[table][tr][td width=500px]
[center]RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Déchéance ▬ Fallen angel.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Invité
Invité



MessageSujet: Déchéance ▬ Fallen angel.   Jeu 14 Avr - 16:07

Titre : Déchéance.
Auteur : Moi-même.
Genre : Fantastique/romance/horreur.

Résumé :

« Angeles, 17 ans, voit les morts. Et c’est avec cette malédiction qu’elle doit se construire une vie. Chaque jour, elle essaye de se bâtir un quotidien, de construire un fragile équilibre. Malheureusement, c’était sans compter Sasha. Lui qu’elle aimerait détester, lui qui la fait rêver. Mais, tout le monde le sait, chacun ses secrets. Et le jeune homme n’échappe pas à la règle. Le destin ? Oui, Angeles le déteste. »

« C’est dur de voir le fragile équilibre que l’on s’est construit durant 17 ans s’effondrer comme s’il n’avait jamais existé. C’est épineux et peu agréable de devoir tout recommencer à zéro une nouvelle fois. Surtout lorsque de nouveaux sentiments apparaissent. On a le cœur qui bat trop fort, un feu liquide inconnu qui enflamme nos veines, le temps semble suspendu lorsque l’on se trouve en compagnie de l’objet de nos désirs. Chaque minute, chaque seconde passent plus lentement. Notre vie devient plus coloré et à la fois plus acidulé et plus douce. Comme un bonbon. On apprécie la saveur de l‘instant, mais il y a toujours un moment où tout s’arrête. Et cette fois, le destin a décidé que pour Angeles, tout se finirait avec une lame déchirant sa peau pour fouiller ses entrailles… »


Voilà, n'hésitez pas à me faire part de vos impressions :boulet:
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité



MessageSujet: Re: Déchéance ▬ Fallen angel.   Jeu 14 Avr - 16:38

CHAPITRE I



Pourquoi faut-il qu’une déchirure soit aussi douloureuse ? Et pourquoi les larmes ne s’arrêtaient pas de couler ? Angeles se posait tout un tas de questions dont elle connaissait déjà la réponse. Elle observa un instant sa meilleure amie à travers un voile de tristesse humide, avant de la prendre dans ses bras. Elle n’aimait guère montrer ses émotions aux autres, mais, pour une fois, c’était complètement différent. Car, elle partait. Et elle ne reviendrait pas avant longtemps. Ce fait la bouleversait, l’attristait. Elle avait le cerveau en compote et le cœur en vrac. Sa vie se trouvait ici, dans ce petit patelin nommé Guardefield, dans cette grande maison tout en pierre, auprès de sa plus grande amie, Kate, et de son petit copain, Evan… Et non, à quelques cinq-cents kilomètres d’ici. Car, à présent, toutes ses affaires étaient entassées dans de grands cartons se trouvant à bord d’un camion de déménagement en route pour la tranquille petite ville de Summer Lake. A cette pensée, un petit sanglot remonta le long de sa gorge et se fraya un chemin entre ses lèvres serrées. Kate lui frotta le dos, tentant de lui offrir un maigre réconfort, en vain. Angeles essaya de se reprendre et se détacha de Kate, dénouant difficilement un à un les doigts qui unissaient ses mains derrière le cou de son amie. Cette séparation était d’autant plus difficile pour elle car Ange était différente. Ici, malgré ce fait, elle avait réussi durant seize ans à se construire un fragile équilibre, qui était maintenant soufflé sans effort, comme s’il n’avait jamais existé. Elle était considérée comme étant un peu étrange, mais très sympathique. Et, en effet, elle l’était. Sa différence se traduisait par un don. Ou plutôt, une malédiction dont elle avait hérité le jour de ses six ans. Oui, car depuis, elle pouvait voir les fantômes de ceux qui n’étaient pas encore monté au ciel. Des morts récents, pour la plupart. Ou, des esprits qui s’amusaient un peu à faire peur aux braves mortels avant d’aller en enfer. Peu importait pour Angeles, de toute façon. Elle les haïssait tous ! Ils avaient fait de sa vie un véritable cauchemar. Elle détestait se réveiller la nuit pour en découvrir un au regard luisant au pied de son lit, elle ne supportait pas qu’il la traverse ou rôde autour d’elle alors qu’elle était avec des amis. C’était tout simplement insupportable. Bien sur, il n’y en avait pas tant que ça, mais, tout de même. Kate savait qu’Angeles avait cette capacité et elle l’aidait souvent. Et cette dernière savait très bien que sans elle, elle serait devenue folle depuis longtemps.
- Je suis sure qu’Evan aurait aimé être là. Affirma simplement Kate, faisant ainsi sortir Angeles de ses pensées.
La jeune fille acquiesça d’un léger mouvement de tête : elle ne pouvait prendre le risque de dire quoi que ce soit, de peur que les larmes remontent une nouvelle fois. Puis, elle prit la main de sa meilleure amie, lui donna une légère pression en esquissant un pâle sourire, la lâcha et se retourna pour s’engouffrer dans la voiture qui l’emmènerait loin de sa vie. Elle devait se dépêcher de partir si elle ne voulait pas s’effondrer. Elle claqua la portière et posa son regard sur la route qui s’étendait devant elle, des petites gouttes cristallines brillantes aux coins de ses yeux. Sa mère, Evelyne Elwoods, la rejoignit quelques instants plus tard, posa une main sur la jambe de sa fille en un geste qui se voulait réconfortant mais l’enleva tout de suite en voyant le regard noir que lui jeta Angeles. Evelyne mit le contact puis démarra. Elles roulèrent quelques minutes en silence, avant que sa mère dise d’une voix douce :
- Il est temps de rejoindre ton père et ta sœur à Summer Lake.
Alors, Angeles remarqua le panneau « Vous quittez Guardefield, bonne continuation », et seulement à ce moment là, elle s’autorisa à regarder dans le rétroviseur. Kate se tenait appuyé sur une boîte aux lettres, une main devant le visage, agitée de sanglots. C’était la première fois qu’elle la voyait pleurer, c’était par sa faute et elle ne pouvait même pas la réconforter. Elle se détesta.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité



