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 Douce nuit entre loups [Aaron Fleming]

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MessageSujet: Douce nuit entre loups [Aaron Fleming]   Lun 31 Oct - 8:39

La nuit est tombée, une nuit avec une demi-lune presque rougeâtre qui scintille sur Prague. Sa lumière blanchâtre éclaire les quartiers de Podsvětí doucement. Mes yeux sont rivés sur le ciel où les nuages masquent les petits points lumineux, que sont les étoiles. Je suis dans l’arrière du bar et assisse sur l’appuie de fenêtre, ma place de prédilection selon Misha. Andreï n’est pas loin, je sens son odeur et sa présence forte. Il doit me tourner autour, surveillant mon immobilisme comme un mauvais présage. Le bar est à moi. J’ai acheté le bâtiment en arrivant avec Misha et Oksana en ville. J’en avais les moyens. Être une pute de luxe rapporte gros dans les pays de l’est, pour peu qu’on sache bien se vendre et à qui se vendre. Bref, je suis chez moi. Ici, par respect pour mes clients qu’ils soient amateurs de boissons alcoolisées ou bien de service moins légal, n’importe qui peu entrer. Vampires, Lycanthropes, Sorciers, Humains et même en de rares occasions des Chasseurs. Mais il y a une règle à respecter : à l’intérieure, personne n’attaque personne sous peine d’être purement et simplement mis en pièce par la meute. Le bar est aussi le lieu de retrouvailles de la meute, quand la pleine lune est lointaine et que nous restons de nuit sous notre apparence humaine, bien sur. Les nuits où nous sommes Loups, la forêt avoisinante Prague est notre territoire de chasse, loin des Humains dits innocents à croquer.

Je replis mes jambes, rapprochant mes genoux de ma poitrine. Et je dépose ma joue droite sur eux, le regard toujours rivé sur le ciel nocturne. Je peux rester très longtemps sans faire un seul geste et sans parler. Je sais que cela rend nerveux certains Lycanthropes de me voir sans réaction. Je peux comprendre. Si je ne manifeste rien, ils ne peuvent savoir à quel moment je vais sauter et devenir agressive. On dit de moi que je suis instable…. Incapable d’avoir une humeur constante; pouvant passer d’un extrême à l’autre en quelques secondes à peine; ne laissant jamais aux autres le temps de voir venir le changement ni de s’adapter. On dit que je suis la douceur incarnée, mais que je joue un jeu pour dissimuler mon sadisme et ma violence. C’est faux. Il y a toujours une raison à ma rage et à chaque geste ou propos brutal que je pose. Mais on sait aussi qu’ici, c’est moi la cheffe. Étrange, cela fait parfois rire les nouveaux clients : la Mafias russe dominée et dirigée par une pute blonde aux formes menues. C’est ce qu’on murmure chez les Humains des quartiers infréquentables … Ce qui fait rire … Du moins jusqu’à ce que je dévoile ma capacité à tuer ou à frapper sans prévention. Pour les Créatures de la nuit, je suis avant tout l’Ulfrick de la Meute. Et pour les miens, une dirigeante aimante, douce et juste bien que parfois imprévisible. La Meute c’est ma famille. Et personne ne lui fera de mal. Je représente l’autorité suprême, bien que je doive plutôt être Lupa qu’Ulfrick, rang d’homme. Peut-être qu’un jour un mâle alpha arrivera à me dominer et prendra le rôle d’Ulfrick. Peut-être me tuera-t-il. Ou me chassera-t-il. Ou fera de moi sa compagne à vie … Je ne peux prédire l’avenir. Pour le moment, je suis la seule Ulfrick reconnu, personne ne m’a encore battue. Par contre, hormis la douce Oksana et le petit Oleg, je leur ai à tous mis une raclée. C’est que je cache bien mon jeu, moi … Les liens qui nous unissent sont forts et sacrés, indestructibles. Et ce bâtiment est notre refuge.

