les tonalités sèches furent remplacé par d’autres plus abruptes, plus furieuses qui étaient pourtant assez bien dissimulé. Mais on ne cache pas d’état d’âme à une femme ayant vécu huit décennies entière à regarder le comportement de homme. Je n’avais pas envie d’avoir une algarade avec lui, pas ici, pas ce soir. Pourtant je devais me préparer à ce que cela se produise, je le savais intelligent, terriblement intelligent même. De ce que j’avais pu voir il savait exactement ce qu’il faisait généralement. Même s’il tuait parfois pour de mauvaises raisons ils n’étaient pas une bête idiote assoiffée de sang. Les plaisirs de la torture lui étaient méconnus selon mes souvenirs qui se rapportaient aux siens. Je ne cillais pas devant lui. Mon visage était toujours impassible. Aucune ride d’expression ne se creusait, aucune lueur particulière ne traversait mes yeux céruléens rendus surement obscure à cause de la faible lumière. Je ne savais comment réagir en réalité, il était l’un de premier à qui j’enlevais la vie et à qui je l’avais redonné aussi rapidement. J’avais ranimé des gens, je les avais fait revenir du royaume des morts si telle avait été leur destiné. J’avais éliminé des gens seulement sur ordre de ma hiérarchie, si cela était un véritable danger pour ma le déséquilibre de la nature et généralement si c’était le cas je les ramenais rarement. Ludvík était donc le premier que j’avais amené aux portes de la mort sans l’y abandonner totalement. Je me rendis compte que c’était sûrement cela qui obstrué mon jugement qui avait pourtant était très clément jusque là. Je n’avais jamais repensé à ce soir en me disant que c’était un véritable fou qu’il fallait absolument éliminé, car il était un danger pour l’humanité et l’équilibre de mon élément et même ceux des autres gardiennes. Jamais je ne m’étais dis qu’il fallait que je le surveille, car son comportement n’impactait pas autant que la dernière fois sur le monde actuelle. Il y avait pire que de tuer par conviction de loups garous innocent. Il y avait pire que de faire ce qu’on penser être la chose à faire quand on est né chasseur d’ombre. Je pensais que c’était en faite cela le plus tragique : se leurrer sur ce que devaient être cet charge. A la base les chasseurs ne devaient pas se nourrir des blessures de ses ennemies. Le but de leur création était de chasser les créatures qui soumettaient l’humanité, de détruire tous les lucifériens qui parcouraient la terre pour pervertir les hommes. Les loups-garous, certes étaient puissant sous leur forme lupine, certes ils étaient parfois incontrôlable, mais ils vivaient généralement entre eux ne se mélangeant que rarement à la race humaine. Ainsi, sauf cas rare, ils ne causaient aucuns dégâts contrairement aux vampires qui eux pouvait vider des dizaines d’hommes par nuit. Les démons n’avaient pas étaient aussi présents sur terre depuis des siècles et aujourd’hui ils étaient de retour. Peut-être que cela remettra certain chasseur dans le droit chemin. Je m’étonnais encore de la foi que je plaçais en toutes les créatures possibles et inimaginables. Je n’étais pourtant pas connu pour être la gardienne la plus tolérante. J’avais un sens de la morale beaucoup trop aiguë pour cela. Pourtant, cet individu qui aurait pu me mettre hors de moi m’a touché plus que je ne l’aurais crus.

Mes pensées furent cependant troublées pas de nouvelles paroles en provenance de Ludvík. Je le fixais toujours attentivement et l’écouté avec précaution pour percevoir toute les variations de son timbre. Cette fois les mots furent prononcés avec un ton nette, explicite presque cartésien. Il tomba ainsi dans une démonstration de ce qu’il pensait ne pas être. Il est vrai que mon comportement pouvait laissé entendre que mes pensées étaient peuplé de visions de lui en train de tuer de loups-garous, mes « protégés » comme ils disaient. Je ne savais pas vraiment si c’était le cas, mais il est vrai que j’aimais beaucoup les loups. Leur magie était aussi chaude que le soleil qui m’avait vu naître il y a des décennies de ça en plein été. Leur magie, comme je l’avais découverte avec Misha m’emplissait de vivant. Ma propre magie était bien trop rattachée à la mort pour ne me plonger totalement dans l’antre glaciale de la faucheuse à certaine occasion. J’étais sa visiteuse préférée, son amour infidèle qui venaient parfois se réfugier dans ses bras quand je m’étais brulée trop douloureusement les ailes dans le pays des vivants. Quand un vivant avec ses regards, ses jugements, la flamme de ses peurs m’avait fait fondre comme une simple bougie de cire d’abeille. J’étais infidèle car j’aimais le monde des vivants et le contact des lycans, plus que ceux des autres créatures magiques, me faisait sortir de l’antre polaire mânes. Alors oui, peut-être avait-il raison, je protégeais comme je le pouvais les êtres qui me permettaient de m’évader de mes amis les esprits. Je protégeais ceux qui, l’espace d’un instant, me faisaient oublier la lourdeur de ma charge et ma propre nature. Quand je le vis ouvrir ses bras en même temps qu’il me disait que sa vie était mienne, toute ma tension musculaire se relâcha. Sinéad me souffla de nouveau que tout irait bien, que je pourrais avoir confiance, pas totalement, mais assez pour lui permettre de me parler ce soir. Aussi mon visage devint plus vivant. Je marquais ma première mimique faciale en voyant cela. C’était un simple sourire amusé par la situation. Mon sourire était là pour faire face à ses yeux qui eux me mettaient toujours en joue. Je préférais pourtant ce regard appuyé et un peu piquant que le bout du canon de son arme à feu. Je devais maintenant répliquer à ses paroles. Je ne savais pas réellement par où commencer. Peut-être répondre par la dernière affirmation et revenir sur les premières choses qu’il avait dit. Peut-être devrais-je juste répondre à la dernière de ses paroles. Afin de montrer que je voulais ouvrir le dialogue, je faisais un pas vers lui. Je réduisais ainsi cette espace pleine d’électricités statiques, pleine de tensions, cette zone parfois traversée par des molécules belliqueuses.



« Tu excuseras mon impolitesse, mais … je ne suis pas habituée à dire bonsoir aux personnes qui me suivent avec une arme à feu. »

Je souriais légèrement. C’était un moyen pour moi de détendre l’atmosphère. Je ne savais pas si ce geste était réellement destiner à le détendre lui. Il n’avait pas l’air tendue et plutôt serein dan ses gestes et ses pensées mais je ne pouvais m’empêcher de penser à la petite pointe de colère dans une de ses répliques quelques minutes auparavant. Aussi, sourire me réconforté, j’entendis alors Sinéad me murmurer ce que je pensais au même moment. Parfois, nos gestes conditionnent notre état mental. Si on se met à sourire même si tout va mal, sans s’en rendre compte les fardeaux seront moins lourds. Au contraire, si on porter toujours le masque de l’éternelle insatisfait, celui du malheureux et du mécontent, la vie se ponctue de détresse et de mélancolie.


« Je ne sais pas ce que tu fais ici. Ce que je sais c’est que tu as une arme, la même qui te sert à tuer des loups. Ce que je sais également c’est que nous sommes dans une forêt n’est ce pas ? »

Dis-je en plantant sans sourciller, sans aucun blâme ni une once de médisance. Je voulus d’ailleurs que mon regard soit plus chargé de bonhomie, de douceur et de calme. Aussi je poursuivais mon développement et la raison pour laquelle je lui avais annoncé d’entré de jeu, qu’il n’y avait pas de loue en faisant clairement référence à son penchant funeste :


« Et la forêt et le lieu de prédilection des loups de cette villes. Alors, tu m’excuseras si la première idée qui m’ait venue fut celle de croire en chasse de ces individus. Ma première réaction fut de me souvenir notre première rencontre et les derniers moments de ta vie, ainsi que les plus … vermeilles dirons-nous. »

J’avais tenté de rester neutre pourtant sur les derniers mots j’avais buté. Je ne voulais pas dire le mot sanglant pour ne pas faire revenir les quelques images de certaines de ses chasses qui m’étaient restées malgré moi en tête. Je voulais maintenant revenir sur les dernières choses qu’il avait dit. Ce n’était pas réellement ce que je pensais de lui. Peut-être même que ce qu’il avait dit à propos de sa personne était l’image qui voulait donner aux autres. Une image superficielle que les personnes ne cherchant pas à le connaître rencontrerait sans avoir envie de fouiller un peu plus dans l’âme du chasseur. Je n’avais pas cherché à le connaître, mais je ne pouvais pas ignorer que je le connaissais plus ce que j’aurais voulu au première abord. Je trouvais ce personnage complexe et c’est quelques mots choisies pour être le plus extrémistes, caricatural et dramatique possibles ne coïncider absolument pas. En tout, ils manquaient d’éclairage, ils manquaient de consistances et d’épaisseur. Et puis cette affirmation sur sa vie qui était mienne. J’étais perplexe. Est-ce que le fait de l’avoir tué et ramené à la vie faisait de sa vie une chose que je pouvais manipuler à ma guise ? Un sorcier normal aurait apprécié ce pouvoir. Une Wiccane trouvait cela malsain. En tant que wiccane je trouvais même cela pernicieux, car un tel pouvoir ne pouvait que corrompre, il ne pourrait qu’être dangereux les deux parties concernées. Je fis ma réponse sur ce sujet avec une certaine bienveillance il me semble. Je tentais de concentrer toute la douceur et le calme dont j’étais capable pour lui apprendre quelque chose dont il n’avait pas du se rendre compte.


