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| | Parce que nous avons le même sang ... [Pv Edward Ruthven] | |
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 Administratrice ~ Ange Gardien ~
MESSAGES: 1636 AGE DU JOUEUR: 27 COPYRIGHT: Calli JUKEBOX: les 4 saisons de Vivaldi JOB: propriétaire du Victorian's Creation MOOD: amoureuse
| Sujet: Parce que nous avons le même sang ... [Pv Edward Ruthven] Ven 15 Avr - 23:00 | |
| Dans une ville aussi touristique que Prague, on trouve de tout. Des lieux à visiter pour les touristes, tel que les vieux bâtiments moyenâgeux qui font le charme du centre historique de la vieille ville. Il y a aussi des quartiers purement festifs, où boites de nuit, clubs, bistrots, cinémas et autres font légion et se veulent alléchant. Et puis, il y a ces quartiers où on trouvent des femmes pratiquant le plus vieux métier du monde et des hôtels de passe ou maisons closes qui se font concurrence… Le tourisme sexuel semble être en augmentation et un bon filon, bien que d’expérience je peux dire qu’il a toujours existé dans les grande cités. Et comme cette ville est vraiment le top, on a même un quartier rien que pour nous, Créatures de la nuit, et en particulier les Vampires. Quand je dis que Prague est la ville parfaite …
C’est dans ce quartier, que je connais assez bien après 60 ans, Podsvětí ou la Cité des ténèbres, que je déambule en ce moment. Ce lieu étant majoritairement fréquenté par des Canaïtes, je ne prends pas la peine de paraitre humaine, ou du moins j’essaye ce qui a force de composer ce rôle depuis 21 siècles n’est plus très évident. Néanmoins, je ne cache pas ma puissance ni mon âge, autant qu’ils sachent qu’il vaut mieux ne pas venir m’importuner. Surtout que là, j’ai un but précis. Je ne viens pas très souvent dans ces lieux, sauf pour m’amuser avec mon époux quand il me le demande, pour affaire parfois ou quand je veux me perdre au milieu des miens sans avoir à réfléchir. Parfois, j’y erre pour des informations, c’est toujours utile d’être informée sur les Vampires errant en ville. J’avoue passer plus de temps en général près de mon neveu, Hadrian, à mon manoir ou au Victorian’s Creation que dans les lieux typiquement vampiriques. Du moins en ce moment, avec ma nouvelle collection qui doit sortir, je manque de temps pour être simplement une Canaïte. Ah il n’est pas évident d’avoir un métier rémunéré et d’être immortelle ! Mais cette nuit est spéciale, je vais remettre la main sur mon arrière petit neveu, si je ne me trompe pas dans les générations, après des mois sans avoir pu le coincer. Edward Ruthven, tout un cas atypique à lui seul et pourtant on possède le même sang.
J’ai rencontré ce Vampire qui prétend ne pas faire de mal aux Mortels, par pur hasard une nuit. Vu mon statut d’Ancienne, et mes dons ténébreux, il ne me fallut guère longtemps pour deviner qu’il était de ma lignée, et donc un descendant d’une manière ou d’une autre de mon Père Augustin. La rencontre fut fracassante, si on tient compte du fait que le petit ; oui par rapport à moi tous les Canaïtes du coin sont des enfants ; n’a pas eu froid aux yeux pour m’exploser tout seul à la figure… Attirant par là mon intérêt et ma rancune. Après investigation, ce qui m’a bien amusée, j’ai appris que le cher Nourrisson était l’Infant de Rose et donc le descendant direct en quelque sorte d’Hadrian. Et par là, j’avais ma confirmation qu’il appartenait à ma lignée. J’ai donc cherché un maximum d’informatisons sur lui pour mieux le cerner et réussir à remettre la main dessus. Sauf que l’esprit de famille, tout comme mon neveu au départ, il ne connait pas et que généralement nos rencontres finissent en vaste disputes où les mots acerbes fussent… Mais qu’importe, ma rancune s’est envolée, il fait partie de la famille… Et à ce titre je suis bien déterminée à veiller sur lui et à lui rendre un semblant d’éducation digne d’Augustin l’Ancien… Enfin pour peu qu’il finisse par céder à mes avances maternelles.
En fouinant, j’ai appris que cette nuit dans le coin il y aurait un trafique ce pochette de sang humain. Connaissant bien les goûts alimentaires de ce cher Edward maintenant je sais donc qu’il sera là. D’ailleurs le Vampires qui m’a servi contre son gré d’informateur, me l’a gentiment confirmé tout en m’indiquant le lieu précis. Je tourne dans une ruelle et je remarque mon cher neveu non loin qui patiente après son revendeur. Un sourire nait sur mes lèvres finement maquillées, alors que je m’approche furtivement de lui.
« Alors mon poussin, on s’est perdu ? Je lance taquine en me plantant face à lui, tête penchée sur la gauche. ••••••••••••••••••••••••••
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| Sujet: Re: Parce que nous avons le même sang ... [Pv Edward Ruthven] Sam 16 Avr - 2:46 | |
| Un seul coup de fil, juste le bruit de cette sonnerie discrète pour comprendre qu’il était l’heure de prendre ses affaires et de quitter la maison dans laquelle il vivait. Les trafiques de sang étaient rares, ils se faisaient une fois de temps en temps, et le nombre de personnes qui voulaient en récupérer augmentait toujours un peu plus. Inutile de signifier qu’Edward ne prit pas la peine de s’arranger un peu pour sortir, assez précipitamment. Récupérer du sang à l’hôpital était compliqué, tout était étiqueté, et la moindre disparition pouvait s’avérer suspecte mais Edward avait toujours des idées pour passer inaperçu : Un petit cocktail de solution physiologique et ne jamais oublier de passer par la morgue pour des cadavres encore chaud, ainsi il mélangeait, sans que cela ne soit véritablement un danger pour les mortels, et pouvait récupérer plusieurs poches une fois de temps en temps, ce qui ne suffisait évidemment pas pour se nourrir. L’infirmière en chef avait trouvé étrange les disparitions soudaines d’Edward, il s’occupait d’un ou deux patients, avant de prendre des pauses qui pouvaient durer trente minutes, elle était persuadé qu’il trafiquait des choses pas nettes dans son dos. Quand elle l’avait invité à la suivre dans son bureau, ce dernier ne s’était même pas démonté devant les accusations, il avoua même avoir quelques relations avec certaines des infirmières - chose tout à fait vraie -, qu’il était vraiment désolé de montrer si peu de vertus dans le cadre de l’hôpital. Son patron lui avait demandé d’arrêter ses aventures, qu’il était un distracteur pour les jeunes femmes qui travaillaient ici et qu’elle ne le renverrait pas. Il avait eut chaud. Pour cette raison, il avait diminué les doses qu’il prenait à l’hôpital et cet appel, auquel il n’avait évidemment pas répondu, tombait franchement à pic. Son frigo commençait à se vider, et même s’il avait acheté de la cocaïne en avance, il ne tiendrait pas bien longtemps. Inutile de dire que ce trafique était d’une importance capitale pour le Vampire. Après être sorti de sa demeure, son téléphone sonna une nouvelle fois, cette fois, un sms lui indiquant le lieu de vente : Podsveti. Première réaction ? « Et merde.. » Être entouré de Vampires c’était sûrement ce qu’il détestait par-dessus tout, c’était dans ce genre de lieu qu’il pouvait croiser ceux qu’il évitait par-dessus tout. Mais le choix, il ne l’avait pas. Simplement vêtu d’un jean déchiré, d’un débardeur et d’une veste en cuir - on est rebelle ou on l’est pas -, il passa une main dans ses cheveux courts en bataille pour se donner un courage plus qu’utile. Le Vampire savait exactement quelle intersection prendre, quelle rue emprunter. Il aurait pu sortir sa R1, moto qu’il avait acquis il y avait très peu de temps, tunée à mort, mais elle aurait été un obstacle à sa discrétion, il avait donc choisis ses pieds, ce n’était pas comme s’il connaissait vraiment la fatigue. Il lui fallu un temps certain pour arriver dans le quartier, refermant sa veste jusqu’au menton. Par habitude, il amenait toujours avec lui un bac à glace, mais les revendeurs avaient expressément demandés de ne pas le faire pour plus de discrétion, ils allaient eux même refourguer le nécessaire, et si les vendeurs se faisaient chopper, c’était leur problème. Calme, le Vampire avançait en observant autour de lui, il sentait la présence de ses congénères, et ce simple fait le tendait à l’extrême, il n’aimait pas ça et accéléra le pas jusqu’à arriver au lieu de rendez-vous. Comme attendu, il y avait du monde, il dû se faire à l’idée qu’il allait devoir attendre son tour, venant plaquer son épaule contre le mur de droite pour ne pas se faire remarquer. Le vendeur, il le connaissait assez bien, c’était lui qui le prévenait à chaque changement d’endroit, comme si tous les dealers, quelque soit leur domaine, savaient qu’Edward était un client de choix : il avait l’argent, il était discret et ne demandait jamais plus que ce qu’on pouvait lui offrir. Mal à l’aise, le Vampire avançait lentement dans la queue, on ne voyait que très peu les poches dissimulées dans des sachets de congélation ou autre stratagèmes pour les garder frais, pas très discret à bien y regarder, ce qui le rendit un peu plus nerveux, s’obligeant à observer perpétuellement autour de lui. Le pire moment de l’attente était sûrement celui où il entendit une voix féminine s’adresser à lui, dans son dos, une voix qu’il connaissait très bien, une voix qui l’agaçait plus qu’autre chose : Voilà la Matrone. Le destin et le hasard pouvaient être cruels, lui qui ne pouvait pas la supporter, elle qui lui rappelait tant son Sire qui l’avait rejeté alors qu’il avait eut besoin d’elle. Mais c’était trop tard, Suzanne pouvait bien vouloir aider le Vampire, qu’il ne le souhaitait pas. Il ne voulait pas être comme eux, il ne pouvait pas être comme eux, on lui avait prit son humanité et la seule chose qui comptait était de la retrouver. Le sentiment de dégoût remontait dans sa gorge « poussin », il se retint de l’appeler « ma poule » en retour, amer et aussi respectueux qu’un chat devant un chien. Il l’ignora tout d’abord, ne posant même pas son regard clair sur elle, restant aussi détendu et calme que possible, observant par-dessus l’épaule de Suzanne : Plus que trois acheteurs et c’était son tour. D’ailleurs, comment l’avait-elle retrouvé ? Hasard ? Il l’avait fait suivre ? « Qu’est-ce que tu veux ? C’est un peu trop crasseux ici pour quelqu’un comme toi. Tu te mêles à la populace maintenant ? » Edward ne la considérait pas comme un membre honorable de sa famille, il n’en avait pas. Son lignage, il n’en avait absolument rien à faire, petit dernier qui refusait de rentrer dans les rangs comme tout le monde. Unique en son genre. La main levée fit même signe à Suzanne de s’écarter de côté, comme si elle le gênait dans son attente, irrespectueux, capricieux, aussi calme qu’une eau trouble, personne ne pouvait comprendre ce qui lui passait dans la tête, Suzanne voulait-elle vraiment percer la zone d’ombre de son « poussin » ? Il espérait qu’elle n’était pas là pour empêcher sa transaction, il en avait besoin, et il n’avait pas envie de se mettre en colère, même si au fond il l’était déjà un peu rien que parce qu’elle était proche de lui.
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| Sujet: Re: Parce que nous avons le même sang ... [Pv Edward Ruthven] Jeu 21 Avr - 21:59 | |
| Trouver Edward peut passer pour un exercice difficile et ardu. Pour moi, c'est un jeu de piste plus qu'amusant. Cela me distrait et m'occupe certaines nuits, ce n'est pas plus mal. Il m'intrigue ce petit. Je sais qu'il est l'Infant de Rose, ma chère Rose, que j'aime avec tendresse comme presque tous les membres de mon clan. Il descend de mon cher Hadrian, mis de lui il n'a hérité que le côté rebelle je trouve. Pour le reste, mon petit neveu repousse avec plus de force que mon neveu autrefois sa nature de Vampire, allant jusqu'à refuser de boire du sang humain... Ou du moins à le prendre à sa source première. Je ne peux pas comprendre réellement ce désire-là. A l'époque où je suis revenue à la non-vie, il était impossible de se procurait du sang autrement quand traquant et chassant des Mortels. C'était notre seule source d'alimentation. Néanmoins, j'ai appris très tôt que les tuer n'était pas forcément une solution, qu'on pouvait s'abreuver sans éliminer l'Humain. C'est ce que j'ai essayé plus tard d'inculquer à mes Infants. Je ne vais pas dire qu'un jour je n'ai pas tuer, que parfois je n'ai pas été jusqu'au bout, ce serait mentir ouvertement. Mais ce n'est pas systématique. Pour ce qui est d'Edward, je ne comprends pas trop sa manière d'agir autrement que comme une manière de s'opposer à sa Sire et de se rebeller contre sa race. Je ne connais pas son histoire, j'ignore comment et pourquoi il a été vampirisé... Et cela ne m'aide pas. Mais je garde l'espoir secret que j'arriverais à le ramener vers sa lignée, sa famille un jour ... ou plutôt une nuit. Pour ma part, avec mon argent et mes dons ténébreux, je n'ai au aucun mal à trouver où aurait lieu cette nuit une vente de sang humain. Je sais qu'Edward sera là, j'en ai l'intime conviction. Et puis son mode de vie lui impose de fréquenter ce genre de commerce. Je me suis donc tenue informée et j'ai fait la cliente potentielle. Alors quand j'ai reçu le SMS plus tôt j'ai su que le programme de ma nuit était tout choisi. Je me suis quand même abreuvée avant de rejoindre le quartier ténébreux de Prague, et le lieu de rendez-vous. J'arbore un sourire déjà amusé, sachant pertinemment que mon petit neveu m'exposera encore à la figure, pour ne pas changer ma présence l'indispose, et que la joute verbale sera ardue et longue. Mais j'aime bien ces échanges là, c'est amusant et ça réveille en moi l'envie de prouver que j'ai raison, puisque pour une fois on n'abdique pas. Je pourrais même utiliser mes dons ténébreux sur lui, il se plierait alors à ma volonté sans problème et ferait tous ce que je lui ordonnerait... Mais ce serait moins drôle, et je préfère qu'il nous rejoigne de sa propre volonté que par manipulation de son esprit. Arrivée sur le lieu de la vente, je constate la longue file de Vampires... Je m'étonne toujours un peu de ce genre de choses. C'est comme s'ils avaient tous renié leur véritable nature et les préceptes de la chasse. Bien sur, il est plus difficile aujourd'hui d'abandonner un cadavre vidé de son sang sans éveiller les soupçons de la police locale. Il y a 21 siècles, la sciences balbutiait, et les cadavres n'attiraient guère plus l'attention. C'était encore un monde hanté de mythe et légendes, c' était facile de traquer et tuer un Mortels sans devoir se préoccuper d'autres choses que de ne pas être vu. Mais les choses ont lentement changé au fil des siècles, et je me suis adaptée, sinon je ne serais plus là. Mais je reste éberluée face à ce commerce. C'est surement facile pour eux, mais ça me semble contre nature... Enfin soit, j'ai repéré ma victime préférée et sans ménagement, je dépasse les autres Vampires de la file pour le rejoindre. Et je l'aborde directement de ma voix fluette et légèrement moqueuse, piquante directement. Ma langue passe sur mes lèvres charnues avec délice, comme quand je m'apprête à chasser une proie. Je ressens de plein fouet et avec beaucoup plus d'insistance, au vu de notre lien du sang, les sentiments négatifs que j'éveille en lui. Haine, rancœur, colère, dégoût... Le tout se mélangeant comme un subtile cocktail prêt à exploser. Pour autant, il en faudra plus prou que moi, du haut de mes 2 millénaires, je parte en courant loin de lui ! J'admire sa fougue et son courage, oser défié une Ancienne de mon âge ouvertement et de front ... A-t-il idée du danger que je représente réellement ? Je me plante entre lui et celui d 'en face, et je remarque l'effort qu'il fait pour se contenir... Il m'agresse directement, et les autres Canaïtes présents reculent un peu tout en lui lançant un regard où se mêle peur et curiosité, conscient que si je le voulais ils pourraient tous mourir. Pour ma part je laisse mon sourire s'agrandir. Début des hostilités et de la joute verbale... Alors qui aura le dernier mot cette fois-ci ? « Je suis venue saluer mon petit neveu ... Est-ce interdit d'aimer sa famille mon poussin ? Tu m'amuses, j'avoue, tant de préjugés juste sur ma mine... Alors que je connais mieux le monde des bas quartiers que toi mon chéri, beaucoup mieux. Et je peux trainer où je veux... Mais toi que viens-tu faire ici ? Il y a des moyens plus sains de se nourrir tu sais... » je rétorque en croisant les bras, toujours entre lui et les autres. Il ne sera pas évident de l'extraire de là ni de le forcer à chasser. Sa haine envers moi me limitant à ce niveau-là ... Mais je ne perds pas espoir, j'arriverais à mes fins. Après tout, j'ai tout mon temps, tout le reste de l'éternité en fait ... | Spoiler: | | | Voilà, désolée si j'ai semblé longue ... j'espère que ça te va, sinon Mp et j'édite  |
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Dernière édition par Suzanne T. de Vaujours le Mer 27 Avr - 9:45, édité 1 fois |
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| Sujet: Re: Parce que nous avons le même sang ... [Pv Edward Ruthven] Mer 27 Avr - 0:28 | |
| Trop beau de croire qu’il aurait pu avoir une soirée paisible. Pourtant, le début avait bien commencé, rien que l’appel était un signe d’une nuit future presque parfaite. Pourtant, en allant dans un quartier tel que celui-ci, Edward s’était douté qu’il n’allait pas passer inaperçu, encore moins auprès des membres de cette fichue famille qui ne le laissait pas en paix. Suzanne était une ancienne, et il était tout à fait normal de courber l’échine devant elle, d’être apeuré, et de ne pas parler sans autorisation, mais ces règles là étaient faites pour tout ceux qui les entouraient, pas pour l’Anarch. Il n’avait pas peur d’un revers, il n’avait pas peur de mourir, et il se fichait éperdument de l’âge, de la condition ou de la place d’un mort. A ses yeux, toutes ces choses étaient pour les hypocrites bien qu’il savait que Suzanne avait les moyens de le manipuler à sa guise. Quand bien même, il s’en fichait, ce ne serait pas lui, et ce ne serait jamais lui. Après tout, Edward avait l’habitude d’être une marionnette entre les doigts des Anciens, de son Sire ou d’un quelconque Vampire plus âgé que lui, quelle importance. Ce qui comptait à cet instant était d’ignorer Suzanne, de continuer dans la file d’attente, de prendre ses poches de sang et de partir avec, tout un programme. Enfin, c’était sans compter l’immobilisme de la Caïnite, l’empêchant d’avancer, bien entendu, il vit les regards et le recul des autres et prit cela pour une chose positive : Personne ne lui piquerait sa place dans la queue.