MessageSujet: Re: Déchéance ▬ Fallen angel.   Jeu 14 Avr - 16:42

CHAPITRE II



C’était un petit village tranquille et lumineux, qui abritait des rangées de maisons blanches aux barrières en bois et à l’herbe bien tondue. Des petits garçons jouaient au ballon sur les trottoirs impeccables et des fillettes s’amusaient à la corde à sauter dans les jardins bien fleuris. Des personnes âgées promenaient de beaux goldens retrievers et les voisins se saluaient chaleureusement entre eux. On aurait dit un quartier comme on peut en voir seulement dans les séries, là où le soleil brille toujours. Ou alors, au pays des Bisounours. Angeles ne savait pas encore la quelle option elle préférait. Mais toute cette agitation semblait néanmoins moindre, morte. Il y avait bien des personnes, mais très peu. Et aucun jeune de son âge en vue. Sa mère gara la voiture devant une habitation, bien trop semblable aux autres au goût d’Angeles, et sortit du véhicule. Quand à Ange’, elle ne bougeait pas. Elle savait que si elle posait le pied sur ce sol bien propre, la réalité la frapperait de plein fouet. Elle se rendrait compte une fois pour toute qu’elle n’habiterait plus jamais à Guardefield, mais bien à Summer Lake. Elle ferma un instant les yeux, serra les dents. Puis, elle ouvrit la portière et sortit précipitamment. Un vent chaud, étouffant, l’accueillit. Bon sang ! Elle n’avait pas prévu que la chaleur soit aussi élevée. Enfin, elle n’y avait pas pensé. Sinon, elle se serait habillé avec quelque chose d’un peu plus léger. Elle portait un treillis en toile noir qu’elle avait rentré dans ses Dr Martens également de couleur sombre, avec pour haut un léger débardeur assorti dont des ailes d’ange blanches ornaient le dos. Elle soupira lourdement et passa une main dans ses longs cheveux bruns, en voyant son père, Josh Elwoods, passer la porte de la maison et se diriger vers elle. Il s’arrêtât à un bon mètre d’elle, comme s’il essayait d’instaurer un périmètre de distance de sécurité, et il demanda :
- Est-ce que tu vas m’en vouloir longtemps d’avoir accepté cette promotion ?
Cette fameuse promotion était ce qui les avait obligés à déménager. Elle savait que son père avait fait ce qui lui semblait être le meilleur, mais elle n’arrivait pas à ne pas lui en vouloir. Angeles secoua vivement la tête et répliqua amèrement :
- Mais voyons, pourquoi t’en voudrais-je de m’avoir fait quitter tous mes amis ?
Son paternel ne put apparemment pas soutenir le regard accusateur d’Angeles plus longtemps, car il détourna les yeux. Puis, il se baissa, ramassa un carton qui trainait encore sur le sol, le tendit à sa fille et lui expliqua, comme s’il ne s’était rien passé :
- Au fond du jardin, il y a une partie de la forêt qui entoure tout le lac de Summer Lake. Si tu la traverse, il y a une petite plage de galets avec un ponton en bois et une petite grange où une cuisine d’été est aménagée. On partage ce terrain avec notre voisin d’à côté. Rend-toi y et va déposer ces affaires dans le grenier.
Il lui tendit le paquet et Angeles attendit un court moment avant de dire :
- C’est vrai, pourquoi t’en voudrais-je de faire l’autruche ?
Puis, elle s’empara vivement de la boîte, passa à côté de lui en le bousculant et se rendit dans la direction qu’il lui avait indiqué.