« Ludvík, t’as vie n’appartient qu’à toi. Je l’ai prise momentanément, je l'ai isolée de ton corps pour une raison que nous connaissons tous les deux, mais je te l’ai redonné toute entière. Elle est à toi, non à moi. Je n’aurais plus aucun droit sur elle tant que la Nature aura décidé ainsi. Je n’aurais plus aucun droit sur elle tant que tu ne me la donnera pas pour de bonne raison. »

Mes lèvres s’étirèrent pour arborer un sourire aimable. Mon rôle était d’aider les personnes, de leur offrir de la grâce, de la complaisance et de l’harmonie. Même s’il faisait partie de ses rebelles qui tentaient de détruire le pacte passé entre les différentes races depuis des siècles, il avait un cœur. Même si cet organe était meurtri par un passé, une enfance, une vie douloureuse et pénible, je me devais de le colmater comme je le pouvais. Et même le plus important, j’en avais envie. Je ne savais pas expliquer pourquoi. Peut-être est-ce le fait que Sinéad avait voulu que je me retrouve ici ? Où étais-ce juste le fait que j’avais réussis à surmonter mes propres angoisses fasse à lui ? Peut-importé maintenant.

« Si tu veux discuter. Pourrais-tu, au moins ranger ... ça ? … »

Je relevais doucement mon index dans la direction de son arme à feu en faisant légèrement une grimace. J’avais légèrement crisper la bouche pour montrer que ce genre de chose ne me plaisait pas dans tous les cas que se soit contre les loups où autres. J’étais peut être bien naïve de penser que des chasseurs pouvaient s’en passé et même, je l’avouais bien volontiers. Je préférais la magie la fluidité de la magie, la mouvance des énergies à la brutalité de ce métal. Surtout que je n’aimais pas du tout la matière dans laquelle cette arme était faite. Si les arbres sentaient la poudre dans l’air moi je pouvais sentir le fer qui composé cette arme de destruction. Hors, je détestais le fer. Certain n’aime pas le bois, d’autre la nacre, d’autre encore le bronze. Moi, je trouvais le fer absolument enquiquinant et irritant.
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MessageSujet: Re: "Ira furor brevis est", Horace   Dim 20 Mai - 21:12

Le jeune homme était soudainement empli d'un calme qu'il n'avait pas ressenti depuis un moment. A cet instant, il savait qu'il n'aurait pas eu de problèmes à dormir, comme si envisager sa propre mort guérissait son insomnie et sa fièvre. Ludvík avait l'impression de rencontrer son destin, en cet instant. Le moment était crucial, et déciderait de la suite. Ou il mourrait. Ou il restait en vie, mais alors il ne savait comment il pouvait réagir. Pouvait-il réellement pardonner à la femme de lui avoir pris sa vie l'espace de quelques secondes ? Il avait l'impression qu'elle était mal retournée en lui, que son corps ne convenait plus - mais parfois uniquement, lorsqu'il repensait au décès. Là, c'était le cas. Il se sentait si étranger à lui-même, la douleur ne lui faisait pas peur, parce que tout ce qu'il sentait, c'était cette affreuse souffrance qui grossissait en lui. Il n'y avait plus que cela qui comptait. La tension ne lui faisait même pas mal ; tendu, il l'était tout le temps, l'attente et la patience, l'espoir étaient devenus comme des secondes natures pour lui. Il était totalement inoffensif. Il comprenait, oui, qu'elle ne se sente pas à l'aise face à quelqu'un qui portait une arme, qui l'avait braquée sur elle, mais tout de même, Ludvík l'avait baissée en la voyant. Il ne pouvait pas rester les bras croisés dans la forêt, il était tout naturel qu'il se défendît contre un prédateur, à ses yeux. Et cela ne justifiait pas pour autant qu'on oublie complètement de dire bonjour, à ses yeux.
    « Je ne te suivais pas, rétorqua-t-il, j'essayais de ne pas me laisser surprendre par plus fort que moi. C'est facile, quand on peut ôter la vie des gens par sa simple volonté, de ne pas aimer les armes. »
Il l'accusait très clairement, insensible à sa tentative de détendre l'atmosphère. Lui aussi aurait bien voulu ne pas avoir à s'en servir. Mais il était chasseur par sa naissance, on l'avait élevé ainsi. Et s'il avait dérivé des principes de l'Enclave, qu'il avait viré du côté obscur et - très volontairement -, qu'il s'était engagé sur le chemin de la violence, c'était bien parce qu'il avait été formé ainsi. Ludvík faisait des études, mais il ne se faisait pas d'illusions : il était foutu. Il ne pourrait pas avoir une vie normale, pas alors qu'il était incapable de vivre sans runes ni armes, qu'il savait quelles horreurs se tramaient dans leur dos, qu'il nourrissait une haine ancestrale contre l'Enclave. Il était intelligent, oui, mais d'une intelligence pratique. Il ne philosophait pas : il cherchait la manière de trouver sa voie. Voilà où il en était : il ne connaissait que la violence, la mort, la Chasse. Sans tout cela, au fond, il dépérirait. Pouvait-il se plaindre de sa vie, alors qu'il avait l'impression que si elle changeait, il ne pourrait plus vivre ? Ludvík était lui-même créature d'ombre : il ne pouvait se départir de cette part obscure de sa personnalité. Il était, au fond, sans doute bien plus mauvais qu'elle, quand bien même il n'était pas fondamentalement méchant ; et heureusement qu'il n'était pas aussi puissant, car, sans doute, dans son fanatisme, il aurait fait des ravages.
    « Oui, je sais que c'est une forêt, je sais qu'il y a les loups - et pas que. Mais je ne vais pas m'empêcher d'aller me balader parce qu'il y a d'autres visiteurs que moi. Je n'arrivais pas à dormir, j'étouffais à Prague, j'avais besoin d'air frais. J'aime la forêt, pour moi, c'est un endroit pur. Et comme tu le dis, il y a les loups - et pas que, des tas de sales prédateurs qui ne feraient qu'une bouchée de moi. Genre toi. Alors ouais, j'amène un flingue quand je me promène la nuit, ça me paraît assez raisonné quand on craint pour sa sécurité. »

Ludvík craignait pour la sienne, c'était évident. Il y avait les loups, c'était toujours dangereux, il comprenait tout à fait s'il s'attirait leur haine après tout. L'idée de mourir de la main d'un lycan ne le tentait pas, mais si cela devait arriver... cela arriverait. Et puis, il y avait l'Enclave, la Confrérie... il s'était sans doute fourré dans un sacré pétrin, mais de toute façon, il y était déjà dès la naissance. Qui sait, on ne savait pas ce qui pouvait arriver. Est-ce que l'Enclave avait forcément envie qu'un Romanov empiète sur son terrain de chasse ? Alors un Romanov à la Confrérie, c'était évidemment une cible intéressante. Ludvík savait tout cela, même si, se faisant une image de l'Enclave, il ne pouvait pas réellement savoir comment cela se passerait pour lui, si l'Enclave décidait qu'il était clairement un ennemi. Bah, elle ne ferait que le rôle d'un chasseur d'ombre, ce ne serait pas plus mal. Seuls sa fierté et son honneur seraient bafoués ; en terme d'équilibre entre bien et mal, en revanche, ça ne pesait pas.
    « Les souvenirs vermeilles ? Jolie expression. »
Ludvík n'était pas perturbé par ceux-là. Ils avaient pu le hanter au départ, mais plus maintenant. Il était immunisé contre le sang, et puis... c'était lui, dans toute sa splendeur. Ludvík ne pouvait pas se détacher de cela. Il n'avait pas la conscience tranquille, et le sang lui tâchait les mains. Lui, ce qui le perturbait le plus, c'était le souvenir de leur rencontre. Il chassait, mais il était resté sur un échec qu'elle lui rappelait aussi... simplement. On ne pouvait pourtant pas nier que cela faisait terriblement mal à Ludvík, de devoir se rappeler qu'il avait tout raté ce soir-là, y compris la possibilité de mourir.
    « Le sang te perturbe ? C'est sûr que ta méthode est plus propre. » Il disait cela très calmement, comme s'il faisait une simple constatation. « Mais je suis heureux de les avoir partagés avec toi. Au moins, tu ne pourras pas dire que tu ne savais pas à qui tu avais affaire. Je ne veux pas que l'on me dédouane de ce que j'ai fait. Je ne suis pas un monstre, mais je reste un chasseur, et je ne peux pas vivre sans tuer. »
Sa vie - à lui, elle le disait. Et lui le savait, d'ailleurs, il n'avait jamais pensé qu'elle en était devenue le dépositaire. Simplement qu'elle avait acquis le droit de le tuer si elle en avait envie - ce qui était, pour lui, assez différent. Sa vie en propre ne lui appartenait, qu'à lui, et au destin à la limite. Mais c'était tout. Mais ce droit qu'il lui donnait sans y penser, c'était le droit du plus fort, celui que le prédateur se donnait sur sa proie. Si elle ne le voulait pas, c'était son droit. De toute façon, il n'allait pas la forcer à quoique ce soit. Cependant, il était presque déçu, en baissant les bras, de voir que le moment de sa mort n'était pas encore venu. Il l'attendait, aussi bizarre que cela puisse paraître, alors même qu'il recherchait sa protection. Ce n'était pas qu'il la voulait de tout son être, plutôt qu'il la considérait comme logique. Après, non, Ludvík n'était pas suicidaire et ne cherchait pas à mourir à tout prix. Mais si l'occasion s'en présentait, il avait toujours dit qu'il ne devait pas flancher.
    « Dommage alors, lâcha-t-il, j'espérais presque ce fut toi. Enfin, si tu n'en as pas envie, à ta guise. Je ne crois pas aux droits de la Nature, figure-toi, je crois juste qu'il y a des prédateurs, des proies, et que je suis suffisamment pourri pour mériter une mort violente plutôt que naturelle. Après, ouais, de toute façon, bien sûr qu'elle est à moi, que crois-tu ? C'est ma mort qui ne m'appartient pas. »
Lorsqu'elle lui demanda de ranger « ça » - c'est-à-dire, son arme -, Ludvík lui lança un sourire digne d'un prédateur, se retenant pour ne pas rire. Ça, ce n'était rien d'autre qu'un inoffensif jouet, entre les mains d'un inoffensif chasseur. Son sourire narquois toujours aux lèvres, il remit la sécurité et rangea l'arme à sa place, la cachant à travers ses vêtements. A travers l'obscurité, on ne la voyait même plus ; on aurait pu croire qu'il était désarmé, un jeune homme tout à fait normal à un endroit incongru. Il s'inclina légèrement, avec ironie.
    « Voilà, ma dame, vous êtes obéie. De toute façon, tu n'avais rien à craindre de moi, je ne suis pas assez sot pour manipuler une arme sans savoir m'en servir. »
Ludvík n'était pas sûr d'avoir envie de discuter avec elle. La conversation s'engageait plutôt mal, elle faisait son ange et lui reprochait d'être porté à la violence. Visiblement, c'était quelque chose qu'elle ne supportait pas. Ludvík pouvait le tolérer, mais elle n'était pas innocente non plus. Il n'avait pas envie de lui expliquer sa manière de voir le monde, de lui expliquer pourquoi il chassait, de lui expliquer son mal être. Il n'était même pas sûr de tout ce qu'elle savait ; si elle connaissait son prénom, elle savait peut-être qu'il était un Romanov, donc d'une lignée renégate. Elle savait peut-être qu'il était de la Confrérie. Sans savoir, comment lui faire confiance ?
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MessageSujet: Re: "Ira furor brevis est", Horace   Jeu 24 Mai - 22:06