Je sens la présence de Misha près de moi et tourne la tête vers lui. Il me tend un verre de vodka pur et je le prends avec un sourire de remerciement. Avant de retourner au bar, il se penche et dépose un rapide baiser sur ma joue. Geste fraternel et d’appartenance à la même Meute, il est le plus proche de moi. Je le suis du regard alors qu’il sort et revient rapidement à ma contemplation du ciel. Pourtant, des bruits et murmures me parviennent, qui attirent à nouveau mon regard. Je descends mon verre d’une traite et me déplie lentement. Je me dirige vers la table où je dépose le verre vide, appuyant mes mains sur le meuble en bois, sur la défensive, j’attends…. J’attends que le visiteur bruyant se pointe. J’attends de voir qui vient troubler mon moment serein. J’attends de voir ce qu’on me veut… Mais l’odeur qui me parvient est celle du sang. Et elle est familière, celle du sang lycanthrope. Et le loup ne m’est pas inconnu. Je me redresse, sens en alertes… Oh je sens que je ne vais pas aimer ce qu’on va me raconter….


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MessageSujet: Re: Douce nuit entre loups [Aaron Fleming]   Dim 15 Jan - 3:56

Le vilain gamin avance, dans la ruelle. Il se traine, les yeux rivés sur le trottoir. Qu’importe qu’on le prenne pour un attardé, a dire vrai, Aaron n’en a pas grand-chose à secouer. La nervosité se fraye un chemin à travers ses tripes, et l’envie de faire marche arrière le pousse à douter. Il n’a pas averti Wolfgang de sa démarche, pas plus qu’il ne lui a parlé de l’attaque de cette satanée foldingue catholique. Heureusement pour lui, elle semble avoir disparu de la surface du globe. Il a laissé son partenaire, assoupi dans le lit. Un regard, un geste tendre. Et son odeur… Il aimerait la garder sur lui éternellement. Un sentiment de réconfort. Enfin, Aaron croit retrouver gout à l’existence. Ses angoisses se dissipent, en la présence de cet être enflammé. A moi. Fulmine sa bête, qui gigote et rampe sous sa peau aux trop nombreuses cicatrices. Elles ne s’en vont plus. Incrustées dans sa chair, stigmates.
Le dominant qu’il est, en éprouve une honte incommensurable. Ce pourquoi il garde constamment de longues manches, et évite d’exposer ses parcelles de muscles saccagés à l’œil d’autrui. Mutilations diverses, des orteils lui manquent. Et la conscience du gamin n’est définitivement pas sortie indemne de l’effroyable séquestration. Il a été une victime. Il a été la proie de chasseurs peu scrupuleux et furieux. Se massant l’un de ses poignets, l’air vaguement contrarié. Incertitude. Il voudrait stopper le temps, ignorer le monde qui tourne, s’enfuir. Se terrer dans un trou, se rouler en boule contre sa moitié et se défaire paisiblement des troubles qui ne cessent de venir la nuit, insidieusement le bouleverser. Ou le jour, fatalement le décontenancer. Les cauchemars, moins nombreux dorénavant. Reste pourtant source de fatals désordres en son sein. Soupirant, l‘enfant est las. Fatigué de devoir luter, et d‘exister. Un repos. Une mélopée. Son portable vibre, le bip bip caractéristique des sms résonne dans la nuit dense. Aaron se stoppe, baisse ses prunelles incandescentes sur ses converses défoncées. Puis enfonce sa menotte osseuse dans la poche de son jean troué. Il en extrait l‘appareil électronique. L‘allume et scrute le message. « T‘es où ? » Wolfgang. « Je passe au bar de Lana. Attends moi à l‘appart, s‘il te plais. » Message envoyé.
Il relâche une fraction de seconde son attention, et une jeune demoiselle manque de lui rentrer dedans. Ou est-ce l’inverse ? Qu’importe, au fond. Il grogne, s’esquive sans qu’elle n’est l’opportunité de l’effleurer. Il ne supporte pas le contact physique, généralement. Et les individus ne faisant pas partie de sa race, sont encore plus sujets à ce rejet de sa part. Le garou la lorgne de ses iris mordorées et finalement, murmure un pathétique. « Excusez moi. » Muni d’un sourire hypocrite à souhait. Pourquoi chercher la querelle ce soir ? Il n’y a strictement aucune raison. Aaron n’a pas le courage, il est trop stressé. Nouveau soupir, il reprend son ascension jusqu’au bar que tient d’une main de fer La Femelle. Lana, pour être exact. C’est avec elle, qu’il doit impérativement s’entretenir. Avouer, expliquer, donner des réponses à son étrange comportement lors de la grande fête de Pragues. Les réverbères crépitant lui offre une lumière tamisée, une lumière épouvantablement moderne. Les simples rayons de la lune ronde et mystique, mère de ses instincts, lui suffiraient amplement. Serrant les mâchoires, les souvenirs lui assaillent la cervelle. Il chancèle, et un désagréable frisson court le long de son échine. Il n’aurait pas dû sortir de l’appartement. Un mauvais pressentiment , une sensation abominable l’empêche de faire preuve de bon sens. Son loup souhaite le préserver, car déjà, ses doigts brulants se mettent à trembler. Ses poings se referment, Aaron tourne de droite à gauche son visage, afin de décontracter sa nuque. Les nerfs tendus, il est une grenade dégoupillée. Prête à exploser à la moindre anxiété.
La porte. Il attend devant, quelques secondes. Se mordille nerveusement la lippe. Fronce les sourcils, et dans un élan d’héroïsme pousse la lourde entrée. Son apparition à l’intérieur de l’échoppe fait monter un bourdonnement de chuchotis et d’intérêts. Il lorgne les autres membres de sa race, scrute tel un prédateur sur le point d’attaquer. Il doute que l’un d’entre eux n’osent le défier ouvertement. Son aura pue la puissance et la hargne. Un faux pas, un geste trop précipité à son encontre, et pour sûre Aaron répliquera. Le loup ne se sent pas à son aise, au milieu des siens. Sur le fil, il sent son pou tambouriner contre ses tempes, son cœur tente de lui fracasser les côtes. Il a fui sa meute, il n’en a plus connu aucune depuis. Il dédaigne le fonctionnement interne de ce type de regroupement. Il ne supporte pas la soumission.
Un pas, un second. Ses pupilles d’encre balayent l’assemblée, sans pour autant échanger le moindre regard. Neutre, il se contente de suivre son instinct. Celui la même qui le guide vers l’Alpha. Lana n’est pas loin, il devine son parfum et sa magie de lupin lui picoter le nez. L’entourer, le contraindre à avancer et la trouver. Là, la blondinette au visage d’ange qui n’en dissimule pas moins sa sibylline et envoutante psychologie, est perchée.
Il s’approche, d’un pas mal assuré. Arrivé à son niveau, Aaron passe nerveuse une main dans ses cheveux, tire des mèches. Sans trop savoir comment se comportement, il souffle dans un pathétique murmure. « Hey... » En guise de salutation. Minable, il se fait honte à lui même. Et ses joues, discrètement, s’empourprent.

