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 Come back baby — ft. Andreas V. Morgenstern

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Eve Janko
If you like the evil you're a friend of mine


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MessageSujet: Come back baby — ft. Andreas V. Morgenstern   Come back baby — ft. Andreas V. Morgenstern EmptyLun 13 Aoû - 15:00

Eve Janko & Andreas V. Morgenstern
« Come back baby »
— Ostrava, Czech Republic —

    2012 — Quelques temps avant —
« Maman ! Réveille-toi ! Maman ! Viens voir ! »
Eve ronchonna et se retourna dans son lit pour faire face à la frimousse rebondie de sa fille qui lui faisait une moue sérieuse aux sourcils froncés à hauteur de lit. Elle passa une main sur son visage. La nuit avait été longue. «  Qu'est-ce qu'il y a mon cœur ? Quelle heure il est?
— On dit ''quelle heure est-il ?'', Maman ! Il est onze heures et demi. Y a le monsieur de la vieille photo à la télé.
On dit ''il y a'', mon cœur ! Tu es debout depuis quelle heure ? Mamie est avec toi ? … Attends ! Quelle photo ??!
— Depuis dix heures. Mamie fait à manger. La photo au-dessus de la télé, un peu pliée, y a – il y a – un monsieur avec un chapeau et une bouteille à côté de toi dessus. Tu fais un grand sourire. Y a – il y a … - une grande bande blanche en dessous.
J'arrive !  » fit Eve en se levant brusquement, attrapant sa fille d'un seul bras au niveau des aisselles et l'entrainant dans le salon.
Le journaliste annonçait avec ravissement le retour d'Andreas sur scène. Eve failli en faire tomber sa fille.



    2012 — Quelques heures auparavant —
Eve avait laissé sa fille avec sa mère, encore une fois. Ca commençait sérieusement à lui taper sur le système de ne pas avoir des activités qui lui permettaient d'emmener son bout-de-chou avec elle. Mais là, elle n'y pouvait pas grand chose. Elle ne pouvait dignement pas amener une petite fille de cinq ans à un concert de rock déchainé qui finirait surement totalement qu'aux petites heures du matin avant que le soleil ne se lève. Et en plus, elle ne pouvait dignement pas se pointer devant Andreas à la fin du concert, la petite sur la hanche et lui lancer : « Eh ! Salut ! Ca fait longtemps, qu'est-ce qu'y' t'est arrivé ? Ah au fait, je te présente ta fille, Julia ! ». Non, vraiment, elle ne pouvait pas. Et puis elle ne pouvait pas annoncer non plus à sa fille qui était son père de cette manière. Non. Non. En plus, il fallait d'abord qu'elle sache pourquoi il avait disparu comme ça pendant cinq années. Sans nouvelle sans rien. Il n'avait même pas répondu à ses tentatives de le contacter...

Et elle avait vu l'annonce de son retour à la télévision. Seulement des images d'archive de ses précédents concerts, aucune image récente, mais tout de même. Pour elle s'était comme s'il revenait d'entre les morts... Si elle savait, elle n'aurait pas pu penser plus juste.
Elle avait décidé de se prendre une place pour le concert un peu spécial de son retour qui aurait lieu dans la ville abandonnée d'Ostrava, à côté de la capitale. Elle n'y avait jamais été, n'ayant jamais vu un quelconque intérêt de le faire par le passé. Une ville fantôme. Pleine de poussière et où la nature doit reprendre ses droits. Pourquoi faire un concert là-bas ? Franchement ? Malgré ses cinq ans d'absence, est-ce qu'il se croyait encore à fond dans son trip de chasseur de vampire pour trainer ses fans dans un lieu lugubre comme celui-ci ?
Eve adorait cette ambiance spéciale que Andreas pouvait créer autour de lui avec ses fantasmes mais maintenant qu'elle était plus adulte, plus mature, par nécessité et puis parce que finalement ce n'était pas si mal un peu de ça dans son métier, pour évoluer, elle ne trouvait plus ça très malin de potentiellement mettre en danger une foule de personnes qui venait vous adorer. Surtout que les lois évoluent elles aussi et que les gens sont bien plus prompts à porter plainte pour n'importe quoi.

Mais peu importe, pour l'instant, elle fendait la foule pour se rapprocher de la scène. Le concert n'avait pas commencé mais le monde était fou et on entendait à peine la musique d'ambiance qui s'élevait des hauts-parleurs. Sa silhouette fine et souple se glissait facilement entre les carrures plus imposantes et elle trouva vite l'endroit qu'elle cherchait.
Cela faisait très longtemps qu'elle n'avait pas assisté à un concert de ce côté-ci de la scène et ça lui faisait un peu bizarre. Certaines personnes l'avaient reconnue dans la foule et lui avait demandé une photo ou un autographe. Ce qu'elle avait accepté rapidement pour éviter les attroupement, ce n'était pas le moment de risquer sa peau non plus. On lui avait même demandé si elle allait chanter ce soir. « Non, ce n'est pas prévu » Un sourire puis on disparaît de nouveau dans les méandres de l'attroupement.
Elle était parvenue à éviter une furie qui poussait les gens pour la trouver et lui faire Dieu sait quoi et elle s'était assise tranquillement sur une barrière près de la scène. Pour l'instant, aucun membre de la sécurité pour la rejeter dans les voraces fanatiques.
Elle se demanda vaguement si Andreas avait conservé la même équipe ou non. Si il en avait changé, elle risquait d'avoir beaucoup de mal à aller dans sa loge pour lui parler après le concert... Et il ne risquait pas de la voir dans la foule avec les projecteurs qui allaient l'aveugler.