Elle arriva rapidement au fond du jardin et se retrouva face à de grand et majestueux arbres, aux feuilles agitées par le vent. Angeles pénétra dans le petit bois et commença à marcher à grands pas vifs, écoutant le bruit des craquements de branches sous ses pieds et levant quelques fois le nez en l’air, avec l’idée qu’elle apercevrait peut-être une quelconque bestiole. Mais, elle entendit seulement des oiseaux un peu plus haut et parfois quelques bruits qui n’était pas produit par elle. Mais, elle n’était guère inquiète. Les forêts ont la réputation d’être des lieux bruyants. Et puis, celle-ci n’était pas vraiment menaçante. Les arbres étaient largement espacés et, lorsque des rayons de soleil parvenaient à percer à travers les branches, les clairières devenaient soudainement illuminées et superbes. Angeles marcha un moment, ne voyant que des troncs devant et derrière elle, et elle se demanda si par hasard, elle ne se serait pas perdue. Mais au moment où cette hypothèse traversait son cerveau, elle vit enfin un autre paysage apparaître au milieu des chênes qui lui restaient à dépasser. Elle sortit des bois et resta complètement émerveillée devant le spectacle qui s’offrait à elle. L’endroit était semblable à une nouvelle petite clairière. L’herbe verte brillait sous les rayons lumineux et, loin d’être courte, elle n’était pas non plus longue, mais seulement assez pour faire comme un lit douillet et moelleux. Les limites du lieu étaient clairement délimitées. Il y avait la forêt qui formait un arc de cercle, donnant l’illusion qu’il n’y avait aucune issue à part, justement, les bois. Mais, il y avait pourtant bien une autre sortie. Angeles s’avança un peu et elle le remarqua. Une plage de galets plats se formaient peu à peu sous ses pieds pour conduire jusqu’au lac. Il était immense et elle n’en voyait pas la fin. En réalité, le terrain où elle se trouvait n’était qu’une petite partie… Il y avait également le ponton, que lui avait courtement décrit son père, qui s’avançaient plutôt loin, ses barres en bois qui le soutenait plongé dans l‘eau, bravant l’impressionnante étendue liquide. Angeles, les yeux écarquillés s’avança dessus, marchant prudemment. Elle n’en revenait pas. Et ce qu’elle avait prit pour un village mort n’était en fait que la partie visible du bourg. Toute la vie semblait réunie sur les rives du lac. Au loin, elle apercevait beaucoup de monde, elle entendait les rires les plus proches, elle remarquait des corps se trémousser dans l’eau… C’était incroyable… Ce lieu avait tout simplement quelque chose de magique… Elle vacilla un instant et comprit. Son père l’avait envoyé ici pour la faire changer d’avis à propos de cet endroit. Un mot plutôt mal placé lui vint à l’esprit et elle serra les points. Elle fit demi-tour, reprit le carton et chercha un instant du regard la grange dans laquelle elle devait ramener ces affaires. Elle la trouva facilement. C’était une petite baraque, visiblement à deux étages, peinte en rouge brique et en blanc. Elle se dirigea vers la petite maison et entra à l’intérieur. La chaleur était encore plus étouffante qu’à l’extérieur, mais elle se contenta de chercher les escaliers. Car, sans aucun doute, la petite et unique pièce du bas était la cuisine d’été et non le grenier. Il y avait une minuscule table, quatre chaises autour et un vase posé dessus où commençait à faner des roses rouges. La pièce abritait également un lavabo, un buffet et un frigo. Voilà ce qui l’avait mit sur le bon chemin. Enfin ! Angeles repéra les quelques marches en bois et la rampe qui faisaient office d’escalier délabré et elle commença à monter. Une fois arrivée en haut, elle jeta un coup d’œil à la ronde. La pièce contenait des cartons empoussiérés, des vieux meubles dont certains couverts de draps blancs et dans le fond, il y avait une grande fenêtre encrassée. Angeles s’approcha de cette dernière et le plancher craqua sous ses chaussures. Elle frissonna. Elle n’aimait pas ce bruit. Elle n’était