Les efforts que je fournissais ne semblaient pas suffire à détendre l’atmosphère. Je ne savais pas pour le moment comment y remédier. Pouvais-je lui en vouloir. Je l’avais presque tué. Ce soir là, si j’avais exercé ma magie encore quelque seconde toute sa vie se serait totalement détachée de lui. Je ne l’avais pas ressuscité au sens que l’entende les chrétiens, mais j’avais enlevé assez de vie dans son corps pour qu’il ne puisse plus revenir par lui même. Et j’avais du l’aider à revenir dans son enveloppe charnel. Et même s’il restait distant je n’arrêtais pas de lui sourire. On m’avait toujours dit qu’offrir des sourires était une preuve de sagesse. Sourire à son ennemi, a ceux qui ne vous souriez pas était juste un moyen de montré que vous étiez au dessus de tout cela. Si au départ j’avais eu peur et si j’étais tendue, je l’étais bien moins maintenant. J’avais eu des aprioris en le voyant dans la forêt avec cette arme, car le voir avait ramené en ma mémoire se propre souvenir que j’avais vu en lui prenant temporairement une partie de sa vie. Je connaissais son nom de famille, mais je ne voulais m’attacher à un nom, a une lignée. Je voulais le juger, le connaître pour ce qu’il était réellement, pas pour son nom de famille et à sa lignée « maudite ». Je n’aimais pas qu’on me juge à cause de mes pouvoirs trop proches de la mort, à cause de mon affinité avec l’élément terrestre. Alors pourquoi je ferais ce que je n’aime pas qu’on me fasse ? Lui, cependant, semblait resté figé sur une seule et même chose : mon pouvoir chaotique, ma capacité à prendre la vie d’autrui comme je l’avais fait avec lui. Il me rétorquait avec ce que je pris comme une pointe de violence que c’était facile pour moi de me balader sans arme à feu puisque je pouvais prendre la vie des gens presque par caprice. Je fis un petite moue et soupirait de cette remarque que je trouvais mal placé venant de la par de quelqu’un faisait la même chose avec les loups. Certes, sa manière devait être plus brutal mais n’était-ce pas aussi par simple volonté ? Après tout, qu’avaient fait tous ces loups qu’il avait tués ? Étaient-ils tous coupables de carnage ? Ayant vu, ses souvenirs je pouvais aisément déclarer que ce n’était pas le cas. Je décidais donc de lui faire comprendre ma pensée après qu’il ait finit de me répondre. Je gardais donc cela dans un coin de ma tête.

Elle écouta ensuite ce qu’il avait à dire à propos de sa présence dans la forêt. Je me surprise à lui adresser un petit sourire qui montrait qu’il n’avait pas tord. J’avais immédiatement pensé aux loups sans penser un instant aux vampires, aux mages noirs, aux démons… Effectivement, que répondre à cela ? Il avait raison et j’avais tord. Mais je l’acceptais, je m’étais trop vite précipité sur un préjugé alors que je ne voulais pas qu’il existe ce genre de chose entre Ludvík et moi-même. Si nous devions encore nous croiser dans cette forêt autant que ces rencontres soient agréables. Je savais qu’il était un membre de la Confrérie. Je ne comprenais pas très bien pourquoi il avait rejoint ce côté là de la balance alors que ce qu’il combattait au plus profond de lui, c’était ce qu’il était devenu. C’est comme ça que je le percevais en tout cas. En avait-il au moins conscience. Il voyait sa lignée, sa nature comme une fardeau, une destinée tragique alors que beaucoup aurait donné pour être à sa place. La plupart des chasseurs que je connaissais avaient cette fâcheuse tendance à voir ça comme un fardeau, comme une maladie incurable qui serait gravé dans leur gêne. Et même si un dans leur ADN il y avait le gêne « chasseur », n’y avait-il réellement aucun moyen de s’en détacher un petit peu ? La vérité est, à mon avis, que ces personnes se plaignent de leur condition de naissance, mais que sans cela ils seraient perdus. Ils ont forgés leur vie la dessus, pour eux c’est la normalité. C’est pourtant se cacher selon moi. On est tous maître de notre destiné, qu’on s’appelle Romanov où autre … Penser à tous cela me fit ressentir un peu plus de compassion et en même temps une certaine âcreté dans la bouche. Un sentiment paradoxal face à une personne que je trouvais antinomique. Il aborda ensuite les questions « sanglantes ». Il complimenta mon expression à propos du sang ce qui me fit sourire. Il n’était pas si terrible que ça au fond, et j’en étais de plus en plus persuader. Comment quelqu’un aimant les mots pouvait aimer la violence ? C’était aussi une chose contradictoire chez lui. Je l’avais vu suivre des cours de lettres, ils adoraient une magie que je trouvais poétique, celle des runes, et pourtant il tuait plus qu’il ne fallait.

Encore une fois après ça il souligna ma magie. Plus propre ? Si on peut dire. Ses paroles étaient toujours mesurés et d’une grande sérénité ce qui tranchait bien avec ce qu’il ressentait parfois à l’intérieur de lui : fureur, questionnement, colère, désespoir, fatigue … Dans cette nuit noire, je me demandais ce que la suite de cette conversation aller bien donner. Il avait une grande audace dans sa manière d’être et dans ses mots malgré son apparente tranquillité et son apparente sérénité. Je pouvais même débusquer une touche de hardiesse et d’impudence dans ce comportement. Je n’avais jamais rencontré de chasseurs d’ombre venant de la lignée des Romanov. Si nombres d’entre eux avait été comme Ludvík sans jamais se poser de bonne question, je comprenais leur perte et leur irrévérence vis à vis des lois de leur communauté. Je décidais à ce moment là de répondre à toutes ses remarques avec une voix courtoise et affable. Je ne voulais surtout pas exprimer mes pensées avec violence et irrespect.


« Hum … Tout d’abord, je tiens à souligner le fait qu’il me semble qu’à l’origine, les chasseurs d’ombres doivent prémunir l’humanité de sa perte. Si votre race a été conçue c’est pour d’abord chasser les démons puis leurs « enfants » si je puis dire. Hors, ces descendants certes diaboliques à leur débuts se sont plus où moins bien adaptés parmi les hommes. Les vampires le sont beaucoup moins, car même si certains d’entre eux garde l’apparence de l’aristocrate qui se contrôle, ils sont bien plus sanguinaires que toutes les autres réunis. Normale après tout, le sang est leur nourriture. Les loups par contre … Explique moi à part vivre ce qu’ils ont fait pour que tu les traques de cette manière ? J'ai du mal à comprendre pourquoi une telle obsession contre une race plus proche des hommes que toutes les autres. Une haine pour les vampire m'aurait été plus compréhensible... Je sens chaque goutte de sang qui est versée sur cette terre. Et tu le sais autant que moi : la nuit de débauche d’un vampire est bien plus sanglante qu’une meute de loup qui cour un soir de pleine lune. Tu me demandes si le sang me perturbe ? Oui, car cela fait des décennies que je sais quand une goutte tombe sur le sol, je sais de quelle race elle provient et parfois même je sais comment elle est arrivée là. Cela fait des décennie que j'en vois en rêve bien malgré moi, non par ce que je l'ai versé de ma propre main, mais par ce qu'humains, vampires, mages et même chasseurs d'ombres ont décidé de prendre une vie. Je ne dis pas que ce que les chasseurs font est mal, ils tiennent une place importante dans l'équilibre, mais parfois le sang coule bien plus que ce qu'il faudrait pour ramener la paix. »

Ma voix c'était perdue sur ces derniers mots. En parlant de ça j'avais certains de ses souvenirs qui me revenaient en tête. Mes yeux étaient devenue plus vague, plus transparent, je pense. C'est comme si l'espace d'un instant je ne regardais plus le jeune homme, mais la forêt profonde qui se tenaient fièrement derrière lui et qui savait exactement de quoi je parlais. Les arbres étaient eux aussi des spectateurs impuissants de la folie des hommes tout comme ceux des vampires et des chasseurs d'ombres. Les loups-respectaient bien plus la nature et la forêt que les autres races. Je me repris cependant et continuais ma tirade que je trouvais bien longue, mais qu'il fallait que j'exprime.