Enfin, il entra sur scène. Le concert allait commencer. Elle descendit de la barrière mais resta tout contre. Bientôt elle aurait les côtes broyées contre le métal dur et froid quand la horde essayerait d'approcher au plus près d'un des plus grands rockeurs du monde.
Andreas Morgenstern.

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Andreas V. Morgenstern
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MessageSujet: Re: Come back baby — ft. Andreas V. Morgenstern   Come back baby — ft. Andreas V. Morgenstern EmptyVen 17 Aoû - 13:44

Son grand retour. Les journaux en avaient parlé. Nombreux en avaient fait leur une. Pareil pour les magazines de musique. Andreas Morgenstern était sur toutes les couvertures. Pour son bien ou pas. Ils avaient utilisé d’anciennes photographies. Certaines qui avaient déjà été publiées par milliers lorsque que sa carrière battait son plein, il y a un peu plus de cinq ans. D’autres qui n’étaient pas sorties des chambres noires mais qui n’en étaient pas plus neuves que les autres. Il était de toute façon maintenant impossible de prendre la moindre photographie du vampire qu’il était devenu. Pas la moindre photo. Pas la moindre vidéo. Oh, les fans seraient déçus, même si Andreas les préviendrait. Un habile tour de passe-passe, qu’il leur dirait. Tout simplement. Pour rentrer dans ce nouveau jeu qu’il semblerait jouer. Le chasseur s’était fait attrapé par sa proie. La simple vérité, oui. Mais beaucoup n’y verrait que du feu. Un nouveau scoop médiatique pour son retour après un absentéisme qui avait fait pleurer à chaudes larmes ses groupies. Andreas repousse le ixième magazine que son manageur lui a envoyé. Il tombe aussi sol dans un bruit mat. Là, il est dans sa « loge ». Une vulgaire chambre aménagée dans un des camions qui a emmené tout le bazar pour montrer une scène, faire l’éclairage et le son. Evidemment, l’intérieur était toujours décoré comme Andreas le souhaitait. Encore plus maintenant. On pouvait obtenir des choses époustouflantes quand on devenait vampire. Un des points positifs. Assis sur une chaise recouverte de fausse fourrure, il regardait se prélasser les quelques femmes qu’on lui avait apportées. Elles se touchaient, s’effleuraient, l’appelaient de murmures et de gémissements. Peu importe. Il se leva. Il était assuré que son apparence était bien celle qu’il voulait renvoyer. Il s’empara du bras d’une donzelle et la souleva de l’amas de coussins et de couvertures qui masquait un sol plus ou moins douteux. Son nez effleura la courbure de sa gorge et il sentit ses crocs le démanger. Il s’était pourtant déjà nourri. Être affamé sur scène ne serait pas une bonne idée… Pas avec toute cette nourriture hurlant et suant juste en bas, juste en contre-bas. A portée de main. Si près. Il prit une grosse inspiration. L’autre sentait la luxure et l’envie. Un gémissement se fraya un chemin jusqu’à son oreille. Oh oui, elle voulait qu’il la prenne encore. Il lui mordilla le coup, sans pour autant faire perler le sang. Pas maintenant, chérie. Pas le temps. Oh, il avait la réputation d’être toujours en retard. Mais alors que sa première partie quittait la scène sous un tonnerre de hurlements qui le réclamait lui, Andreas se dit que ça lui avait manqué. Cinq ans loin de ce monde qui était le sien. Eden lui avait peut-être offert la vie éternelle… mais il était sensé se cacher. Du moins ne pas dévoiler son nouveau secret. Relâchant la fille sur le tas des autres, il s’empara d’une grande cape noire à capuche dont il se revêtit pour masquer sa demie-nudité.

Le capuchon rabattu sur ses mèches sombres, Andreas quitta son camion et se dirigea vers les coulisses par un chemin bien précis. Oh, il y avait bien des membres de la sécurité qui banalisait tout le trajet… Mais ils ne servaient pas à grand chose. Dissimulé dans les ombres, plus rapide que l’œil humain, personne ne pourrait l’arrêter, pas sur un aussi court trajet. La foule scandait son nom et un sourire effleura son visage, dévoilant la pointe de ses crocs. Un habile subterfuge, dira-t-il. Une opération chirurgicale, si la prothèse ne marchait pas. Peu importe. Il trouverait un truc ou son manageur le ferait. Il se fond dans les ombres. Le public se prend des torrents de lumière dans la figure alors que la scène est plongée dans l’obscurité. Des silhouettes se meuvent. Certains hurlent en contre-bas. Ils croient que c’est lui. Non, ils ne le verraient même pas. Ce sont juste les membres de son groupe. Oui, ils sont revenus jouer pour lui. Comme son manageur a repris son job. Comme certains hommes de la sécurité aussi. Pas tous. Quelques uns. Tous sont revenus pour lui. Il les regarde s’installer comme si c’était en plein jour… Enfin, peut-être pas. Sinon il brûlerait comme Jeanne d’Arc. Peu importe. Sa cape le dissimule tout autant que sa nature. La batterie commence à annoncer des rythmes percutants. Il va chanter d’anciennes chansons. Des nouvelles aussi. Il aurait voulu commencer sur sa chanson à propos du chasseur et de son amante damnée… Pour bien commencer l’histoire de son concert… mais on ne commençait pas sur une ballade. La basse et la guitare se joignirent à la batterie. Les hurlements redoublèrent. ANDREAS ! ANDREAS ! ANDREAS ! Ils n’arrêtaient pas. Elles n’arrêtaient pas. Là, dans la foule encore éclairée, il aperçut une figure familière avant que tous les spots ne s’éteignent et qu’il commence à chanter. La foule en délire hurla son bonheur avant de se mettre simplement à suivre les paroles. Celle-là, ils la connaissaient… les autres, peut-être pas. Alors qu’il s’avançait au milieu de la scène, toujours plongée dans la pénombre, le refrain commença. Toutes lumières allumées, sa cape descendit comme une caresse le long de son corps. Il entendit des soupirs, des gémissements, parmi les hurlements. Quand il se retourna, la foule n’était plus qu’une masse grouillante parmi lesquels il ne reconnaissait personne.

