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 Na zdarovié, tovaritch!

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MessageSujet: Na zdarovié, tovaritch!    Mar 22 Nov - 10:27

-Je te laisse mon numéro, appelle-moi!

Pardon?

Rafaël émergea soudainement de son état semi-comateux et releva le nez avec un grognement, voyant s'éloigner une silhouette féminine franchement floue qui s'estompa dans la foule, ce brouillard sombre et mouvant qui, avec un peu moins d'alcool dans le sang, devait ressembler à l'intérieur d'un bar peuplé de gens bizarres. Eh merde, se dit-il en comprenant qu'il ne savait pas qui était cette fille, où il se trouvait, l'heure qu'il était et la façon dont il était arrivé là. Cela dit pour cette dernière question, pas besoin de se creuser beaucoup.
Il tenait dans sa main un carton de bière où était griffonné un nom qu'il n'arriva pas à lire, et un numéro de téléphone, qu'il ne put déchiffrer non plus, ce qui constitua en soi un indice suffisant pour laisser présager d'une cuite pour le moins monumentale. Pour parler vulgairement et vu le niveau très bas de la bouteille de mauvaise vodka qui était posée devant lui, on pouvait raisonnablement dire que Rafaël avait quatre grammes dans chaque oeil. A peu près.
Avec un soupir grognon, il croisa les bras sur la table et s'y affala de nouveau, laissant ses yeux dépasser au milieu de ses cheveux emmêlés qui retombaient en désordre sur son front.

Fixant son verre d'un regard pénétrant, il essayait de rassembler ses souvenirs. ça lui arrivait un peu trop souvent, ce genre de trous noirs quand il buvait trop. Paf, plus rien, il se retrouvait sans savoir comment dans des endroits improbables, du genre ce rade bizarre peuplé de ce qui semblait être une foule de gens en noir, filles en guêpière et corset, pseudos vampires pâlichons et créatures non-identifiées du fait de sa vue trop trouble et du manque de lumière de l'endroit. Il ricana sombrement avec une moquerie non dissimulée. Ces jeunes et moins jeunes qui trouvaient cool de se saper comme des croques morts et d'écrire des poèmes en se prenant pour des vampires alors qu'ils étaient végétariens, ça le faisait toujours énormément rire. Surtout quand il imaginait la réaction des donzelles romantiques multipiercées quand elles se trouveraient face à un vrai vampire, avec les dents, l'appétit, et l'esprit de prédateur. Rafaël trouvait que les vampires ressemblaient à des chats, pour la cruauté joueuse qu'ils montraient quand ils chassaient, pour ce plaisir manifeste qu'ils éprouvaient. Des chats, à qui on ajoutait la sauvagerie calculée inhérente à l'être humain. Bref, mieux valait ne pas s'en approcher, mais qui croirait les mises en garde de l'espèce d'ivrogne patibulaire qu'il était?

Il ricana encore en voyant passer une fille courte vêtue qui portait ce qui semblait être des traces de morsures.
Fallait vraiment qu'il soit ivre mort pour atterrir dans un endroit pareil. Le scénario avait sans doute été classique au possible, il avait bu, avait suivi bêtement la première cocotte plus ou moins ouvertement prostituée qui était passé, et qui avait sans doute profité pour lui faire les poches, et s'était tirée comme ça en le laissant en plan le nez dans sa vodka. Qui d'ailleurs était une ignoble piquette non identifiée, preuve s'il en était qu'il avait encore outrepassé certaines limites en matière d'alcoolémie puisqu'il ne buvait jamais que du Russe et il fallait vraiment qu'il soit hors service pour lui faire avaler autre chose.

Bah, de toute façon, la bouteille était presque vide.

Rafaël se redressa pour la vider dans son verre qu'il sécha aussitôt, puis fixa le récipient d'un regard vide. Boire encore? S'il ne roulait pas sous la table dans l'instant c'était par miracle. En fait, il s'apercevait avec une sévère amertume qu'il commençait déjà à décuver. Il avait commencé à boire tôt, et vu la population clairsemée du bar, la nuit devait être très avancée. Et s'il avait encore son portefeuille dans sa poche, ça relevait du miracle.

Il entreprit alors de partir à la recherche de ses effets personnels, fouillant ses poches avec circonspection, surpris d'y retrouver cigarettes, argent, papiers et tout le reste. Il était probablement tombé sur la seule poule assez bête pour pas profiter du fait qu'il était parfaitement ivre mort pour le dévaliser. Il haussa les épaules et commanda encore à boire pour fêter ça, allumant une clope au passage. Le cendrier à côté de lui débordait de ses propres mégots, comme chaque fois qu'il buvait, il fumait aussi comme un pompier. Ses poumons le lui reprocheraient le lendemain matin en même temps que son foie, pour le moment il s'en foutait un peu.
Et puis il recommença à boire, comme par ennui, comme pour s'occuper. Personne ne devait vraiment lui prêter attention, isolé qu'il était à sa table dans un coin, se fondant dans l'ombre de l'endroit. Pourtant, si vampires il y avait, dans ce bar -et il y avait, selon les rumeurs, Rafaël devait être aussi discret qu'un régiment de Panzer division. Pour l'odorat aiguisé des buveurs de sang, il y avait, outre l'appétissant fumet de ses veines battantes -quoique blindées d'alcool- qui perçait au travers de l'écran de fumée âcre dont il s'entourait, d'autres odeurs plus menaçantes. La poudre, dont les relents puissants imprégnaient ses doigts, ses vêtements, tout; et puis le sang, celui d'un autre, celui de beaucoup d'autres. Heureusement pour lui, l'eau n'avait pas d'odeur, et l'eau bénite encore moins, car sinon probablement qu'on l'aurait jeté dehors à coups de pieds au derrière si les vampires du coin avaient su qu'il avait dans la poche de son manteau une flasque du saint liquide.

Cela dit, avec tout ce qu'il traînait comme relents suspects, le chasseur avait encore de la chance qu'on ait décidé de ne pas le foutre dehors déjà; peut être ne l'avait-on tout simplement pas encore remarqué, peut être qu'il était manifestement trop ivre pour être dangereux. Lui n'en savait rien et ne se doutait même pas qu'il puisse être repéré d'une quelconque manière par des buveurs aux dents longues.
Pour le moment on lui foutait la paix, c'était le plus important.
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MessageSujet: Re: Na zdarovié, tovaritch!    Jeu 24 Nov - 19:36

L’odeur ou plutôt les odeurs acres, doucereuses et humaines embaument l’air ambiant et enfumé du lieu. Je renifle les différents effluves qui me parviennent. Je peux dire une chose les odeurs liées aux Humains sont toujours les mêmes : alcool, odeur corporel, parfum, drogue et cigarettes… C’est étrange comme le monde à changé en plus de 2000 ans mais comme les lieux d’amusements et de débauches restent encore fort semblables. Car quelles est la réelle différence entre les maisons closes et tavernes de la Rome du 1er siècle ACN et le Nigth Spirit ? Si ce n’est les vêtements des clients, bien sur. Il faut dire que ce genre de déguisement n’aurait pas effleuré l’esprit d’un Romain….. Pour le reste on vend de l’alcool dans l’espoir de vider les poches des clients ; des filles de joies trainent par-ci par-là essayant d’attirer des clients ; des drogues circulent sous le manteau et bien sur certains hommes et femmes cherchent après un amant d’une nuit. Vraiment, je n’ai pas l’impression d’avoir vécu 21 siècles. Je me suis installée au bar, perchée sur un tabouret, en solitaire. Une coupe de champagne est posée devant moi, à laquelle je ne toucherais point. Je ne bois que du sang humain, rarement c’est vrai et sans forcément tué ma proie. Mais ce qui me fait vraiment décoller pour parler comme les jeunes mortels, c’est le sang de mon époux. Mon addiction et mon besoin d’en boire régulièrement ne sont plus à prouver. Un sourire nait sur mes lèvres amusé.

Je tourne lentement sur le tabouret pour m’appuyer sur le bar et pour observer les petits Humains, qui peuplent le club. Mes yeux de prédatrice font le tour et s’arrêtent sur chaque être vivant, qui déambule ici. Si je suis ici, ce n’est pas par un intérêt certain pour les bars du genre mais par curiosité. Quel siècle étrange quand même ! Les mortels deviennent fanatiques des Vampires. Ils s’imaginent nous connaitre parce que des illuminés d’auteurs ont écrit des romans et que nos mythes hantent le cinéma. Et voilà qu’ils s’habillent comme nous… Enfin cela c’est ce qu’ils aiment croire, car nous sommes plutôt du genre à nous fondre dans la foule. C’est plus facile pour chasser quand même. Certaines personnes ici arborent de fausses morsures de Canaïtes avec fierté. Bas résille, guêpière, dentelles, chemise à chabot et corset de cuir, voilà de quoi est composé de leur accoutrement étrange. Tout est noir et blanc, même leur teint. Ils appellent cela le gothisme. Et ils prétendent tirer cela des romans parlant des Vampires. Il y a toujours eu des mythes et légendes concernant les Vampires et Lycanthrope, parce que nous avons toujours peuplaient ce monde. Du moins depuis que l’Humanité est née. Aussi, autrefois nous étions des monstres ou divinités parfois vénérées. Puis le Christianisme nous a relégués au niveau des damnés et des contes effrayants. Je me suis toujours intéressée à ces mythes, curieuse de voir ce que les Mortels savaient vraiment sur ma race. Mais ce n’est qu’au 19ème siècle, qu’on a réellement osé faire des miens le sujet de romans. Le premier en date mémorable, et qui sert de base à la vision actuelle des Vampires je crois, est Dracula. Pas réaliste jusqu’au bout mais surement pas le pire à nous présenter. Il existe quelques vagues vérités sur nous. Puis il y a 30 ans environ, une américaine allumée à rédiger tout un cycle sur les Canaïtes. Anne Rice avait une vision intéressante et j’ai pris plaisir à voir comment elle nous avait tous humanisé. Pourtant certains d’entre nous sont de réelles créatures malfaisantes et assoiffées, sans principe. Mais je préfère toujours sa vision à celle totale offensante et erronée du cette saga pour adolescentes hystérique : Twilight. N’importe quoi… L’auteure nous a rabaissés au niveau d’animal de compagnie sans intérêt. Et elle fait des ravage cette saga, ce qui doit expliquer le nombre de mineure trainant illégalement ici.

Et pourtant, je suis certaine que face à un véritable Vampire, aucun d’eux ne saurait quoi faire. Je parierais mon immortalité qu’ils mourraient de peur même. Avec un sourire moqueur et ironique, je reporte à nouveau mon regard clair sur la foule à la recherche de quelque chose d’amusant. Mes yeux s’arrêtent sur un étrange personnage et mon sourire passe d’ironique à amusé. Tiens, tiens voyez-vous ce que nous avons là, un Chasseur de Vampires ivre mort ! Je le connais. Enfin disons qu’il m’a intriguée et que j’ai fait des recherches sur lui. Convaincre la Carmilla de me donner des informations n’ai guère compliquée. Et quand ils rechignent, ces chers Conseillers, à me satisfaire, mes dons suffissent à les réduire à l’état de marionnette ou mon regard noir les terrorise. Bref j’en sais un peu sur l’étrange énergumène et j’avoue qu’il m’intrigue au plus au point. Ce n’est pas qu’il est une menace pour moi ou les miens. Il en faudrait beaucoup pour qu’un Mortel soit un potentiel assassin. De toute manière, je ne fais rien qui pourrait susciter leur rancœur. Je ne tue pas forcément mes proies, je me contente d’obtenir leur consentement. Quand je tue c’est toujours très discret et rare. Je maitrise ma soif et avec le temps j’ai découvert que j’avais moins besoin de sang frais. Étrange comme cela évolue en réalité. Bref, en général les Chasseurs non suicidaires m’évitent autant qu’ils le peuvent. Mais pour ma part, je garde un œil sur eux et les connais tous de vue. Simplement, mon époux n’a pas ma discrétion et je tiens à ma famille. Et puis d’un autre côté, mieux vaut connaitre ses ennemis pour savoir parer une attaque. Bref ce cher Rafaël Vitaïev ne m’est donc pas inconnu. D’origine russe, toujours armé et bon chasseur mais ivrogne notoire qui est plus souvent ivre que sobre. Et c’est là qu’il éveille ma curiosité. Comment vu son état permanent, ou presque, d’ébriété peut-il faire son travail ? Je l’ai déjà observé plusieurs fois. Ceci dit je ne pensais pas que ce genre de bar était un endroit de passage pour lui. Surement une erreur de parcours.

Et si j’allais lui parler. Je suis sure que cela pourrait être intéressant et enrichissant. J’aime m’ouvrir aux autres, éternelles curieuses des cultures et personnalités. Je me tourne vers le barman et lui commande de la Vodka, pas l’insipide qu’il sert mais la meilleure qu’il a en stock et la plus chère. Je dépose l’argent et un pourboire juste sous son nez, histoire d’être sure qu’il ne tente pas de m’arnaquer. Au vu de l’étiquette de la bouteille qu’il dépose je peux être sur qu’il m’a bien servie. Je le gratifie d’un gentil sourire et empoigne la bouteille d’alcool blanc ainsi que ma coupe de champagne haute gamme toujours pleine. Je glisse du tabouret et me dirige vers mon futur compagnon de soirée, zigzaguant entre les clients drogués, ivre ou juste euphoriques, sans toucher personne. Ah l’agilité vampirique est bien utile dans ce genre d’endroit. J’arrive à son hauteur et dépose en évidence en face de lui la bouteille de Vodka russe et je m’installe sur la chasse libre à ses côtés, avant de prendre la parole avec un doux sourire.

« présent de paix et de bonne foi ! » Je déclare en captant son regard surpris. « Vu que tu sais ce que je suis … Disons que de mon temps quand on voulez parler en paix avec quelqu’un, on amenait un cadeau de paix. Dis-moi, Rafäel, si je peux te surnommer ainsi, comment t’es-tu perdu en ce lieu étrange ? »

Je glisse vers moi ma coupe de champagne. Mon doigt se pose sur le bord et j’en redessine le contour. Je penche la tête et observe mon vis-à-vis maintenant très surpris et encore dans le brouillard lié à l’alcool. Je garde mon tendre sourire et attend qu’il se décide à me répondre.