« Ma méthode n’est pas plus propre, il reste un corps, il reste une famille, où un ami qui pleurera la vie que j’ai pris. Il restera une âme que je verrais, à qui je pourrais parler, une âme que je devrais guider pour qu’elle trouve la paix. Quelle méthode est plus propre ? Celle du chasseur qui prend cela juste pour un boulot dont la providence l’a affublé et se persuade que c'est ainsi que les choses doivent-être, ou le mage qui devra peut-être se déplacer avec toutes les vies qu’il a prit pour le reste de son existence ? Certains de ta race oublient encore une chose. Les loups se sont mit à avoir des âmes, une vraie part d’humanité, alors que les vampires ne font que la perdre petit à petit la leur, surtout quand il atteigne le point de non retour, quand il atteigne la frénésie... Je sais que j’ai affaire à quelqu’un qui, il me semble, devient peu à peu, comme ceux qu’ils méprisent. »

J’avais fais une longue tirade, mais je n’avais même pas finis. J’adressais juste un sourire un peu affliger par la constatation que je venais de faire. Au fond de moi j’espérais que cela aller le faire réfléchir, mais les jeunes personnes sont parfois têtus, peu enclines à écouter ce que les autres disent. De plus je n’étais pas très proche de lui, je l’étais bien malgré moi en sachant les petits détails de son existence, mais lui ne devait pas se sentir proche de celle qui l’avait presque tué. Cela m’aurait fort étonnée. Je continuais cependant ma tirade. J’avais l’impression d’être un personnage de théâtre. Il me fallait juste mettre mes paroles en alexandrin et je pouvais faire une pièce classique de ce moment.

« Je pense pouvoir aussi affirmer qu’on choisis ça mort puisqu’elle découle des choix fait dans la vie. Je vais prendre un exemple commun voire trivial et qui fait un peu trop tabloïd, mais bon … Un humain qui fume n’augmentent-ils pas ses chances de mourir d’un cancer ? Ne choisit-il pas d’une certaine manière de mourir de cette maladie plutôt que de vieillesse ? Si le monde était fait uniquement de prédateurs et de proies, l’humanité se serait éteinte depuis longtemps. L’équilibre du monde et bien plus subtile, tu n’es pas mage et pourtant en étant un chasseur tu devrais ressentir cela. Mais quelque chose, une affliction empêche cela. Si tu méritais une mort violente, si tu étais aussi pourri crois-tu que je t’aurais ramené ? Chaque être pouvant sentir l’odeur humide de la forêt, chaque être possédant une part d’humanité, mérite de vivre. Avec mon raisonnement si je te croyais dépourvu d’humanité, si je t’avais vu aussi pourris que tu l’affirmes ce soir-là, je t’aurais effectivement tué et je ne me tiendrais pas devant toi en train de parler comme ce que tu pourras prendre pour une aliénée ou une allumée quand j'aurais terminé. »

Lorsqu’il s’inclina devant moi après avoir rangé son arme je ne pus m’empêcher de sourire avec bonne humeur. J'avais vu que cela était ironique, mais je trouvais que c’était surtout un bon départ après tout. Il aurait pus simple refuser de ranger son arme. Je prenais son geste comme une ouverture. D’une certaine manière il voulait bien qu’on parle même si ses mots restaient acerbes. Je décidais donc de jouer le jeu et accomplis une petite révérence avec un jupon imaginaire.

« Je t’ai servis un long discours, mais je devais juste exprimer mes opinions. Je n’aime pas rester dans le silence. Il y a un temps pour toute chose et cet instant, ce n’était pas le moment pour moi de méditer sur mes pensées dans un silence religieux. Pour la suite, je pense que je serais moins porté sur l’exemplarité et l’éthique. Tu sais ce que je pense, j’ai vu ce que tu es : ton nom, tes conflagrations contre l’Enclave et l’Alliance, les chasses brutales… Je sais tous et je suis encore là. Alors que veux-tu de plus ? Que dois-je faire pour avoir un peu d’onde positive ? Si tu m’en veux pour ce que je t’ai fais, et je le comprendrais parfaitement, tu n’as qu’à le dire et je continuerai mon chemin et toi le tient pour ce soir. »

Même si j’avais des passages de sa vie, même si j’avais assisté à tout cela, je n’étais pas sûr de ce qu’il allait dire et faire. Plus je lui parlais et plus j’avais l’impression de me retrouver devant un paradoxe ambulante. Il avait pu vivre bien des choses depuis que je l’avais vu pour la première fois, même un événement infime avait pu changer la vision que j’avais de lui. Je savais cependant qu’il n’était pas aussi mauvais qu’il le laissait bien croire. Sinéad, le savait, Etain dans mon dos avait à peine réagit. Si je devais me battre contre lui, si je devais me préparer dès maintenant à l’affronter, elle serait déjà venue se placer d’une manière où d’une autre sur mon ventre.
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MessageSujet: Re: "Ira furor brevis est", Horace   Lun 28 Mai - 16:56

Ludvík ne se sentait pas forcément très à l'aise, sans son arme. Il l'avait rangée parce qu'il n'était pas un monstre, qu'il voulait faire plaisir à la femme. Mais il fallait être honnête : en pleine forêt, la nuit, Ludvík n'aimait pas être désarmé. Certes, il avait ses runes, il n'était pas entièrement démuni ; au besoin, il saurait sans doute se défendre grâce aux capacités accrues qu'elles lui conféraient. Cependant, il ne se faisait pas d'illusions : il ne pourrait pas s'en sortir sans l'aide de la sorcière, ou peu importait ce qu'elle était d'ailleurs. La Sorcière était un nom parfait pour une femme capable de jouer avec les vies des gens. De toute façon, si elle avait envie de parler un peu avec lui, il fallait bien qu'il soit en vie, pas vrai ? Donc, a priori, il était tranquille. Mais en réalité, il ne pouvait pas être réellement sûr. Elle en savait beaucoup sur lui, elle pouvait donc aisément jouer avec lui. Lui n'avait pas cette chance : il ne savait même pas comment elle s'appelait. Tout ce qu'il avait, c'était un souvenir obsédant, charmant mais lourd à porter. A vrai dire, il ne comprenait pas sa propre manière d'évoquer ce souvenir. Comme s'il avait envie de se retrouver face à ses contradictions, ses questionnements. Ce fut pire quand elle commença son petit monologue - tirade serait plus juste, pensa-t-il en étudiant, mais si on le prenait en compte, lui, pauvre petit chasseur d'ombres forcé d'écouter cela, l'attention déclinante, on s'en rapprochait, il tenait plus lieu de public que de personnage-destinataire. L'origine des chasseurs d'ombre ? il la connaissait parfaitement, c'était de son histoire qu'il s'agissait après tout. Lui avait toutefois une théorie différente : ils étaient corrompus. Oh, bien sûr, on les avait fait "innocents", mais bon sang, leur nature c'était de tuer, c'était pour cela qu'ils avaient été conçus, non ? Il ne fallait pas s'étonner qu'ils s'orientent vers autre chose comme victimes. Vampires, loups... peut-être que les vampires étaient pires. Mais tout le monde s'occupait des vampires, il n'avait pas envie de s'y engouffrer. Le choix de Ludvík avait été aussi horriblement simple : il avait un peu pris au hasard, pour ne pas faire comme tout le monde. Voilà comment il avait procédé. Bien sûr qu'ils étaient les "moins pires", comme on dit. Ludvík connaissait ses victimes, tout de même, il n'était pas devenu chasseur de lycans sans une bonne connaissance de la race qu'il chassait. Mais le choix était fait : il n'était pas question de revenir dessus, et de toute façon, Ludvík était déjà perdu. Avec une âme aussi noire, il n'y avait plus d'espoirs : pas de raison de changer pour lui faire plaisir, ou parce que c'était mieux. Non, il n'y avait plus de retour possible pour lui. Ce n'était même pas une haine des loups, contrairement à ce qu'elle semblait. C'était une haine presque généralisée du monde. Ludvík ne savait que haïr ou ignorer. Il aimait un idéal, y assimilait l'homme ; mais autrement, son attitude envers ce qui l'entourait était tout bonnement navrante. Comble du comble, il n'avait même pas de respect pour sa propre vie. Il aurait pu dire tout cela à son interlocutrice ; mais celle-ci, emportée dans son élan, ne lui en laissait pas le temps. Elle parlait de son expérience du sang. Ludvík reconnaissait qu'elle était plus vieille, qu'elle ne voyait sans doute pas la chose comme lui. Enfin, il y était insensible, ce n'était pas plus compliqué. Mais il fronça les sourcils quand elle déclara ne pas trouver le travail des chasseurs mal. Lui n'était pas d'accord. C'était orienté vers une bonne intention, indéniablement, un but ultime et merveilleux - ils étaient sans doute du même avis. Mais pour Ludvík, c'était forcément mauvais. Les chasseurs ne valaient pas mieux que leurs victimes ; en un sens, leur barbarie les rendait pire. Encore qu'il était capable de l'accepter. Il vivait avec ce point depuis plus de vingt ans, après tout.
Et bien sûr, il fallait qu'elle continue. Ludvík avait dit « propre » parce qu'il n'y avait pas de cruauté particulière dans la manière de procéder : du moins, l'enveloppe physique n'en prenait pas un coup. Il n'avait pas pensé qu'elle ne voyait pas cela comme propre. A l'évidence, elle était torturée par ses propres faits, et son rapport à la mort était plus celui d'une meurtrière que d'une simple femme. Ludvík se mit à sourire. Au fond, elle non plus ne valait pas beaucoup plus que lui. C'était juste qu'elle était plus forte. Mais elle s'enfermait dans de beaux discours, loin de sa réalité - comme lui, en fait. Ah, qu'il la comprenait la-dessus. Avec deux expériences complètement différentes, ils en arrivaient à la même absurdité. En arriver à parler d'âme, c'était... grotesque et logique ? Il savait parfaitement qu'il y avait de l'humanité chez les loups, il en fréquentait quand même quelques uns, même si ceux-ci ne savaient pas toujours ce qu'il faisait... Il y avait de l'humanité chez les chasseurs, les vampires, les sorciers. Chez tout le monde. A différents degrés. Si on commençait à épargner les uns et à tuer les autres à cause des degrés... ah, non, en fait, c'était ce qu'il faisait - au temps pour moi, songea-t-il, moqueur.
Mais ce qui fit le plus mal, ce fut lorsqu'elle lui dit « tu devrais ressentir cela ». Ludvík était vexé, et se renfrogna. Peut-être qu'il n'en avait pas envie, d'abord ? Et qu'elle lui dise qu'il n'était pas aussi pourri que cela ne faisait rien pour le consoler ; au contraire, cela l'enfonçait. Sa part d'humanité était peut-être trop forte pour qu'elle le tue, mais pour Ludvík, elle était trop faible pour lui permettre de vivre correctement. Ressentir l'équilibre, c'était une chose, mais on ne lui avait pas appris à se poser et à ressentir. On lui avait appris à agir vite et bien. Comme il n'était pas dénué d'un côté intello, il était aussi exercé à se poser pour réfléchir d'abord. Mais ses pauses n'étaient toujours que des préludes. Il s'arrêtait uniquement pour planifier une action. Profiter de la vie, il ne savait pas le faire. Et il ne s'en accorderait jamais le droit : pourquoi le mériterait-il, lui qui semait la mort, qui empêchait d'autres de le faire ? Il fallait leur rendre justice : ne pas les priver de ce qu'il s'accordait.
Son discours s'acheva - enfin. Un long silence s'ensuivit : Ludvík ne savait pas quoi répondre, il y en avait trop. De toute façon, est-ce qu'il avait à le faire ? Elle savait tout, elle l'avait dit, il ne voyait pas pourquoi se donner la peine de réfléchir. L'inspiration lui vint soudain ; il soupira, et très doucement, à voix presque basse, il lui sortit :
    « J'entends bien ce que tu dis, mais ça ne changera pas grand-chose, pour moi. Tu ne pourras pas lutter contre des années d'endoctrinement à l'âge le plus malléable. Pour moi, c'est trop tard. Tu penses que je ne suis pas pourri, mais mince, avec du sang innocent sur les mains, tu crois vraiment que le reste compte ? Pas pour moi. »
Ludvík se mit à sourire avec un brin de férocité. Elle en avait vu beaucoup, mais elle ne pourrait jamais entièrement le comprendre. Lui-même, en savant tout comme elle, ne pouvait pas se comprendre... Ah, l'âme humaine était si dure à capter. Elle glissait comme de l'eau entre les doigts. Ludvík avait cessé de vouloir se comprendre. De toute façon, on avait tout fait pour lui simplifier la manière de voir les choses, et il aimait assez ses parents pour respecter leurs choix en matière d'éducation.
    « Je ne cherche pas du réconfort, je... je pense que je préférerais qu'on ne parle plus de moi. Tiens, parlons plutôt de toi. Avec tout ce que tu sais sur moi, ce ne serait que justice que j'en sache le minimum syndical. Comment tu t'appelles ? »
Ludvík considérait que sa question n'avait rien d'un piège. Elle savait son nom complet, ce qui, dans son cas, revenait à connaître pas mal de petites choses assez importantes pour expliquer son comportement. Et puis, comme il l'avait dit : elle savait presque tout, c'était justice de poser la question. Il espérait vraiment qu'elle n'allait pas trouver une issue pour échapper à la question...
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MessageSujet: Re: "Ira furor brevis est", Horace   Mer 30 Mai - 20:28