Le concert terminé, il entendait les fans scander son nom, le rappeler pour qu’il remonte sur scène. Autrefois, il en sortait en sueur et épuisé mais heureux. Maintenant, il était toujours aussi euphorique mais s’il était affamé par toutes les odeurs qu’il avait perçues, il n’en était plus trempé ni épuisé. A l’intérieur du camion, la plupart des filles avaient disparu. Il n’en restait qu’une. Un petit encas. Un cadeau envoyé pour lui, sûrement par Eden. La fille sentait bon la campagne, sans parfum artificiel. Juste son odeur à elle et la lubricité qui régnait dans son être alors que, tel un félin, il s’approchait d’elle, rampant sur les fourrures qui couvraient le sol. Miaou ? le taquina-t-elle. Il remonta le long de son corps à peine dissimulé derrière des draps, glissant son visage dans son cou, ses mains sur ses hanches. Il huma profondément son parfum. Quelque chose en cette fragrance lui en rappela une autre et il leva la tête, comme un traqueur à l’affut. Oui. Une odeur, associée à un visage. Il s’en souvenait maintenant. Après deux ou trois heures de concert, ça lui revenait. Il l’avait vue, là, juste avant de rentrer sur scène. Il y avait encore quelques jours, elle lui laissait un message sur son répondeur. Il avait arrêté de les compter depuis qu’il était « mort ». Les premières semaines, elle n’avait pas arrêté… puis les appels s’étaient espacés… Il ne les avait tous écoutés que récemment, quand il était redevenu un peu plus homme qu’animal, démon. T’étais mort ou quoi ? était le dernier qu’elle lui avait laissé. Ça l’avait fait sourire. Mais il comprenait, après tout. Ils s’étaient envoyés en l’air comme jamais lors de ce dernier concert, juste avant qu’Eden ne vienne le retrouver dans sa chambre d’hôtel… Et ils avaient passé de nombreux mois ensemble sur sa tournée. Eve. Eve Janko. Judas. Il l’avait vue. Elle était là dans la foule. La seule à scruter l’obscurité derrière la lumière, alors que les autres hurlaient son nom. Il devait bien l’avouer, la petite lui avait manqué… mais c’était le passé. Elle devait avoir une jolie carrière maintenant.

Andreas se retourna vers la demoiselle qui le regardait, comme si elle lui demandait si tout allait bien. Il lui offrit un sourire séducteur qui la fit glousser et battre son cœur un peu plus vite. Il passa sa langue sur ses lèvres et la laissa glisser le long de la gorge de la pauvre innocente. Ses mains jouaient avec son corps, la titillant, l’agaçant. Concert de soupirs et de gémissements si agréable à son oreille. Sa bouche descendit le long de son corps, s’arrêtant dans le creux de son sein. La chair y était tendre. Il poussa un soupir humide et elle se cambra sous lui alors qu’il entrait en elle en même temps qu’il plantait ses crocs dans sa peau délicate. Le sang n’en giclait pas comme il aurait pu le faire à la jugulaire mais Eden lui avait appris à manger proprement… et qu’il y avait des endroits où la morsure, déjà aphrodisiaque en devenait extatique. Non, tu ne peux pas rentrer. Je sais que tu le connais bien. Non, tu ne peux pas. Il est occupé. Il entendit vaguement son manageur derrière la porte. Il lui faisait confiance pour rabrouer l’intrus. Peut-être n’aurait-il pas du. Il continuait à se nourrir et à baiser la demoiselle qui hurlait son plaisir au plafond décoré d’étoiles artificielles. La réponse de l’autre s’étouffa dans la porte qui s’ouvrait quand même. Andreas dégagea sa prise, lécha la plaie pour empêcher le sang de perler et leva la tête avec un grognement. Ses crocs étaient toujours sortis alors qu’il s’apprêtait à enguirlander son manageur pour l’avoir dérangé, mais ce n’était pas lui… Eve ? Oups…


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Eve Janko
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MessageSujet: Re: Come back baby — ft. Andreas V. Morgenstern   Come back baby — ft. Andreas V. Morgenstern EmptyMar 21 Aoû - 9:13

Eve Janko & Andreas V. Morgenstern
« Come back baby »
— Ostrava, Czech Republic —