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MessageSujet: Re: Na zdarovié, tovaritch!    Sam 26 Nov - 11:08

Rafaël avait sombré dans cette confortable apathie qui caractérisait autant les fins de soirées très tardives que son état d'ébriété avancée. On s'étonnait souvent de la lucidité étrange dont il faisait preuve dans ces cas-là; comme si tout le reste, engourdi par l'alcool, s'effaçait pour laisser place à quelque chose d'autre, quelque chose d'enfoui, cette nappe d'amertume profonde qui affleurait toujours comme une poche de pétrole, et s'épanchait, noire, dense, dont on ne pouvait se défaire.
Il ignorait complètement qu'on le regardait, il restait assis là le regard vide à boire comme un trou, comme le faisaient tous les ivrognes du monde. Il y avait des choses qui le trahissaient tout de suite, le léger tremblement de ses vieilles mains usées, son visage prématurément vieilli, la vacuité mouvante de ses yeux gris et sombres à la lumière des lampes. Oh, la question était légitime, comme une pareille éponge pouvait-elle bien faire son travail? La raison était simple; il buvait pour s'empêcher de penser, c'était ce qu'il faisait depuis des années parce que tout simplement il avait dû faire face à un ennemi trop grand pour lui et qu'il n'avait jamais pu gagner contre le deuil. Et pour ne pas se retrouver à soupirer comme une midinette auprès d'un amour défunt, il buvait et transformait sa douleur en une colère dévorante, en un chien de guerre qu'il lâchait contre ses proies. S'il ne buvait pas, il chassait. Sa vie s'était résumée à ça et pour le moment si on lui posait la question, eh bien; ça lui suffisait.

Le chasseur leva un oeil un peu vitreux sur la superbe jeune femme qui s'approcha de sa table en slalomant entre les buveurs bizarrement atiffés. Au milieu de cette foule, elle rayonnait. Quelque chose n'allait pas, chez elle; quelque chose que l'esprit embrumé de Rafaël ne put mettre au clair, mais à tout le moins réussit-il à savoir ce que ce qui venait vers lui n'était peut être pas tout à fait humain. Il connaissait mal les vampires, restant à l'écart autant qu'il le pouvait. On avait ordinairement moins de soucis avec eux, surtout les plus anciens, qui souvent étaient de parfaits gentlemen bien élevés. Les lycans c'était autre chose, la sauvagerie leur coulait dans le sang.
Il la détailla avec attention, comme pour essayer tant bien que mal de comprendre ce qui clochait chez elle. Blonde, d'accord. La finesse souple d'un roseau, de ces longs arbres graciles qui s'élèvent au bord des cours d'eau. Des yeux clairs, comme des pierres translucides enchâssées dans l'écrin velouté des cils en longs rideaux soyeux. Ceux qui ne la regardaient pas rataient quelque chose. Elle était probablement la plus discrète de toute cette assemblée biscornue qui trouvait rigolo de se prendre pour un suceur de sang, et pourtant dès qu'on la regardait un peu, ça sautait aux yeux, elle était beaucoup trop belle, elle était beaucoup trop froide, elle avait ce maintien très haut, très noble, qu'on ne retrouve plus nulle part, et surtout pas chez les femmes de cet âge.

Ou bien Rafaël était trop ivre pour se maintenir au seul fait qu'une jolie femme venait de s'asseoir à sa table. Quand elle posa une bouteille de bonne vodka sur la table, il se fendit d'un long sourire, mais n'y toucha pas et la laissa parler.

-Présent de paix et de bonne foi? ça ressemble vachement à une tentative de me bourrer un peu plus la gueule, ma jolie, ricana-il en examinant d'un oeil circonspect les inscriptions sur l'étiquette.

Son accent russe à couper au couteau rendait ses paroles, prononcées d'une voix tellement grave qu'elle ressemblait à un grognement, difficilement compréhensibles dans le vacarme ambiant.
Cependant, son visage s'éclaira un peu et se fendit d'un sourire lorsqu'il réussit à lire la marque de l'alcool qu'elle venait de poser sur la table, et il l'ouvrit aussitôt.

-Cela dit quoi que tu puisse être j'vois pas c'que tu pourrais faire de ma vieille carcasse, camarade.


Il renifla son verre et le vida avec un claquement de langue satisfait, marmonnant quelque chose d'inaudible dans sa langue, et alluma une cigarette.
D'aucuns pourraient trouver que c'était un peu suicidaire que de boire quelque chose qu'une inconnue qui connaissait son nom et qui n'était peut être pas humaine venait de lui donner; mais et d'une c'était de la bonne vodka, deux, il était ivre mort, trois il s'en foutait un peu.
Et puis, avec un peu de retard, l'information lui vint. Canines légèrement proéminentes, teint pâle. Et puis ce regard, magnétique, étrange, différent. Un regard de cadavre qui aurait battu des paupières devant l'éternité, un regard comme un aimant.
Il se détourna. Merde.

-Doucement les questions,
répliqua-il avec brusquerie; d'abord, d'où tu connais mon nom?
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MessageSujet: Re: Na zdarovié, tovaritch!    Sam 3 Déc - 9:07

En 21 siècles, j’ai eu plus d’une fois l’occasion de croiser des Chasseurs. Autrefois, on les voyait comme des héros choisis par les Dieux, qui protégeaient les pauvres Mortels. Dans l’Antiquité, ils étaient vénérés, du moins dans les contrées où nous ne faisions pas office de Divinités, bien sur. Certains peuples ont vénérés les hommes – loup et les buveurs de sang immortels. Mon Père m’a éduquée pour ne pas laisser de traces et ne pas trop attirer l’attention. Je sais me fondre parfaitement dans la masse des Mortels et paraitre humaine, même si quelque chose dans mon regard doit parfois trahir ma longue expérience de la vie. Néanmoins, j’ai rarement eu des problèmes avec les Chasseurs. Cependant, j’en ai croisé qui ont découvert ce que j’étais et m’ont pourchassée. J’ai parfois dû en tuer aussi pour me protéger ou protéger les miens. Je n’ai jamais supporté que l’on s’attaque aux miens. Puis est venue la Sainte Inquisition. Et les Chasseur ont été vus comme des guerriers de Dieu nettoyant le monde des suppôts de Satan damnés qu’on était. Étrange théorie pour moi qui a toujours cru en plusieurs Dieux. Le Père unique des Chrétien ne me parlait guère, trop éloigné de ma foi de polythéiste celte et romaine. Je dois reconnaitre qu’entrer dans une église, recevoir de l’eau bénite ou voir une croix n’a aucun impacte sur ma personne. J’ai d’ailleurs dans mes bijoux, quelques belles croix dorées. Cependant, l’Inquisition ma pris ma sœur, découverte et éliminée. Ma rage fut immense et le massacre qu’avec mon Père j’ai commis en représailles à dû marquer les annales de l’Église. Cependant, ce fut ma seule réelle colère et la seule fois où j’ai tué sans mesure, moi qui généralement ne chasse que quand j’ai soif et ne tue pas forcément mes victimes. Sauf parfois, quand je joue avec mon époux ou quand j’estime devoir le faire. Je reste une Vampire, certes posée et mesurée dû à mon âge, mais une Canaïte quand même. Néanmoins, avec les siècles, j’ai remarqué que les Chasseurs évitaient de m’attaquer directement. Il est certain que si les Vampires plient face à moi malgré leur âge et leur don ténébreux évitent de me contrarier, il va de soit qu’un Humain même sur entrainer aurait peu de chance face à moi. Et ils le savent. Aussi parfois comme ce Lycanthrope qui se dit Chasseur, ils tournent leur intérêt vers les miens, éveillant ma haine et mon envie de les éliminer. Mais je sais bien me tenir et mettre au point des stratégies élaborées et prendre mon temps pour arriver à mes fins. Après tout, j’ai tout mon temps et je m’amuse comme je peux.

Finalement, après avoir choisi la meilleure vodka russe que ce bar gothique puisse fournir, je me dirige vers le Chasseur. Il m’intrigue et ma curiosité est légitime. Je sais son nom, qu’il adore boire de l’alcool et bon à la traque aux Créatures des Ténèbres. Mais mon savoir s’arrête là, je dois bien l’avouer. Ne redoutant pas grand-chose et désireuse de faire connaissance, je l’aborde purement et simplement, avec un sourire amical sincère. Il a repéré mon approche. Mon sourire s’agrandit, même ivre mort ses réflexe de Chasseur restent en éveil et font leur travail. Intéressant de voir comme l’alcool a parfois peu d’impacte sur certaine chose. J’avance à une vitesse purement humaine, en prenant mon temps et en le laissant m’analyser. Il doit savoir que je ne suis pas Humaine, c’est un vieux Chasseur. Mais de toute évidence, il ne réalise pas ce que je suis réellement. Proche de sa table, l’odeur d’alcool se fait plus forte. Il sent la poudre aussi et le sang, celui surnaturel des Créatures. Je dirais plutôt Lycanthropes que Vampires vu l’odeur boisée. Je m’installe et lui offre la bouteille, déposant ma coupe de champagne toujours pleine. Je ne la boirais point. Mon organisme ne me permet pas d’avaler ce genre de liquide. Seul le sang est digeste et n’occasionne aucun problème désagréable. Le seul moyen de goûter l’alcool est de choisir une proie ivre pour un Canaïte. Néanmoins, dans un bar je commande toujours un verre que j’abandonne en partant discrètement. À moins que mon compagnon improvisé de nuit ne désire la vider bien sur. Il sourit à la vue de la marque de la bouteille et lui accorde toute son attention, sans toutefois ne pas m’écouter. Je sais qu’il se méfie. C’est légitime après tout. Je ris légèrement à ses doutes. Je dois avouer ne pas connaitre la réelle résistance au breuvage fermenté de mon compagnon.

« Excuse-moi, je ne m’y connais point en alcoolémie. Mais j’ai cru comprendre que ceci faisait partie des choses que tu appréciais. Et non, je ne compte nullement te rendre encore plus saoule. Qui gagnerais-je ? » Je réplique alors qu’il accorde toute son attention à l’étiquette qu’il déchiffre.

L’accent chantant qui souligne ses propos me rappelle étrangement celui qu’avait mon cher Vitaly de son vivant. Depuis, il a un peu disparu bien que restant présent dans certaines de ses phrases. Un son mélodieux que j’apprécie et qui me fait tendrement sourire. Malgré le bruit m’entourant, je capte avec aisance ses propos. Je ne me concentre que sur lui, faisant passé en arrière plan le tapage des lieux. Je dois reconnaitre que mon ouïe sensible est légèrement agressée, mais je suis assez vieille pour maitriser et n’entendre que ce que je désire. Le reste me parvient et est analysé pour parer à une potentielle attaque. Encore que seul un suicidaire comme Wolfgang oserait m’approchait avec ce genre d’attention.

« Je suis seule. Tu es seule. Nous sommes perdus dans ce bar étrange avec des personnes pas très nettes… Je me suis dit qu’un peu de compagnie serait la bienvenue… Une manière de faire connaissance, si tu préfères. » J’explique calmement et toujours d’une voix suave.

Je l’observe renifler son verre avant de boire une gorgée. Il allume une cigarette et l’odeur subite me parvient. Désagréable comme toujours. Mon doigt blanc dessine toujours le contour de ma coupe délicatement et lentement. Cependant mes yeux ne quittent pas le Chasseur. Pas que je le redoute, simplement je l’observe attentivement. À sa réaction, quand l’information lui parvient enfin, je devine qu’il sait enfin ce que je suis. Mon sourire s’agrandit encore, découvrant le bout de mes canines nacrées. Je me force néanmoins à les dissimuler rapidement. Bien qu’en ces lieux, je suis persuadée qu’on me demanderait chez quel dentiste je me suis faite taillée les dents. C’est à la mode pour certains Mortels. Encore quelque chose que malgré mon âge je ne peux comprendre.

« La première fois que je t’ai croisé, aude-là du fait que j’aime connaitre un minimum mes ennemis potentiels, tu m’as intriguée. Alors j’ai cherché quelques informations sur toi. Ou plutôt j’ai fait chercher… Et comme on ne me refuse jamais rien. » J’explique posément en lâchant enfin mon verre, pour venir appuyer mon menton sur ma paume. « Mais rassures-toi, je ne sais pas grand chose. Tu es un Chasseur, je connais ton nom… Et j’ai remarqué que tu aimais la vodka. Avec ton accent j’en déduis que tu viens de Russie. Très belle contrée. On m’appelle Suzanne de Vaujours. Mais dans ton pays, j’ai dû laisser une vague trace peut-être sous mon nom humain : Taranis. Encore que je n’ai rien fait de notable, mais j’imagine que vu mon âge l’Église et les guildes de Chasseurs doivent avoir vaguement entendu parler de moi… Tu vois je ne sais pas grand-chose. J’espérais qu’on pourrait converser tranquillement. Je ne te veux aucun mal, crois-moi. Si c’était le cas, tu serais déjà mort de toute manière. »

Je continue de sourire, sans le lâcher du regard. Ma voix est presque câline, rassurante et maternelle. Je ne mens pas. Je ne mens jamais, c’est inutile. De toute manière, j’impose respect et volonté avec aisance en général. Je me demande s’il va accepter ou bien essayer de me détruire. Cela m’ennuierait profondément de devoir le tuer alors que je le trouve sympathique.


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MessageSujet: Re: Na zdarovié, tovaritch!    Dim 4 Déc - 14:41

-T'as une drôle de façon de mettre à l'aise tes interlocuteurs, grogna Rafaël en se plongeant dans un autre verre.

Cela dit ça avait au moins le mérite d'être clair. Il connaissait son nom, et il savait qu'elle avait tout à fait raison; c'était d'ailleurs bien là le problème, et c'était pour ça qu'il évitait les vampires comme la peste: s'il pouvait facilement se tirer des griffes des plus jeunes, pour ce qui était des anciens, c'était autrement plus coton.

Il lâcha un rire rauque.

-Alors comme ça je t'intéresse? Tu dois drôlement te faire chier, à pister comme ça le premier pinpin venu qui s'amène à Prague. En tout cas j'peux te dire que pour ce qui est des ennemis potentiels, c'pas moi que tu dois craindre, j'touche pas aux suceurs de sang. J'ai assez à faire avec ces putains de velus.


La bouteille battit la charge sur le rebord du verre. Sa main tremblait, un peu.

-J'ai déjà entendu ton nom, camarade. J'ai un collègue, à Novgorod, qui s'était mis en tête de te faire la peau. J'me demande ce qu'il est devenu. En tout cas, toi tu t'es pas faite oublier. M'est d'avis que si tu te pointe en Russie, ça va être le branle-bas de combat de tous les cotés. Enfin, pour ceux qu'ont pas encore pigé que ça sert à rien de s'attaquer à des gens comme toi.