Il n’avait pas bronché pendant toute ma tirade. Il avait été patient et j’avais conscience que cela avait pu l’ennuyer. Je savais que je pouvais parler beaucoup. C’est l’âge qui voulait ça je pense. Plus jeune j’étais plus du genre à écouter, puis j’en suis venue à poser des questions et maintenant c’est moi qui parler comme une vieille écervelée. Je ne pensais pas être totalement ridicule quand je parlais aussi longtemps cependant. J’avais vu assez de choses, étaient assez proche de la nature et de l’équilibre du monde pour m’assurer que je ne disais pas totalement des sornettes. Maintenant que l’arme était rangée, maintenant que j’avais exprimé mes pensées je pouvais tenter de mieux comprendre le personnage. Savoir des détailles sur sa vie ne me permettait pas de le comprendre. Ce garçon était un vrai mystère pour moi. Il respirait le paradoxale à des kilomètres à la ronde. Comme s’il y avait eu une erreur dans sa genèse. En plus de sa, son nom de famille avait eu pour effet de nourrir ce trouble. C’était comme si un ouragan était passé et avait supprimé toute chance de voir un jour l’espoir revivre dans son esprit. Je n’étais pas prête à abandonner de toute façon. Si les hommes changent rarement dans une vie, dans celles qui suivent, généralement ils commencent intuitivement à savoir ce qu’ils doivent où non faire. Donc, même si je n’apportais rien à Ludvik dans cette vie, dans celle qui pourrait suivre, si jamais il y en avait, il pourrait peut-être se rappeler de ce dont je lui ai parlé. Les chasseurs d’ombres se réincarnent rarement, car les plus anciens sont sources de savoirs pour leurs progénitures à venir. Rarement ne veut cependant pas dire jamais.

Nous avions fermé une parenthèse sur les armes et les loups pour ce soir. En tout, cas elle l’était temporairement. Le silence avait chassé mes flots ininterrompus de paroles. Je le regardais toujours avec bonté. Je n’étais pas une méchante personne même si beaucoup pensée que je pouvais aisément retourner ma veste en me laissant séduire par l’étendue de mes pouvoirs. Si j’avais eu à le faire, ne pensent-ils pas que cela aurait déjà été fait ? Mes pouvoirs grandissait bien moins rapidement en restant du bon côté de la barrière. Je ne découvrais que rarement mes limites, je ne pouvais que les devinais en sachant cependant que sur certaine chose, la réalité pouvait être plus violente que la fiction. Je pouvais faire mourir des centaines, des milliers de personnes en me concentrant juste un peu plus et cela, un peu partout sur la planète en restant planté ici dans cette forêt. Les dégâts seraient peut-être plus important tout proche en Europe qu’en Asie, mais quand la terre tremble et qu’elle détruit maisons, infrastructures, famille et vie, qui se soucis de savoir que de l’autre coté de la mer, la secousse était bien plus forte que chez soit. Heureusement pour moi je n’étais pas hanté par mes victimes. Je les avais ramené vers la paix un par un. 3000 âmes qui m’avaient pardonnés. Et aujourd’hui ce n’était pas par le fruit de mes crimes que j’étais hanté, mais par ceux des autres. Comment expliquer à un jeune loup qui vient de vivre sa première transformation, qui n’y comprend rien, qu’il a été tué sur le fondement d’un vieux pacte passé entre les dieux et les mages pour former une race capable de combattre les démons et leur enfant ? Ludvík soupira puis se mit à parler. Je l’écoutais avec la plus grande attention. En écoutant ses dires j’eus un sourire satisfait et j’étais comme contente de moi. Je replaçais une mèche de mes cheveux blonds derrière mon oreille et faisait mine de réfléchir à ce qu’il venait de dire. Tout cela était ironique bien sûr, comme il l’avait fait avec s’inclinant devant moi quelques minutes auparavant en rangeant son arme à feu. Il ne semblait pas avoir finit alors je le laissais faire. Il m’adressa aussi un sourire, mais c’était plus celui d’un carnassier que d’un frugivore. Il disait ne pas avoir besoin de consolation. De cela je ne doutais pas. Je n’étais pas le genre de personne qu’on venait voir pour chercher du réconfort. Et si cela m’arriver d’en prodiguer, ce n’était pas ma vocation première. J’étais là pour conseiller, faire voire, tenter de sauver ce qui ne pouvait à priori pas l’être et surtout, veiller à l’équilibre des éléments sur terre. Il voulait parler de moi maintenant, mais je voulais d’abord répondre à ce qu’il avait dit auparavant.


« Hum hum … Je pense au contraire que ce n’est pas trop tard. Ne dit-on pas que reconnaître qu’on est malade et le premier pas vers la guérison ? Tu sais d’où vient ce qui ombrage ton existence “des années d’endoctrinement à l’âge le plus malléable ”. Tu précises également que “Pour toi“ c’est trop tard. Cela voudrait-il donc dire que si quelqu’un d’autre été dans la même situation, mais que ce n’était pas toi, il y aurait une chance pour que cela ne soit pas trop tard ? »

Je jouais volontairement au pitre. Le fait et qu’il fallait toujours montrer l’extrême des propos de quelqu’un qui se croyait déjà dans ce pays là. On croit tous qu’on est le plus horrible, le moins beau, le plus idiot et ceux qui souffraient du syndrome inverse bénéficiaient également de ce traitement. Je répondais finalement à sa question en montrant qu’on pouvait toujours trouver une excuse si on le voulait. Lui il se réfugier toujours dans l’excuse qu’il était né de cette manière, dans une famille qui avait fait qu’il était ainsi etc etc. Et puis quoi ? Il ne semblait pas prendre conscience qu’on à tous le choix tant qu’on est vivant, bien portant, et bien pensant. Il n’était pas fou et il n’était pas un cadavre contrôler par un nécromancien. Il pouvait aisément se « prendre en main » si je pouvais dire. Je haussais donc les épaules d’un aire candide et en utilisant un ton ingénu.