Les fans sont vraiment hystériques. Eve ne se souvenait pas qu'elles étaient aussi folles il y a cinq ans. Ou peut être était-ce juste parce qu'elle se trouvait sur scène à l'époque, pas dans la cohue qui existait en bas, au milieu des mortels. Mortels comme elle, mais au fond, elle avait sa part d'immortalité. Tant que ses disques existeraient toujours, ses photos, ses vidéos, elle ne mourrait jamais vraiment.
La lumière était projetée sur ces milliers d'hystériques et ne faisait qu'augmenter la chaleur qui commençait déjà à être insupportable, même de nuit. Les membres du groupe s'installent. Les autres hurlèrent. Eve, elle, n'eut presque pas de réaction. Elle savait que les stars entraient en dernier, juste avant de commencer à chanter. Même si parfois il arrivait aux chanteurs de venir jeter un coup d'oeil pour mesurer la température de la salle, ça ne changeait rien, depuis la fosse, on ne pouvait pas savoir. Le groupe de la première avait quitté la scène depuis quelques minutes. Eve se souvenait de l'époque où s'était elle qui chantait sur cette scène avant lui. Et des déboires des coulisses. Les fans. Les amantes. Parfois des hommes... La barrière de sécurité commençait à s'enfoncer douloureusement dans ses cuisses musclées, mais pour l'instant, son siège de fortune lui conférait un semblant d'abris pour échapper aux furies. Même si ça la mettaient aux yeux des premiers rangs de la masse grouillante et facilement reconnaissable. Mais tant pis, au fond. Tant qu'elle ne se fait pas kidnapper ou blesser, ce n'est pas grave. Et puis cette horde démoniaque n'est pas là pour elle, mais bien pour Andreas. Elle reconnaît quelques visages dans l'ombre de la scène. Les membres du groupe sont revenus. C'est bon signe. La musique commence et elle descend habilement de la barrière. Comme pour lui confirmer ses pensées, la foule commence à scander, de plus en plus fort alors que la lumière les aveugle encore tous : ANDREAS ! ANDREAS ! ANDREAS ! Mais la jeune maman reste silencieuse. Les corps se pressent contre elle pour venir au plus près de la scène. Elle va finir par étouffer mais les formes féminines qui se collent contre elle ne la laisse pas indifférente. Elle n'y peut rien si ça lui fait de l'effet. En plus, la tension est presque palpable. La tension musicale, la tension sexuelle. Ca a toujours été comme ça avec Andreas. Et elle avait continué à doucement entretenir ça avec ses propres fans.
Elle jeta un coup d'oeil plus aiguisé à la scène. Une silhouette. Peut être lui maintenant. Est-ce qu'il la voyait au milieu de toutes ces têtes. Surement pas. Les lumières changèrent soudain de cible et les hurlements la rendirent sourde à quoi que ce soit d'autre pendant un instant.

Il commença à chanter et la cape qu'il portait glissa de ses épaules pour tomber au sol. Un soupir lascif se glissa contre l'oreille de la jeune femme et elle ne put retenir un frissonnement. Ce n'était pas Andreas qui lui faisait cet effet, bien qu'il n'ait absolument pas changé en cinq ans, non, c'était d'avoir un soupir comme ça au creux de l'oreille de la part d'une femme. Même si elle savait bien qu'il ne lui était pas destiné.
Ce fut de nouveau la débandade. La barrière s'enfonça dans ses côtes et elle ne put retenir un gémissement alors que la foule chantait en cœur avec la rock star. Une grande main passa sur son ventre et un bras l'enlaça pour la tirer un peu en arrière et la coller contre une paire de seins bien fermes. Un menton se posa sur son épaule et des lèvres effleurèrent sa nuque. « Je suis contente de te voir ici... » Eve oublia la musique et se retourna. Elle connaissait cette voix douce mais pourtant un peu rauque. Un sourire apparu spontanément sur son visage et elle posa ses lèvres sur les lèvres connues. Les grandes mains de son amante passée remontèrent pour passer derrière sa nuque et Eve glissa ses bras autour de sa taille. C'était la dernière fille avec qui elle avait eu une relation un peu sérieuse avant de faire des tests de grossesse. Cinq ans, elle aussi, qu'elle ne l'avait pas revue... Elle ne savait même plus pourquoi elles n'étaient plus ensemble. Laquelle n'avait pas voulu s'imposer à l'autre à cause du bébé qui allait arriver. Eve glissa son visage dans le cou de cette femme toujours aussi belle et entreprit d'y déposer quelques baisers, voire plus. Son odeur emplissait ses narines et elle se sentait étonnement bien malgré les ballottements qu'elles subissaient à cause de la foule. « Comment va ta petite puce ? » La maman sourit, elle savait donc que c'était une fille qu'elle avait eu. M'enfin, il suffisait de suivre les actualités. «  Très bien, elle est avec ma mère là...  »
Elles tournèrent un peu et son amante se mit dos contre elle pour regarder la scène alors que ses mains caressaient les bras d'Eve qui entouraient toujours sa taille.
Eve se dit qu'elle n'avait plus forcément envie d'aller voir Andreas maintenant, pourtant il le fallait...