Logiquement, les plus vieux étaient ceux qui avaient réussi à survivre, donc les plus forts. Mathématiquement, une bonne raclée attendait donc ceux qui voulaient se frotter à elle. Cela dit, pour ce qu'il en savait, la dame avait depuis longtemps arrêté de terroriser les bonnes gens, même si quelques rancuniers la voudraient bien voir figurer sur leur tableau de chasse. Vu le minois de la vampire, c'était compréhensible. Cela dit Rafaël n'avait jamais compris cette fascination pervers que pouvaient éprouver certains: d'accord, beaucoup de vampires étaient loin d'être désagréables à regarder, mais il restaient des foutus cadavres. Et ça, Rafaël en avait vu assez.

Le vidage de la bouteille fut mis en pause. Il prit une longue bouffée de sa cigarette, la rejeta de côté, le menton posé sur sa vieille main usée. Des marques d'engelures rongeaient le bout de ses doigts, souvenir de ses chasses en Sibérie qui lui avaient failli lui coûter quelques-unes de ses extrémités.

-Quoi qu'il en soit, si t'es juste là pour causer, moi j'y vois pas d'inconvénient, reprit-il calmement.

Un sourire tordit son visage prématurément usé. Ses yeux, sombres dans la lumière du bar, avaient un éclat terne dans l'ombre creuse de ses orbites profondes, mais la fixaient avec attention.

-J'refuse jamais la compagnie d'une jolie femme, même si elle a cané d'puis longtemps. Et en plus si on m'offre à boire...

La première chose qu'elle apprendrait sur lui c'était que non seulement Rafaël était ivre mort, mais en plus il avait oublié depuis longtemps de savoir tenir sa langue. Il était franc, presque brusque, et la politesse n'était pour lui qu'une suite de syllabes sans significations; peut être que certains se seraient aplatis devant elle, l'auraient appelée madame, de part son nom qui semblait indiquer une origine aristocratique, ou bien de part son âge canonique. Ni l'un ni l'autre n'avait de valeur pour le chasseur, de la part de qui le respect s'exprimait par le simple fait qu'il ne soit pas déjà parti avec la bouteille sans un merci.

Ses vieux doigts marbrés de cicatrices jouaient distraitement avec le petit verre qu'il venait de vider. Ce qu'il faisait n'était pas très prudent, mais à vrai dire, maintenant que la dame s'était installée, il avait l'impression de ne pas trop avoir le choix. Sa paranoïa naturelle le poussait à penser qu'elle avait peut être des raisons de s'en prendre à lui en douce, peut être qu'elle mentait en disant qu'il serait déjà mort si elle avait une dent contre lui...

Il fit taire le tourbillon dingue de ses pensées, s'extirpant de la spirale méfiante où il était entraîné chaque fois qu'il commençait à s'interroger sur les gens autour de lui.

-Maintenant que j'y pense, c'était quand, la première fois que tu m'as croisé? Une tronche comme la tienne, je l'aurais déjà vue, je l'aurais retenue.
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MessageSujet: Re: Na zdarovié, tovaritch!    Sam 10 Déc - 12:41

Je souris à sa remarque mais je me doute que la vodka est plus que bien venue. Parmi les rares choses que je sais sur le Chasseurs, c’est la seule qui semble pouvoir me permettre d’entrer en contact sans pour autant risquer une altercation violente dés le départ. Ma curiosité demande à être satisfaite, et je le trouve étrange, différent de ses semblables qui ont croisé ma route au cours des 21 siècles que j’ai vécu. Je continue de jouer avec mon verre sans le boire. Je ne peux pas ingurgiter des boissons ou nourritures humaines. Seul le sang a un attrait et un goût savoureux pour moi, et principalement celui de mon époux, breuvage exquis et qui me met toujours en état de transe euphorique. Par contre si je veux ressentir le goût d’un alcool, il me faut avoir pour proie quelqu’un qui en a consommé une certaines quantité pour que son sang en ait la saveur. Mais je n’ai pas soif. Pas en cet instant. Il est loin le temps où il me fallait plusieurs Mortels par nuit ou encore chasser chaque nuit. J’ai atteint un âge où je peux me passer pendant très longtemps de boire du sang. Cependant je ne joue jamais avec mes limites, consciente que mon âge ayant fortement augmenté ma puissance, cela serait un énorme risque. Et comme je travaille avec des Humains chaque nuit, j’évite de devenir un potentiel danger pour eux. Mais pour le moment je suis sereine, non sous l’emprise de la brulure de la soif. En fait, j’ai juste envie de discuter et de mieux comprendre l’Homme qui me fait face. Je pense que l’échange pourrait être enrichissant pour les deux.

« Je m’efforce au mieux de satisfaire mes interlocuteurs en répondant à leur besoin ou envie. Malgré tes propos, tu sembles apprécier mon présent. » Je rétorque avec un sourire amusé et séducteur sur les lèvres.

Je ne rechigne jamais à me présenter, sous mon nom actuel choisi par Ludovic ou celui ancestrale qui fait de moi un mythe vivant. Je sais pertinemment que j’ai peu d’ennemi capable de m’atteindre directement. Il faudrait pour me blesser s’en prendre aux miens, mais cela provoquerait un massacre digne de celui que j’ai commis quand on a éliminé ma chère sœur en Espagne. J’effraye en général suffisamment pour qu’on ne m’affronte pas directement. Quant à mes Familiers et ma Famille, je me montre protectrice et très prudente, ayant appris de mes erreurs passées. Son sourire me fat arquer un sourcil et je lâche ma coupe de champagne. Son langage haché par son accent agréable à mes oreilles me fait vaguement sourire. S’il croit me choquer en parlant comme dans les bas quartiers, il se trompe. Je n’ai de noble que la richesse et le nom. Après tout humaine, j’étais une catin à Rome. Ce n’est qu’une fois Vampire que j’ai acquis de la noblesse et de l’éducation plus raffinée. Néanmoins, c’est aussi dans les quartiers du peuple que j’ai déniché mon époux. J’aime retourner de temps à autre dans ce genre d’endroit et entendre un langage cru moins faux et plus directe. Il en faudra plus pour me faire déguerpir.

«Pas spécialement. J’ai un travail assez prenant en temps normal, mais parfois j’aime faire autre chose. Je t’ai croisé par pure hasard, en réalité. Et tu m’as intrigué. Pour le reste, je tue mon temps comme je le peux. Crois-moi, j’ai trop vécu pour encore pouvoir m’étonner des modes de vie humains, alors je m’intéresse aux personnes. Je vois tu es donc un ennemis des Lycanthropes. Après tout, chacun sa spécialité je suppose. » Je réponds toujours d’une voix suave.

Je joue à nouveau avec le bord de mon verre alors qu’il avale un autre cul sec. Je l’observe. J’ai toujours été étonnée par la capacité de certains Humains à avaler des quantités énormes d’alcool. Je l’écoute et les vieux souvenirs remontent en moi par vague. C’était dans ces contrées que j’avais rencontré mon premier Infant Vitaly. Je me souvenais de ce qu’on lui avait fait et de ma colère d’avoir dû le transformer. Mais cela remonte à si loin maintenant…. Je n’avais pas vraiment appris de mes erreurs, vu la fin tragique de cassandre. Cependant aujourd’hui j’assurais mieux mes arrières et les miens.

« Plus de mille ans après on parle encore de moi… La mémoire de Chasseurs est assez lointaine, mais je doute qu’ils pourraient me reconnaitre. Après tout, cette nuit-là je me suis juste vengée. Ils avaient tué Vitaly, m’avaient forcé à en faire un Vampire… Ils méritaient selon la loi du Talion de périr à leur tour. Et encore, j’ai été gentille, ils n’ont guère souffert. Quant à ton ami, je ne le connais pas et ne serait te dire. Depuis 10 siècles, je n’ai pas remis les pieds en Russie. Les Mortels, Chasseur sou non, ne sont guère plus des ennemis… Du moins pas directement. » Je déclare après m’être sortie de mes souvenirs.

J’avais fait le choix de ne pas y retourner parce que je savais avoir commis une erreur en me vengeant. C’était le genre d’acte que mon père m’avait déconseillé, même si 3 siècles plus tard il devait faire le même à la mort de sa seconde fille. Néanmoins, c’était eux qui avaient commencé en attaquant et laissant pour mort mon Marqué, qui n’avait juste commis l’erreur que de les voir traquer un Lycanthrope. Ma rage avait été immense, ma douleur aussi. Même si j’avais accédé au vœu de Vitaly de devenir Vampire, j’étais triste qu’il ai eu à souffrir. Je ne pensais pas être contrainte de le métamorphoser. Mais les événements m’y avait contrainte. Quant à ses agresseurs, ils avaient eu la rançon de leur acte, bien méritée. Cependant, je peux comprendre leur haine et leur envie de me voir morte. Même si comme l’a dit mon compagnon de nuit, il y a peu de chance qu’ils me survivent. Pour eux, je dois être un mythe à traquer qui apporterait la gloire à celui qui m’éliminerait. Depuis le massacre lié à la mort de ma sœur cadette, je n’ai guère plus commis de crime du ce genre. Mais je sais que si on touchait à Ludovic, je deviendrais une folle furieuse et je raserais Prague et peut-être mettrais le pays à feu et à sang. Mon cher époux et mon seul indispensable, dont j’assure les arrières au mieux peu désireuse qu’on me l’arrache. Je reporte mon regard clair sur lui quand il reprend la parole et lui accorde à nouveau mon attention. Un sourire heureux et chaleureux nait sur mes lèvres quand il m’avoue être disposé à converser avec moi.

« Oh, je ne veux juste que parler avec quelqu’un qui ne fantasme pas sur les morsures de Vampires. J’ignore pour toi, amis moi je ne les comprends guères. » Je finis par lâcher en désignant de la main les êtres étranges à mes yeux qui nous entourent en ce moment dans ce bar. Je continue de sourire, amusée par l’Homme qui me fait face. Il en est presque attachant par sa spontanéité, si rare. « Je vois… Si tu en veux une autre, demande. »

J’apprécie vraiment ce Mortel pour sa brusquerie et son franc parler. Qu’il est agréable de pouvoir causer, sans chercher le sous-entendu mielleux et se demander si on vous adresse ses propos sincèrement ou par crainte de vous froisser. Être considérée comme une presque divinité par ma race est encombrant et lourd par moment. C’est pour cela que j’aime autant mon époux, entre autre. Parce que lui ose se montrer directe, tout comme Edward l’est à un autre niveau. Je sens que je vais faire de ce Chasseur usé par la vie un mai près de qui je pourrais me reposer. Au moins lui me dirait les choses telles qu’elles sont. Ce qui dans mon entourage fait office de rareté et trésor. Mes yeux font un rapide tour de la pièce toujours aussi encombrée, à la musique si assourdissante, avant de revenir sur mon compagnon. Rafael se méfie et s’interroge, un peu tard, sur ma présence. Je peux le lire sur son visage et à travers ses yeux sombres. J’offre de nouveau un sourire rassurant et amical. Il devrait me croire, si je l’avais voulu il serait déjà mort. Je n’ai même pas utilisé mes dons ténébreux pour le contraindre à me parler.

« Il y a quelques semaines, tu errais ivre mort à la sorti des bars de Podvesti. Tu sais je ne suis visible que si je désire être vue, sinon je peux très bien me fondre dans les ténèbres et passer inaperçue. De plus, je t’ai observée plus d’une fois sans être vu de ta aprt mon cher ami. » Je réponds avec un sourire amusé tout en recommençant à jouer avec ma coupe de champagne.

Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: Na zdarovié, tovaritch!    Dim 8 Jan - 10:26

Rafaël lâcha un rire bronchitique qui se termina en une toux caverneuse et en quelques jurons. Ivre mort et visiblement doté de poumons pourris par la cigarette. Ce type semblait décidément au bout du rouleau, et il fallait vraiment qu'il eut une solide raison de vivre pour continuer ainsi, alors que tout semblait partir en sucette et que même son propre corps lui faisait comprendre qu'il était temps d'arrêter les conneries.

-J'sais pas comment tu fais. Même moi à quarante piges j'en ai déjà ma claque des humains, alors toi, à ton âge... Enfin, comme tu dis, on tue le temps comme on peut.

Il fixa son verre d'un regard aussi vide que l'était le petit récipient. Son esprit détricotait ses pensées qui se diluaient à peine formulées. Il manquait une bonne partie de la conversation, et la voix douce et suave de la femme résonnait dans le vide. A peine les paroles comprises, il les avait déjà oubliées. Un effort lui fut nécessaire pour se maintenir à flot, et il se concentra sur elle, posant ses yeux grisâtres, sombres et tourmentés sur ce beau visage sur lequel le temps glissait comme une averse.

-T'en fais pas pour ça,
reprit-il une fois qu'il eut raccroché les wagons, conscient d'avoir raté une partie de ce qu'elle disait avant. J'ai vu assez de cadavres dans ma vie pour n'avoir pas envie de m'y frotter davantage, même si j'avoue que toi et les tiens z'êtes plus agréables à regarder.

Un sourire tordit son visage abîmé, et ses yeux retrouvèrent un peu plus de vivacité tandis qu'il arrivait enfin à maintenir un ordre relatif dans son esprit et à garder la tête hors du flot d'alcool qui lui submergeait le cerveau depuis le début de la soirée.
Il sembla amusé un instant, et puis plus du tout quand elle avoua sans détour l'avoir déjà observé à plusieurs reprises.

-Décidément, grogna-il. Tu sais quoi dire aux gens pour les rassurer. Je t'intéresse vachement, dis-moi.

Il ne pouvait s'empêcher se méfier, quand il apprenait ce genre de choses; un instant il se dit qu'elle avait peut être autre chose en tête que juste s'amuser à observer grouiller les mortels comme des fourmis en bocal, et puis renonça. Tant pis. C'était pas comme s'il était très attaché à sa propre existence, non plus.
La bouteille tinta contre le rebord du verre, sans mettre une goutte à côté. Pour un homme ivre mort, Rafaël conservait tout de même une grande maîtrise de ses gestes, trahissant un entraînement militaire qui l'avait formé à toujours se contrôler quelle que soit la situation. Oh, même dans cet état, il restait dangereux, parce que la chasse était sa vie, était tout ce qui construisait son existence, et qu'il s'imposait comme règle de toujours pouvoir être opérationnel quel que soit son taux d'alcoolémie.