Spoiler:
 




Mon amour-propre comme une lance, pointe vers l'obscur, le tordu. La besogne d'un mec obtus, qui s'abîme de persistance. J'ai les pieds lourds, l'esprit rance, j'suis épuisé y a plus d'jus. Y a des jours où j'me situe, entre le néant et l'absence. Pourtant encore si j'avance, c'est qu'elle me colle, me pollue. Ma saleté d'espérance.
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MessageSujet: Re: Douce nuit entre loups [Aaron Fleming]   Dim 12 Fév - 14:45

Je connais Aaron depuis un moment maintenant. Quand il est arrivé à Prague, il s’est spontanément présenté à le Meute. Il sentait alors la peur et la répulsion. Il n’était pas à l’aise, ici, au milieu de ses semblables. J’étais plutôt dans un bon jour, avec un instinct protecteur et maternel sur développé. J’ai éprouvé pour cette boule de poils totalement paumée et en souffrance une compassion immense et un attachement vif. J’ai bien essayé de le faire intégrer la Meute, mais Aaron résiste. Il semble que son passé l’est monté contre les clans de ses semblables. Je n’insiste pas. Je me contente d’être son alliée, de l’aider et le protéger quand il le faut. C’est un cabot, qui a droit de séjour sur mon territoire. C’est un allié de la meute, voire presqu’un membre de la famille à mes yeux. Il vient parfois me saluer, pour parler ou demander un service. C’est un alpha refoulé, qui ne supporte pas les règles mais semble apprécier ma présence. Peut-être parce que je suis une femelle, tout aussi abîmée que lui par mon passé et tout aussi taiseuse sur celui-ci. Nous avons de bons rapports. C’est un ami que j’apprécie.