Puis le concert c'était fini et Eve avait promis de retrouver son amie un peu plus tard, mais qu'elle avait quelque chose d'important à faire. Après un long et passionné French kiss, elles s'étaient séparées et Eve avait filé droit vers le camion-loge d'Andreas.
Il y avait bien sûr quelqu'un de poster devant la porte par laquelle on entendait les gloussements habituels qui avaient toujours traversé les portes des loges de la rock star. Eve sourit au manager qu'elle reconnu dans l'ombre et le salua chaleureusement. Puis elle s'apprêtait à faire comme elle l'avait toujours fait : pousser la porte comme si elle était chez elle et taper la causette avec celui qui serait en train de s'envoyer en l'air en ignorant royalement sa partenaire de jeu. Sauf si elle était jolie. Enfin, pas ce soir, mais bon. Pourtant, avant qu'elle ne touche la poignée de la porte, le manager s'interposa. Non, tu ne peux pas rentrer. Je sais que tu le connais bien. — «  Franchement ! C'est pas comme si c'était la première fois que je le voyais s'envoyer en l'air !! Aller quoi ! En plus j'ai des choses importantes à lui dire! » — Non, tu ne peux pas. Il est occupé.
Eve fronça les sourcils et poussa le manager sur le côté, sans lui laisser la possibilité de l'en empêcher et se coula habilement vers la porte en le maintenant toujours à distance de son bras tendu. Elle afficha un sourire triomphant à son égard avant de tourner la tête vers l'intérieur de la loge qui s'offrait à elle par la porte maintenant ouverte.
Son sourire se figea sur son visage puis disparu alors qu'elle remarqua les crocs légèrement teintés de rouge de la rock star. Et la morsure dans le décolleté de sa partenaire sexuelle toujours en pleine extase malgré tout. Dans son dos le manager devait avoir un air de chien battu alors qu'elle, restait bouche bée ne sachant pas si elle devait opter pour une nouvelle mise en scène à la con ou pour une vérité qu'elle ne voulait pourtant pas connaître.
Eve ? fit-il simplement et c'est ce qui la ramena sur terre. Son bras qui retenait le manager s'abaissa mais elle ne bougea pas beaucoup plus. Encore déchirée entre l'envie d'entrer et celle de s'enfuir retrouver la jolie fille qu'elle avait laissée.
Bizarrement, son cerveau ne voulait pas croire que cette fois c'était un tour de passe-passe pour les fans... «  Dis-moi que c'est une blague ! … c'est pas vrai!? » Finalement son corps décida tout seul et elle s'avança dans la loge malgré les suppliques du manager. Elle poussa la fille sans se soucier de la nudité des deux personnes repoussa violemment Andreas dans les divers coussins et couvertures qui jonchaient le sol. Sa peau était froide. «  Non mais c'est quoi ces conneries ??!  » s'énerva-t-elle encore avant de se rendre compte que finalement des larmes silencieuses coulaient sur ses joues et qu'elle reculait maladroitement en ne sachant pas quoi faire de ses mains...

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MessageSujet: Re: Come back baby — ft. Andreas V. Morgenstern   Come back baby — ft. Andreas V. Morgenstern EmptyVen 31 Aoû - 8:49

Il la voit, il la sent. Elle a toujours la même odeur, la même saveur sur sa langue. Peut-être légèrement différente. Peut-être plus douce. Mais elle est toujours aussi pimentée et fruitée. C’était juste comme si on avait rajouté une couche de sucre glace par dessus. Son odeur lui parvient alors qu’il déambule dans les ombres sans qu’on le devine à peine. Seulement, quand il vient se positionner au centre de la scène, on le voit, on le devine dans l’ombre créée par des projecteurs plantés vers l’autre côté. Sa cape le dissimule. Tissu soyeux aussi ténébreux que la nuit, elle le confond avec l’obscurité. Mais quand la lumière jaillit enfin, que les paroles s’envolent, que le tissu s’effondre dans une caresse sur le sol, on le voit. On hurle. Sa silhouette bien trop blanche tranche avec les projecteurs qui le font passer pour un peu plus mat de peau qu’il ne l’est vraiment aujourd’hui. Ils rappellent le cuivre de son teint, celui qu’il avait acquis autrefois en étant bien plus dehors, à grimper après les arbres, au soleil, à Berlin… Avant de s’enfermer dans les bars souterrains et de chanter jusqu’au bout de la nuit. Là, dans son pantalon en cuir, alors qu’il ressasse deux de ses anciens tubes, le vampire se sent revivre. Il leur raconte à nouveau la chasse, la traque, de ces êtres infâmes… en particulier un. Une. Cette douce amante qui s’effondre dans les flammes dans la mélodie suivante. La sienne est toujours bien là pourtant. Pas aujourd’hui. Elle ne guette pas. Elle lui laisse sa liberté. Elles scandent son nom, en bas. Ce soir, ce sont elles, ses amantes maudites. Elles se consument dans le feu démoniaque qui l’anime. Une vague de luxure le traverse alors que toutes ces femmes — et quelques hommes — se pressent contre les barrières pour essayer d’être toujours plus près de lui. Jamais. Oh non, jamais ils ne pourront l’être. Sauf s’ils succombaient sous ses crocs. Lorsqu’il finit la balade qu’il avait écrit ce qu’il lui semblait des siècles auparavant, il offre un sourire éclatant à son public, à cette foule en chaleur sous ses pieds. Ce soir… Vous allez attendre de toutes nouvelles chansons… J’espère qu’elles vous plairont… Ainsi que le chemin vers les ténèbres sur lequel elles vous guideront… Il se penche sur son micro et se lance dans une chanson, une mélodie, bien plus dure, moins houleuse et frappante que les précédentes. Dure, mais pourtant sinueuse. La mélodie, le son, frappent aussi bien qu’une gifle mais pourtant les paroles en elles-mêmes parlent d’un émerveillement sans borne. Sa transformation en vampire. Sa découverte des étoiles, de la nature dans sa vraie splendeur. Oh, il ne révèle rien de ce qui est véritablement vrai, au final… Ils pourraient tous trouver ces informations dans des livres de fiction. Il n’invente rien. La chanson d’après dérape. Elle est plus pressante, plus perfide. Après l’émerveillement s’est révélé la soif. Tordante, harassante. Dévorante.