Edward fit donc un pas de côté afin d’avancer, tant pis si Suzanne se retrouvait dans son dos, tant pis si elle voulait lui parler, après tout, il connaissait déjà la teneur de la conversation. Elle allait lui dire que sa manière de se nourrir était ridicule, qu’il était de sa famille, et que la lignée ne devait pas suivre le chemin qu’il empruntait. Ce discours, il le connaissait déjà, on le lui avait souvent rappelé, d’où le fait que les mots entraient par une oreille et ressortaient par l’autre aussi vite qu’un éclair. Ses paroles sur les bas quartiers, ses connaissances à lui comparées aux siennes, étaient logiques, elle lui rappelait ouvertement qu’il n’était qu’un nouveau né, de presque deux-cent an quand même, mais que dans tous les cas, elle savait mieux que lui. Cela lui rappelait la manière qu’avaient les parents de remettre leurs enfants sur le droit chemin : « Ne fais pas ça, je suis plus âgé, je sais mieux que toi. » Rien de mieux pour braquer les adolescents et les enfants qui eux, avaient besoin de faire leur vie de leur côté sans avoir d’épée de Damoclès au dessus de la tête.
« Encore cette histoire de lignage ? Tu vas me sortir bientôt que c’est l’heure d’aller au lit et qu’il ne faut pas que je traine tout seul la nuit ? Si vous pouviez tous arrêter de me parler comme si je n’étais qu’un gosse, ça m’arrangerait. Note que je n’ai pas eut besoin de vos conseils pour survivre et ce n’est pas aujourd’hui que ça va commencer. »
Il marqua une pause pour observer les derniers acheteurs devant lui. Non, il n’allait pas se détourner parce que Suzanne était là, il voulait sa nourriture, il l’aurait et ne ressentait aucune honte, aucun remord vis-à-vis d’elle. Rose avait essayé de le nourrir, de lui donner ce dont il avait besoin, mais il avait refusé, si son propre Sire avait échoué dans cette voie, Suzanne n’en mènerait pas large. Le visage tourné, les azurs finirent par échouer sur la silhouette de la Caïnite, il n’avait évidemment pas finis son petit discours.
« Moi je trouve ça très sain. Pas de cris, pas besoin de s’en prendre à quelqu’un qui n’a rien demandé. Tu as déjà essayé au moins ? C’est sûr, le sang est un peu moins goûteux, mais le but, c’est de se nourrir ou de prendre du plaisir ? Non attends, tu vas me dire les deux, je m’en doute. Et moi je vais te répondre que je ne recherche plus ce plaisir là. Tu as autre chose à me dire ? »
Arrogant, il l’était, ne s’écrasant jamais face aux autres Vampires, et se fichant des conséquences que son comportement pouvait engendrer. Il ne rentrerait jamais dans les rangs, et il voulait le faire comprendre à tout ceux qui tentaient de le remettre dans ce fameux « droit chemin ». Il avait déjà pensé à tout ça, il s’était déjà dis qu’il ne tiendrait pas longtemps, qu’il était un Vampire et qu’il devait réagir comme tel, mais cela n’avait aboutit à rien, sa recherche d’humanité était bien plus étouffante que son besoin de chasser. Le contrôle était difficile, mais il était fier quand il y arrivait, il avait un but, pouvaient-ils tous se vanter de la même chose ? | Spoiler: | | | T'inquiètes pas, c'est pas grave |
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| Sujet: Re: Parce que nous avons le même sang ... [Pv Edward Ruthven] Jeu 5 Mai - 7:56 | |
| Il est rare qu’on me tienne tête mais pas inhabituel, tout comme souvent on évite de me contrarier. Je ne suis pas Primogène ni Prince ou Reine, aussi peu m’importe le respect. Je sais pertinemment que la majorité des Canaïtes qui croisent ma route sont lèches-bottes par peur de ce que je pourrais faire. Certains aussi dans la lignée me craignent et me respectent. Cette manière d’être avec ma personne, de me regarder avec peur et admiration comme on regardait dans la Rome antique les divinités de pierre m’insupporte, mais je ne le montre pas. Si j’étais à leur place, surement que j’agirais ainsi. Un des rares à être normal, si je puis dire, en ma présence est Ludo’. Lui ne redoute pas mes colères ni ce que je suis, il semble même ne pas tenir compte des 18 siècles, voire 19 qui nous séparent en âge. Mais il est amoureux de moi et je l’aime, aussi je me doute que ce lien particulier influe sur son comportement et le mien. Pour ce qui est d’Edward, son effronterie m’a rapidement séduite. En temps normal, je n’aurais pas cherché à ramener dans « le droit chemin » un descendant récalcitrant. Je ne m’impose pas, je veille de loin quand comme Ayline on me fait comprendre qu’on ne me désire guère dans le coin et qu’on me haie. Mais la manière dont le jeunot en face de moi me répond, son courage ou sa folie à me provoquer et à nier le danger que je peux représentait à quelque chose d’attirant et d’amusant. Il est authentique avec moi, ne claquant pas sa manière d’être sur mon âge, la peur ou des règles stupides. C’est surement ce qui me motive à lui courir après, le ramener dans la lignée et avoir droit à ces joutes verbales si amusantes pour moi. Les autres Vampires ont reculé, lui pas il semble s’être fixé un but. Mais je reste en travers de son chemin.