-Cela dit, reprit-il en levant son verre à son adresse, je vois toujours pas ce qui peut te passionner chez moi, à part me regarder rouler sous la table tous les soirs. P'tet que ça t'amuse.

Avait-on besoin de signaler que depuis qu'il n'avait pu que regarder sa mère et sa femme mourir de manière franchement tordue, son amour-propre était réduit à zéro? Difficile pour lui de comprendre pourquoi on pouvait avoir envie de se pencher sur sa vie et ce qu'il restait de son existence qui se diluait dans les bouteilles, le sang, la poudre. A la dérive. Qu'on le laisse plutôt crever dans un coin, ça vaudrait mieux pour tout le monde.
Il vida son verre, se resservit, dans un geste machinal, comme un réflexe, qu'il ne pensait plus à ce qu'il faisait.
Rafaël n'était pas de bonne humeur, ce soir. Bien sûr, il ne l'était jamais, mais il y avait des jours où c'était pire que d'habitude. La ligne usée de sa bouche où il glissa une énième cigarette s'étira en un sourire.

-Mais j'trouve ça plutôt flatteur, qu'une jolie femme comme toi colle aux basques de ma vieille carcasse, ricana-il.

La dureté de son regard fixe trahissait cependant sa méfiance qui revenait, plus forte que tout. Il n'aimait pas qu'on en sache trop sur lui, et même s'il se foutait éperdument d'être espionné d'une manière ou d'une autre, il craignait que certains aillent remuer les tombes de son passé pour en tirer de quoi le frapper en traître. Cela dit, ceux qui s'amuseraient à utiliser le souvenir de sa mère ou de Katiouchka en seraient pour leurs frais car c'était précisément ça qui lui faisait perdre les pédales, et comme il ne pouvait supporter la souffrance, il la transformait en colère. L'une et l'autre dépassaient l'entendement, tellement insupportable qu'il fallait bien que ça sorte, si possible dans la détonation d'un chargeur vidé sur une cible, si possible dans la traque méthodique, sadique, obsessionnelle d'une proie.

Rafaël cligna lentement des yeux, conscient de s'être encore égaré très loin, et il s'aperçut que son poing s'était serré convulsivement autour du verre qu'il tenait. Ses articulations réussirent enfin à faire parvenir au cerveau leur message douloureux, et il desserra les doigts, avant de rallumer la cigarette qu'il avait laissée s'éteindre.

Au bout du rouleau.
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MessageSujet: Re: Na zdarovié, tovaritch!    Sam 28 Jan - 12:11

J’observe à travers mes logs cils, en biais, l’Humain. Il est en piteux état, malade de toute évidence et dépendant de l’alcool et de la cigarette. Oh, je sais ce que signifie être accroc. N’est-ce pas ce qui qualifie le mieux le besoin de sang d’un Vampire pour un Chasseur ? Mais cela est juste notre nourriture vitale. En réalité, nous ne sommes vraiment dépendants que du sang et de la salive d’un autre Canaïte. Quand on a gouté à la morsure d’un autre et bu son sang, plus rien ne peut avoir un goût aussi savoureux et nous paraitre aussi vitale. Nous devenons esclave de l’autre par se besoin d’être mordu et de mordre. L’échange de sang, s’il représentait autrefois un acte d’union entre deux Vampires, est aujourd’hui une manière de rendre esclave ses semblables… Pour ma part, il reste la preuve d’un amour infini et intouchable, d’une union parfaite et totale entre deux âmes et corps qui s’aiment. Je n’ai jamais utilisé cela pour asservir mon époux et il ne le fait pas plus. Cela ne nous a surement même jamais effleurés. C’était à nos yeux l’équivalent du mariage humain pour les Vampires. C’est resté. Parce que j’ai besoin de son sang autant qu’il a besoin du mien. Alors oui, je comprends l’attachement du Chasseur à ses drogues que sont l’alcool et al tabac pour les Mortels. Et loin de moi l’idée de le juger. Je constate par contre qu’il est en piteux état, la maladie le rongeant lentement. Dire qu’une seule goutte de mon sang pourrait tout guérir en lui…

« J’ai pensé ainsi il y a longtemps. Mais j’admire le peu de mémoire de l’Humanité, qui refait sans cesse les mêmes erreurs et son adaptation. Je pense avoir un regard éloigné, et plus… comment vous dites vous… ah oui, scientifique ! » Je réplique avec un air sérieux.

Le silence revient. J’ai conscience que mon compagnon de soirée n’est pas en état de comprendre tout ce que je dis. Son état d’ébriété est déjà bien avancé. Je me demande d’ailleurs comment il fait pour continuer à boire de l’alcool et à rester cohérent. J’en ai déjà vu des Humains saoules, mais capables de tenir aussi bien une conversation rarement. J’analyse toujours l’homme et ses réactions, son instinct de chasseur n’a pas vraiment pris le dessus. Il semble vraiment ne pas juger utile de me pourchasser malgré ma nature. Peut-être a-t-il conscience de son manque de chance de réussir face à un être de mon âge. Ses yeux viennent se poser sur mon visage ovale immuable, sur lequel les années passées n’ont laissé aucune trace. Je suis telle que j’étais cette nuit où mon Père m’a transformée. Peut-être même plus belle de par le sang vampirique qui court dans mes veines depuis 21 siècles. La peau toujours aussi blanche, voire plus nacrée, lisse et sans défaut gommé par ma nature, des yeux bleus intenses mais qui savent aujourd’hui masquer les sentiments et de longs cheveux d’or. Je ne peux rien changer à mon apparence. Et je m’imagine parfois telle une statue antique comme Rome en était peuplée sous l’Empire. Seul mon caractère a pu se modifier, certes pas en profondeur mais j’ai appris beaucoup de choses durant tous ces siècles qui ont fait de moi la créature posée et sereine, que je semble être. Je suppose que d’une certaine manière, je suis belle pour les Mortels, d’une certaine forme de beauté à leurs yeux. L’attrait physique des Vampires sur les Mortels m’a toujours fascinée. Quelque soit l’époque, nous rentrons sans changer dans les critères de beauté physique… Les propos de Rafaël me sortent de mes réflexions, et mes yeux reviennent d’eux-mêmes se poser sur lui.

« Je ne m’inquiète pas. Je ne pense pas qu’un Humain, même chasseurs, soit un danger pour moi. Il existe d’autres créatures dans ce monde dont je me méfie beaucoup plus. » Je réponds calmement. Bien sur, qu’il existe pure que les Vampires et Lycanthropes, et beaucoup plus sombres et mystérieux. « Ah le mystère de l’attrait des Vampires… Je t’avoue n’avoir jamais bien compris cette fascination et cette soit disant beauté que nous avons… »

Il ne me vient même pas à l’esprit de mentir. À quoi cela me servirait-il ? Je me contente de manière générale d’exposer les choses telles qu’elles sont sans les enjoliver ou les déformer. Néanmoins, parfois, une pirouette de syntaxe pour ne pas mentir amis ne rien révéler est nécessaire. Mais à mon âge, on est plutôt rodé à l’rat de la conversation. Cependant, face à un chasseur, je ne vois pas l’utilité de cacher certaine choses. Il est directe et sincère, je lui rends d’autant plus facilement la pareille que je l’apprécie. C’est surement cela qui m’amène à lui avouer que je l’ai observé. Parfois je tombe amoureuse d’un être, peu m’importe sa nature, il m’intéresse et je le suis pour mieux le connaitre. Ensuite, s’il le faut, je me décide à l’aborder ou je le laisse dans l’ignorance de mon existence et de ma nature. Tout dépend de qui et des circonstances. Pour Rafaël, l’approcher ne représentait pas un risque majeur et ma curiosité piquée à vif face à son comportement l’a emporté. Je reste néanmoins prudente dans ma manière de formuler les choses et je garde à l’esprit qu’il peut à tout moment se montrer moins amical.

« Loin de moi l’idée de t’effrayer. Je désire juste être aussi franche que tu l’es. Tu n’as pas à avoir peur de moi, je ne suis guère ton ennemie. Disons que j’observe toujours les êtres avant de les aborder. » J’explique avec un petit rire amusé.

Je sens l’inquiétude monter en lui un moment. Il devient méfiant, cherchant mes véritables intentions. Celles-ci sont telles que je les ai décrites : il m’intrigue, j’essaye de mieux le comprendre. Mais le tout retombe très vite et une vague de fatalisme émane de lui. Il se resserre à boire avec dextérité, sans rien renverser. Mon doigt continue de redessiner à l’infini les bords de ma coupe de champagne, maintenant tiède et surement imbuvable. J’avoue n’en avoir jamais réellement bu, cela n’existait point à Rome ni en Gaule d’ailleurs. Le gout de l’alcool ne m’est que vaguement familier à travers le sang des proies que je mords parfois, hormis celui maintenant lointain du vin bon marché coupé à l’eau qu’on buvait dans les maisons de filles de joies de mon vivant. Mais le véritable goût de ces choses, comme celui de la drogue qui m’insupporte, m’est véritablement inconnu. Ceci dit, cela ne me manque nullement.

« Plutôt ta capacité à traquer et chasser même ivre mort. Tu tiens bien l’alcool, mieux que la grande majorité des Mortels. Et tu fais toujours très bien ton travail de Chasseur… J’avoue en être étonnée. » Ma réponse doit se perdre dans le vide, il semble perdu à nouveau dans ses pensées personnelles. N’étant pas télépathe, j’ignore où il se perd. Ce que je sais, c’est qu’elles sont noires et douloureuse. Il ne faut pas avoir mon âge pour remarquer combien cet homme souffre et s’autodétruit volontairement, comme par punition. Son rire est mesquin et guère réellement amusé. Avec une voix suave, je réplique : « Tu m’en vois ravie… »

Mes yeux le quittent pour errer sur les Mortels qui hantent ce lieu étrange. Leur fascination pour ma race me sidère toujours autant. C’est à la mode comme on dit. Je lâche la coupe de champagne devenue imbuvable et fais une moue dubitative. L’odeur de la cigarette émane de lui. Je ressens les souffrances physiques et morales, qui lui sont imposées. Si je ne peux deviner leurs origines ni savoir par quoi un être est passée, je peux ressentir avec force beaucoup de chose. Mon ouïe me permet de détecter avec facilité sa respiration laborieuse et encombrée. En fait, j’entends tout ce qui se passe dans la boite de nuit. Mais je sais limiter mon attention et faire fi en partie des bruits qui me parviennent. Cependant, rien ne peut me surprendre réellement. Revenant sur lui, nez plissé et regard sérieux, je reprends la parole.

« Tu meurs… Ou plutôt tu te détruis on dirait… Pourtant tu es un des meilleurs chasseurs que j’ai pu croiser. Je ne comprends pas trop pourquoi et ne prétends pas tout savoir, mais cela m’intrigue. Comment avec tout ce que tu avales, qui te ronge de l’intérieur, peux-tu tenir une arme et ne pas rater ta cible ? Je croyais que ces substances diminuaient les capacités de Mortels ? » Je questionne sincèrement, avec une vraie pointe de curiosité dans la voix.

[HS: désolée vraiment du délais de réposne :s]


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MessageSujet: Re: Na zdarovié, tovaritch!    Lun 13 Fév - 12:34

Rafaël lâcha un rire rauque et brutal comme un aboiement.

-Fais pas l'innocente, répliqua-il. ça m'énerve quand toi et tes copains cadavres vous faites les saintes nitouches en disant que vous savez vraiment pas pourquoi vous avez des caravanes de gusses à vos basques qui vous idôlatrent. ça se lit sur ta tronche, tu sais que t'as un putain de pouvoir sur les humains. On a tué pour des moins belles que toi et tu le sais.

Il fixait la Suzanne d'un regard lourd comme une pointe de plomb, aussi incisive, lucide encore, malgré l'océan d'alcool qui faisait chavirer son esprit. Elle voulait de la franchise, oh, elle en aurait, chez le vieux chasseur usé jusqu'à la corde qui se foutait éperdument de ce qu'elle pensait. ça se voyait dans sa manière de se tenir, sa démarche, même sa façon de parler: elle était belle à s'en crever les yeux et elle le savait. Un visage qui semblait façonné dans la délicate et pâle matière dont son fait les pétales d'une rose, des yeux comme des aimants, magnétiques, hypnotiques, des yeux dont le regard gris, clair, une goutte d'argent liquide au creux de la paupière, pesaient comme une enclume sur ce qu'elle regardait. Un pétale encore, cette fois d'un froissement rouge et sanglant, faisait les lèvres qui cachaient dans leur écrin les perles cruelles de ses crocs embusqués. Une poupée? Une statue. Froide, parfaite, belle et glacée comme le vol de la flèche qui va tuer, comme un reflet sur une lame, comme le vertigineux écarlate du sang frais.
Non, personne ne pouvait rester insensible face à elle, et il était impossible pour elle d'ignorer cette apparence qui était la sienne, cette aura presque palpable qui l'entourait, qui faisait d'elle une reine parmi les mendiants, ancienne et inchangée comme quelque ancien joyau dont les feux n'avaient pas été ternis par les ans.

Il grimaça un sourire et avala encore un verre. Ses paroles ne le rassuraient guère, car il aurait fallu des années de patience et de persévérance pour apaiser définitivement la méfiance maladive du vieux chasseur; à tout le moins réussit-elle à le convaincre une fois pour toutes que le but premier de sa visite n'était pas de lui faire la peau.

Rafaël lâcha un ricanement sonore quand elle cracha enfin le morceau. Ah ça, pour ce qui était de tenir des cuites monumentales et continuer à tirer le lycan à cinquante mètres, chez les Vitaïev on était champions toutes catégories. Le taux de mortalité allait de paire avec ces performances, mais on s'en foutait un peu, à soixante ans de toute façon, plus beaucoup de chasseurs réussissaient encore à tenir debout, et Rafaël ne connaissait pas un seul des Chasseurs de sa famille qui soit mort paisiblement dans son lit à un âge avancé.

-C'est de famille. L'alcoolisme et la chasse. Depuis des générations c'est comme ça. Un genre de sélection naturelle, faut croire. Va donc faire un tour à Saint Pétersbourg, tu verra que tous les Vitaïev ont ça dans le sang.

Tous, ou presque. Il se demandait souvent ce qu'était devenue Ioulia, si elle était encore en vie, si elle avait fini par trouver ce qu'elle réclamait en vain. Un chasseur ne peut jamais vraiment échapper à son destin, si celui-ci est de combattre.