« Non, tu n’es pas pourri. Tu ne viens pas de le dire ? Tu as des circonstances atténuantes en plus. Tu as endoctriné dans l’âge le plus important dans la vie d’une être humaine, durant ton enfance. C’est une horrible chose ! Je devrais donc m’en prendre à ceux qui t’ont salit... Les horribles personnages ils t’ont condamné à vivre dans les limbes de ce monde. En faite ressort ton arme. Plus rien ne compte - je haussais les épaules en faisant une petite moue de fille qui n’en avait rien à faire alors si tu penses réellement ça, tu n’as pas besoin de moi pour mettre fin à tes jours. Le fait que plus rien ne compte devrais suffire à motiver ton choix. Fait le donc toi même. »

Je faisais quelque pas en arrière et attrapais mon sac à dos pour le poser par terre. D’une main je séchais l’endroit où j’allais m’asseoir pour ne pas être trempé par la rosée. Je m’assaillais ensuite sur le sol en tailleur pour bien être en contacte avec la terre. Je le regardais toujours avec un sourire. Et répondais ensuite en gardant le fils conducteur de ce que je venais dire.

« Donc si jamais, après que tu te sois décidé à passer de l’autre côté et que tu ne trouvais quand même pas la paix, tu peux venir me chercher. Tu n’auras qu’à demander Gaïa. C’est comme ça que l’on me surnomme. Je suis plus doué pour aider les morts que les vivants ils paraient. »

Je sentais déjà tous les alentours grâce à la terre. En fermant les yeux je pouvais voir plus loin que lorsqu’ils étaient ouvert. C’est ce que je fis alors. Je sentais tous les mouvements de Ludvík, sa respiration, je sentais même sa chaleur corporelle. Je prenais une grande respiration et détendait totalement mon corps. Je rajoutais juste une chose.

« Si jamais tu penses qu’au final, il y a au moins quelques choses qui compte encore, peut importe ce que c’est, je veux bien répondre à d’autres questions que tu te poses à mon sujet, mais je ne promets pas de donner des réponses aussi clairvoyantes que tu le voudrais. »

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MessageSujet: Re: "Ira furor brevis est", Horace   Sam 9 Juin - 15:22

Le désir de Ludvík était à présent assez clair. Il ne souhaitait qu'une chose : qu'on le laissât avec ses convictions malmenées et ses erreurs pesantes. De toute façon, il devait être seul à supporter cela. Oui, s'il se posait des questions, il devait trouver les réponses seul. Et la femme qui était en face de lui, bien que mue par de nobles intentions, ne pouvait l'aider. Il aurait voulu que ce fût le cas, pourtant. Il ressentait cette aspiration en lui, ce désir fort de se faire aider par elle. Mais il pouvait encore y résister. Il n'avait pas la volonté de changer radicalement sa vie, juste de mieux concilier ses idéaux, ses idées et ses actes. Voilà ce qu'il recherchait. Mais elle paraissait en vouloir plus, et c'était dangereux. Il ne réagissait pas à ses discours, parce qu'il n'arrivait même pas à comprendre en quoi ils étaient fondés. Si elle avait été moins moraliste, sans doute aurait-il énormément apprécié cette femme. Cependant, son enthousiasme était refroidie par la volonté qu'elle avait de le gagner à ses convictions. Or, si Ludvík n'aimait pas une chose, c'était qu'on le remette en cause. Il était endoctriné. C'était déjà assez difficile de s'en rendre compte, et Ludvík en avait partiellement pris conscience très récemment. Cela faisait si peu de temps, c'était douloureux. Avec une telle blessure à vif, difficile de s'en sortir. D'ailleurs, il n'avait pas la volonté de se défaire de ce qu'il avait toujours pensé. Il faisait confiance en ses parents. De toute façon, il fallait bien en arriver à des sacrifices pour que le monde aille mieux. Il le savait ; il acceptait même de se tromper, ou de se nuire, si cela pouvait faire le bien autour de lui. Voilà tout. Pourquoi l'attaquait-elle aussi férocement, alors qu'il ne désirait pas qu'on parle de lui ? Il ne l'avait pas embêtée avec ses propres idées, pourtant il était sûr que, si certaines pouvaient lui plaire, d'autres ne pourraient s'attirer que son mépris et son indifférence. Elle aussi endoctrinée, sans doute. On ne pouvait pas sortir du déterminisme de l'éducation. C'était une loi générale, non un mal.
    « Je ne suis pas malade, rétorqua Ludvík avec froideur. Je ne suis pas un cas d'école que tu pourras disséquer à l'envie et dont le cerveau en désordre te paraît être un super sujet d'apprentissage. C'est trop tard, et pas uniquement parce que c'est moi. Un peu de respect pour ce que je pense, c'est trop demandé ? »
Il était véritablement vexé par ce qu'elle lui disait. En filant la métaphore de la maladie, que Ludvík n'avait pas une seule fois évoqué, elle était en train d'insinuer qu'il était fou, ou qu'il pensait comme un aliéné. C'était, forcément, assez douloureux pour son ego... Il pestait intérieurement contre cet espèce de sorcière qui croyait encore qu'on pouvait le « guérir ». Mais il ne voulait pas guérir. Et de toute façon, il n'était pas malade. Il avait juste subi une éducation qui l'amenait à avoir des positions assez extrémistes, et qui le rendait insensible à la violence. Pour sûr, on faisait mieux, mais qui avait dit que les Chasseurs étaient de gentilles bestioles qui veillaient à faire le bien en faisant respecter la loi ? Ceux que Ludvík avait rencontré - de l'Enclave, de la Confrérie, ou d'autres encore, il en avait déjà vu un paquet - n'avait pas cet idéal de justice qu'on attendait d'eux. Eux aussi avaient été endoctrinés, à leur insu. Et ça se perpétuerait pendant des générations... Ludvík ne se faisait pas d'illusions : s'il devait avoir des enfants, il ferait comme ses parents. Il lui serait difficile de ne pas transmettre la haine de l'Enclave, mais il essaierait de ne pas le faire. Il savait que la haine était un fardeau. Mais bon. Ce projet ne faisait absolument pas partie de ses priorités, alors pourquoi y penser... ?
Si elle voulait lui montrer qu'il avait le choix, elle s'y prenait mal. Ludvík n'avait de toute façon pas envie de changer. Elle perdait son temps, hélas. Ses actes fluctuaient, s'éloignaient de ses idéaux sans les renier : il laissait le temps faire. La solution viendrait plus tard. Mais quant à lui expliquer cela... c'était hors de question.
    « Je te demande pardon, répliqua-t-il soudain avec colère, mais serais-tu en train d'insulter ma famille et les choix qu'ils ont fait pour moi ? Je croyais que quelqu'un pour toi comprendrait ce qu'est le respect des ancêtres, mais à l'évidence, tout ce qui t'intéresse, c'est de faire respecter ton précieux équilibre, au mépris de toutes ces vies... »
Là, Ludvík était clairement en colère. On n'insinuait pas que ses parents lui avaient fait du tort sans en souffrir. S'il était aussi enclin à détester l'Enclave, c'était bien parce qu'il avait le respect de la famille chevillé au corps. Oh, certes, il avait changé de victimes, rompant ainsi avec la tradition. Mais c'était volontaire : le choix avait été intéressé, motivé par des intentions plus profondes. Entre autres, le fait qu'il lui serait plus facile de rester discret sur sa lignée. L'utilité était toujours une raison valable à ses yeux. Mais en dehors de cette digression, il ne fallait pas en demander plus. Il déshonorait peut-être sa famille en travaillant pour la Confrérie ; cependant, sa famille s'était déshonorée vis-à-vis de l'Enclave, de sorte qu'il n'était pas en véritable rupture de ce point de vue-là.
Cependant, elle l'enjoignait à se tirer directement une balle lui-même, s'il en était à ce point. Cela parut tellement ridicule à Ludvík que sa colère éclata en même temps que son rire sincère. Si amertume il ressentait, elle ne s'exprimait pas dans ce franc éclat.
    « Mais bien sûr, et faillir à ma mission ? Tu ne m'auras pas comme ça. Je crois encore que ma carcasse peut servir à quelque chose dans ce bas monde. Mais merci de la proposition. »
Enfin il avait son nom : Gaïa. Il fronça les sourcils. Cela ne voulait pas dire Terre ? Ah, cela expliquait des choses. Le sourire de Ludvík fut plus calme et plus sincère cette fois-ci.
    « Ce ne sera pas nécessaire. Je ne crois pas que la paix m'est inaccessible, vois-tu. Ce n'est pas parce que je me considère comme pourri que l'accomplissement de ma vie n'aura aucun sens à mes yeux. Je crois que tu me caricatures en ne voyant que la torture que je subis à présent. Il n'en sera pas toujours ainsi. »
Et il le croyait sincèrement. Il n'avait pas encore posé de questions sur elle - il allait le faire, mais il attendait qu'elle réagisse, comme d'habitude. Il était de ceux qui considéraient qu'on apprenait beaucoup de choses sur quelqu'un même sans qu'il vous parle de vous. Gaïa livrait bien des renseignements à Ludvík. Il était un chasseur, après tout. Il savait déchiffrer le langage informel d'une proie.
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MessageSujet: Re: "Ira furor brevis est", Horace   Ven 22 Juin - 20:09