Ce n’est pas tant la manière dont il se nourrit qui me pousse à le harceler que le fait qu’il est de ma lignée, de ma famille, de mon sang… Le sang chose si primordiale pour nous parce qu’il est notre source de vie ou plutôt de non-vie, la source de nos dons ténébreux, ce qui nous lient les uns aux autres pour former des lignée. Car nous sentons quand quelqu’un de notre sang est en danger ou mort. Même si nous ne nous apprécions pas. Pourtant mon Père a tout fait, ou essayer au moins, pour que notre famille soit unie… Seulement la branche du Sire d’Hadrian a toujours été rebelle, et de toute évidence cela se transmet à chaque génération. Quoiqu’il en soit j’aimerais recréer un lien même ténu avec le jeune Vampire qui me déteste par haine pour les siens. Je ne connais pas son historie et je n’ai pas vraiement cherché, ne voulant pas braquer ma chère Rose. Mais je ne lâcherais pas si facilement Edward. Qu’il le veuille ou non, il fait partie de ma famille et j’ai une responsabilité par rapport à lui. Je regrette qu’il soit si braqué et qu’il ait été laissé à lui-même au point de nous détester. Mais peut-être qu’avec de la patiente …
« Nous sommes une famille, lié par le sang. Que tu le veuilles ou non, le même sang coule dans nos vaines. Et même avec tes idéaux, tu dois avoir compris que le sang est ce qui compte le plus pour notre race, non ? » J’explique lentement, voix douce et sourie amusé sur les lèvres. Ironique j’ajoute : « Il est plutôt l’heure de se lever et de trouver de quoi étancher sa soif, plutôt mon Poussin. Oh si je t’avais connu plutôt, les choses auraient été plus simples. Et je ne te parle pas comme à un gosse, je me montrerais plus douce et gentille avec un enfant, vois-tu. Toi tu es un indiscipliné que j’essaye de convaincre de revenir là où il doit être. »
Un léger silence se fit. J’observe attentivement mon descendant indirect. Je ne juge pas sa manière de se nourrir, Ludo’ et moi avons recours par moment à ce genre de pratique. Ce n’est pas systématique, mais ça arrive. Lexie me fourni en sang. C’est juste que moi j’ai les moyens de ne pas devoir faire la file dans une ruelle sombre. Mais quelque chose me dit qu’on l’a mal initié à la chasse, ou du moins pas comme mon Père l’a fait avec moi. Après je ne juge pas sa Sire, j’imagine pour l’avoir vécu que ce ne fut pas évident pour elle ni lui. Néanmoins je désire réellement aider Edward, qui pour moi va contre sa nature et se met en danger. Loin de nous, il n’est qu’un simple Vampire que n’importe quel autre ou Chasseur peut éliminer. Près de moi, je peux faire en sorte que tout aille bien, ou du moins mieux. Finalement il ramène ses yeux sur moi pour poursuivre son discours.
« Tu m’amuses, tu es bourré de préjugés sur les autres comme une vieille jeune fille ! Vois-tu oui je me nourris parfois ainsi, et je ne suis pas la seule. Et non je ne tue pas ni ne vole à un Humain son sang… Jamais sans consentement, jamais dans la douleur mais tout dans le plaisir pour le mortel et moi… Tout un art qui ne demande pas d’avoir mon âge, qui demande du contrôle mais qui est aussi gratifiant que le reste. Tous les Canaïtes ne massacrent pas atrocement leur proie… Mais ça tu refuses de l’écouter ou de le voir. Ah si autre chose, tu ne retrouveras jamais ton humanité, donc laisse-moi te montrer avant de juger à la négative ! »
Il ne sera plus jamais Humain, je ne mens pas. Nous pouvons le paraitre, l’être dans notre manière d’agir mais ce qu’on appelle humanité, l’essence même de cet état, nous est retiré dés qu’on avale la première goutte de sang vampirique. Ce qu’il fait ne le mènera à rien d‘autres qu’à un combat intérieure qui va le rendre fou ou le détruire. Je ne veux pas le braquer ou le dresser, juste lui offrir l’alternative réelle de l’immortalité … •••••••••••••••••••••••••• |
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| Sujet: Re: Parce que nous avons le même sang ... [Pv Edward Ruthven] Ven 6 Mai - 11:45 | |
| Suzanne essayait de faire de son mieux pour se faire entendre et écouter, Edward ne montrait pas une quelconque mauvaise volonté, mais il avait déjà eut le temps de se faire des idées de sa Lignée. Qu’elle ne lui parle pas de famille alors qu’ils ont été les premiers à l’abandonner, simplement parce qu’il était différent. Rose n’était pas à blâmer pour son éducation, elle avait fait son travail comme tout Sire devait le faire, mais Edward était différent, dans sa manière de penser et sa manière de voir les choses, ils n’avaient plus besoin d’eux. Il pouvait se montrer irrespectueux, mais ce n’était pas tant la haine qui le faisait parler, plutôt sa liberté qu’il voulait à tout prix garder. Il ne voulait pas faire parti de cette famille, il ne voulait pas s’en approcher, et il ne voulait surtout pas que la Camarilla se mêle de ses affaires, ils avaient déjà fait assez de dégâts dans sa vie comme ça. Edward devait faire confiance à Suzanne pour comprendre ses paroles, et ce n’était pas le cas. Comment voulait-elle qu’il le fasse alors que le Prince voulait le virer de la ville et que la Reine le torturait quand elle en avait l’occasion ? Non, franchement, c’était peine perdue. Arrêté au milieu de la file, le dernier avant lui venait de prendre le nécessaire pour se nourrir, c’était au tour d’Edward qui observa la Caïnite d’un œil retord, il sentait qu’il n’y arriverait pas.
Ses paroles le firent grincer des dents, sa manière de lui parler l’agaçait au plus haut point, si mielleuse, il avait l’impression d’entendre Rose qui essayait de lui faire comprendre qu’il ne faisait pas les choses comme il fallait. Non, ce qu’Edward avait besoin, c’était du soutient, pas une remise en question de sa manière de se nourrir ou de se conduire. Le vendeur lui fit un signe de tête, et Edward le lui rendit en faisant signe à celui derrière lui de passer devant. Il ne le faisait pas parce que les paroles de Suzanne avaient eut un écho chez lui, mais simplement pour qu’elle lui foute la paix, c’était si dur à comprendre ? Le visage secoué, il lui accorda toute son attention mais ne trouva pas nécessaire de répondre à ses premières paroles, les mains dans les poches, il préférait attendre la suite, sûrement bien plus intéressante. Bourré de préjugés, elle était comme lui, elle ne le connaissait pas, elle le jugeait plus qu’autre chose. Essayer de lui faire comprendre qu’il y avait une alternative à la douleur ne fonctionnait pas, il ne voulait pas se nourrir sur les êtres humains, il n’était pas un animal, il ne voulait pas être comme eux. Mais ce qui fut le plus dur à avaler fut cette vérité qu’elle lui cracha à la figure sur son humanité. Les azurs se détournèrent de la Caïnite, elle avait fait mouche, il doutait déjà du fait qu’il puisse un jour ressentir les choses de la même manière qu’avant sa transformation, mais si une âgée commençait à lui sortir que c’était impossible..
Ce ne fut finalement que de la blase qui se créa sur ses traits jeunes et lissés, il se remettait constamment en doute, non pas sur sa manière de se nourrir, mais sur ses capacités à retrouver son humanité perdue. Il perdait le contrôle quand il avait trop soif, devenant une créature assoiffée de sang, tuant pour la moindre goutte du liquide vital. Malgré tout Edward continuait à être aussi braqué qu’un vieux vampire, il en avait les manières, le comportement. Ils ne le connaissaient pas, ils ne savaient pas à quel point il pouvait se montrer intelligent, sage, compréhensif, de nombreux traits de caractère qui échappaient à sa « famille » et aux vampires en général, des traits de caractère qu’il avait récupéré en se retrouvant seul, en se débrouillant pour survivre.
« Tu ne comprends pas Suzanne. Ce n’est pas qu’une question de manière, je ne veux pas chasser, je ne veux pas mordre, je ne suis pas un animal. Je n’ai pas besoin de trouver mon plaisir, si je bois du sang humain, c’est uniquement parce que je n’ai pas le choix, si je pouvais m’en passer, crois-moi, je l’aurais fais. Et ne me dis pas que je ne retrouverais jamais mon humanité, personne ne peut le savoir, personne n’a jamais essayé. »
Il y avait moins d’agressivité dans le ton de sa voix, il cherchait simplement à se faire comprendre. Il menait depuis bien longtemps ce combat intérieur que redoutait tant les Caïnites, il se battait contre la bête chaque jour que Dieu faisait, il combattait ses addictions par d’autres, il aurait presque préféré s’enfermer quand il n’avait pas de sang sous la main que de sortir pour tuer, ou prendre du sang à un être humain. Il ne voulait pas agir comme les autres, il ne voulait pas être comme les autres. Et le pire était sûrement qu’il commençait à détester l’humanité pour ce qu’ils avaient et ce qu’il n’avait plus. Il les jalousait sans vouloir se l’avouer ouvertement, et sa haine des autres Vampires l’aidait à tenir le coup, à être ce qu’il voulait être. Il n’avait pas besoin d’alternative, il voulait simplement qu’on le laisse tranquille.