Sa main tremblait un peu, laissant tomber les cendres de sa cigarette sur la table. Plus les verres passaient, plus il semblait se voûter sur lui-même, courbant sa formidable masse, ses cheveux trop longs retombant sur son visage mal rasé, voilant un peu son regard grisâtre, si bien qu'il ressemblait plus à semi clochard ivre mort qu'à un chasseur de loups. S'ils savaient, tous, autour de lui... On lui jetait souvent des regards un peu méprisants, quand il finissait dans cet état, on le prenait pour un alcoolique ordinaire de plus, qui dormait dans le caniveau et dépensait tout son maigre pécule en boissons. On ne savait pas que son nom murmuré avait fait trembler les échines lupines des lycans de Petrograd, on ne savait pas non plus qu'il avait toujours sur lui de quoi faire exploser la cervelle de toute l'assistance, et que sa paranoïa naturelle faisait de lui un arsenal ambulant et un danger public.

Un ricanement nerveux lui échappa quand la vampire reprit la parole, et il prit le temps de finir son verre avant de répondre.

-J'te dis, on a ça dans le sang, chez moi.

Il écarta un pan de sa veste, dévoilant discrètement l'une des armes jumelles qu'il portait en permanence avec lui.

-Règle numéro un, toujours être opérationnel quelles que soient les circonstances. On apprend vite à rester sur ses gardes même avec quatre grammes dans chaque oeil, quand ta vie en dépend.

Cela dit on ne pouvait pas dire que ce soit ce paramètre-là qui puisse inciter Rafaël à savoir tirer dans le mille quel que soit son état.
Il alluma une énième cigarette et eut un sourire glacé, sans joie, un sourire comme une lame de couteau.

-Même si dans mon cas, je l'confesse, c'est plus le plaisir de la chasse qui me motive. Mon père nous faisait faire des exercices de tir n'importe quand, et j'peux te dire que quand t'as passé presque dix ans à suivre son entraînement, tu deviens une vraie machine à tuer.


Ah, le père Vitaïev... Il s'amusait à réveiller ses fils en pleine nuit pour des séances de tir nocturne. Quand ils avaient été assez grands pour connaître leurs premières cuites, papa leur collait des cibles sous le nez. Toujours tout contrôler, toujours faire comme si chaque minute était un entraînement. Jamais de répit, de quoi devenir dingue, ce que Rafaël avait fini par être, à sa façon, à ne plus savoir différencier une poignée de main et une tentative de meurtre. L'avantage, c'était qu'au moins il était efficace et qu'il faisait bien son métier.

-Et quand t'es devenu un chasseur, un vrai, reprit-il de sa voix rauque, y'a plus que ça qui compte.

Il avait prononcé ces dernières paroles avec l'intensité d'un aveu, la punaisant de ce regard trouble, profond comme un abîme, alors qu'il dévoilait sa raison de vivre.
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MessageSujet: Re: Na zdarovié, tovaritch!    Mer 7 Mar - 17:59

Son rire me fait arquer légèrement un sourcil et je braque mes yeux brillant dans l’obscurité voulu du lieu sur lui. Je l’analyse ses traits et ses yeux. Je ne vois pas ce que j’ai pu dire de si amusant. L’explication vient rapidement et me fait faire une jolie moue douteuse. Certes je sais que la nature vampirique permet d’attirer sans mal les Mortels, mais de là à en arriver à cela ….

«La nature Vampirique est accompagnée d’un fascination et hypnose certaine sur les Humains, certes. Mais nous savons aussi passer totalement inaperçu… Je ne nie pas les dons ténébreux… Mais ça ! » Je rétorque en faisant un vaste geste du bras englobant le bar et ses clients déguisés en Canaïtes. « Tout cela je ne comprends pas ! Combien selon toi de Mortels ici ont déjà eu réellement face à eux un Vampire ? Combien savent ce que l’on est vraiment ? Et pourtant, ils semblent fasciné et font de nous des créatures romantiques et presque gentilles, tels de gentils chiens dont les canines ont été limées… Mais s’ils voyaient un vrai Vampire, ils mouraient de peur et ne nous estimerait guère plus… Ils ont une vision étrange, depuis la sortie de ce roman insipide sur les Vampires scintillant au soleil … Ils ne savent rien de ma race, mais se déguisent et prétendent nous connaitre…. Tu peux penser comme tu veux, mais cette folie autour de mes semblables me restent incompréhensibles, même avec mon âge. »

Ma perception des choses est différente de la sienne. Je le laisse me détailler lentement du regard et peut-être se dire que je ressemble à un canon de beauté. Mais ce m’étonne depuis toujours c’est que quelque soit le siècle et ses principes de beautés, j’y ai toujours semble-t-il répondu. Fut un temps où l’immortalité me pesait, j’ai cherché à comprendre cette beauté devenu mienne avec l’éternité gagnée et qui semblait plaire. Puis par jeu, lassée de toujours briller, j’ai testé l’inverse. Être là mais invisible, n’être vue que si je le désire. Je copiais déjà à merveilles les Humains, tout en étant admirable de tous. Je suis devenue une ombre qui n’est visible que quand bon lui semble. Cela aussi est de nature. Aujourd’hui j’obtiens le respect des miens par la peur que mon âge m’octroie. Les Mortels m’admirent quand je daigne être visible et être admirée. J’aime encore jouer ce jeu de la séduction et être le centre du monde, mais beaucoup moins souvent qu’avant. L’admiration et l’amour de mon époux me suffisent. Néanmoins, séduire est une arme de chasse chez nous. Parfois quand je me fige sans bouger, je ressemble aux statues qui bordaient le forum de Rome, je prends alors cette apparence de perfection antique, parait-il. Vivante et morte, animée et statufiée… au finale, tout cela n’est plus que jeu à mes yeux, une manière de tuer le temps et de m’amuser…

Sortant de mes réflexions qui ne datent pas d’hier mais restent sans réponse malgré tout, je promène mes yeux clairs à nouveau sur l’assemblée. Un repère à proie facile et idéale pour un Canaïte peu scrupuleux et qui voudrait la facilité. Tous ici par jeu de rôle offrirait leur gorge à un suceur de sang et en réaliserait que bien tard leur erreur mortelle d’avoir cru à un jeu. Oui pour un Vampire ne cherchant pas de défis et voulant la simplicité, la réserve de sang est en ces lieux assurées. Bien que cela risquerait d’être trop peu discret. D’ailleurs, y a-t-il de mes semblables dans la boite de nuit ? Probablement, je sens quelques auras typiques des miens mais ne chercher pas le contact. Je désire juste parler avec le Chasseur, n’en déplaise aux Conseil et à la Carmilla. D’ailleurs, je suis sure qu’ils auront vent de cette conversation amicale avec le soit disant ennemi ! Oh, je jubile déjà de la tête qu’ils tireront et je me demande qui aura assez de culot pour me le reprocher et risquer mon courroux et ma crise de colère légendaire. Après avoir fait le tour du club, mes yeux reviennent sur mon compagnon de nuit. J’aime sa sincérité et son côté franc, si loin des ronds de jambes des Conseillers. Je ramène le sujet sagement sur ma curiosité à son encontre : il tient bien l’alcool, même saoul il sait encore chasser. Je suis avide de compréhension. Les Humains sont si étranges et intéressants dans leur aptitude à survivre, même après les pires outrages de la vie. Son explication tient, je suppose, la route.

« de famille ? Je savais que c’était un héritage d’être Chasseur, pas l’alcoolisme… Crois-moi j’ai rencontré beaucoup de gens qui passaient leur vie sous l’effet de l’alcool, mais rarement aussi net et apte que toi. Tu m’impressionnes, je le reconnais. » Je réponds avec un sourire poli.


Je ne le lâche pas vraiment des yeux, même si parfois je le regarde en coin. Le fait qu’il soit un Chasseur m’engage à quand même me méfier, bien que je sois nettement plus rapide que lui. Bien sur je joue le jeu de la conversation normale, n’imposant rien. Je retiens même mon aura, perceptible pour lui, au maximum pour ne pas paraitre envahissante et dominatrice. Je cherche juste un contact simple et franc avec un Chasseur. Il y a bien longtemps que je n’ai guère eu l’occasion de converser avec l’un d’eux en toute quiétude comme cette nuit. Rares sont ceux qui se laissent approché, sans que j’use de mes dons, aussi près sans broncher ou fuir. Aussi je compte bien profiter au maximum de cette conversation avec le Chasseur russe. Je remarque ses tremblements, et la manière qu’il a se pencher vers la table. Fatigue et alcool font leur effet sur son être usé et malade. Je perçois tout cela avec aisance liée à mon grand âge et ma capacité à déchiffrer chaque réaction physiologique d’un Humain. Un rire rauque et emprunt de nervosité lui échappe. Il se méfie toujours de moi, ce que je peux comprendre vu ma nature. Il me répond en me montrant une arme habillement dissimulé sous sa veste. Il se lance dans une explication sur la manière de rester en vie et l’entrainement que son père lui a fait subir quand il était plus jeune. J’appuis mon coude sur la table et mon menton dessus avec un air concentré, écoutant attentivement ses propos. Je ne dis rien, ne bouge pas, figée telle une sculpture humaine. J’écoute et assimile ce que j’apprends, comme à chaque fois. Une nouvelle cigarette, le bout incandescent attire un moment mon regard avant de se poser sur les traits tirés et las de l’Humain. Je le laisse finir son discours et attends quelques secondes soutenant son regard avant de répondre.

« Si je te comprends bien, tout est une question d’entrainement. C’est parce qu’on t’a formé dés l’enfance que tu arrives à viser et tirer même saoule ? Chez nous on dit que plus on vieillit mieux on se contrôle. Il faut avoir un certain âge pour réellement avoir une chance de survie. C’est ce que vous Mortels appelez l’expérience. » Je réplique calmement. « Alors tu chasses par plaisir ? Mais que chasses-tu exactement si ce n’est les miens ? As-tu une spécialisation ?»

Je l’observe de longues minutes en silence, n’ajoutant rien. En réalité, je l’analyse simplement. Son odeur, ses réaction physique, sa toux alarmante… Tout en lui désigne un être usé, fatigué et malade. Le genre de proie qu’un Vampire évite car le goût du sang est infecte, comme pour les drogués. Mais il tient debout. Il s’enfonce volontairement et continue comme si de rien était. Étrange comportement humain.

« Tu te meurs… Je peux le sentir… Pourtant, tu continues à avaler ce qui te tue et ronge. Pourquoi, vous les Humains, vous faites cela ? Vous vous acharnez à vous détruire ? … Tu sais que je pourrez te soigner très facilement ? » Je demande et propose. Une seule goutte de mon sang le guérirait de tout sans autre conséquence….. Mais de là à lui en offrir, nous en sommes guère ami et le sang est précieux.


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MessageSujet: Re: Na zdarovié, tovaritch!    Jeu 22 Mar - 19:39

-ça devait déjà exister à ton époque, répondit Rafaël d'un ton posé, manipulant son verre du bout de ses doigts rongés. ça a toujours existé, je pense, c'est collé à l'être humain, ça fait partie de lui. On a toujours été attiré par les trucs dangereux. On aime se faire peur. C'est pour de faux bien sûr, mais ça marche quand même, ça a du charme, le frisson de l'interdit.

Il fit une pause, cherchant ses mots. Il se prit à sourire pour lui-même, tellement ivre qu'il se retrouvait à expliquer à une vampire multi-centenaire pourquoi les humains lui collaient comme les mouches à leur miel.

-C'est naturel pour les humains, ils ont toujours envie d'apprivoiser leurs peurs pour les garder à la niche. C'est ce qui se passe avec vous autres vampires, maintenant que ça fait des millénaires que vous leur foutez les miquettes. Fallait que ça arrive, hein, c'est normal. On essaie de surmonter nos peurs et d'en tirer ce qui nous plaît le plus, ça doit être ça; et puis, je te dis, l'Homme a toujours au fond de lui une fascination pour le truc qui rampe dans le noir et vient lui sucer la moelle. Et si ce truc a en plus une belle gueule, ça fait fantasmer dans les chaumières.

Le chasseur vida son verre d'un coup de glotte, jetant un regard sur les donzelles emballées dans des dentelles de pacotilles et les grands types maigrichons en manteau noir qui sirotaient d'un air impénétrable du mauvais whiskey-coca. La jeunesse persistait dans son ridicule, ça n'avait pas changé; il fallait bien qu'ils s'amusent un peu, tant qu'ils n'emmerdaient personne.

Il laissa son regard vaguer un moment, avant d'être brusquement ramené à la réalité par les questions de la belle. Une grimace qui ressemblait à un sourire lui tordit le visage et il écrasa sa cigarette d'un geste maussade.

-Faut croire que ces choses-là nous passent dans le sang aussi, et puis quand on fait ce boulot, quand on a cette vie, crois-moi que la bouteille devient vite ta meilleure pote, et celle-là au moins t'as pas peur de la voir crever dans tes bras en crachant ses entrailles.

Il s'interrompit brusquement, ayant craché ces mots avec une espèce de colère douloureuse, rentrée, qui trahissait un certain vécu. Ses yeux gris, animés d'une rancoeur rageuse, s'étaient soudain détournés tandis qu'il fouillait ses poches à la recherche de ses cigarettes qu'il trouva finalement sur la table. Sa main gauche fut agitée d'un spasme quand il alluma un énième clopiot fumant.

-L'expérience, c'est ce qui fait bien souvent la différence entre les morts et les vivants, chez nous. Les jeunes sont les premiers à trinquer en général, suffit d'une erreur pour passer l'arme à gauche. Les vieux briscards sont des durs à cuire, pour atteindre un âge avancé, dans le milieu, faut sacrément être coriace.

Et il en état, de ceux-là. Il en était manifestement avec sa vieille trogne hargneuse d'ivrogne usé jusqu'à la corde.

-Mais ouais, t'as juste, c'est l'entraînement qui fait que je suis encore capable de coller une balle entre les deux yeux de n'importe qui.


Un ricanement aigre lui échappa. Ses yeux grisâtres s'étaient perdus dans le vague alors qu'il parlait, presque à coeur ouvert, autant qu'un homme aussi renfermé que lui pouvait le faire. Cette femme était une étrangère, pourquoi s'acharnait-il à lui répondre? Il n'en savait rien, il était ivre mort, alors pas grande chose n'importait, si ce n'était la bouteille qui se vidait et cette poigne glacée qui lui serrait le ventre et le coeur, comme chaque fois qu'il repensait un peu trop à tout ça. Quelque chose semblait chercher à s'extraire à tout prix de lui, et une part de lui-même s'apercevait avec horreur que ce dont il avait somme toute besoin, c'était de se confier, un peu, de relâcher un peu de son fardeau et de se libérer du trop grand poids qu'il avait à supporter.