pas à l’aise se rendit-elle compte. Elle soupira, effarée de son manque de courage, et déposa la boîte à ses pieds, se sentant vraiment ridicule. Avant qu‘elle ne se redresse et parte, elle regarda tout de même le carton. Dessus, « Souvenirs/bibelots » avait été écrit au marqueur noir. Angeles fronça les sourcils et ouvrit la boîte, prise d’un doute. Son cœur manqua un battement. Il y avait bien ce qu’elle redoutait à l’intérieur. C’était des cadres d’elle lorsqu’elle n’était qu’une enfant, des objets à elle également… Ange’ se saisit d’une photo. C’était sa mère, son père et elle. Elle ferma un instant les yeux, blessée. Mais, elle les rouvrit très vite en sentant un court d’air glacé passer dans son dos. Elle se figea, le souffle court. Puis, elle prit son courage à deux mains ainsi qu’une inspiration et tourna la tête. Derrière elle se tenait une petite fille. Elle ne devait pas avoir plus de huit ans, et pourtant, elle se tenait toute droite, comme fière dans sa petite robe en coton bleu roi. Ses cheveux étaient coupés courts, lui arrivant juste au dessous des oreilles et étaient d’une couleur chocolat. Elle paraissait presque vivante. Mais à y regarder de plus près, sa peau pâle était couverte à divers endroits d’hématomes noirs, de grosses cernes pochaient ses yeux intégralement blanc mais qui semblaient pourtant fixer Angeles, son si jolie habit était rongé par l’humidité et déchiré et ses ongles étaient noirs de crasse et de sang séché. Angeles lâcha le cliché qui glissa un peu plus loin, comme emporté par un vent invisible, et elle tomba en arrière, sur les fesses. C’est à ce moment qu’elle remarqua qu’une flaque d’eau grandissait sous les pieds, nus, de la fillette. Ange’ n’avait jamais vu un mort revenir sous une forme aussi compacte et effrayante. Et pourtant, elle en avait vu ! Un bruit d’eau étouffé lui parvint du lac, signe que quelqu’un venait de plonger, elle détourna les yeux un court instant, déstabilisée. Et lorsqu’elle voulut reporter son attention sur la petite fille, celle-ci avait disparut. Elle s’était tout simplement évaporée, il ne restait que la flaque d‘eau qui continuait à s‘étendre, touchant bientôt le bout de ses chaussures. Angeles resta un instant sur le sol, tremblante, avant de se relever et partir en courant du grenier. Elle arriva très vite à la petite cuisine et se dépêcha de sortir. Arrivée dehors, elle se sentit immédiatement mieux, malgré le fait qu’elle soit encore chamboulée, complètement retournée. Puis, elle se souvint du bruit qui lui avait fait détourner la tête de cette apparition. Et elle releva les yeux. Ne détectant rien, elle s’approcha doucement du lac, craignant de voir apparaître une nouvelle fois la petite fille. Mais c’est alors là qu’elle le vit. Il sortait tranquillement de l’eau, secouant ses cheveux emmêlés d’un blond si pâle qu’à la lumière du jour, ils en devenaient presque blanc argenté. Des gouttelettes humides dégoulinaient le long de son torse musclé, tandis que d’autres roulaient sur ses pommettes hautes, sur son nez droit, le long de ses lèvres joliment ourlées. Tous les muscles de son corps paraissaient tendus, forts, et elle en voyait beaucoup, vu qu’il ne portait qu’un bermuda noir de plage. Il releva le regard vers elle, comme s’il venait de remarquer sa présence. Et elle fut complètement bluffée devant la couleur de ce regard-ci. Ses yeux étaient d’une couleur azurine, mais un cercle plus foncé, tirant sur le gris, entourait la pupille et rendait l’œillade particulièrement intense. La lueur de surprise qui brillait dans ses prunelles lui donnait également un air d’innocence et de pureté que même avec de l’entraînement, Angeles n’avait jamais réussi à reproduire. Il lui sourit. Et même si ce sourire éclaira son visage, la provocation qu’il contenait l’énerva. Il plaisait aux filles, et il le savait apparemment très bien. Ok ! Gueule d’ange venait donc de se mettre Angeles à dos.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité



MessageSujet: Re: Déchéance ▬ Fallen angel.   Jeu 14 Avr - 16:46

CHAPITRE III



Angeles essaya de ravaler sa colère. Après tout, elle-même le savait, les apparences ne faisaient pas tout. Après réflexion, il était possible que Gueule d’ange soit quelqu’un de vraiment sympathique et d’adorable. Ou, alors, c’était un charmeur très lourd et embêtant. Ange soupira discrètement et demanda, d’une voix plus acerbe qu’elle ne l’aurait voulu :
- Salut. Je viens d’emménager au 22. T’es mon nouveau voisin ?
Gueule d’ange la dévisagea un instant, sans se départir de son sourire, puis haussa les épaules, avant de répondre simplement :
- Absolument pas.
Aucune explication en plus ? Angeles haussa un sourcil et sentit la moutarde lui monter au nez. S’il n’était pas son voisin, que faisait-il là alors ? Elle n’appréciait pas vraiment le fait qu’il ne soit pas chez lui, et que, pourtant, il la provoque.
- Alors, je peux savoir t’es qui ? Et qu’est-ce que tu fais ici ? Questionna Ange, reprenant le ton mordant qu’elle avait utilisé quelques secondes plus tôt.
- C’est un ami. Rétorqua quelqu’un derrière la jeune fille.
Elle se retourna vivement, méfiante, et découvrit un autre jeune homme sortir du couvert des bois, une serviette à la main. Il faisait sans aucun doute une tête de plus qu’Angeles et paraissait très maigre dans ses vêtements flottants. Il portait un t-shirt ainsi qu’un jean large tenu uniquement grâce à une ceinture. Mais lorsqu’il lança le tissu éponge à Gueule d’ange, elle vit des muscles fins se tendre, se tirer, sous sa peau légèrement basanée. Puis, il porta son attention sur elle. Son regard, d’une douce couleur chocolat, quelque peu caché par un voile de cheveux ébouriffés d’une teinte châtain, reflétait de la lassitude mais également une légère pointe de curiosité. Il l’examina de la tête aux pieds, avant qu’un petit sourire creuse ses lèvres.
- Je m’appelle Nicolas. Et moi, je suis bien ton voisin.
Angeles se détendit quelque peu, se sentant beaucoup plus à l’aise en présence du dénommé Nicolas, et se présenta à son tour :
- Enchantée. Je suis Angeles.
Nicolas lui fit une œillade, accompagné d’un plus grand et sincère sourire, avant de se tourner vers Gueule d’ange.
- Je vais te chercher un truc à manger. Evite de l’emmerder, tu veux ?
Le blond lui sourit et commença à se frotter les cheveux avec la serviette tandis que son ami s’éloignait en direction de la grange. Angeles eut une folle envie de le retenir. Premièrement, même si les morts ne se faisaient pas voir des êtres humains normalement constitués, ils arrivaient toujours à faire sentir leur présence. Et la fillette qu’elle avait vu un peu plus tôt était vraiment effrayante. Elle n’avait pas envie qu’elle se manifeste au jeune homme. Et, la seconde raison au refus du départ de Nicolas était qu’elle ne voulait pas se retrouver toute seule en présence de Gueule d’ange. C’était peut-être idiot, mais elle n’y pouvait rien. Elle ne se sentait pas à son aise en sa compagnie… Par ailleurs, lorsqu’elle reporta son attention vers lui, il s’était rapproché. Son instinct lui dit de reculer, immédiatement. Mais, ce simple geste l’aurait rendu faible. Cela aurait donné le pouvoir à Gueule d’ange, qui aurait, sans aucun doute, interpréter ce mouvement par de la peur. Alors, pour tout de même s’écarter, Angeles se dirigea vers le ponton, jetant un regard noir au blond en passant près de lui. Elle continua son chemin jusqu’à atteindre le bord de l’embarcadère. Le bois s’élevait de deux mètres par rapport à l’eau, mais Angeles avait confiance en son équilibre d’ancienne gymnaste et elle faisait tanguer ses pieds d’avant en arrière sur le rebord, un vent chaud soufflant dans ses