Mes pensées se focalisent sur lui parce que l’odeur qui me parvient est la sienne, du moins en partie. Mais appuyées que la table, mon regard se rétrécie et fixe intensément la porte menant au bar. Mes sens sont aux aguets. J’hume l’air. Mon ouïe analyse les bruits venant du bar. Mes lèvres se rétractent sur mes dents légèrement. Je grogne presque de prévention. Mes muscles sont tendus et mon corps est contracté. Je reste attentive, immobile telle une prédatrice à l’affût de sa proie. La porte s’ouvre et d’un pas nonchalant entre Aaron. Je le reconnais. Il a ses traits et son odeur, mais il a aussi une autre odeur sur lui, qui me fait plisser le nez. Je me sens perturbée par cette étrange senteur. Il vient vers moi. Je ne manifeste toujours rien d’autre que de la méfiance, tendue comme une corde d’arc. Il s’arrête de l’autre côté de la table et me salue doucement avant de virer au rouge pivoine. Je laisse le silence s’installer de longues minutes soutenant son regard. J’analyse l’opale azuré de son regard. Au bout d’un moment, jugeant avoir bien à faire à mon ami, je détourne le regard. Lentement, je décontracte mes muscles et me redresse. Je croise les bras sous ma poitrine. Un fin sourire mi maternel mi amical nait sur mes lèvres.

« Bonsoir Aaron. » Je le salue d’une voix chaleureuse en roulant involontairement un peu trop mes r «assieds-toi je t’en prie. Tu veux boire quelque chose ? »

Je m’installe sur la chaise du côté de la table, et je repousse mon verre légèrement sur le côté. Je continue d’observer, d’analyser l’autre Lycanthrope. J’hume à nouveau l’air. L’odeur qu’il transporte est celle d’un autre Loup, forte et entêtante. Un alpha surement. Une senteur que je connais vaguement, que j’ai déjà senti. Mais où ? Quand ? Un Lycan allié ou du moins un cabot que j’ai croisé ? Finalement, j’observe le petit verre transparent et vide, avant de remonter mes yeux clairs sur lui. Je lèche mes lèvres doucement, récupérant la saveur de la vodka.

« Que me vaut l’honneur de ta visite cette nuit ? » Je demande doucement.

[HS: désolée si c'est court :s]


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MessageSujet: Re: Douce nuit entre loups [Aaron Fleming]   Mar 6 Mar - 1:21