-J'ai plus que ça pour me raccrocher à la vie,
lâcha-il dans un grognement. Tu piges? Rien d'autre.

Il balaya vaguement la table d'un revers de la main.

-J'ai lâché mon clan, mon pays, et tout le reste. Le seul truc qui me fasse encore tenir debout, c'est la chasse et rien d'autre.

Une pause. Un sourire tordu, d'une amertume sans fin, creusa de profondes rides aux commissures de ses lèvres.

-Avec évidemment la bouteille.

Il joignit le geste à la parole, remplit encore son verre d'une main qui trembla encore, trahissant peut-être que le chasseur sans être en confiance relâchait un peu sa vigilance. *

-Dans ma famille, on chasse le loup depuis toujours. Le premier Vitaïev dont on a trace était un chasseur de loup, et tous ses enfants l'ont été après lui. On se cantonne plus depuis des lustres aux simples animaux, on veille au grain en ce qui concerne aussi les lycans. Et les démons aussi, mais ça c'est pour rigoler un peu quand on s'ennuie, y'a toujours à faire avec ces saloperies.


Son poing se crispa sur son verre, si brusquement que l'on s'attendait à voir le verre crisser et se briser sous la pression de sa grande main brune et rongée par les cicatrices, dont les jointures épaisses blanchissaient au point de transpercer la peau. Sa mâchoire contractée laissa échapper quelques jurons en russe, qu'il noya dans un énième verre, le regard noir d'une colère recuite, passée, tannée, encore vivace sous la cendre, qui ne cessait de le poursuivre.

Rafaël eut un vague sursaut, un spasme, quand elle reprit la parole, et ses mots le frappèrent comme autant de gifles.

-Je sais, grogna-il en se tassant sur lui-même comme un chien hargneux. Même si tu voulais le faire, moi, j'en voudrai pas, de ton aide.

Il dessera sa prise sur son verre et jeta un regard vide sur sa paume lacérée de vieilles balafres, rêche comme du papier de verre.

-Si tu te pose encore cette question, reprit-il d'une voix atone, c'est que t'as pas assez fréquenté de paumés dans mon genre. Tu devrais savoir que le meilleur ami de l'homme qui souffre, ça reste un bon pinard. On oublie un peu. On repousse à demain, pour toujours. Et quand on oublie pas, quand on arrive pas à s'enlever quelque chose de sa putain de tête, ça permet de s'en foutre un peu. Dans tous les cas, ça soulage.


Le chasseur leva vers elle son regard gris, terne soudain dans le visage las d'un homme cinquantenaire qui avait tout perdu. Sa bouche s'ouvrit, brièvement, dévoilant ses dents usées et jaunies par la cigarette, s'ouvrit sur une parole silencieuse qu'il ne put pas prononcer. Pourquoi buvait-il? La vraie question était: que fuyait-il?
Elle avait raison, il se tuait lui-même, lentement, inexorablement. C'était trop tard pour faire marche arrière.

-J'me dis qu'un jour ça, ou un lycan un peu plus fortiche que les autres arrivera enfin à avoir ma peau, reprit-il en soulevant son verre à hauteur d'yeux, le fixant sans le voir. ça me fera des vacances. P'tet que ce jour là j'arriverai enfin à oublier.
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MessageSujet: Re: Na zdarovié, tovaritch!    Jeu 5 Avr - 15:57

Toujours exister ? Pas vraiment ou alors il faut brasser large l’admiration que peuvent porter les Mortels aux Créatures surnaturelles. À mon époque, on ne se déguisait pas en Vampires ou autre pour en être proche. Non, on nous craignait et vénérait mais ne nous imitait point. C’était différent, parce que le monde mythologique et fantastique était bien plus vaste et permissif que maintenant avec leur religion à Dieu unique. Parce qu’à l’époque l’Homme acceptait le surnaturel, l’incompréhensible sans vouloir rationnaliser.

« Pas vraiment, en tout cas on ne se déguisait pas en Vampires ou Lycanthropes. C’était très différent, en fait. Quand je suis née Vampire, le monde admettait beaucoup de chose et ne rationalisait pas tout. Alors, nous étions, selon les contrée et croyances, des monstres assoiffés de sang au visage humain pour tromper nos proies et à éliminer par les guerriers ou alors des divinités, belles et immortelles, immuables et fortes qu’il fallait nourrir de sacrifices. Nous étions parfois idolâtrait et si nous jouions finement, nul besoin de chasser, on nous offrait une proie… Souvent un prisonnier ou esclave. Mais bien sur Lycan et Canaïte fascinaient énormément et étaient craint…. Les Sorciers aussi étaient mieux vu que maintenant…. Et puis les mentalités ont changée, la religion unique s’est installée et les anciens mythes si bénéfiques pour nous ont disparu… Nous n’étions plus des divinités, il n’était plus admis que nous existions car païen et immoraux. On s’est adapté. Nous nous sommes fondus encore plus dans la société et avons appris à paraitre humains pour chasser. De toute manière, soit nous acceptons et suivons les mouvements des Mortels, soit nous sommes destinés à mourir. Ce n’est si évident, tu sais, de voir tout changer autour de soi et de rester figé éternellement…. Je veux dire que depuis 2074 ans je n’ai pas changé, pas une ride, pas un cheveu blanc… Je ne peux même pas les couper ou en changer la couleur. Je suis telle que j’étais à ma mort et je el resterais indéfiniment ou au moins jusqu’à ma seconde mort…. Pourtant, le monde est très loin de celui quia été le mien. » Je réplique, lancée dans un discours un peu mélancolique.

Les Humains, chasseurs et autres êtres pensent que nous avons faciles. Ils idolâtrent notre immortalité sans en connaitre le prix exacte. La jeunesse éternelle, l’immortalité…. Des éléments qui font fantasmer la société actuelle encore plus que les anciennes civilisations. Et pourtant, j’en ai connu des Vampires incapable de survivre vraiment. Certains deviennent fous et incontrôlable, il faut alors les éliminer. D’autres ne supportent pas de ne plus rien connaitre et se donnent la mort eux-mêmes en provoquant les Chasseurs, l’Inquisition ou encore en s’offrant au soleil. Même moi j’ai à un moment imaginé en finir parce que le poids de ma non vie était considérable, mais j’ai rencontré Ludovic, mon époux… Non devenir Vampire n’est pas un cadeau de jeunesse éternelle. C’est contrainte à une vie nocturne, à s’abreuver de sang humain, tabous suprême chez les Mortels, sous peine de se figer et accepter de devoir toujours s’adapter à ce que les Humains, nos proies, font du monde. Car ce sont eux qui le façonnent et non nous. Nous, nous pouvons juste dans l’ombre en tirer certaines ficelles et nous imposer doucement sans rien changer au fond. Bien sur, j’ai accepté ma transformation en sachant cela, même si pour la fille de joie des bas quartiers de Rome et esclave celte cela n’avait que peu de sens à mon esprit.

« Chez mon peuple, la peur était arme de guerre servant à affaiblir moralement l’ennemi… Tu as sans doute raison. Pour autant, je doute que beaucoup ici sont prêt à admettre que ce qui hante leur cauchemar soit réel et bien tapis dans l’ombre. Après tout, l’Homme a surement oublié pourquoi il a peur des ténèbres …. Autrefois, par les mythes, ils savaient ce qu’ils cachaient et qu’il devait se méfier. Aujourd’hui, c’est juste un fantasme nourrit par une certaine littérature ou filmographie rarement réaliste. » Je réponds après un petit silence.
Mon regard se pose sur les imitations des Canaïtes que font les humains. C’est étrange de voir comme ils n’y connaissent rien. De part les films et romans, ils nous imaginent comme vêtu au 17 ou 18ème siècle avec un air de ce qu’on appelle aujourd’hui le gothique. Merci Hollywood et ses navets sur le sujet ! Pourtant, un vrai Canaïte va s’habiller, se mouvoir et parler comme un Mortel. Dans le cas contraire, il serait plus qu’aisé de nous repérer et éliminer. J’hausse les épaules. Après tout si cela les amuse….. Je reviens à mon intérêt premier : le chasseur de Lycanthropes qui me fait face. Et curieuse de voir ce qu’il peut avaler comme alcool et tenir debout malgré tout je questionne sur le sujet. Après tout, je ne peux être ivre et j’ai peu de souvenir de ma vie mortelle sur cela. Il met quelques minutes à me répondre et j’écoute patiemment. J’ai presque l’impression que sa soif d’alcool est, dans la limite du raisonnable, comparable à la soif que connait chaque Vampire. Je remarque qu’il m’offre un argument tout personnel, sur la perte d’in être cher. Pourtant je ne creuse pas, sachant pertinemment que questionner le repousserait dans ses retranchements.

« Beaucoup de chose passent pas le sang, chez n’importe quelle créature. Au fond, tu bois pour oublier si j’ai bien compris ? » Le question est sincère, je cherche vraiment à le comprendre.

Je l’observe, être brisée par le deuil et la tristesse, devenue rage vive avec les années. Probablement a-t-il vu mourir sa famille, son épouse, ses enfants…. Et cela l’a détruit. J’ignore la cause réelle de son mal être, mais je le discerne et oh combien je le comprends. Quand ils ont éliminé Cassandre, ma chère et douce sœur, n’ai-je pas de douleur, triste mêlée à la rage avec mon Père détruit un village complet ? C’est la seule fois où réellement le sang a coulé gratuitement sans nécessité… J’ai éliminé même des innocents n’ayant rien fait. Pas comme avec Vitaly où je me suis contentée de châtié par la mort ses assassins. Non là j’ai vraiment pu tout détruire. Et je sais que si on m’enlevait encore un être cher je pourrais rayer Prague de la carte du monde sans plus de prévention, quitte à me rallier au Sabbat. J’observe ses mains tremblantes allumée une cigarette. Je constate qu’il avale de l’alcool et fume sans interruption, ne savourant même pas le goût.

« Tu n’apprécieras peut-être pas la comparaison, mais il en va de même pour ma race. Un Nouveau-né a toutes les chances d’être repérer et éliminé. Ils ont trop soif, ne se contrôlent pas et n’ont pas de réflexion, orgueilleux d’être immortel et se croyant intouchables. Après tout la sagesse et la maîtrise des dons obscures ne viennent qu’avec l’âge…. Enfin pour ma race ont parle en siècles ou millénaires bien sur. » Je compare avec un léger sourire taquin.

Il est vrai que moi je suis arrivée à un âge où peu de choses peuvent encore avoir raison de moi. Du moins un chasseur réfléchi et non suicidaire ne m’attaquerait point. Peut-être ma lignée… Meilleure moyen de nous énerver en général et d’attirer notre attention, à nos les Anciens et encore plus aux « Antiquités ». Meilleur moyen aussi de se faire prendre en chasse par un très vieux Vampire set de se faire massacrer après tortures et souffrances. Rafael poursuit, lentement et à mots couverts, mais il continue de se confier. Je me fais silencieuse et compréhensive, confidente parfaite. J’ai assez vécu pour tout comprendre ou presque, car certains choses typiquement humaine m’échappent ou me sont devenues incompréhensibles. Mais je sais me montrer douce et être une bonne oreille. Et je sens son besoin de se confier, alors j’écoute et tente de répondre au mieux.

«Probablement oui… cela et ta colère qui te guide, n’est-ce pas ? » Je réplique après une petite réflexion. «Je vois…. Au fond tu te raccroche à ce que tu maitrises et ce qui te permet d’apaiser ta colère. Je pense comprendre tes motivations. Même si tu te condamnes à la mort volontairement…. Mais peut-être as-tu de bonnes raisons pour cela.»

Il se sert un nouveau verre alors que moi je repousse du bout des doigts ma coupe de champagne encore pleine. Le liquide ambre ne pétille plus depuis longtemps et est tiède, imbuvable malgré sa valeur. Peu importe, je commande à boire pour ne pas paraitre suspecte, mais jamais je ne vide un verre. Mon corps ne le tolérerait pas, seul le sang m’est assimilable. Et puis il ya toujours moyen de s’en débarrasser en le laissant trainer discrètement ou en l’offrant, parfois en arrosant les plantes de la pièce. C’est ce que je faisais à l’époque où mon terrain de jeu était les salons de l’aristocratie européenne, surtout française. Mes verres de vin ou liqueur finissaient vider dans les fontaines des appartements ou dans les pots de plantes ornant les lieux. Ou bu par mes Marqués et goules, peut nombreuses mais qui me suivaient. Toujours avec finesse et de manière invisible et après restait à imiter les Mortels ivre… Je suis devenue avec les siècles une superbe comédienne, une vraie humaine juste trahie par ma manière de parler et d’agir, parfois typiquement classique, et par la teneur de mes propos trop sages et réfléchis…. Parfois par mon regard blasé qui se pose sur les autres et leur prouve que j’ai déjà tout vécu. Mais en dehors de cela, je peux paraitre parfaitement mortelle, ce qui est un avantage quand on a ma position sociale et en vue. Je l’écoute parler de sa famille et de la chasse aux loups. C’est vrai que dans les plaines du nord on en trouve beaucoup, peut-être que cela explique la présence en masse des Lycanthrope par là-bas. Lentement je fais constatation à voix haute qu’une simple goutte de mon sang soignerait toutes ses maladies, physique du moins. Sa réponse me fait sourire amusée.

« Ce n’était point une proposition mon cher, mais une constatation. Saches que dans ma lignée rien n’a plus de valeur que le sang. Que ce soit celui commun qui nous unit ou bien simplement celui qui coule dans nos veines. J’ai été éduquée pour ne pas le donner sans réflexion et dans l’idée qu’il est précieux et à ne pas distribuer… Ceci dit le sang de n’importe quel Vampire te sauverait la vie. Et contrairement aux croyances on n’en devient pas dépendant. Mais ta motivation a refusé est autre, n’est-ce pas ? » J’explique lentement.

Je le fixe alors qu’il m’explique pour il boit démesurément. Je fronce les sourcils un instant, guère convaincue, mais comprenant le sens qu’il donne à ce geste-là.