Il entend leurs cris, leurs hurlements. Ce sont des chants à ses oreilles. La musique pourrait lui sembler trop forte pour ses oreilles maintenant bien aiguisées… Mais non. Elle le porte. Il se sent vivant. Il saute sur scène, se penche sur son public, à peine retenu par le pied de son micro. Pas une goutte de sueur ne ruisselle sur son corps. Pourtant, il fait mine de boire à la bouteille d’eau qu’on lui a laissé dans un coin et s’en arrose le corps. Nouvelle série de hurlements. Un sourire en coin se dessine sur son visage. Il est heureux que son public le suive sur ce nouveau chemin. Suive la descente aux Enfers de leur héros disparu depuis plusieurs années. Ils sont tous là. Peut-être plus nombreux encore. Des flammes surgissent sur le plateau. Eden lui aurait peut-être dit qu’il était fou. Le feu était dangereux. Ils brûlaient bien plus vite que du petit bois, après tout… Mais non. Il s’en fiche. C’était lui, le chassé par les chasseurs maintenant. Mais qui était vraiment la proie et le chasseur dans l’histoire. L’ancien chasseur — ce héro que tant adulait à travers ses chansons — se posait la question dans une nouvelle mélodie. Proie. Chasseur. Proie. Chasseur. Tout s’emmêle et ce personnage qu’il joue sur scène s’effondre sur le sol. Il pousse un long soupir. Ses cheveux masquent son visage. On le dirait lassé, fatigué, de tout cela. La musique se calme. Il pourrait presque faire une comédie musicale à lui tout seul. Comment va ta petite puce ? Il entend. Pas la réponse. Mais il sait que ça vient de là où se tenait Eve. Ses yeux de prédateur se tarde sur la foule. Oui, elle est toujours là, entre deux projecteurs. Une femme langoureuse dans son dos, l’empêchant de se faire trop bousculé. Il entend mais son cerveau ne traite pas vraiment. Il est dans son monde, dans cette histoire qu’il raconte à tous. Plus tard. Il range ça dans un coin de son esprit. Il y penserait plus tard.

Plus tard, il se retrouve dans sa loge, un vulgaire camion stationné à l’écart, mais décoré à sa guise dans ce goût particulier qui avait fait rouler des yeux Eve la première fois qu’elle l’avait vu. Fontaine, mini-rivière, vraies flammes, plantes exotiques. Maintenant, il l’avait remplie d’orchidées. Il aimait leur saveur que presque ses seuls sens développés lui permettaient de percevoir. Et des roses. Des si sombres, aux pétales ourlés de noir. En souvenir de sa Sire. Il est là, rampant sur le corps de cette femme qu’on lui a offert comme encas après son concert. Ses mains s’agitent sur son corps, la caressent, s’enfoncent dans les replis et les creux. Ses longs crocs affutés comme des aiguilles pénétrèrent dans sa chair tendre, juste en dessous de son sein. Elle gémit, se cambra, l’accueillit en elle, chaude et humide. Son corps bougeait en rythme alors qu’il se nourrissait et qu’il la prenait sans être délicat. Elle ne voulait pas de tendresse et de délicatesse de toute façon. Ce n’était pas lui qu’il fallait venir voir si on voulait du romantisme… Même s’il savait se montrer très doux quand il le souhaitait. Encore fallait-il qu’il le souhaite. Mais du tapage se fait entendre dehors. Andreas se dit que ce n’est que des groupies qui veulent forcer le chemin, encore une fois. Il en a l’habitude après tout. Pourtant, quand la porte s’ouvre, qu’il se détache du corps de la demoiselle — ou du moins ses crocs — il surprend le regard de celle qui avait partagé sa vie pendant quelques années. Pas une amante, non. Pas une épouse non plus. Une partenaire, oui. Peut-être même une apprentie, si on veut. Eve. Elle était là. Elle le voyait, avec ses crocs dégouttant de sang, pas trop, mais quand même. Et il ne trouve rien d’autre à dire que son prénom. Il est tout aussi choqué qu’elle, à vrai dire.