cheveux, les entremêlant et s’insinuant sous ses vêtements, les faisant se soulever et se gonfler. Un bien être apaisant s’empara d’elle et elle ferma les yeux un instant, goûtant à ce petit souffle sur son visage comme on le ferait d’une caresse. Elle sentit un calme rassurant l’envahir. Elle n’avait pas ressentit telle sérénité depuis quelques jours se rendit-elle compte. Depuis que son père lui avait annoncé qu’ils déménageraient, en fait. Le simple fait de se rendre compte de cela dénoua la tension qu’abritaient ses épaules et elle se relâcha encore un peu plus. Puis, elle souffla doucement, et se rendant compte de son impolitesse, elle demanda d’une voix forte, pour se fait entendre de Gueule d’ange :
- Et toi, c’est quoi ton nom ?
- Sasha.
La voix venait juste de derrière elle, dans son dos. Elle comprit qu’il se tenait très proche d‘elle, et qu’elle avait été tellement absorbé, happé, par son réconfortant bien-être qu’elle ne l’avait pas entendu approcher. Bien sur, de le savoir si près d’elle cassa son sentiment de sécurité et elle pivota vivement sur elle-même, perdant l’équilibre et manquant de tomber à l‘eau. Mais deux bras puissants la retinrent par les poignets et l’empêchèrent de chuter. Elle se retrouva ainsi quasiment collé au nommé Sasha, la joue à quelques centimètres de son torse encore légèrement humide et les talons de ses Dr Martens dans le vide. Elle releva son regard vers son prétendu sauveur et se sentit plonger dans ses si beaux yeux azurés. Elle ne dit rien. Lui non plus. C’était comme s’ils étaient soudainement coupés du monde réel. Il ne quittait pas un seul instant les prunelles de la couleur de l’absinthe d’Angeles. Le cœur de la jeune fille se mit soudainement à tambouriner dans sa poitrine, comme s’il avait voulut en sortir. Elle le sentit battre de plus en plus violemment contre sa cage thoracique, obligeant son sang à suivre son rythme effréné, à couler dans ses veines si rapidement qu’il en devint plus chaud encore, empourprant ses joues et la laissant pantelante de chaleur. Elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait et n’en avait pas envie. C’est ce fait qui l’alerta. Et puis, lorsqu’elle entendit la porte de la petite grange se fermer, elle sortit complètement de cette enivrante torpeur. Elle serra la mâchoire, avança d’un pas et repoussa violement Sasha, qui lâcha prise sans faire d’histoire. Il recula et un sourire provocateur revint se figer aux creux de ses lèvres, comme si l’expression franche et chaleureuse d’il y a quelques secondes n’avait jamais existé.
- Eh doucement mon ange ! S’exclama-t-il, en riant.
Angeles secoua la tête, énervée par ses propres réactions, et répliqua violement :
- Va te faire voir ! Je ne suis ton ange que dans tes rêves !
Puis, elle le bouscula violemment et passa à côté de lui, rejoignant Nicolas qui venait de revenir, une boite de petits gâteaux à la main. Et avant qu’elle ai put lui dire quoi que ce soit, il rigola et dit :
- Oui, je sais. C’est un vrai boulet !
Sasha arriva aux côtés d’Angeles, prit la nourriture et leva les yeux au ciel. Alors qu’elle allait acquiescer avec un petit commentaire, le début de la musique de Dumb, de Nirvana se fit entendre. La jeune fille fouilla un instant ses poches, avant de trouver son portable, de décrocher et de coller le combiné à son oreille. Elle resta une minute en ligne avec sa mère, avant de ranger à nouveau l’appareil dans sa poche.
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Déchéance ▬ Fallen angel.   

Revenir en haut Aller en bas
 

Déchéance ▬ Fallen angel.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
In the Nightside Eclipse :: HORS JEU :: Just come and play :: Fanfics-