« J’ai côtoyé de tout. Que ce soit quand j’étais une pute romaine ou une Vampire désirable. J’ai trainé aussi bien dans les villages pauvres et démunis que dans les grandes villes ; au milieu des bas quartiers ou dans les cours des rois et princes ; j’ai aimé et côtoyé des illettrés et d’illustres génies et penseurs…. J’ai vécu assez longtemps pour tout voir, mais cela ne signifie pas que je peux tout comprendre chez vous. Mais j’ai déjà remarqué que vous vous enfonciez dans l’alcool ou la drogue pour oublier ou par pure vice… C’est une chance que vous avez. Car moi de par ma nature je ne peux rien oublier, rien n’a d’effet sur moi pour me porter à l’extase complète et me faire décrocher de ce monde, hormis le sang de mon époux et sa morsure câline. Et ma mémoire est infaillible…. Alors je vis avec mes bons souvenirs et mes remords, sans pouvoir oublier un instant…. Pour cela, parfois je vous envie sincèrement. » Je me livre un peu sur el poids de l’immortalité. Certes je l’ai accepté mais certaines choses, comme la mort de ma sœur, me restent intolérables et difficile à accepter. « Et crois-moi en 21 siècles j’ai assez de choses à chérir et à regretter …. »

Nouveau silence méditatif et sa dernière phrase me fait à nouveau sourire, maternelle et compréhensive.

« Fut une époque où je pensais comme toi… Mais je suis toujours là. Toi, tu es mortel, si ce n’est ta chasse ou la maladie, le temps aura raison de ton corps. Pour autant auras-tu l’oubli ? Je l’ignore, dans mes croyances humaines ont été puni ou récompensé par les dieux après notre mort pour notre vie… J’ignore ce qu’il en est pour toi et tes croyances. Mais je doute que l’oubli existe réellement, car il y aura toujours quelqu’un pour se rappeler de nous et nos actes… » Et me voilà devenue philosophe pensante. « Nous perdurons dans la mémoire et le sang de nos descendants. »


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MessageSujet: Re: Na zdarovié, tovaritch!    Ven 4 Mai - 16:11

Rafaël l'écouta sans mot dire. Il souriait vaguement, pensif, réfléchissant à ce qu'elle disait. Elle avait raison dans un sens, qu'est-ce qu'il en savait, lui, avec ses quelques décennies de vie, face à elle qui allignait quatre chiffres au compteur. Il se demandait comment elle faisait. Lui, à même pas cinquante piges, en avait déjà plus que marre du monde de merde où il vivait, alors elle... Elle avait vu vivre et mourir les empires, les royaumes, les pays et les rêves, les révolutions, les espoirs, tout voir passer sans changer d'un iota. Il sourit plus largement quand leurs pensées aboutirent au même point: tout changeait, sauf elle.
Il se doutait bien que ni la jeunesse ni la vie éternelle n'étaient un cadeau, il fallait être un peu con pour penser ça et ne surtout rien connaître de la vie et de ses coups bas, il fallait n'avoir rien vécu pour ça. Il ne croyait pas à la vie heureuse, il ne croyait pas au bonheur parce que ça n'existait tout simplement pas.

Un sourire lui revint, encore, tordant ses traits usés.

-Je sais pas comment vous faites, honnêtement; moi je fonderai un fusible dès la première centaine d'années.

IL se resservit un verre, écrasant sa cigarette de l'autre main.

-C'est parce qu'ils ne croient plus en vous qu'ils ont réussi à apprivoiser leurs peurs, c'est ce qu'ils croient. Dans un sens, ça peut vous avantager, non? Un humain qui ne croit plus aux vampires doit un peu moins se méfier quand vous leur tournez autour non?

Rafaël s'intéressait rarement aux moeurs des autres races, et il n'aimait guère les vampires pour le danger qu'ils pouvaient représenter malgré qu'il estimât que ce ne soit pas son boulot de s'en charger. Cependant la conversation prenait un tour inattendu et ça n'était surtout pas tous les jours qu'il pouvait discuter le bout de gras avec une femme née des milliers d'années auparavant, et qui faisait partie des plus puissantes de son espèce.

-Que les humains continuent à croire ce qu'ils veulent, si ça les amuse de vous imaginer sortis du siècle passé, c'est eux que ça regarde. L'important c'est qu'ils continuent à ne rien savoir de toute la merde qui grouille au-delà de leur champ de vision.

Il semblait éprouver une étrange tendresse un peu moqueuse pour les simples humains, comme des gamins qu'il fallait protéger d'un trop horrible vérité, et dans un sens, c'était tout à fait le cas. Une partie de son boulot consistait à couvrir les traces des autres à sortir de bons gros mensonges à la police quand elle se mêlait d'un peu trop près à certains meurtres mystérieux impliquant morsures de loup et autres joyeusetés.
Qu'ils restent dans leur ignorance et leur innocence, c'était tellement mieux pour eux, sauvegarder leurs petites vies, leurs existences si banales mais si paisibles, et qu'il n'aient jamais à mettre le nez dans le merdier qui était le quotidien des chasseurs.

Quand la conversation revint sur lui, il sembla se refemer soudain, un peu plus voûté, un peu plus sombre qu'il ne l'était quelques instants plus tôt. Il leva son verre en guise de réponse.

-Bien deviné ma belle, pour oublier, c'est ça.

Il vida son verre d'une gorgée.

-Et crois-moi, ça marche pas. Pas toujours. Des fois, oui. Et je maudis mes ancêtres de m'avoir fait aussi résistant à la biture parce que crois-moi y'a des jours où j'me court-circuiterait bien la gueule.

Et puis il se dérida un peu plus, et lâcha un rire rauque.

-L'expérience c'est bon pour tout le monde, même les macchabbés.


Rafaël retrouva toute sa hargne coutumière après ces quelques mots, voûté comme un vieillard, comme un vieux fauve blessé, qui grogne mais n'a plus la force d'attaquer.
Il ne dit rien pendant un moment, resta là, courbé sur sa bouteille, fumant des cigarettes à la chaîne...

-Je ferais en sorte qu'il ne reste rien, et c'est plutôt bien parti pour. Personne pour se souvenir de ma gueule, et ça sera très bien comme ça. Et puis de toute manière je m'en cogne, je serais mort, j'aurais enfin la paix.

Il posa sur un elle un regard las.

-Je sais pas comment tu fais. En cinquante piges j'ai ammassé assez de merde pour avoir envie de crever, j'ose même pas imaginer ce que c'est pour toi.
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MessageSujet: Re: Na zdarovié, tovaritch!    Lun 14 Mai - 12:07

Parler d’immortalité avec un Humain semble ironique. Ils ne peuvent vraiment appréhender ce concept. Il faut vivre pour comprendre à quel point l’immortalité et le fait de ne pas changer est un poids. Pour beaucoup, c’est un présent et une chance. Car l’humanité occidentale en général court après la jeunesse et la beauté éternelle. C’est un peu ce qui se vend le mieux dans ce monde. Mais ils n’en connaissent pas le vrai prix, ils la veulent cette éternité sans savoir ce qu’il faut sacrifier en échange. Car cela n’a rien d’évident de voir tous ceux qu’on connait mourir et le monde changer, de toujours s’adapter à tout pour survivre, de ne pouvoir vivre des décennies dans une même ville sous peine que l’entourage constate qu’on ne change guère. Je ne suis plus sure que j’aurais dit oui si j’avais appréhendé tout cela cette nuit-là…. Bien sur, j’avais la promesse d’avoir une famille, un Père et de ne plus être esclave. Mais pour moi seuls les divinités étaient éternelles et immortelles. Néanmoins, ce qui est fait est fait. Je ne peux redevenir Humaine et ne el désire point. Et j’ai accepté ma nature et appris à aimer ma race avec le temps. Je fais partie des rares Vampires ayant survécu plus de mille ans, puisque j’accuse plus de 2 millénaires. Les Sages parmi les Sages, mais nous ne sommes guère nombreux a encore arpenté ce monde. Ce qui me laisse peu d’interlocuteurs à même de comprendre ma vision du monde et la lassitude qui parfois me prend quand j’observe les Mortels.

« Beaucoup des miens ne le supportent pas. Voir mourir tous ceux qu’on a connus et savoir qu’on va vivre encore des siècles…. Non, en réalité, peu de Vampires passent le premier siècle. S’ils ne se font tuer pour s’être fait remarquer, ils ne supportent pas l’immortalité et se donnent la mort. Et des Canaïtes aussi vieux que moi, il y en a très peu encore en vie, si je puis dire. » Je réplique avec un sourire triste.

Un léger silence s’installe alors qu’il se sert son verre et que j’observe à nouveau les clowns hantant ce night-club à la mode. Quand il reprend la parole, je peux constater qu’il n’a pas tord. Si l’Humanité ne craint plus les ténèbres c’est faute de savoir ce qu’ils dissimulent. Et cela fait d’eux des oiseaux pour le chat. Ils comprennent généralement trop tard ce que la Créatures face à eux est réellement et y croient encore plus difficilement. Sauf peut-être au moment de lâcher leur dernier souffle…. Un léger rire m’échappe.

« Il est vrai que généralement ils ne comprennent pas le danger que l’on représente ou alors quand il est trop tard. Quelque part, pour n’importe quelles créatures Lycanthropes, Sorciers, Démons, Vampires, cela nous donne effectivement un avantage. Mais le monde a changé, et pour survivre nous avons hiérarchisé et créé des lois contraignantes aussi qui quelque part les protègent. » Je n’expliciterais pas la Carmilla et les Traditions plus que cela, sauf s’il pose la question.

Oui pour survivre à l’Inquisition, nous avons créé un système politique et des règles strictes. Les enfreindre est égal à se faire éliminer par la justice du Prince ou du Roi du pays. Pour ma part, je ne suis pas de la Carmilla. Si je respecte leur lois, c’est parce qu’elles sont semblables aux principes de vie inculqués par mon sire. En même temps, j’appareils à ces rares Canaïtes ayant plus de 500 ans et donc ayant survécu au massacre chrétien des nôtres. Qui oserait venir me trouver à dire ? Qui parmi ma race est assez fort pour m’éliminer ? Certes on peut s’en prendre aux miens, mais ma colère n’aurait pas d’équivalent connu… Les Vampires me craignent, hormis les rares étant aussi vieux voire plus que moi. Mais avec eux en général je m’entends bien. C’est notre calme, notre connaissance et notre sagesse qui nous unit. On évite de se faire la guerre, désireux de préserver la mémoire que nous sommes.

« Tu prônes la protection par l’ignorance ? C’est leur perte de foi qui les condamne à être des jouets et proies faciles pour els Créatures ténébreuses. Mais c’est sur au moins, aujourd’hui comparé à avant, ils vivent sereinement sans réelle peur autre que celle d’une guerre, d’un attentat, d’une crise économique…. C’est peut-être mieux pour eux. » Mais je n’en suis guère convaincue au fond.

Finalement, la conversation dévie et devient plus intime. Il se tasse un peu, se courbant comme pour se protéger. J’ai souvent remarqué que quand il s’agit de parler de son passé ou de soi, quelque soit la race, les êtres ont des difficultés à mettre des mots et à s’ouvrir. Peur du jugement, peur de souffrir ou de s’exposer comme faible et blessé… Je suis aussi comme cela, je n’aborde que rarement ma vie… En même temps, il me fait de longues heures pour la raconter vu le nombre de siècles. Mais il reste des sujets à ne pas aborder si on tient à sa tête. La détresse est évidente dans sa voix et son comportement. Je l’écoute, curieuse de comprendre, et en même temps ma sagesse me fait dire qu’il choisit le mauvais chemin. Pas besoin de vivre 2 000 ans pour le savoir ceci dit. Pourtant, il redevient joyeux quand il s’agit d’aborder un sujet moins personnel. Curieuse créature brisée que voilà.

« Je sais ce que c’est de ne pouvoir oublier. Tu as déjà de la chance si tu y parviens parfois. Moi je ne le peux. » Si ça continue on va se trouver des points communs. Je ne fais qu’un silence de quelques secondes avant d’enchainer toujours avec une fois douce et amicale. « Fais attention, à force d’implorer la mort, elle finit par venir à soi…. D’après ce que l’on dit…. Oui l’expérience et le temps sont les seuls à vraiment nous apprendre…. Quoique les Humains savent faire preuve de bien peu de mémoire. »

Nouveau silence, alors qu’il prend une expression moins avenante. Ses propos sont durs et froids. Je croyais que le but ultime et inconscient de tout Homme était de perduré dans la mémoire de ses enfants, via leur vie à eux. Lui souhaite l’exact opposé. Qu’est-ce qui peut amener un être à désirer à ce point-là l’oublie ? Désirer tomber dans le plus profonde et noir cercle des Enfers ? Sa remarque me prend un peu de court. Comment fais-je ? J’ai appris à faire avec et à gérer cela. C’est un acquis que les siècles m’ont donné, j’ai presque réponse à chaque situation. Presque….

« Moi je me souviendrais de toi et de cette conversation dans les moindres détails…. » Je réplique lentement. « J’ai appris à vivre avec, je me suis adaptée pour survivre. Mais cela ne veut pas dire que parfois je ne suis pas las de tout moi aussi. Et puis j’ai les miens, mes époux, mes Infants, mon neveu … la Lignée de mon père et mes Familiers. Je les aime tellement que je peux supporter bien des choses. Ceci dit il y a des choses dont je ne suis pas fière dans mon histoire non plus. J’en ai aussi vu des horreurs à travers les siècles… Et les pires sont souvent commises par les Humains. Ironique non ? »


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MessageSujet: Re: Na zdarovié, tovaritch!    Jeu 17 Mai - 11:50

Rafaël sourit.

-L'ignorance est tout ce qui leur reste pour se défendre de vous. Comme toute chose, cette stratégie a ses faiblesses, mais ils sont devenus tellement cartésiens, tellement matérialistes, y'a plus de marche arrière possible. Et dans un sens, c'est mieux pour vous aussi qu'ils ne sachent pas que vous existez et qu'ils ne croient plus en vous. J'imagine que t'as pas gardé un bon souvenir de l'Inquisition et de ces conneries, alors imagine de quoi ils seraient capables aujourd'hui pour se débarrasser de vous?

Il fit une pause, cracha un nuage de fumée, observant ceux qui gravitaient autour de lui, ces innocents petits humains capables du pire comme du meilleur.

-M'est d'avis que le jour où ils apprennent votre existence, ça se soldera par un génocide de masse. Ils ont de l'entraînement là-dedans, et ils s'adapteront vite à vous autres macchabbés et velus.