Le sourire triomphant qu’elle abordait un peu plus tôt se fane et il en a même le goût âpre sur la langue du vampire. Son manager finit par la lâcher. Elle reste figée, à le regarder, l’incompréhension envahissant son visage. Elle devait assurément se demander si c’était un nouveau tour de passe-passe. Mais elle devait aussi se dire que, dans les coulisses, pour baiser ses fans, il n’en avait guère besoin de tout ce flan. Il finit par rentrer doucement ses crocs, dans l’espoir que ça l’inquiétera moins. Une chose était sûre, il ne voulait pas qu’elle se sauve en courant et en hurlant. Il aurait été obligé de la rattraper et de s’occuper de son cas… Et il ne le voulait pas. Mais non, elle avance. Dis-moi que c'est une blague ! … c'est pas vrai!? Son incompréhension se transforme en colère. Ce qui est bien normal. Elle repousse l’amante du vampire qui s’en rend à peine compte, encore sur le petit nuage provoqué par le sexe et la morsure. Elle le repousse lui, sur les coussins aussi. Il se sent étrangement pudique, pour une fois, et remballe vite-fait son « attirail » dans le pantalon qu’il portait encore à moitié. Eve semble percevoir la froideur de sa peau. Il fait une grimace. Non mais c'est quoi ces conneries ??! Elle recule. Des larmes ruissellent sur ses joues. Il se relève, et s’avance un peu. Il n’aime pas la voir pleurer. Que pouvait-il bien lui dire ? Il jette un regard à son manager qui embarque la fille à moitié à poil et referme la porte derrière eux. Il est le seigneur dans son royaume et pourtant il ne sait que dire à celle qu’il avait autrefois considérée comme une amie, une petite sœur… Il écarte les mains, comme pour lui montrer qu’il ne lui voulait aucun mal. Eve… Je… Je ne voulais pas que tu l’apprennes comme ça… Pas que tu l’apprennes du tout, disait une petite voix. Ou du moins pas maintenant. Il n’essaie même pas de la toucher. Ni de nier. Rien. A quoi cela servirait-il de toute façon ? Il garde les bras ouverts. Qu’elle vienne le frapper, si ça peut lui faire du bien… Après tout, il ne ressentirait pas grand chose… à part la blessure de son âme de la voir aussi choquée et effondrée. Eve, je… Comment va ta petite puce ? … J’ai des choses importantes à lui dire ! Des paroles qu’il avait entendues sans vraiment les analyser sur le coup remonte. Il fronce légèrement les sourcils. Tu… Tu voulais me dire quelque chose ? Il n’avait plus eu l’air aussi penaud que ça depuis qu’il s’était rendu compte que les demoiselles en détresse ne voulait pas être sauvées des dragons…


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Eve Janko
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MessageSujet: Re: Come back baby — ft. Andreas V. Morgenstern   Come back baby — ft. Andreas V. Morgenstern EmptyDim 16 Sep - 16:17

Eve Janko & Andreas V. Morgenstern
« Come back baby »
— Ostrava, Czech Republic —

Le concert commence. Tout se bouscule et elle n'entend plus rien. Ou elle en entend trop pour que son cerveau fasse le tri. Les cris, les hurlements, les soupirs, les chants, la voix de Andreas dont elle connait par cœur les inflexions.
Mais très vite, elle en oublie les bruits. C'est son toucher qui prend le dessus. L'acier dur de la barrière qui lui rentre entre les côtes et lui fait un mal de chien. Les corps contre le sien, pressants. La chaleur. L'étouffement. Puis elle se fait doucement tirer en arrière par une main suivie d'un bras qui l'enlacent. La barrière s'éloigne juste assez pour qu'elle n'en sente plus le contact. Quelqu'un se glisse immédiatement dans le petit espace libéré. Elle étouffe le nez contre le dos du géant devant elle mais très vite c'est dans son dos à elle qu'elle sent quelque chose d'étonnement familier. Oh, non non, elle ne pourrait pas reconnaître une paire de seins juste à ce genre de contact, mais il y a cette manière de la prendre contre soi, de serrer un peu les doigts sur son t-shirt, cette respiration, le fait que c'est une fille qui fait à peu près la même taille qu'elle. Et puis sa voix dans son oreille. Cette voix-là, elle réalise à quel point elle lui a manqué en cinq ans. Encore plus que la voix d'Andreas. Beaucoup plus. La voix de son amie et amante, une voix dessinée par cette langue dont elle a si souvent eu les attentions des plus douces aux plus coquines.
Si elle le pouvait, Eve lui ferait l'amour là maintenant, au milieu de cette foule... En réalité, ça ne gênerait surement pas grand monde et peut être même que personne ne les remarquerait... Mais elle ne pouvait pas faire ça. Il fallait qu'elle se tienne un minimum tout de même. Surtout quand elle n'était pas sur scène. Sur scène, on pardonne tout, parce que c'est du spectacle, mais là, dans la fosse, elle ne pouvait pas prendre le risque que quelqu'un porte plainte pour une quelconque atteinte à la pudeur. Pas alors qu'elle était mère... Elle ne voulait pas que Julia voit sa mère à travers un parloir, même pour si peu de chose que des amourettes au milieu d'un public.
Elle sentait son cœur papillonner alors qu'elles discutaient rapidement de sa fille. Sara savait donc que c'était une fille et ça signifiait surement qu'elle continuait à éplucher les médias pour se tenir au courant. Oh, bien sûr, Sara n'avait jamais été du genre à croire tous les bobards qu'ils racontaient, elle savait faire le tri, mais d'un autre côté, ça lui permettait de se tenir au courant. Les chansons d'Andreas résonnaient dans leurs oreilles alors qu'Eve s'était glissée dans le dos de son amie pour la serrer contre elle tout en regardant la scène. Les mains aux longs doigts fins de Sara caressaient doucement ses bras alors que leurs joues étaient collées et que la chanteuse soulevait doucement le haut de sa compagne pour y trouver sa peau si chaude. Elle sentait les frémissements de Sara contre elle et sa langue parcouru lentement la nuque douce de la jeune femme avant que ses dents ne viennent mordiller sa peau... Sara laissa échapper un gémissement et Eve savait qu'elle aussi, si elle pouvait, elle lui arracherait ses vêtements. L'Ukrainienne avait toujours aimé jouer avec le désir et l'envie, les suscitant même quand les deux parties savaient qu'il serait impossible d'aller jusqu'au bout dans l'immédiat, mais elle adorait ça. Sentir son bas ventre s'enflammer, écouter la respiration de son amante s'accélérer, voir leurs corps frémir dans l'attente...
Elle avait l'impression de se replonger dans le passé, à l'époque où elle écoutait les chansons d'Andreas sur son vieux poste radio et qu'elle s'imaginait en train de draguer sur ces mêmes paroles, se dire que ce chant, cette musique seraient un symbole d'un de ses couples... Aujourd'hui, le souvenir d'Andreas la rapprochait plus de sa fille que de ses aventures, mais pour des raisons différentes...
Eve aurait voulu s'éclipser, se cacher dans un coin de la ville abandonnée, peut être même piquer un coin de la loge du chanteur, pour profiter pleinement de ce moment avec Sara, mais bien sûr, elle le savait, elle ne pouvait pas.