Il épie les alentours, le pas chancelant et l’esprit rance. Les odeurs le perturbent et la sensation écrasante d’être observé lui soulève le cœur. Mal à l’aise au possible, le désir farouche de faire marche arrière le prend aux tripes. Imbécile. Il souhaite s’en aller, oublier ce qu’il était venu accomplir, s’échapper, disparaître, se terrer dans un coin pour ne plus en sortir de la soirée. Dommage, mon chéri, pour cette nuit c’est raté. Avalant difficilement sa salive, la gorge est serrée et les poings sont maladroitement enfoncés dans les poches. Si il garde la tête haute et les prunelles alertes, Aaron n’en demeure pas moins d’une anxiété exaltante et redoutable. Mais il ne peut se permettre de courber l’échine devant tant de loups. Il doit se montrer fort, implacable et prêt à fondre tous crocs dehors. Instincts de survie. Le lupin est une tête de bois, qui ne sait la fermer ou se faire discret lorsqu’il le devrait. Soupirant, il s’approche de la blondinette qu’il apprécie tant. Un sourire en coin fend sa frimousse mutine. Il ne sait pas comment s’y prendre, il ne sait même pas quoi lui dire. Pourtant, il était ici pour une raison. Deux, pour être exacte. Explication dû aux événements du carnaval. Puis mise en garde, plus ou moins. Non. Non, Aaron ne met pas en garde. Il expose les faits et si ça ne plait pas… Et bien tant pis. Il hausse les épaules et ne réplique pas. Pas tant qu’on ne lui retire pas ce qu’il a si difficilement acquis. Wolfgang. Cette pensée lui tord l'estomac. Et la solitude soudain lui pèse. Etrangement, il est en manque. Il le veut sans le vouloir. Il a besoin de lui, et se dit qu’il peut tout aussi bien agir seul. Imbécile, Aaron ne sait plus où il en est. Il ne sait plus depuis tellement longtemps que la sensation ne l’inquiète pas plus que nécessaire.
Lorsqu’il rencontre enfin son amie. C’est avec une salutation merdique qu’il se présente à elle. Le loup brun ne sait pas si prendre, en communauté. Et ses liens sociaux sont pour le moins restreints. Les autres l’effrayent, ou l’ennuient. Et rares sont ceux réussissant à happer sa curiosité ou simplement caresser la bête hurlante qui sommeille en lui. La belle est sur le qui vive. Elle a du percevoir l’odeur de sa moitié, imprégnant son être. Aaron se crispe, ses muscles se tendent davantage. Elle ne l’attaquera pas. Certitude. Il ignore si les autres obéiront sans faire d'esclandres. S’empêchant de jeter des coups d’œil réguliers dans son dos ou ses côtés. C’est une véritable torture. Ses mâchoires se contractent et ses doigts s’agitent. Il les sort de son jean, les déposant à plat sur la table qui le sépare de la jolie russe. Un instant. Et finalement, l’ambiance s’apaise. Elle bouge, un sourire qui le fait fondre se dessine sur son faciès aux traits délicats. « Bonsoir Aaron. » Dit t’elle, avec ce accent chantant venu de l’Est. Il analyse la moindre ridule, le plus infime froncement sur la bouille malicieuse de la demoiselle. « Assieds-toi je t’en prie. Tu veux boire quelque chose ? » Soulagé, lentement, Aaron tire et se glisse sur la chaise. Et il secoue son crâne à la tignasse hirsute, en guise de négation. Le loup vacillant ne répond que par les gestes. Songeur, il veut trouver les mots adéquats. Et ce n’est définitivement pas chose aisée pour lui. Le langage est une matière, un art ! Qu’il ne maitrise pas vraiment. Difficulté à appréhender son prochain, dès lors que la discussion s’avère plus ou moins sérieuse. Il aime plaisanter, rire, s’amuser. Faux. Il feint, il se fiche un masque sur le citron et croit pouvoir leurrer ses plus proches alliés. Crétin.
Le petit verre transparent et vide traverse une partie de la table. Il lorgne l’objet sans piper mots. Incertain, il chancèle. Et le courage cruellement lui manque. Ouvrir la bouche ? Un effort surhumain. Les yeux clairs qui le lorgnent ? Deux sondes qui ne tarderont pas à voir à travers les couches successives de son âme décharnée. Il frissonne, alors que sa peau est brulante. La chair de poule, lui hérisse les cheveux et les poils. Lana ne le verra pas. Un haut à manches longues. Aaron ne supporte pas d’exposer ses faiblesses. Les cicatrices qui recouvrent son corps, sont la preuve de sa descente en enfers. « Que me vaut l’honneur de ta visite cette nuit ? » Elle demande doucement. Et Aaron baisse ses iris de bronze sur le bois de la table. Il scrute longuement, et desserre au bout de quelques interminables minutes les dents. « Je l’ai retrouvé. » Chuchote t’il. Son timbre rauque et éraillé manque de se briser. Sous la table, ses doigts s’entortillent, sur ses genoux. Le stress le rend frileux et agité de tics. Il ne se triture pas encore les cheveux, c’est un bon signe. Encourageant ? N’allons pas trop loin… Aaron inspire. Expire Inspire. Parle. « Ce que tu perçois sur moi… C’est… C’est lui. Et… enfin. J’aurai dû te le dire, au Carnaval. Mais j’ai pas eu le courage. Et puis, c’était pas le moment. » Le jeune homme relève ses pupilles à la couleur d’encre sur son interlocutrice, pour en saisir l’expression. « Wolfgang. C'est lui. Sur moi. » Souffle l’éphèbe, de manière hachée. Il bute sur chaque syllabe. « Et la fille qui m'a planté... Je pensais l'avoir tué. Je croyais... Je... Je me suis trompé. Et tu peux pas savoir le bien que ça m'a fait. Malgré le fait qu'elle ait vraiment failli me faire crever. »
Son pou s’accélère, et son palpitant tambourine allégrement dans sa cage thoracique. Le muscle cardiaque paraît vouloir en sortir, s’en extraire et bondir, sauvage et ensanglanté, sur le meuble abîmé qui les écarte à peine.
Silence. Les relations entre deux hommes sont à proscrire chez les lupins. Puis lui avouer avoir, un temps, était certain d'avoir liquidé un humain sur son territoire... Prouve qu'il ne maîtrise pas sa bête malgré son aura de dominant. Problèmes, et vices de procédure. Élément perturbateur, Aaron l'est. Et il redoute la réaction de celle qui l’a accueilli et ne lui a jamais posé de questions. Il s’ouvre à elle. Un premier pas.
Une parole virulente ou rude, et Aaron se refermera et se cloisonnera, fatalement. Il test. Première mise en bouche. Le gamin, agité, tire sur les manches de son teeshirt comme craignant déjà le regard que la louve ne lui a cependant pas encore accordé.