« La Camarilla, vous êtes tous des beaux hypocrites. Tu veux essayer de m’aider alors que ton Prince veut me foutre dehors et que ta Reine me prends pour un paillasson sur lequel elle peut s’essuyer les pieds quand l’envie lui prend, après m’avoir fait un peu crier de douleur, bien entendu. Après ça, je dois faire quoi Suzanne ? Te laisser faire ? Te faire confiance ? Non merci, je suis bien tel que je suis, et je n’ai besoin de l’aide de personne. »
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| Sujet: Re: Parce que nous avons le même sang ... [Pv Edward Ruthven] Mar 17 Mai - 8:12 | |
| J’ai remarqué que le tour d’Edward approche. J’hésite entre lui barrer la route ou le laisser prendre ce qu’il est venu chercher. Quelque part, je ne perds rien et j’illustrerais mes propos en le laissant faire ses emplettes, mais je risque de le voir détaler après coup directement. Et l’empêcher me permet juste de garder son attention, pas de gagner un minimum de son estime. Finalement ce n’est pas tant la manière dont il se nourrit qui m’ennuie que le fait qu’il rejette la lignée. Bien sur j’ai conscience que sa position n’est pas facile et qu’il doit nous voir comme de traitres extrémistes. Pour ma part, je ne l’ai pas rejeté, sinon je ne serais pas ici. Mais il m’est ardu de faire comprendre cela au jeune Vampire qui se montre récalcitrant à chaque conversation et agressif dans ses propos. Il m’amuse certes, mais je me sens impuissante, sentiment que je déteste par-dessus tout surtout quand cela touche ma famille. Ma notion exacerbée de la famille semble plus que désuète dans ce monde moderne. Pour moi, même après plus de 2000 ans, elle garde une place centrale dans mon existence. C’est une des raisons pour lesquelles j’harcelle Edward, par désir qu’il appartienne vraiment à la famille, à ma famille. Mais gagner sa confiance ne se fera pas facilement, néanmoins je ne recule pas devant la difficulté.
Je ressens avec force chaque réaction et émotions que mes propos éveillent en lui. J’entends presque ses dents grincer de colère. Pour ma part, je reste d’un clame et d’une patiente toute maternelle et tendre. Je sais que je l’exaspère, mais il n’est pas fermé totalement aux Vampires vu qu’il est l’ami de Ludo’. Il est étonnant de l’entendre rejeter sa race et de savoir qu’il s’est lié d’amitié avec un des plus sanguinaires. Peut-être est-ce moi qui m’y prends mal ? Mais il se braque tellement que je ne vois pas trop le moyen de rattraper le coup et d’adoucir ses préjugés sur moi. La joute verbale étant inévitable, je lui balance des vérités incontournables en pleine figure, histoire de créer une brèche dans sa carapace hermétique. Je le vois faire signe à celui qui le suit de passer pour prendre sa dose de sang. Mes yeux le quittent pour frôler la longue file. Le trafic semble avantageux au vu du nombre de Vampires qui attendent. Mes yeux reviennent sur mon petit neveu, et je me demande comment on peut autant être dans la non communication que nous deux tout en se balançant des piques aiguisées… Je remarque qu’il est plus réceptif à mes dires sur l’humanité perdue qu’au reste. Tiens, intéressant et bon à savoir quelque part. Alors c’est cela qu’il recherche dans sa manière de s’alimenter … Je pense pouvoir comprendre en partie, même si cette fois-ci mon âge est un handicap de taille. J’ai perdu depuis trop longtemps mon humanité, même si ma manière d’être et d’agir, de m’entourer de mortels fait souvent prétendre le contraire. J’ai conscience de ne plus être humaient. Et je sais pour en avoir croisé d’autres, que les Canaïtes qui se torturent avec cette idée ne vivent guère longtemps.
« Oh si, crois-moi j’ne ai vu des Vampires rechercher ce qu’ils avaient perdus au fil des siècles, parce qu’ils n’avaient pas choisi de devenir ce qu’ils étaient ou que leur conscience les torturer de trop. Et la fin a toujours été la même, une mort certaine parce qu’on ne peut redevenir humain. Nous ne sommes plus vivants, nous sommes des Démons, des Divinités ténébreuses qui devons boire la vie d’autres créatures pour continuer à vivre. Tu peux te passer de sang, tu auras une apparence hideuse et tu tomberas en léthargie. Mais tôt ou tard tu reboiras, parce que c’est dans notre nature. L’instinct est le même chez chaque être, et il appelle à la vie ou non vie pour nous. Mais ne crois pas que tu es le premier à t’engager dans cette voie, ce manque d’humilité t’éloigne de ton but… » Je réponds d’une voix très douce et calme. Je ressens sa douleur en ce moment et j’essaye de le comprendre. J’ajoute avec un gentil sourire : « Mais explique-moi, je ne demande rien de plus que te connaitre … »
Il souffre de sa condition, je le sais. J’aimerais l’aider, j’aimerais lui faire croire qu’il ne mène pas un combat perdu d’avance, mais ce serait mentir honteusement. Si au moins il me laissait l’aider un minimum. J’ignore ce que je pourrais faire pour l’aider, hormis lui apporter du soutient. Mais pour cela il faudrait que je le connaisse mieux et qu’il me fasse un minimum confiance pour s’ouvrir à moi.
« Je ne suis pas la Carmilla, ne me confond pas avec je n’y appartiens pas. Ils ont des opinions similaires aux miennes, mais bien avant eux je pensais ainsi. Soit, je ne travaille pas pour eux, je respecte juste la Tradition. Hadrian est certes mon neveu, mais toi aussi tu l’es… Quant à Eden, tout dépend de celle qui a le dessus, je suppose que tu ne connais que le côté sadique. Je peux comprendre ta position, tu te sens attaqué de toute part par les tiens, j’imagine. Tu ne survivras pas seul si tu accumules les ennemis. Je n’en suis pas. Moi je veux juste d’aider et te connaitre. Mais ne me confonds pas avec eux… Mes intensions sont amicales et pures envers toi. Maintenant prends ton sang, et allons discuter ailleurs. Cela, vois-tu, ne m’ennuies pas ta manière de vivre. » Je réponds, reculant d’un pas pour le laisser passer. J’espère juste qu’il ne fuira pas après cela. Mais je lui dois bien une preuve de ma bonne foi. •••••••••••••••••••••••••• |
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| Sujet: Re: Parce que nous avons le même sang ... [Pv Edward Ruthven] Mer 8 Juin - 10:01 | |
| Edward n’avait plus de famille depuis bien longtemps. Il n’en avait pas eut de son vivant, il n’en avait pas eut dans sa mort, et personne ne pouvait remplacer ce fait dans son existence. Quand il avait eut besoin de quelqu’un pour le soutenir, on l’avait abandonné, quand il avait eut besoin d’une main pour le relever, on lui avait craché dessus. Ce jour maudit, il s’en souvenait encore et depuis lors, il ne pouvait plus supporter le regard aimant et attendrissant de ses pairs, quelque soit leurs intentions. Il n’avait confiance en personne, il ne pouvait compter que sur lui-même. Il savait qu’il faisait peut-être le mauvais choix, qu’il avait peut-être pris une voie qui allait le tuer définitivement, mais il le faisait en connaissance de cause, non pas pour montrer un rejet des valeurs qu’il avait acquise pendant son éducation vampirique, mais parce qu’il n’avait aucune autre solution. On lui avait pris son humanité, sans lui demander son avis, et il avait encore le droit de vie et de mort sur sa personne, le droit de choisir ce qu’il faisait de son existence. Personne ne lui enlèvera cela, personne. Le regard clair restait à présent longuement posé sur la silhouette de Suzanne, elle avait attiré son attention, mais en aucun cas sa sympathie. L’agressivité avait été mise de côté pour ne laisser place qu’à l’écoute silencieuse quant à ses propos sur son propre train de vie. Il savait tout cela. Il en avait parfaitement conscience, elle n’avait donc pas besoin de le lui dire, le lui répéter, incessamment. Mais s’il y avait une chose qu’il refusait, c’était bien cette condition démoniaque dont elle lui faisait part, il n’était pas comme ça, il n’était pas comme eux. Il combattait la bête tous les jours, toutes les nuits, il se réveillait en essayant de contrôler, il marchait tout en gardant le contrôle, et quand il le perdait, il se sentait partir dans une spirale qui le brisait de l’intérieur.