Un de mes plus gros défauts s’exprimait ici. J’étais moraliste, je n’aimais pas que les choses convergent vers ce que je savais menacer l’équilibre. C’était étrange pour une personne qui se faisait surveiller comme du lait sur le feu car on avait peur qu’elle déborde. Peut-être que de cette manière, en étant le plus droite dans mes bottes possible, je tentais de montrer à quelqu’un d’invisible que j’étais une bonne gardienne. En me rendant compte de cela je soupirais intérieurement. Je décidais de mettre mon foutu caractère moraliste de côté pour un moment. Je savais que ce serait difficile, mais sinon autant partir de suite et mettre fin à cette "discussion" houleuse. Il répondit à mes paroles de manière froide. Cela n’avait pas changeait depuis le début en faite. C’est en me demandant si je pouvais respecter se qu'il pensait que je me dis que finalement je ne l’aiderais vraiment pas de cette manière. Si je voulais apporter un quelconque soutient à cette âme à qui j'avais redonner la jouissance de la vie malgré tout, ce n’était pas en jouant les psychologue à deux souls et encore moins les saintes ni-touches. Je hochais donc la tête sans dire un mot. Je pense que mon regard céruléen se chargeait de faire passer le message. Je tenterais de ne plus réagir de cette manière même si cela me démangeait. Il semblait vraiment agacé et je ne pouvais décemment pas lui en vouloir. Ma morale était l’arme à feu qui m’était Ludvik mal alaise.

Il poursuivit avec colère. Je comprenais que la tempête de fureur que j’avais sentie en lui était en train de se matérialisé entre nous deux. Je n’avais pas envie de cela. Je ne savais pas pourquoi, mais malgré son penchant à vouloir tuer les êtres surnaturelles que j’appréciais le plus, je n’avais pas envie d’une mauvaise relation avec ce personnage. Était-ce par ce que comme lui et sa famille, j’étais rejeté malgré mes bonne action ? Son sang avait donné les grandes lignes de sa vie, comme celle de ma lignée l’avait fait pour moi. Il y avait seulement une différence : lui c'était sa famille proche, ses parents qui l’avaient endoctriné. Pour moi c’était ma lointaine famille, mon arrière grand tante et c'était plus facile de glisser entre les mailles du filet. Sinéad semblait d’accord avec mon raisonnement. Dans notre chemin de croix parfois nous n’avons que deux choix : se tirait une balle dans le pied ou dans la main. Lui l'avait dans le pied et ne pouvait que prendre les chemins faciles d'accès depuis ça. Moi j'avais la balle dans la main, je pouvais prendre des sentiers plus étroits et compliqué ...

Quand il me demanda si j’insultais sa famille, je hochais la tête de droit à gauche pour lui assurer que non, mais je ne parlais pas. Je n’insultais pas sa famille et effectivement je savais ce qu’était le respect des anciens. J’en était une à ma manière et je communiquais avec des esprits centenaire voire millénaire depuis mon enfance. Mon familier était d’ailleurs le plus ancien que j’avais rencontré. Je fus peinée de devoir cependant m’avouer à moi-même que parfois, je préférais l’équilibre à tout autre chose et même à la vie elle-même. Je me plaignait de faire partie du monde des morts, mais je protégeais l'équilibre plus que la vie elle même. Il était normale que cette dernière me rejettent de temps en temps. Si je pouvais retourner en arrière et faire un choix entre l’équilibre de la nature et la mort de mon mentor, j’aurais choisis la mort de mon mentor, comme je l’avais déjà fait la première fois. J’étais comme ça, j’étais presque constamment connectée à la terre tous simplement parce que je marchais dessus. Si j’arrivais parfois à fermer son esprit, cela ne durait pas longtemps et un déséquilibre trop fort me précipitait dans le mal être de la terre.

Lorsque je m’assis il déclara ne pas vouloir « faillir à sa mission ». Au moins il avait encore un but dans la vie. Cela me rassurait même si je savais la nature de sa « mission ». Je ne pouvais rien dire d’autre sous peine peut-être le fâcher définitivement. J’ouvrais mes yeux sur lui quand il me remercia de ma proposition. Je fis un léger sourire amusé. Autant conclure ma provocation avec un geste amical si on pouvait dire. Je lui répondais donc :


« Mais de rien. Ma proposition tiendra même si tu décèdes d’une autre arme que la tienne… »

Je le vis ensuite fronçais les sourcils puis faire un sourire plutôt calme. La tempête de fureur c’était elle plus ou moins apaisé, terminé où étions nous seulement dans l’œil du cyclone ? Les paroles qui suivirent me firent réfléchir. Peut-être que je le caricaturais trop. J’admettais que le personnage était complexe et que malgré les nombreuses informations que j’avais sur lui je n’arrivais pas à le comprendre totalement, alors pourquoi dresser un portrait aussi réducteur ? Je souriais calmement et avoua avec le regard qu’il avait raison. Les paroles qui s’échappèrent d’entre mes lèvres en firent de même :

« Je penses qu’effectivement je t’ai beaucoup caricaturé. Je m’en excuse. »

Je refermais un moment les yeux et me concentrais sur la terre autour de moi. En réalité je me concentrais sur la terre qui l’entourait lui pour tenter de déceler le moindre des ses mouvements. Le moindre poids qu’il exerçait sur la croute terrestre m’était perceptible. J’avais l’impression, par ailleurs, d’enregistrer son empreinte, chaque pression, chaque démarche étant différente d’un individu à l’autre. Je sentis Etain bougeait délicatement sous mes vêtements, comme si elle était d'accord avec ce que je faisais. De cette manière, si un jour lui et moi devions nous affronter, je serais le voir venir de loin, voire de très loin. Elle ne disait rien, de concret mais nos esprits était tellement connecté qu'elle faisait passé certaine de ses pensées pour les miennes, comme à son habitude. Je rouvrais peu de temps après les yeux et en plongeant mon regard dans le sien je lui demandais :

« Je pense que c’est à toi de parler maintenant. Pose tes questions. »

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MessageSujet: Re: "Ira furor brevis est", Horace   Ven 6 Juil - 13:19

Pour Ludvík, il n'y avait pas à tergiverser. Cette femme, Gaïa, était envoûtante et lui restait dans la tête - il était tout à fait d'accord pour l'admettre, elle donnait envie d'en savoir plus sur elle. En revanche, elle pouvait aussi être extrêmement agaçante. Elle s'en prenait à ce qui constituait les fondements de son être : sa famille et son éducation, ses convictions, sa nature de meurtrier. Ludvík savait parfaitement que si on remettait ceci en cause, il serait complètement perdu, et alors oui, il n'aurait plus d'autre choix que de se tuer pour éviter une vie qui était totalement dénuée de sens. Mais finalement, elle finit par admettre elle-même qu'elle l'avait caricaturé. Cela apaisa subitement Ludvík, qui se sentit mystérieusement beaucoup mieux. Comme si reconnaître sa nature d'être complexe, qu'on ne pouvait appréhender même en étant lui-même, lui faisait du bien. Ludvík savait que le fanatisme menait à la caricature, et il pressentait très bien que son degré de fanatisme était trop élevé pour son bien. Mais bon, les événements lui assénaient des coups violents, il sentait bien que quelque chose, dans son destin, le forçait à changer. Pas à changer ses convictions, mais à les adapter différemment à sa vie. C'était bizarre, mais il n'aurait rien pu expliquer à Gaïa. Elle le connaissait si peu, n'avait jamais su comment il était avant que sa vie ne fût complètement chamboulée par les derniers mois, très mouvementés. Elle aurait forcément mal interpréter son désir, or Ludvík ne désirait pas tomber de nouveau dans cette spirale de reproches. Le jeune homme ne la remercia pas, même s'il ne pouvait s'empêcher de ressentir une forme de gratitude. Ah, vraiment, il était faible. Et le silence gagna la scène. Il ne savait pas ce que faisait Gaïa, mais elle avait l'air légèrement différente, c'était... effrayant. Il se doutait bien qu'elle n'était pas humaine, qu'elle avait des pouvoirs monstrueux - elle avait bien failli le tuer -, mais tout de même, il n'était pas sûr de se sentir en sécurité avec elle. Malgré ses paroles douces, où elle disait préférer la paix à la violence, Ludvík savait que le chasseur ne pouvait jamais avoir totalement confiance. La confiance se méritait, ou alors elle était forcée. Par exemple : il était bien forcé de lui faire confiance en ce qui concernait son pouvoir de mort. Mais pour lui avoir rendu la vie, elle méritait la confiance qu'il avait concernant sa bonté. C'était aussi simple que cela.
Elle l'engagea à poser ses questions. Ludvík sourit. Des questions, il en avait à foison, mais beaucoup devaient rester tues, parce qu'il ne souhaitait pas la retourner contre lui. Il aurait bien pu lui demander de parler des morts qu'elle avait fait, mais il se doutait bien que ce n'était absolument pas quelque chose à faire. Dommage, ils auraient pu être liés par quelque chose de très fort : ceux qui donnent la mort parce qu'ils n'ont pas le choix. Au lieu de cela, il était astreint à des questions plus terre à terre. C'était moins intéressant, mais Ludvík aussi avait envie de savoir des choses qui ne servaient à rien. Après tout, avec tout ce qu'elle savait sur lui, c'était la moindre des choses.
    « Qu'est-ce que tu es au juste, Gaïa ? Qu'est-ce que tu fais sur cette Terre pour avoir un tel discours ? Pourquoi tu es capable de semer la mort alors que tu te refuses à considérer ce don tel qu'il est vraiment ? »
Ludvík gardait son calme, et essayait de ne pas montrer trop de curiosité. Il savait que la balle était désormais dans le camp de Gaïa, et qu'elle lui répondrait avec sincérité.
    « Prouve-moi que je me fais une caricature de toi. Parce que je te vois comme une femme... peut-être pas naïve, non, mais qui refuse de voir que certaines... choses sont nécessaires, y compris pour cet équilibre qui t'est cher. Peut-être que nous sommes simplement deux pendants d'une même volonté de préserver le monde. Que tu représentes la lumière, et moi l'ombre, va savoir. »
Ludvík, avec le calme, se disait que peut-être, elle n'avait pas entièrement tort. Simplement, leurs visions seraient tronquées, parce qu'ils étaient des individualités. Avec un rapprochement des points de vue, la vérité pourrait s'éclairer, oui, la vérité... Cet absolu que Ludvík avait toujours pressenti, sans savoir où le trouver vraiment. Il regardait Gaïa, et pour le coup, il se disait qu'il y avait peut-être un moyen de s'en rapprocher. Mais ça passerait par elle, par cette femme qui, aussi attractive fût-elle, était aussi sacrément ennuyeuse avec ses idées moralistes. L'aventure en valait-elle le coup ? Tout dépendait de ce qu'elle était. Il n'avait pas beaucoup parlé, lui, mais les questions qu'il avait posées menaient déjà à de grandes réponses. Des réponses importantes, qui pourraient l'amener à choisir s'il lui faisait ou non confiance. Mais pas la confiance forcée qu'il avait eu jusque là, ni la confiance raisonnée que le chasseur accordait à ses compatriotes qui avaient prouvé qu'ils ne lui voulaient pas de mal. Non, une confiance plus profonde, plus sincère, qui pourrait ouvrir des voies nouvelles.