Sara avait surement deviné que c'était parce que Andreas était le père que Eve devait absolument le voir, mais elle ne fit aucun commentaire et laissa partir la femme qu'elle aimait toujours sans se l'avouer depuis cinq ans. Elle savait aussi qu'Eve avait du avoir un nombre très conséquent de conquêtes depuis, mais elle espérait secrètement qu'aucune d'entre elles ne se soit révélée une aventure sérieuse. Elle espérait toujours pouvoir partager la vie de cette femme exubérante et fantasque même s'il y a cinq ans elle n'était pas sûre de pouvoir gérer le fait qu'un enfant entrerait dans leur vie... Au final, elle se maudissait toujours d'être partie ce jour-là... Elle leva les yeux vers le ciel étoilé en priant qu'Eve tienne parole et vienne la retrouver après...

Eve, de son côté était parvenue à entrer dans la loge de la rock star et peut être que finalement elle aurait préféré qu'on la jette hors de la ville d'un bon coup de pied dans les fesses... Elle voit en flash l'image de Sara qui l'attend surement un peu plus loin se juxtaposer à l'image d'horreur qu'elle a devant les yeux. Pourtant son cerveau bloque, ses jambes ne répondent plus, même si elles la soutiennent encore. Mais pour combien de temps ? Elle a l'impression de tomber, mais elle reste debout. Elle ne sait pas trop quoi faire...
Finalement son cerveau la pousse vers l'avant contre toute logique et quand elle redevient plus ou moins maitresse de ses mouvements, c'est pour se mettre en colère, s'énerver contre cette chose improbable qui se passe sous ses yeux. Peut être qu'elle hurle plus que ce qu'elle pense faire. Andreas remonte prestement son pantalon, comme si, elle ne sait pas, il croyait qu'elle allait lui arracher la première chose qu'elle aurait à portée de main, ou plus stupidement encore, que ça la gênerait de le voir comme ça. Oh non non non, ce n'était pas ça qui la dérangeait ! Il aurait pu porter tout un attirail bondage ou sado-maso qu'elle ne s'en serait pas offusquée, mais elle avait vu ces crocs dépasser de sa mâchoire... Oui, elle les avait bien vu même si maintenant ils avaient disparus en reprenant une taille normale pour des dents... Elle savait qu'elle n'avait pas rêvé.
Sa vision se trouble, c'est à cause des larmes qui jaillissent. Avec étonnement, elle s'essuie les yeux d'un revers de main rageur. Elle ne s'était même pas rendu compte qu'elle pleurait. Elle fait quelques pas en arrière alors qu'Andreas réagit enfin et s'approche d'elle. Il osait lui faire ça alors qu'elle venait pour lui annoncer qu'il était papa. Elle ne savait même plus si elle allait oser lui dire. Elle secoue la tête de droite à gauche. Son nez renifle alors qu'elle n'arrive plus à articuler un son. Il lui parle mais elle n'arrive pas à répondre. Elle a l'impression d'avoir la tête sous l'eau et même ses bras ouverts, laissant voir ses tatouages, n'empêchent pas la peur de lui étreindre le ventre. Elle qui avait si chaud avec Sara encore quelques minutes auparavant, maintenant elle sombrait dans le froid.
Où était passé sa colère ? Maintenant elle tremblait. Il essaie encore de lui parler puis lui pose une question.
Eve relève les yeux vers lui, se rendant compte qu'elle avait évité de le regarder depuis que les larmes coulaient sur ses joues. Elle jette un coup d'oeil vers la porte. Elle imagine Sara qui l'attend. Pourquoi a-t-il fallu qu'elle fasse ça ce soir là ? Pourquoi voulait-elle lui dire après tout, elle se débrouillait très bien sans lui... En le regardant, la jeune femme se rend compte qu'il ressemble toujours à l'Andreas qu'elle a connu il y a cinq ans. Il n'a pas changé. Pas du tout même... Elle se mord la lèvre. Elle ne sait plus si elle voulait lui annoncer la nouvelle... « Je … … Alors.. c'est à cause de ça que tu as disparu ? … Dis-moi que c'est mon esprit qui me joue des tours, s'il te plait... demande-t-elle comme une prière. Au fond elle voulait vraiment que sa fille ait une figure paternelle... Je.. Je n'aurais pas du venir... » Elle secoue la tête à nouveau et regarde encore la porte... Au fond d'elle, elle sait qu'elle ne pourra pas sortir en courant sans qu'il l'intercepte, mais elle aimerait tellement revenir en arrière, elle aurait pris la main de Sara dans la sienne et elles seraient rentrées à Prague ensemble...


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