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MessageSujet: Re: Douce nuit entre loups [Aaron Fleming]   Lun 2 Avr - 13:29

Maternelle et douce, en voyant le Lycan qui me fait maintenant face, je m’adoucis et souris tendrement. Aaron, un mystère insoluble pour beaucoup, un alpha refoulé qui fuit les siens… Un être aussi instable que moi, mais d’une manière bien différente. Pas la peine de se leurrer, c’est ce côté-là qui m’attire surement. Peut-être parce que j’imagine qu’il peut me comprendre… Mais aussi pour son côté fragile et soumis, tout en étant un rebelle, qui sauterait à la gorge de l’opportun sans ménagement. Nul n’est plus redoutable qu’un Lycanthrope instable et imprévisible. J’en sais quelque chose. Mes crocs se sont plus d’une fois plantés dans la chair d’autrui, parfois pour un simple mot ou regard qui m’a déplu. Je me redresse lentement, prends une posture décontractée. Il n’est pas mon ennemi. Loin de là. Aaron respecte la Litanie, comme très peut de Cabot le font. Arrivé à Prague, il y a peu de temps, il est venu spontanément se présenter pour avoir droit de séjour… Temporaire avait-il dit…. Mais le temps passe et il reste. Il avait intrigué. Je sentais l’alpha en lui, qui voulait s’imposer, alors qu’il faisait son soumis. Mal à l’aise aussi. Il n’aime pas vivre avec les siens. Il a sans doute de très bonne raison pour. J’ai accepté son séjour sur notre territoire. Il n’était pas un danger. Finalement, je l’ai souvent vu. Et je me suis attaché à ce Lycan amoché par la vie, autant si ce n’est plus que moi. Il ne veut pas faire partie de la meute, mais il est notre allié. Mon protégé, à mes yeux un membre lointain de la famille. Il a ma compréhension, ma tendresse et ma protection.

Le salut est bancale, comme souvent avec lui. La porte battante menant au bar se referme derrière lui, nous isolant temporairement. Mais la présence forte de la meute se fait toujours sentir. Le nombre de Lycanthropes attroupés de l’autre côté de cette porte le met mal à l’aise et sur le qui vive. J’hume l’air. Son odeur est étrange ce qui ne m’a pas permis de le reconnaitre de suite. Un mélange de deux senteurs lupines en fait. L’autre ne m’est pas totalement inconnue, mais peu familière. Je ne tombe pas directement sur un nom, mais c’est un Lycan que je connais. Surement un cabot. Je le vois se tendre, je sens le stress monter en lui. M’attaquerait-il si je me montrais plus agressive ? Pourtant, il doit savoir que pour lui j’ai toutes les indulgences. Je l’observe un moment avant de le saluer doucement à mon tour, plus chaleureusement qu’il ne l’a fait. Je suis quelque part plus sociable en étant plus dangereuse que mon ami. À nouveau amicale envers lui, je le questionne doucement sur les raisons de sa présence ici. Rares sont els fois où seul l’envie de me parler l’amène vers moi. Ou alors il faut être hors du bar, seuls sans autres loup. Je lui propose à boire, comme à chaque client, qui vient dans l’arrière salle pour parler affaire en tête-à-tête avec moi. Sauf que je le fais avec une voix chaude et douce, parce qu’on ne négocie pas on cause juste entre amis. Une négation de la tête me répond, la chaise glisse et il s’y installe. Je l’imite, repliant une jambe contre ma poitrine, comme à mon habitude. Je le fixe, attendant qu’il m’expose pourquoi il est là. Je le connais. Je sais qu’il a besoin de temps pour causer, alors j’attends silencieuse. Je me sers deux verres de vodka. Un glisse vers lui, s’il veut …. L’autre est avalé et reposé sur la meuble, et je joue avec tout en regardant curieuse mon invité. L’angoisse et l’appréhension se lissent sur ses traits fins. Je peux sentir sa … peur !?! Enfin une forme de peur, celle du stress. Il hésite, mordille sa lèvre, cherche. Et j’attends, patiente comme je peux l’être rarement. Je relance doucement sur l’objet de sa visite. Si Aaron est ici, il y a une raison. Il observe la table un long moment avant de me répondre. Je plisse le nez, fronce un instant les sourcils. Trouvé qui ou quoi ? La question fuse dans mon esprit mais je ne la formule pas. De toute évidence, je devrais comprendre ce qu’il me dit. Exercices de respiration et il reprend la parole. M’expliquant son odeur, qu’il a omni de me dire au carnaval. Finalement, il me donne un nom et je remets un visage sur l’odeur. Oui, il m’est connu, vaguement. C’est un cabot – chasseur, drôle de mélange, qui a droit de chasse sur nos terres. Pas le plus amical ni chaleureux ceci dit. Je ne manifeste aucune réaction, je reste de marbre attendant la fin. Ensuite il me parle de la garce qui l’a blessé…. Il semble la connaitre, ou en avoir fait par accident sa proie.