C'était aussi ça, le problème, avec les humains. Capables de tout, mais ayant un penchant certain pour le pire, une ingéniosité sans faille dans l'art du massacre et de l'atrocité. A croire qu'ils étaient pistonnés de ce côté-là... Mais le pire, c'était qu'il était tout à fait certain que les Hommes n'avaient aucunement besoin d'un quelconque coup de pouce venu d'où que ce soit pour se conduire de la pire des façons et que c'était bien ça qui les avait mené au sommet de la chaîne alimentaire. Ils avaient éliminé un à un leurs prédateurs, et dès qu'un nouveau danger se présentait, paf, annihilation directe. Il ne donnait pas cher de la peau de la plupart des vampires, lycans et autres, face à bon coup de lance-flamme et quelques bombes H.

Alors, oui, l'ignorance, c'était très bien.

Et puis, comme chaque fois qu'il était question de lui, le vieux chasseur se refermait comme une huître. Encore plus maussade qu'à l'ordinaire, un sourire tordu sur le visage, les yeux froids.

-C'est bien ça le problème ma jolie, c'est que mon papa m'a fait trop résistant, à la biture comme au reste et à cinquante piges j'suis encore debout par miracle. Si j'avais pas craché dans le bénitier depuis tout p'tit, j'aurais cru que quelqu'un là-haut voulait pas que je crève. Mais, hé, c'est p'tet ça ma punition, de pas avoir le droit de crever jusqu'à ce que les supplie de m'achever comme un chien parce que j'en aurais tellement, tellement marre de cette Terre que j'aurais plus rien d'autre à foutre que de m'jeter sous les roues d'un camion.

Comme chaque fois qu'on abordait le sujet, son esprit semblait déraper sur la mauvaise pente et perdre toute la lucidité qu'il avait pu avoir plus tôt. Le regard voilé, ailleurs, il parlait comme dans le vide, s'agitait, et il aurait presque fait pitié, ce vieux bonhomme fort comme un boeuf, vaincu par toute la tristesse et toute la peine accumulée au fond de lui. Vaincu par sa propre faiblesse, par la blessure qui n'avait jamais vraiment guéri.
Et puis, tout retomba, lentement. L'agitation cessa et ses vieilles mains, un peu tachées, un peu tremblantes, se refermèrent autour de son verre au fond duquel il lorgna comme s'il pouvait y trouver le Salut.

Bien sûr, qu'elle ne l'oubliera pas. Elle était comme l'incarnation même de la mémoire. L'éternelle témoin du monde, et si elle avait réussi à traverser deux mille ans, elle pouvait bien trotter allègrement au travers de deux mille autres, et d'autres encore. Et cette vampiresse antique transporterait avec elle pour toujours le souvenir de celui qui aurait voulu tout effacé et tout recommencé, rongé par la culpabilité de n'avoir rien pu faire.

Il leva son verre à hauteur d'oeil, l'observa à travers les remous du liquide transparent. Etrangement serein, résigné, si calme soudain... Ce qui s'exprimait par sa bouche, c'était peut-être l'ivresse, c'était peut-être cette pression constante qui le poussait depuis tout à l'heure à se livrer au compte-gouttes et à parler de lui à une parfaite inconnue.

-Si tu compte te souvenir de moi même quand je serais crevé, souviens-toi aussi de ça: ce truc me bouffe depuis vingt ans. J'ai pas réussi à les sauver. Tu sais, je croyais avoir les reins suffisamment solides pour supporter ça, et que ça finirait par passer, mais ça n'est jamais passé. J'ai jamais oublié. ça me réveille encore la nuit, alors que j'ai vu cent fois pire.

Une pause. Son oeil se ferma, comme pour viser.

-Un putain de démon est venu nous baver sur les rouleaux. Fallait bien qu'ils essaient de nous casser les couilles, ceux-là, vu qu'on les génocidait allègrement depuis des siècles. Et bim, carton plein, il a eu ma vieille mère, ma femme et son gosse, et ma belle-soeur. L'enculé.

Son poing posé sur la table trembla et se serra convulsivement.

-J'crois bien que la pire chose au monde c'est de trouver deux cadavres quand tu crois qu'elles se tapent une sieste. Et pire encore, de voir ta mère essayer de t'éventrer au couteau de cuisine.

Il vida son verre d'une gorgée, le remplit et le vida successivement encore deux ou trois fois. Son regard, sombre à présent comme des nuées d'orage, très expressif comme il l'est toujours chez les gens d'un ordinaire silencieux, fixait le vide avec fureur. Et puis la lassitude vint comme une vague, balaya tout cela dans un soupir.
Le chasseur tira une énième cigarette de son paquet, cracha un rond de fumée.

-J'aurais pu faire quelque chose.

La culpabilité transpirait comme un acide brûlant dans ses paroles lâchées à voix basse, comme un aveu. C'était là, le noeud du problème, la raison de cette volonté de disparaître pour toujours, et de faire comme s'il n'avait jamais existé. La culpabilité, aussi, parce qu'il était faible, faible de n'avoir pas surmonté tout ça, d'avoir dérivé pendant vingt ans sans jamais pouvoir s'en remettre.
Il releva les yeux vers elle.

-J'imagine que t'as dû en voir des choses toi aussi, et que t'as dû en perdre pas mal. Faut croire que t'es plus forte que moi de ce côté-là.

Il tira furieusement sur sa cigarette jusqu'à ce que ses poumons émettent une protestation étouffée.

-Je te crois sans peine, reprit-il. Et je suis certain que si les lycans et autres sont si sauvages, c'est uniquement parce qu'ils sont encore trop humains. C'est l'humanité qui empoisonne tout. Même les démons, ils ont quelque chose d'humain au fond d'eux. Ils ont la pire part de l'Homme, c'est pour ça que ce sont des putain de raclures. Toi, t'as plus rien d'humain. Plus rien du tout, du moins c'est l'impression que ça m'fait; et c'est pour ça que t'as la sagesse et tout le reste.
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MessageSujet: Re: Na zdarovié, tovaritch!    Mar 29 Mai - 20:44

J’écoute le Chasseur en silence, religieusement. Je sais qu’il n’a pas tord. L’esprit cartésien marque depuis des siècles l’Humanité occidentale, et gomme de plus en plus le surnaturel et les croyances. La foi recule. Seule la science et ses explications sont tangibles et acceptées, seul le matériel et l’argent ont du poids. Je suis assez vieille pour avoir connu des massacres. Si l’homme peut éliminer son frère au nom d’une couleur de peau, d’une culture ou religion différente, que ferait-il pour se protéger de prédateurs ? Bien sur, l’Humanité balancerait entre haine et dévotion… Mais au final, nous serions chassés et ce serait pire que pendant l’Inquisition vu leur technologie. Je me souviens du nombre de vieux Vampires ayant payé de leur vie la folie chrétienne. J’ai encore le goût amer des larmes de sang que j’ai versé quand Cassandre fut éliminée ; le goût métallique du sang que j’ai fait couler par vengeance et souffrance sur la langue ; de l’odeur acre des chair mortes…. Je sais combien nous sommes à avoir survécu à cette période. Si peu …. Mieux que personne à Prague, je mesure l’ampleur de ce que serait une révélation du surnaturel aux Humains. Pourtant certains Canaïtes le souhaitent. Mais ils n’ont pas vu ce que j’ai vu et ne peuvent comprendre l’ampleur de leur désir.

« J’ai vu assez de guerres et massacres pour savoir de quoi ils sont capables. Et je n’oublie pas non plus que nous hantons leur monde. C’est eux qui façonnent la terre, à nous de nous y adapté… Pour autant avec leur dualité, je ne suis pas sure qu’ils nous extermineraient forcément… Certes ils en ont les moyens, mais ils ont aussi la capacité de dévotion. Et il semblerait que nous détenions ce qu’ils désirent tant : la jeunesse éternelle… Pour autant, j’avoue que je les vois plus nous réduire à distributeur de jeunesse que de vivre en respect. Je ne prône pas le savoir. Je laisse cela au Sabbat et aux extrémistes. Cependant, j’ai assez vécu pour savoir que tous ne vivent pas dans l’ignorance totale…. Mais tu as raison, autant eux que nous sommes en paix tant que nous ne sommes que des mythes pour enfant. » Je réponds après une petite réflexion. « Avec tout ce qui se passe parfois, j’en viens quand même à me demander comment peuvent-ils nous ignorer réellement ? »

L’Humanité est un vaste sujet de discussion. Même après autant de siècles à la côtoyer et à m’y adapter, je ne peux pas encore tout en cerner avec aisance. Il m’est compliqué de savoir quelle serait la réaction des Mortels si on leur annonçait demain que ce que les mythes racontent sont vrais. Je suppose que cela balancerait entre incompréhension et déni avant de virer à l’admiration. Ensuite viendrait le besoin de comprendre et d’avoir ce que nous avons : l’immortalité sans en payer le prix. Peut-être nous éliminerait-il. Peut-être ferait-il de nous des rats de laboratoire : si proche des Humains, qui se régénèrent et donc sur qui la torture et les tests peuvent être infini. Mais je doute que quelque chose de positif puisse en sortir. L’Homme aime détruit ce qu’il a en main, et cela depuis la nuit des temps. C’est un éternel enfant qui joue avec tout et bien souvent le brise avant de vouloir le réparer sans y parvenir.

Lentement la conversation devient plus personnelle et je m’étonne qu’il se confie à moi. Je me fais attentive et compréhensive. Il s’enfonce dans sa chaise avant de poursuivre abordant sa famille et ses pertes, ainsi que son initiation. Ses propos sont suicidaires, sans pour autant l’être totalement. Je ressens sa peine et sa douleur, immenses et profondes, qui le secouent par vagues et me parviennent. Chaque sentiment, chaque changement physique, chaque pensée noire m’est perceptible. Je le vois sombrer un peu plus à chaque instant, à chaque mot. Sa souffrance et ses remords le rongent, pourtant il est toujours en vie et continue d’avancer, même s’il fait de toute évidence tout pour abréger sa vie.

« Peut-être n’as-tu pas encore fait ce que les Parques ont écrit pour toi. » Je réponds après une petite réflexion.

J’ignore ce qu’il en est de ces croyances, mais même en étant d’origine celte, je suis marquée par la religion romaine. Et à l’époque, n croyait que tout était écrit : notre naissance, notre vie et la date de notre mort. Le Destin ne laissait rien au hasard dans la Rome Impériale. Aujourd’hui, les Humains n’y croient plus. Ils aiment leur libre arbitre, tout en allant consulter des médiums et voyants. La dualité et l’antagonisme de ce siècle m’est parfois incompréhensible. Mon regard clair et perçant reste posé sur lui, surveillant chaque expression et mimique. En réalité, son pire ennemi n’est pas tant ce qu’il chasse que lui-même. Il s’apaise de lui-même au bout de quelques minutes, retombant dans une léthargie soudaine qui me fait froncer les sourcils. Ironiquement et voir avec une certaine gentillesse, je lui rappelle que moi je ne l’oublierais point. Peu importe ce que je vis et les siècles qui passent, je n’oublie rien. Tout reste figé parfaitement dans mon esprit, immuable. Je peux retrouver et revivre chaque moment et retrouver n’importe quelles informations, plus ou moins rapidement. Je me laisse aller en arrière, mon dos venant s’appuyer négligemment sur le dossier de mon siège, mes yeux observent un moment les lumières bleuâtres et balafres du club. Quand il reprend la parole, je me redresse et ramène mon regard sur lui pour l’observer attentivement. Il est plus posé et sereine, d’une certaine manière. Il en vient à m’expliciter ce qui l’a marqué autant. Je compatis sincèrement à la douleur de son deuil. Je sais à quel cela est difficile et j’ai eu besoin de vengeance et de sang pour apaiser tout cela. Pour autant, penser à Cassandre reste parfois douloureux. Alors oui, je le comprends.

«Je vois. Je comprends tu sais. J’ai perdu des êtres qui m’étaient proches. J’ai été jusqu’au massacre par douloureux et parce que seul le sang de la vengeance pouvait apaiser ce qui me ravageait de l’intérieure…. Je n’oublie pas, je me rappelle et je garde le suvenir vivace. » Je murmure doucement, sur le tond de la confidence. « L’Inquisition a tué Cassandre, ma sœur… La troisième Infante de mon Sire, celle que j’avais formé avec mon Père. J’ai souffert atrocement et j’ai commis le pire acte de ma non vie…. Les démons…. Une race étrange et que je connais mal, mais rien de bon ne sort d’eux pour les Mortels. Je comprends et tu as besoin d’aide pour surmonter un tel deuil. »

Je laisse un nouveau silence s’installer et il vide son verre d’un coup. Il avale consécutivement plusieurs verres, et je l’observe se saouler un peu plus. Comment peut-il encore boire de l’alcool après tout ce qu’il a déjà bu. La colère laisse place lentement à un calme qui se traduit par un soupire.

« Tu n’es pas responsable tus ais. Les Démons sont des créatures du chaos, là pour détruire rarement logique. » J’essaye de le raisonner un minimum. « J’ignore si je suis plus solide. Je suis née à une époque où la violence était récurrente. J’ai vu mon clan massacrer et réduit en esclavage, j’ai été une esclave dans les quartiers non fréquentables de Rome. Une fille de joie comme on disait non libre …. Alors je crois que certaines choses m’ont toujours été plus assimilables. De plus en vieillissant on apprend à surmonter. Seulement moi, quand je souffre je peux détruire l’objet de ma haine. Je rayerai Prague de la carte si cela devait se reproduire pour apaiser ma souffrance…. Mais j’ai vécu les âges les plus sombres de l’Histoire, ça endurcit quelque part. »

J’hausse les épaules un instant. Je suis persuadée d’être résistante à cause de tout ce que j’ai vu. Certaines choses, même horribles, à force d’être vécue finissent par laisser indifférent. Et puis ma nature doit m’aider quelque part. Néanmoins, tout Vampire ne peut supporter l’immortalité. Alors surement que quelque part je suis plus solide que je ne le pense. L’humilité même après 21 siècles reste une qualité chez moi, et c’est sans doute ce qui m’évite de faire n’importe quoi.

« Nous ne perdons pas vraiment notre humanité…. Nous devenons juste plus sage à force de vivre, pour peu qu’on supporte l’immortalité plus d’un siècle. Tu sais on prétend qu’autrefois les Démons étaient des Humains…. Des âmes damnées et perverties. Détrompe-toi, j’ai gardé d’humain les sentiments…. C’est juste qu’avec le temps vient la sagesse et la lassitude, et on en gère plus les choses de la même manière. C’est difficile à expliquer, peu de Canaïtes atteignent mon âge ou sont plus vieux que moi. Parfois je me sens seule et incomprise, même si j’ai ma famille et mon époux. Mais j’ai vu des choses que personne d’autres n’a vécues. » Je rétorque doucement, pensive.


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