Le visage se secoua, d’une lenteur incroyable, il ne refusait pas ses paroles ou sa manière de voir les choses, mais elle essayait de prêcher pour un convertis à une autre cause. Il ne penserait jamais comme elle, comme eux, il ne serait jamais de leur rang et surtout, il ne voulait pas de cette supposée famille. Il n’avait rien à lui expliquer, rien à lui dire en particulier, Edward détestait s’ouvrir aux autres, il ne le ferait pas avec Rose, Suzanne n’avait donc aucune chance de voir s’échapper de ses lèvres des vérités transcendantes ou des explications tarabiscotées. Son attention se détourna sur un des types qui venait de passer devant lui, puis sur celui de derrière, finissant par fixer à nouveau son attention sur la Caïnite aux nouvelles paroles qu’elle prononça. Pourquoi ? Pourquoi cherchait-elle tant à discuter avec lui, à le comprendre ou alors à l’aider ? Ou était son intérêt dans cette histoire ? Car Edward ne pensait pas qu’un Vampire puisse être aussi avenant sans contrepartie, il y avait toujours quelque chose à gagner.
Il retint un sourire amer quand elle lui signifia qu’elle ne faisait pas partie de la Camarilla et en étalant ses pensées sur le Prince ou même sur la Reine. Elle revenait encore au fait qu’il était son neveu, mais le sang ne faisait pas tout, il était tellement aisé de balancer cette excuse quand il n’y avait rien d’autre à dire. Pire encore, elle lui parlait comme s’il ne savait pas ce qu’il disait, comme avec Eden. Il ne connaissait que le côté sadique ? Qu’importe, il se fichait éperdument de la folie d’Eden, elle le torturait et le massacrait quand l’envie lui prenait, comme s’il pouvait montrer une once de compassion pour un animal pareil.
« Si je dois mourir parce que j’ai fais un choix de vie, c’est comme ça. Triste n’est-ce pas ? Mais bon, je préfère tout de même crever que de vivre comme vous. Voilà ton explication tant attendue. Vous n’êtes pas ma famille, vous n’êtes pas mes amis, encore moins mes alliés. Je n’ai rien demandé à personne, alors pourquoi ne pas me laisser en paix, hm ? »
Une simple question qui avait son sens. Elle parlait d’aide, d’envie de comprendre, d’intentions amicales, mais pourquoi ? Pourquoi Suzanne tenait tant à montrer à Edward qu’il avait tord, ou qu’il s’y prenait mal ? Qu’était-il ? Un neveu ? Excuse bidon. Ils ne se connaissaient pas, ils n’avaient rien en commun, ils n’avaient que ce même sang dilué dans les veines. Rien d’autre. Les azurs se détournèrent en direction du camion, il retint un rire, cette fois-ci amusé, elle lui donnait l’autorisation de prendre son sang, pourquoi pas, bientôt elle allait lui dire de rentrer chez lui. Elle réagissait comme tous les autres avec lui, le traitant comme un chien plus qu’autre chose. Voilà la raison principale de sa rébellion, cette impression d’être un moins que rien alors qu’il avait survécu depuis presque deux cents longues années. Oh, ce n’était rien comparé à Suzanne ou aux autres, mais beaucoup pour lui.
Il balança sa main dans les airs sans un mot de plus, pas envie de répondre, pas envie de lui parler. L’amertume et le dégout restant figés sur ses traits de jeune jouvenceau. Il fit quelques pas pour s’arrêter devant le camion et le vendeur après que le dernier acheteur ait pris ce dont il avait besoin. Quelques mots échangés avec l’homme qui lui tendit un sac et jeta un regard amusé à Suzanne au passage. Bah oui hin, il venait de lui dire qu’il avait enfin eut l’autorisation de venir acheter ce qu’il voulait, après tout, il n’était qu’un gosse. Manquerait plus qu’elle lui dise de ne pas veiller trop tard, parfois que le soleil risquait de lui brûler la peau. Blasé, il glissa le sac à l’intérieur de sa veste et prit la direction opposée à Suzanne. Il n’avait plus rien à lui dire, la discussion était terminée pour lui. |
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| Sujet: Re: Parce que nous avons le même sang ... [Pv Edward Ruthven] Sam 25 Juin - 20:27 | |
| Il m’est difficile de comprendre Edward. D’une part, parce que j’ai toujours été bien entourée et protégée par mon Père. Et d’un autre, parce qu’il se braque tellement que je n’arrive pas à avoir une conversation enrichissante avec lui. On pourrait se demander pourquoi je m’entête alors qu’il m’envoie sur les roses à chaque confrontation ? La réponse est simple, nos joutes verbales m’amusent. Mais il n’y a pas que ça. Il ya ce sang qui coule dans ses veines, le même que le mien, l’héritage d’Augustin. C’est ma famille dont je suis dépendante. Et me faire rejeter me fait mal. Il y avait longtemps que je n’avais plus souffert autant. Ma famille m’est vitale et précieuse. Je ne désire pas réconcilier mon neveu rebelle avec l’ensemble du clan, j’aimerais juste qu’on entretienne une relation amicale au minimum. Mais comment expliquer cela au jeune Canaïte qui refuse d’écouter le moindre mot que je dis ? Difficile, pourtant shooté au relationnel comme je le suis, je me refuse d’abandonner la partie si vite et si facilement. Mais j’ignore ce qu’il a vécu, j’ignore pourquoi il nous rejette autant. Et je me vois mal questionner Rose sur ce sujet épineux et sujet à dispute avec elle. Et ce n’est pas lui qui me donnera ses informations. Par moment il me fait penser à un chaton à apprivoiser lentement et doucement. Et par moment, j’ai l’impression de m’y rependre très mal avec lui.
J’expose des théories vides de sentiments, je m’en rends compte. Je n’ai pas tord dans mon discours, il faut bien un bénéfice à accuser autant de siècles, un savoir immense mais pas toujours utile. Je désire le convaincre mais je ne m’implique pas émotionnellement. Je lance juste des opinions froidement, cherchant à prouver que j’ai raison tout simplement. Mais peut-être que si je m’impliquais un peu plus moi-même, aurais-je un vague résultat avec lui. Comment peut-on prétendre aimer quelqu’un quand on ne lui donne que des faits platement ? Mais il m’a écouté probablement jugeant qu’il aurait ainsi plus vite la paix. Je le vois détourner le regard vers la file, impatient de s’approvisionner. Mais je continue têtue mon discours, j’essaye de le convaincre de ma bonne foie envers lui. Chose qui ne semble pas l’atteindre. Ilo est certes poli, surement à cause des autres Vampires, mais il n’assimile pas ni n’essaye de comprendre ce que je dis. Mes mots coulent sur lui comme de l’eau sur la roche polie. Finalement, je me tais et laisse le silence s’installer, mes yeux observant attentivement et curieusement l’étrange trafic qui se déroule à quelques pas de là.
Une nouvelle fois, face à son air désabusé, j’affirme ne pas être de la Carmilla. Et je n’en suis pas. Je n’estime pas devoir rallier un camp. J’ai toujours parcouru le monde au gré de mes envies ou de celle d’Ania, Kaori ou Ludo’. Peu nous importe à nous 4 d’être de la Carmilla ou du Sabbat. Nous avons nos propres codes de vie, nos propres lois, certes similaires à la Tradition, mais c’est un hasard. Nous ne nous éternisons jamais dans une ville, sauf cette fois-ci. Parce qu’Hadrian est mon neveu et qu’il a émis le souhait que je reste avec les miens ici. J’ai laissé libre choix aux autres, sachant que mon époux resterait près de moi. Je crois que Ludo’ aurait préféré qu’on parte, il n’apprécie guère Hadrian, par contre sa compagne… Ania refuse de me quitter tout comme Kaori reste plantée là où je suis. Aussi ai-je ces dernières décennies souvent entendu dire que nous étions de la Carmilla. Ce qui reste faux. Je suis trop vieille pour choisir un camp de toute manière, trop habituée à faire mes propres lois pour les miens et moi et a les modifier quand je le juge nécessaire. Je suis une Ancienne, voire une Antiquité, un Mythe vivant pour certains Canaïtes, qui se refuse à plier l’échine face aux plus jeunes. Les membres de la Carmilla ayant déjà essayé de m’asservir et ayant subi les conséquences. Je ne reçois d’ordre de personne, d’incitation de personne, hormis de mon père et de mon époux à qui j’offre l’opportunité de décider par moment… Finalement, Edward répond à mon discours insipide à sa manière.
« Par égoïsme surement, pour combler un vide en moi … J’avoue. Je me soucis de toi, c’est vrai, mais j’essaye aussi d’apaiser quelque chose en moi.» Je réplique sincèrement et sans faux semblant cette fois-ci. Je ne mens pas. Je fais cela autant pour lui que pour moi.