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MessageSujet: Re: "Ira furor brevis est", Horace   Lun 16 Juil - 6:57

L'atmosphère semblait être moins tendue. Lorsque je l'invitais à poser ses questions il sourit. Je souris également. Je préférais ça à la tension qui régnait encore il y avait quelques poignées de minutes. Je senties qu'un flots de questions lui venait en tête. Je ne pouvais pas caché que j'étais dans le même état. Même si j'avais vue beaucoup sur sa vie, le personnage restait énigmatique pour moi. Je n'arrivais pas à le cerner, il fallait l'avouer. Il était à la fois simple et tellement compliqué. Un être très intelligent et rusé qui pourtant se laisser enfermer dans le cercle vicieux de la "destiné" et d'un certain déterminisme.

La première question arriva rapidement. C'était quelque une question à laquelle je m'attendais. Qu'est ce que j'étais ? C'était une question elle aussi très simple et à la fois complexe. Une question qui me fit pensée que j'étais peut être un peu comme lui. J'étais simple mais ma vie, mes choix avait rendue mon être compliqué. J'étais méconnue des miens autant que lui m'était méconnue. Je pensais pourtant que mes pouvoirs, mes pensées, le fait que j'ai parler de plusieurs décennies, que tous cela l'auraient mit sur la piste de mon identité. Au final, je souriais et je l'invitais à venir s'assoir non loin de moi avec un signe de main. Si nous discutions, autant que nous soyons alaise, à moins qu'il préférait resté là encore longtemps à se montrer méfiant envers moi. Je disais alors :


« Tu peux t'assoir si tu veux, je ne vais pas te manger et, je te l'assure il n'y a rien dans les environs qui nous menace. Si c'est le cas, je serais prévenue par mes dons et toi par les tiens. Les seuls menaces pour toi et moi, c'est nous même.»

Je souriais de nouveau amusé par cette réflexion que je me faisais, c'était comme si, je prenais le thé avec un potentiel ennemi. Ce n'était pas comme si je l'avais déjà fait. Je n'avais qu'à penser au roi vampire d'Irlande... Je répondais ensuite à sa première question :

« Je pensais que tu serais plus perspicace sur ma nature. Mon discours aurait du te mettre sur la piste il me semble ... Bref. Je suis la Gardienne de la Terre, je représente une des déesses des quatre éléments. Comme toute les Gardiennes, je suis ... âgé dirons nous. Je n'ai pas le mérite d'être la plus vieille d'entre elle cependant, mais j'occupe la deuxième place dans ce domaine.»

La suite, me fit sourire, mais mon sourire était gêné. On peut le dire, je riais jaune. J'étais un peu blessé par la caricature que lui se faisait de moi. Je voyais qu'il ne comprenait pas en quoi consisté finalement l'équilibre d'un monde. Un seul grain de sable pouvait faire enrayé la machine. Je voyais la globalité, le monde entier, car la terre était partout présente. Que cela soit à Prague où à l'autre bout du monde, la moindre perturbation dans mon élément était percevable. Certes, plus c'était loin de moins et plus cela prenait du temps pour que je le sente, un peu comme les ondes des tremblements de terres. Toute la croute terrestre est touché par la moindre vibration. Sa dernière réflexion me laissa cependant songeuse. Deux pendants d'un même équilibre ? L'un sombre, l'autre fait de lumière. L'idée n'était pas saugrenu. Il fallait toujours un bon rapport entre le mal et le bien pour que la balance reste équilibré. Je n'avais jamais vue la balance tombé uniquement du bon côté, mais en ce moment, elle se remplissait uniquement du mauvaise. Je me demandais d'ailleurs si une balance penchant uniquement du côté du bien serait une bonne chance. Ce jours était utopique, mais la question avait les mérites d'être posé, et je devrais y réfléchir à l'avenir. Là, il fallait que je répondes et que je démontre par un calcule savant que je n'étais pas non plus une caricature. Où du moins si j'en étais une ce n'était que pour lui. Je répondais alors :

« Je tiens ce discours, car je veille sur l'équilibre magique de notre monde. Mon rôle et de veiller à ce que l'humanité suit son cours sans grande perturbation. On dit souvent que la Terre et la source de toute magie, de toute la vie, mais de ce fait elle octroie aussi le pouvoir de mort. C'est par ce que je veille sur l'équilibre que je ne donne pas la mort comme ça me chante. Je donne la mort quand cela est nécessaire pour préserver l'équilibre. Ce que tu vois parfois comme étant nécessaire ne l'est que pour toi en réalité. Tu ne vois que la nécessité immédiate. La perturbation que tu détruis peu entrainé une autre encore plus grande. »


Je réfléchissais un instant avec une petite moue afin de donné un exemple. J'en trouvais un. J'espérais seulement que cela ne l'offusquerait pas.

« J'ai un exemple, mais bon, ne le prend pas personnellement. Ce n'est pas par rapport à toi que je dis ça ... Imaginons que toi en temps que chasseur tu tues un lycan, car pour toi c'est nécessaire. Sachant que les vampires sont de mieux en mieux organisé et que beaucoup d’entre eux, avec l'expérience, ont commencés à réussir à échapper aux chasseurs, un de ces vampires serait un problème pour l'humanité et pour l'équilibre. Le lycan que tu as tué pouvait être amené à terrasser ce vampire gênant, car quoi qu'il arrive, un vampire à main nu contre un lycan gagne toujours. Ce que je veux dire c'est que l'acte que tu croyais nécessaire au moment où tu l'a fais, ne l'ai pas après coup. Au final, l'acte que tu croyais nécessaire n'a fait que gangrener la situation. Dans l'Art de la Guerre de Sun Tzu il est dit : « Remporter cent victoires après cent batailles n’est pas le plus habile. Le plus habile consiste à vaincre sans combat. » Il peut y avoir plusieurs interprétations. Ici, la bataille est remportée, le plus gros ennemi est terrassé, non après le sang verser de plusieurs chasseurs, mais après un combat avec un ennemi plus fort qui lui aussi risque de sortir affaiblie par sa bataille. »

Je parlais encore beaucoup, j'étais une vraie pipelette même, mais je pensais que cela était nécessaire. Je n'avais pas utilisait un ton persuasif. J'avais pris un ton calme et posé, un ton explicatif de démonstration presque philosophique.

« C'est par ce qu'une action en entrainant une autre, que j'agis avec nécessité. J'agis quand l'équilibre est menacé par un fauteur de trouble qui ne voit pas et ne sens pas ce que moi je ressens. Même si cette action et faite avec de bonne intention, il est nécessaire de la stopper. L'enfer est pavé de bonne intention, mais cela reste l'enfer.»

Je souriais, j'avais fini par encore parlé comme une délurée, et je commençais à penser que Sinéad devait pensée la même chose quand elle me parlé ainsi. Non loin elle me chuchota à l'oreille que c'était exacte. Elle avait elle aussi l'impression d'être folle quand elle parlait. les mages de la Terre de notre lignée en avaient toujours eu l'impression et c'est pour cela qu'au final elles ne se posaient jamais toute une vie à un seule endroit, préférant garder leur réflexion pour elles aux grès de leurs voyages à travers le monde. J'avais sentie le besoin de me poser après ma première réelle déception amoureuse. Parfois je le regrettais, me disant qu'avec mes pouvoirs, avec la crainte que j'activais chez mes confrères j'aurais du faire comme Sinéad : voyageais jusqu'à ce que mes rêves me disent qui initié à la magie de la terre et moi aussi me retirer du monde quand la terre l'aurait décidé. Etain bougea légèrement dans mon dos, elle semblait ne pas être d'accord. Je savais pourquoi, il n'y avait pas besoin de penser, juste le mouvement suffisait entre mon familier et moi. Plongée dans mes pensées j'attendais que Ludvik réagisse, où non d'ailleurs, à mes nouvelles tribulations verbales.
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