Le silence s’installe et je reste figée sans expression, les yeux rivés sur Aaron qui chipote, nerveux. Je ne dis rien. J’assimile. Je réfléchis à comment interpréter et répondre à mon allié. Ila vœu avoir des penchants peu courants chez les Lycanthropes. Pas tant que l’homosexualité soit bannie, mais nous sommes des loups et comme tout être cherchons à nous reproduire au mieux pour perdurer. Logique animal, digne de la bête en nous. Je devrais surement grogner et menacer, ou faire la morale. Mais je serais fausse et menteuse. Après tout, quand j’ai voulu me faire du fric en Russie, peu importait que le client soit homme ou femme… Et pour être plus rare la prostitution pour femmes rapporte mieux. Je ne dirais pas avoir des penchants pour mon sexe, mais quand on cause argent mes inhibitions personnelles sont vides réduite à néant. Autrement dit, cela ne me choque guère. Mais après tout je suis toute sauf saine d’esprit. Et puis, moi, ça ne me dérange pas…. D’autant plus qu’ils en sont pas de la meute, juste nos amis et alliés. Et puis déjà moi, une louve ulfrick ça case vachement l’avenir de notre clan…. Pour ce qui est de l’humaine, plus ennuyant mais comme je ne sais pas la sentir…. Après tout un des miens a bien transformé récemment un jeune homme alors…. Ma langue claque sur mon palais, et je sors de mon immobilisme, pour pencher la tête sur le côté.

«Je connais vaguement Wolgang. C’est un cabot et un chasseur de créatures. Nous avons un pacte en quelque sorte. Du moins, il laisse la meute tranquille, et il a le droit de séjour et de chasse, y compris les Vampires sur notre territoire… Il a sale caractère. » Je réponds après de longue minutes de silence. «Quant à la fille… Pourquoi l’as-tu attaqué ? Elle était une menace ? En tout cas, elle ne semble pas être tendre pourtant on ne dirait pas un chasseur… »

Nouveau silence. Je ne comprends pas trop pourquoi il me dit tout cela. Enfin si pour la nana hystérique, je comprends. Il a fauté sur mon territoire, il s’excuse mais pour sa relation avec l’autre Lycanthrope… Enfin, je ne suis pas du genre à m’intéresser à ce genre de détail…. Je stabilise le verre que je faisais tourner jusqu’à présent sur la table et me resserre un verre. Cul sec à nouveau. Mes yeux reviennent sur lui un moment, avant de se perdre dans l’analyse du sol.

[HS: ce n'étais pas le carnaval mais l'été musical de Prague ^^ Je sais ça date lol... Sinon désolée pour la fin, je sèche un peu là U_U Si ça ne va pas dis-le, j'éditerais.]


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Douce nuit entre loups [Aaron Fleming]

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