Je ne finis pas mon explication, j’hésite. Je parle rarement de ma vie humaine, de ce que j’ai vécu et qui m’a rendue si dépendante de ma famille, des miens, de ceux ayant mon sang. Ce besoin d’être entourée par des êtres partageant quelque chose de physique, même tenu, avec moi. Avec lui, je revis l’échec d’Ayline en quelque sorte. Elle aussi me haie. Mais pour la demoiselle, infante de Vitaly, je ne fais rien, la laissant ruminer sa rage de loin et surveillant son petit jeu avec Ludo’. Je lui propose de se servir qu’on puisse aller parler ailleurs de tout cela. Si je dois me découvrir, parler de ma vie de mortelle, je préfère qu’il y ai moins de témoins pour écouter. Il s’éloigne et va faire son petit commerce je l’observe sans bouger, statufiée. Ils e sert et comme je m’y attendais s’éloigne de moi. Lentement, sans geste brusque je lui emboite le pas et le rattrape à la sortie de la ruelle. La rue est déserte pour une fois.
« J’ai été esclave… » Je commence avant de faire silence et de réfléchir un peu. « Tu m’as demandé pourquoi je tenais tant à toi et à ce que tu fasses partie des miens ? La réponse est en soi peut-être simple… Je suis née à une époque où la famille était le centre de l’organisation d’un village. Elle n’était certes pas douce et aimante, plutôt dictatoriale mais c’était aussi protecteur. J’ai vu les Romains attaquer mon village, j’avais à peine 13 ans, pour l’époque une femme tu me diras. Je les ai vus piller, violer, massacrer. Ceux qu’ils n’ont pas tués devenaient des esclaves à Rome ou ailleurs dans leur vaste empire terrestre. Ce fut mon cas, j’ai été séparée des miens, vendue comme un objet à un maitre qui a fait de moi une fille de joie… Pendant plus de 10 ans j’ai vendu mon corps sans avoir un mot à dire, un esclave est un objet dont on dispose comme on veut. Et pendant tout ce temps, la seule chose à laquelle je me suis raccrochée c’est ma famille, ou plutôt les souvenirs que j’en avais… C’était mon réconfort personnel et intime. C’est sur cela que mon Sire, Augustin, a joué pour que j’accepte d’être transformée. Il recherchait ses filles et fils morts, moi, je cherchais désespérément sans le savoir une famille… Et depuis 21 siècles c’est ce qui me maintient en vie, me force à avancer. J’aime les membres du clan, pas uniquement pour le sang, mais par besoin aussi. Et je t’aime toi aussi, même si je sais que tu me haies. Je ne peux pas l’accepter parce que ça me fait souffrir, moi. Mais je peux essayer de te comprendre… »
Je m’arrête là, lui lançant un vague regard. Même pas sure qu’il m’a écoutée jusqu’au bout.
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| Sujet: Re: Parce que nous avons le même sang ... [Pv Edward Ruthven] Sam 16 Juil - 4:41 | |
| La famille. Avait-il eut une famille ? Pas à ses yeux, il ne se souvenait même plus de ses parents, mais le manque était resté présent, bien longtemps. Il n’avait eu ni de père, ni de mère, juste un tuteur qui se fichait éperdument de son existence, comme s’il n’était rien, qu’une poussière dans un vide infini, un boulet accroché à un pied dont on ne pouvait se débarrasser. Edward n’avait jamais connu le sens du mot « famille », il s’était débrouillé seul, avait grandi avec la seule éducation mondaine qu’on lui avait soufflé à l’oreille, faire attention à ce qu’il devait dire, bien porter son nom, mais rester en retrait. Il n’avait jamais eu d’affection, pas de frères, pas de sœurs, une existence morne et sans intérêt, c’était aussi pour cette raison qu’il n’avait pas compris le choix de Rose : pour mieux survivre il s’était plongé dans l’alcool, la drogue et la débauche, histoire de ne pas rentrer trop tôt, histoire de ne pas avoir de tête à tête avec cet homme qui osait dire qu’il était son oncle. Chaque être sur cette terre avait un sens de la vie, un sens aiguisé des relations, Suzanne était accrochée à la famille, Edward l’était à son humanité qui déclinait de jour en jour. Il n’était pas naïf, il savait très bien qu’il plongeait de plus en plus dans l’oubli des sensations et se le refusait ouvertement, il voulait garder ce qu’on avait toujours voulu lui prendre, ce qu’il était lui, et rien d’autre. Alors oui, il avait du mal à lui parler, à lui faire confiance, et les autres avaient du mal à le comprendre, il ne suffisait pas de quelques belles paroles pour qu’il puisse baisser la tête et avouer ses tords, il fallait bien plus.
Et dans tout ça, Edward ne savait même plus pourquoi il restait dans cette ville où au fond, il n’était pas le bienvenue. Prague était grande, les rues s’entrecroisaient sans que des connaissances puissent se voir, ou même s’apercevoir, mais ce n’était visiblement pas le cas des Vampires : toujours les mêmes quartiers, toujours les mêmes commerces. Le Caïnite espérait à chaque fois passer inaperçu, mais c’était impossible, déjà de part son sang et sûrement aussi de part ses fréquentations. On voulait lui offrir une famille alors qu’il ne connaissait pas le sens de ce mot, on voulait lui offrir de l’aide alors qu’il considérait qu’il n’en avait pas besoin. Autour de lui, les choses allaient bien trop vite et monsieur ne voulait que stagner dans son quotidien basique, dénué de sens et d’intérêts. Désagréable au possible, froid et détaché, il avait cru que Suzanne le laisserait alors en paix, une fois la poche prise, il ne lui restait plus qu’à partir sans se retourner, rien de compliqué, mais il avait tord sur toute la ligne.
Au bout de cette rue, il s’arrêtait brusquement en entendant la voix de la Caïnite dans son dos, elle était coriace, ou alors vraiment sincère, voulait-elle faire passer un message ou vraiment l’aider ? Elle était bien trop vieille pour qu’on se serve d’elle contre lui, cette pensée avait été idiote et inappropriée. Alors, Edward tourna les yeux dans la direction de la blonde tandis qu’elle se lançait dans un historique plutôt complet de sa personne : c’était triste. Il ne ressentait pas de compassion, mais juste une pointe de tristesse quant à ce qu’elle avait vécu, si durement visiblement. Il se rendit compte que pour sa part, son histoire était bien ridicule et désuète, qu’il n’avait pas à se plaindre, et qu’il y avait pire que lui, pire qu’une peine de cœur, qu’une trahison, qu’un abandon. Alors, Edward restait là, immobile, à observer la femme qui continuait de parler jusque la conclusion logique à son histoire. Elle ne le comprenait pas, il ne la comprenait pas en retour. Il n’était rien, rien qu’un échec, une erreur sur le parcours d’une Vampire qui avait eu besoin d’un compagnon - du moins, il le pensait jusqu’à retrouver Rose. Il n’avait jamais eu d’explications quant à sa transformation, et il avait longtemps regretté ce qu’il était devenu.
« L’amour que tu portes à ton clan, Suzanne, je ne suis pas certain qu’il soit réciproque, ça ne te dérange pas ? De ce que j’ai appris des Vampires, depuis que j’en suis un, c’est le manque de compassion, le manque de sentiments, le manque de vie. La plupart ne réagissent que comme des animaux qui n’ont besoin que de sang et de destruction, dis moi, toi qui semble savoir si bien ce qu’est cette vie que nous menons : comment fais-tu ? Comment arrive tu à te regarder dans le miroir alors que tu sais que la moitié de notre population ne sont que des rustres sans cervelles qui prennent plaisir à tuer ? Parce que j’en étais un, moi aussi, de ces cons qui égorgeaient avec le sourire, j’ai senti, moi aussi, l’excitation de la mort, l’impression d’être un Dieu qu’on ne peut pas arrêter. Dis-moi comment mener une existence normale, celle que l’on m’a volé sans mon accord ? Dis-moi comment vivre quand on se hait soi-même ? »
Ces questions qu’il lui posait n’étaient pas rhétoriques, il attendait vraiment de savoir ce qu’elle en pensait, car, avouons-le, Edward venait de baisser les armes, un peu du moins. Elle semblait savoir ce qu’elle disait, elle semblait connaitre beaucoup de choses, alors si elle pouvait lui donner des réponses aux questions qu’il se posait, il n’allait pas cracher dessus. Les bras ballants, Edward attendait simplement qu’elle lui donne quelque chose, un peu d’espoir ? Une parole réconfortante ? Quelque chose qu’il n’avait jamais eu ? Il n’en savait rien, tout dépendait de ce qu’elle avait à lui répondre. |
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| Sujet: Re: Parce que nous avons le même sang ... [Pv Edward Ruthven] Lun 25 Juil - 9:16 | |
| Je ne connais pas bien Edward, du moins pas assez pour savoir comment l’aborder. Je sais qu’il de la lignée d’Augustin l’Ancien, mon Sire et Père, qu’il est l’Infant de Rose, elle-même crée par Hadrian. Je connais son âge approximatif, moins de 2 siècles, son mode alimentaire peu courant et c’est tout. Il n’y a rien malgré nos nombreuses rencontres qui peut me permettre d’avoir une attache avec lui. Si j’étais logique, moi l’égocentrique qui aime être vénéré et qui déteste la contrariété, je l’aurais déjà viré de mes relations et nier voir éliminer pour insubordination. Autrefois j’aurais peut-être moins réfléchi. Mais les siècles passant j’ai appris à prendre sur moi et à agir avec réflexion. De plus il est de mon sang et la famille pour moi c’est sacré, inviolable et intouchable. Quelque soit l’affront, s’il vient d’un des miens il est pardonné. Mais j’ai très vite compris qu’Edward ne partageait point mes vues filiales. Il a peut-être d’excellentes raisons de haïr le concept de famille. Après tout, pour moi c’était une bulle d’air et le seul souvenir qui pouvait m’empêcher de me perdre totalement. C’était et c’est toujours un idéal pour lequel je suis prête à tout. Illusoire ? Peut-être, mais mon Père m’a élevé après ma renaissance dans ce sens-là. J’ai choisi d’être Vampire, sans savoir ce que je devenais bien sur. Mais le bien-être cette nuit-là, ce besoin de protection et d’amour filiale ont suffit à me faire accepter sa proposition. Je n’ai jamais regretté. J’ai retrouvé une famille aimante au fil des siècles. Enfin je la vois aimante, j’en tire ce que j’ai besoin. Et j’aimerais vraiment qu’Edward en fasse partie, même si nous avons plutôt pris un mauvais départ. Il est vrai qu’on est plus joute verbale et piques ironiques que confidences et confiance. Pourtant pour une fois, je m’adoucis et tente une nouvelle approche plus spontanée et sincère.
Je l’ai laissé faire son petit marchandage. Peu m’importe la manière dont il se nourrit. Il existe bien de manière de survivre pour nous, mais nous avons toujours besoin de sang. C’est notre source de vie et de puissance, sans cela nous nous desséchons et entrons en léthargie. Il est indispensable pour chaque Canaïte. Quant à comment l’obtenir, les manières varient : il y a la chasse purement sadique et sanglante, avec un cadavre vidé de sa substance ; la séduction menant à l’hypnose et la manipulation, prendre sans tuer pour autant ; les poches de sang des hôpitaux et bien sur les Calices, ces humains prêts à offrir leur sang aux Vampires. J’ai plus ou moins tout testé, excepté les meurtres sauvages. C’est contre mes principes de vie. J’observe de loin Edward qui achète son stock de sang et puis s’éloigne dans le sens opposé. Un sourire amusé se dessine sur mes lèvres, et je lui emboite le pas lentement, le rattrapant sans trop de difficultés. Enfin il s’arrête et fait volte-face plutôt quand je reprends la parole. Je ne cherche pas sa compassion ou à l’émouvoir. Je suis juste sincère et j’essaye d’expliquer lentement ma vision des choses. Je n’ai rien à perdre te beaucoup à gagner si j’arrive à établir un semblant de communication pacifique avec lui. Il me fixe de ses pupilles azures avec attention, analysant vaguement mes intensions. Je ne peux malheureusement pas lui prouver ma sincérité, juste espérer qu’elle soit lisible dans mes propos et sur mon visage de porcelaine. Un léger silence clôture mes propos, j’attends de voir s’il désire poursuivre l’échange ou non. Je suis coriace, mais je fatigue aussi et je sais que s’il ne le veut je ne pourrais pas l’aider. Au mieux, puis-je veiller de loin sur lui et tenter de le protéger des autres et de lui-même. Finalement, il reprend la parole. J’écoute son long monologue, ses questions légitimes sans baisser les yeux. Je comprends ses interrogations parce que je pense que tous nous les avons eu un jour. J’attends un peu avant de répondre, mettant au clair mes idées et d’apporter une réponse logique et utile à mon neveu.
«Je sais que tous ne m’aiment pas comme je les aime. À vrai dire, je ne suis sure que de l’amour de Ludo’… les autres ont surement des raisons de me vouloir de leur côté. Mais j’ai besoin d’avoir une famille, c’est ce qui m’a maintenu en vie jusqu’à présent. J’ai besoin d’avoir un refuge et quelque chose à protéger. Mais je ne suis pas devenue aveugle, je sais que pour certains je suis utile ou une protection sure. » Je fais un silence léger, bien sur que je sais que mon amour n’est pas toujours réciproque, mais cela me suffit parce que ça comble un besoin en moi. «Tu sais les vampires, tout comme les Humains je pense, peuvent être divisé en deux groupes. Il y a ceux, comme tu viens de l’expliciter, qui laissent les ténèbres ne eux parler et qui profite pleinement de leur nouvelle nature, semant des morts derrière eux sans rien dissimuler, parce qu’ils se pensant supérieures aux Humains. Ceux-là, j’en ai bien sur croisé beaucoup en 21 siècles, et j’ai constaté qu’ils ne vivaient pas vieux. Tôt ou tard, souvent avant d’atteindre le demi-millénaire, ils sont éliminés par leur semblable ou les Chasseurs. Et Puis il y a ceux qui ont des principes, qui conservent en quelque sorte une part d’Humanité. Ceux qui ont choisit de se fondre dans la masse des mortels et de passer inaperçu. Ceux-là vivent très vieux, mais sont plus rares. Comme pour les mortels, un Canaïte a plus de facilité à céder à la bête assoiffée qu’il est qu’à se dominer et vivre plus ou moins normalement…. »
Je fais à nouveau silence. Délicatement, sans aucune force j’empoigne un de ses bras et le tire à me suite hors de la ruelle sombre. D’où nous sommes, nous pouvons voir des Mortels inconscients de ce qui les entourent déambuler. Je fais quelques pas sans le lâcher et je m’immobilise, mes yeux faisant le tour rapidement pour revenir sur lui avec un sourire rassurant.
« N’en déplaise au égocentriques de notre espèce, ceux qui ont toujours fait le monde et l’ont changé c’est eux, les Humains. J’ai vécu assez longtemps pour les voir chambouler les croyances et religions, changer la philosophie ; la technologie… Ils façonnent le monde, nous le hantons. Le seul moyen d’arriver à survivre est de se fondre parmi les humains. Je veux dire par là qu’il faut savoir les imiter, parler, bouger comme eux. Être en leur présence sans qu’ils ressentent la peur innée face à nous, savoir se maitriser. Je suis connue des Mortelles, je travaille avec eux et seuls ceux que j’ai choisis savent ce que je suis. Pour les autres je suis une Humaine. Tu vois, c’est ainsi que mon Sire m’a éduquée. Mais ça prend énormément de temps… Et pour te dire, il m’est arrivé d’éliminer des Vampires trop sanglant et violent, qui se faisaient trop remarqué… Cela peut être étrange mais j’aime l’Humanité, elle me passionne… Malheureusement, je dois aussi avaler du sang pour survivre… S’il existait une pilule miracle pour remplacer cela, je serais la première cliente. Je ne peux pas te dire que c’est facile, cela ne l’est point du tout. Chuter, on chute tous. Il faut de longues décennies et beaucoup de force de caractère pour y arriver. Si tu désires sauvegarder une part de ton humanité, tu vas devoir opter pour cela… Et essayer de te pardonner tes actes passés, aussi dur que cela puisse être. Je ne peux pas t’apporter de solution miracle, mais je peux t’aider si tu le souhaite… »
J’espère avoir été claire et assez explicite pour lui. Je comprends qu’il m’accorde un peu de confiance et que ces questions sont vitales pour lui. J’aurais aimé être là quand Rose l’a créé, pouvoir à l’époque lui indiquer le chemin, comme je l’ai fait avec Vitaly, Ludo et les autres… J’aurais vraiment aimé être un soutient, un réconfort … Mais je l’ai rencontré trop tard. Aujourd’hui je peux juste lui dire que je suis là, avec les 2 millénaires de vie, avec mon savoir immense et mes expériences de vie. Je peux juste lui offrir mon aide et ma présence s’il le souhaite, mes réponses à ses questions… Peut-être déclinera-t-il ou alors acceptera-t-il… Il est libre après tout. •••••••••••••••••••••••••• |
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